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Le journal de Pierre-André Comte

Fiscalité de préférence

L'hypocrisie au service de l'Etat

Arnaud Montebourg persiste et signe (Le Matin, 14 janvier 2007) : la Suisse se livre au pillage économique de la France. Les faits ne lui donnent pas tort, et la population comprend parfaitement la remarque de Doris Leuthard à propos des arrangements fiscaux qui encouragent ce mouvement et instituent une discrimination injustifiable entre contribuables helvétiques et étrangers. Bien sûr, une immense hypocrisie plane au-dessus des têtes et des protestations de bonne foi des cantons suisses. Allez dire à notre ministre des finances qu’il faut refuser un forfait à un Michael Schumacher que les rives bucoliques de la Birse finiraient par convaincre de déménager à Soyhières ! Vous recevrez de l’ensemble de la classe politique (pas des gens au SMIC…) le rabrouement public selon lequel ce serait « un véritable scandale » que de se priver de son argent ! Quant aux dirigeants des « forces de progrès » (pas les ouvriers qu’ils prétendent représenter), ils esquisseront une moue publique, espéreront en secret ne pas avoir à se prononcer et mettront trois semaines pour publier un communiqué qui exprime « leurs réserves ! » et qui – quand il faut y aller, il faut y aller – précise qu’«on peut comprendre »… Au lieu de piailler sur une harmonisation fiscale contraire au fédéralisme, ceux-ci feraient mieux de se préoccuper d’une attitude complice (elle n’a rien à voir avec la souveraineté fiscale des Etats confédérés) qui provoque l’hostilité de l’Union européenne, union dans laquelle, si on persiste dans la voie actuelle, nous entrerons « à genoux », comme le dit si bien un commissaire de Bruxelles. Au fond, et tout le monde le sait, le « forfait fiscal » est contraire au principe démocratique, et à la justice, mais ceci est un détail, n’est-ce pas ? J’apprécie Micheline Calmy-Rey, mais j’approuve Arnaud Montebourg, un éventuel futur ministre français de l’économie... Et je regrette qu’il a fallu Doris Leuthard (que j’approuve aussi) pour dire ce que les socialistes se devaient de proclamer les premiers… Bon dimanche. (PAC)


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