Réflexion privée

A propos de l’apparente fuite devant les « responsabilités de l’intellectuel »
J’ai un bon Ami (le A majuscule est volontaire) parlementaire grand connaisseur de Camus. Comme moi, mieux que moi en raison de ses larges connaissances sur l’écrivain, il admire son œuvre, l’entoure d’une affection fidèle et y recourt quand une sentence définitive est nécessaire. Nous ne divergeons que sur un seul point : celui de la préférence de ou dans l’œuvre immense. Il préfère Le Mythe de Sisyphe, je me réserve La Chute. Bref. Je retourne à lui ces jours grâce à Jean-François Revel, qui rappelle dans son ouvrage publié en 1988, La Connaissance inutile, le cas de conscience algérien de Camus dans le débat plus large né de la polémique autour de L’Homme révolté (1951). Ayant dit, affirme Revel, « qu’il n’est pas de Bien absolu à gauche, pas plus qu’à droite, Camus avait déclenché contre lui une campagne de dénigrement dont la méchanceté et la malhonnêteté n’eurent d’égale que l’efficacité. » Et de poursuivre : « Toute déclaration publique de sa part était, sans délai, déformée, travestie, ridiculisée. Alors à quoi bon ? » Le silence qu’observait Camus à propos de la guerre d’Algérie, c’était aussi le silence auquel l’avait condamné l’intolérance de la gauche… Bon été camarade, et que la réflexion te soit propice. (PAC)-
25 Juillet 2007 à 09:06 dans
- Littérature

