La francophonie à l'honneur à la Fête du peuple
L'engagement des Jurassiens
La défense de la langue française a transcendé la lutte nationale pour l’indépendance de la Patrie jurassienne. Aujourd’hui, c’est imprégnés de cet attachement viscéral à notre langue que nous voulons concourir à l’illustration de l’appartenance commune des peuples de langue française. Le destin d’une langue est une question politique au sens noble du terme. Aussi devons-nous nous interroger sur nos responsabilités, que nous soyons représentants du peuple, hommes de science, écrivains ou journalistes, commerçants ou publicistes, citoyens ou simples usagers.
Comme beaucoup de responsables et de militants de la francophonie, nous nous inquiétons du recul du français partout dans le monde, raison pour laquelle nous entendons accentuer nos efforts dans le sens de la sauvegarde, de l’illustration et de la promotion de notre belle langue. Il s’agit d’un combat à mener, dans lequel nous voulons prendre toute notre part.
Un engagement permanent
Nous entendons affirmer les valeurs de la démocratie et de la liberté comme composantes fondamentales de l’identité des Etats ayant la langue française en partage, et défendre ces principes partout où cela est nécessaire. Nous voulons nous donner toujours plus de moyens pour participer pleinement au développement et à la pérennité du français, comme langue moderne et universelle de communication et de civilisation. Pour nous Jurassiens, la culture, c’est aussi et bien entendu la francophonie, que l’on a tendance à minimiser dans les milieux politiques, alors que la communauté d’intérêts qui nous lie à elle est évidente. Dans ce contexte, les échanges économiques, l’éducation, les télécommunications, l’action culturelle doivent nous apparaître comme des voies privilégiées d’une nouvelle solidarité francophone internationale. La culture et la francophonie, c’est naturellement la langue que nous parlons. Le français est le fondement même de l’identité jurassienne. C’est la responsabilité commune de la société, de l’Etat, des services publics, des médias, du système d’éducation, des enseignants, des parents et des étudiants de maintenir et d’améliorer la qualité du français. Rendre sa santé à la langue, c’est d’abord vivifier la santé linguistique du citoyen.
Francophonie et coopération
Fondée sur des principes généreux, la République et Canton du Jura est dotée d’une Constitution moderne, faite pour lui dégager des horizons. Elle a aujourd’hui l’âge où la nature conseille encore le rêve et incite à la découverte. Dès le départ, et c’est l’un de ses plus grands mérites, l’Etat jurassien a mis en pratique sa volonté d’ouverture au monde. Dans cette perspective, il pouvait profiter des liens étroits tissés entre les peuples de langue française d’Europe et d’Amérique, au rapprochement desquels avait patiemment œuvré Roland Béguelin depuis 1971. C’est ainsi qu’ont vu le jour des accords de coopération avec le Val d’Aoste, la Wallonie, Bruxelles ou la Belle Province. En 1983, René Lévesque, Premier Ministre du Québec, était triomphalement reçu à Delémont par les autorités jurassienne et le Rassemblement jurassien. Cette dynamique lancée avec les dirigeants des régions francophones de souche, allait ensuite entraîner une politique de coopération élargie à d’autres, à connotation humanitaire.
Le combat de l’identité culturelle
Jour après jour, les manifestations de l’abdication face à l’ « œuvre de dépersonnalisation des nations », telle qu’elle est dénoncée par de nombreux intellectuels francophones, se multiplient avec une triste et persévérante éloquence : cela va des colloques scientifiques où l’usage du français est pratiquement exclu jusqu’au déroulement en anglais des réunions des conseils d’administration de certaines grandes sociétés, en passant par l’omniprésence de la chanson et du cinéma américains à la radio et à la télévision et par le tournage, désormais fréquent, en anglais de longs métrages prétendument français. Encore un petit effort et le français se trouvera banni des ondes (c’est le cas sur Radio suisse internationale), des publications scientifiques et des réunions d’affaires. Le plus grave dans cette forme pernicieuse d’aliénation, c’est de tourner le dos à l’avenir, et de ne plus se reconnaître dans son propre héritage culturel. Le combat pour la langue française, le combat pour la francophonie est donc un combat pour la diversité du monde, un combat pour l’identité et pour l’alternative à un modèle idéologique. Dans chaque pays, dans chaque situation, cette diversité doit prendre en compte la diversité des conditions humaines. N’est-ce pas précisément la définition d’une conception humaniste de la politique ?
Notre appartenance à la culture française, ferment de la lutte d’indépendance du peuple jurassien, reste le levier essentiel qui nous empêchera de sombrer dans une mondialisation destructrice. Bien sûr, chaque ensemble de la francophonie crée et recrée son français, à sa mesure et selon son génie propre. Et c’est peut-être la chance historique du français. Aujourd’hui, notre langue est corrompue dans ses profondeurs par les trafiquants que sont les publicitaires, les boutiquiers, certains intellectuels, la télévision, la radio, les traducteurs ignorants. « Il faudrait démanteler les laboratoires de jargon, mais comment faire ? Ils sont encouragés par tous les gouvernements », dit Jean Dutourd dans un de ses derniers ouvrages. Nous voilà donc interpellés, nous aussi Jurassiens qui pourrions croire que la souveraineté cantonale a mis à l’abri notre langue et notre identité. La langue française est un espace de liberté. La trahir, c’est perdre cette liberté si chèrement acquise. Voilà notre responsabilité et notre devoir. (PAC)
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30 Août 2007 à 20:54 dans
- Langue et culture


selon que vous soyez puissant ou misérable... Auteur : Jean de la Fontaine.
;--))
Posté par éloquence — 23 Oct 2007, 20:55