Rencontre de Neuchâtel

Thème du débat : Quels remèdes pour que l’apprentissage du français réponde au mieux aux besoins de la vie professionnelle ?
En premier lieu, il apparaît que « l’idéologie à tout va » pose problème. Il ne faut pas soumettre l’école aux exigences de l’économie, proclament certains de manière exagérément défensive. Il s’ensuit une aggravation de l’incompréhension entre le monde de l’entreprise et le milieu enseignant. Le représentant de la Société pédagogique vaudoise l’a dit clairement : une guerre de tranchées conduit à l’impasse. Le représentant des Groupements patronaux vaudois ne cherche pas cela, mais dénonce le fait que trop de jeunes débarquant dans le monde du travail présentent des lacunes de plus en plus insurmontables en matière de lecture et d’écriture. (PAC)
La priorité, pour le monde économique, c’est de « réapprendre le français », notamment l’orthographe dont on dit qu’elle est de plus en plus désastreuse. De ce point de vue, le milieu enseignant ne doit pas faire la sourde oreille. Ignorer les reproches exprimés sous prétexte qu’ils sont orientés idéologiquement est une attitude contraire aux intérêts de l’école publique. Créez des classes de rattrapage pour les élèves qui ne savent pas le français ! vitupèrent certains. Faites quelque chose ! ajoutent d’autres, témoignant d’une inquiétude que les rapports PISA ne sont pas aptes à relativiser. Un ancien ministre neuchâtelois s’interroge quant à lui sur les méthodes et le matériel didactique dont il doute qu’ils soient vraiment efficaces. Réintroduction de la littérature à l’école, préconise-t-il. Je suis complètement d’accord avec lui. Et le dis. La littérature enfantine d’aujourd’hui – infantile devrait-on dire parfois – n’amène rien, sinon une facilité qui dégrade la langue. L’autre jour, j’ai présenté en classe un texte de Voisard : pour peu qu’on y mette l’enthousiasme nécessaire, des gosses de 10 ans peuvent prendre un grand plaisir à parcourir les pages de l’écrivain-poète. Je fais cela régulièrement avec nombre d’auteurs classiques, ou modernes, et il y en a d’excellents. Prenez la littérature africaine ou maghrébine, de celles qui montent en flèche et que la France a fâcheusement tendance à prendre de haut, vous aurez de quoi orienter l’enfant sur un apprentissage du français renouvelé, privilégiant l’intelligence et le plaisir. Tout ceci pour dire qu’il faut réagir en concertation au lieu de se figer sur des positions idéologiques qui apparaissent irresponsables. Il y a des besoins entremêlés, liés aux exigences de la vie professionnelle et au développement intellectuel de l’enfant. Où doit se tenir le lieu d’échange pour parler de ces choses fondamentales entre le monde économique et le milieu enseignant ? A nous, les politiques, de nous préoccuper du dialogue indispensable en cette matière. (PAC)
Liste des participants. Marie-Josée Béguelin, Présidente de la Délégation à la langue française, Thierry Béguin, ancien conseiller d’Etat, Didier Berberat, Assemblée parlementaire de la francophonie, section suisse, Patrick Bergen, fichier français de Berne, Yvon Bordet, Association Défense du français, Daly Chehab, Association Suisse Poésies, Jean-Philippe Chenaux, Groupements patronaux vaudois, Pierre-André Comte, Conférence des peuples de langue française, Virginie Conti, Délégation à la langue française, Jacques Daniélou, Société pédagogique vaudoise, Daniel Favre, Association suisse des journalistes de langue française, Michèle Jaccard, Radio suisse romande, Maxime Jeanbourquin, Assemblée parlementaire de la francophonie, section Jura, Pascal Junod, Club de la grammaire, Sophie Lachat, Service de la francophonie du DFAE, Claude Marcet, Député, Genève, Marinette Matthey, Délégation à la langue française, Jean-Pierre Molliet, Coordinateur, Association suisse des journalistes de langue française, Julie Molliet, secrétaire du jour des « Rencontres de Neuchâtel », Jean-Claude Montavon, Assemblée parlementaire de la francophonie, section Jura, Jean-François Paroz, Service de la francophonie, chef de la coordination ONU du DFAE, Simon Rebetez, Communauté romande du Pays de Fribourg, Jean-Marie Vodoz, Fondation Défense du français.
-
29 Octobre 2006 à 10:21 dans
- Education


Ecrire: la seule façon d'émouvoir autrui sans être gêné par un visage. Qui a dit cela ?
Posté par F. Fernandez — 30 Oct 2006, 15:02