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Le journal de Pierre-André Comte

Le Jura éternel

Clos du Doubs, si tu savais

Le Doubs. Héros d’une saine vanité, immémoriale, sujet d’admiration, de jalousie. D’adoration. Sur la berge fleurissent nos fiertés historiques, s’assoient les témoins d’un sort singulier. Abbatiale et son cloître, douceur des ombrages mêlée aux sereines méditations des galeries monastiques. Saint Ursanne, que tu es grand dans le don que tu nous fais ! Et toi, que tu es belle, ville promise au rayonnement, objet de renaissance ! Je déambule et te redécouvre, comme la première fois. L’onde verte du cours d’eau prêt à devenir fleuve, là sous le pont où s’échangèrent tant de serments, reflète un visage. Celui de l’émotion. (PAC – reprise)

La perle du Jura, a-t-on coutume de dire. Légitimement. Qui ne t’a pas chantée entre poètes, écrivains et historiens ? Les ruines de ton château ont chassé leurs fantômes. Sous leur regard, la douceur de vivre t’enveloppe de tout côté. Puissent tes vieilles pierres et tes bâtisses rajeunir au soleil de ton renouveau. Ville d’identité. Crêtes environnantes et villages d’en haut veillent sur toi, complices jusqu’à vouloir délimiter et illustrer leur propre district ! Epiquerez, Epauvillers, Montenol, Montmelon, Seleute sur le chemin du retour vers la France, avec, en voisins baignés, Ocourt et La Motte. Au sud-est, Tariche. Plus haut, Soubey. Des noms, des lieux si chers à nos âmes égarées pour l’éternité dans le pays jurassien. « L’eau dans son lit, toujours, et dans les fontaines, entre montagne et rivière. » Je lis ces mots et m’en délecte. Serais-tu, Clos du Doubs, « à l’écart des grands axes » ? Et en souffrirais-tu ? Grandes phrases sans grand intérêt. Tu iras sur ton chemin au gré de tes humeurs. Mais surtout de ta volonté. Te voilà aujourd’hui plus accessible. Une autoroute s’ouvre à l’orée de tes bois, t’aménage l’accès facilité auquel tu aspirais. L’avenir t’appartient. Tu le choisiras comme bon te semblera. Avec l’esprit d’indépendance qui t’anime, ce goût de liberté bien installé à la commissure de tes lèvres. Nous te regarderons, te rejoindrons, te visiterons. Avec un identique bonheur, renouvelé, intact, entier. Clos du Doubs, foyer de culture où subsiste l’inspiration des disciples du grand saint. Le Doubs de l’homme celtique, la rivière assombrie sous les arbres. La fraîcheur de sa rive. Nous avons mangé la truite. Toute une équipe d’amis. Incomparable moment. Fabuleux décor. Voulez-vous de l’affection, et même plus ? Vous l’avez. Clos du Doubs : rivière féconde. Le soleil se lève. (PAC – reprise)


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