Politique agricole II
Reste à respecter nos paysans
Quelques mots suffisent à mesurer l’ampleur des défis auxquels est confrontée l’agriculture : libéralisme, globalisation, mondialisation, trois concepts réunis en un, dont la vertu essentielle consiste à conforter le règne du profit sans limite, je devrais dire à tout prix, au détriment de la solidarité sociale. Solidarité, cette espérance un peu naïve, mais tellement indispensable, qualifiée à juste titre de « valeur fondatrice de l’agriculture ». Qu’aurais-je d’abord à dire de l’agriculture, sinon poser un préalable d’humilité face à la complexité des problèmes et des intérêts en jeu, sociaux, économiques, environnementaux, paysagers ? Nous connaissons et reconnaissons les difficultés de l’agriculture. Qui pourrait sérieusement dédaigner la méfiance qui affecte les rapports entre la société non agricole et l’agriculture, que les problèmes les plus spectaculaires et la façon dont ils sont traités ne font qu’aggraver ? (PAC)
Qui pourrait, sans se disqualifier, détourner le regard d’une crise de confiance, avant tout due aux politiques internationales qu’inspire le capitalisme triomphant, mal dissimulé sous quelques sigles aux résonances inquiétantes, PAC, GATT, OMC ? Mais due aussi aux attitudes de mépris à l’égard d’un monde que l’on ghettoïse ? Quelles solutions proposer, qui conduisent à la résolution d’une crise qui sera durable si l’on évite d’en distinguer les raisons ? Il y a un principe au moins, sur lequel tout le monde semble s’être mis d’accord : le développement durable, ce concept multidimensionnel qui intègre la préservation des écosystèmes et des grands équilibres écologiques, l’amélioration et la qualité de vie, le développement économique, l’équité entre les générations, entre les pays développés et ceux en voie de développement, et entre les citoyennes et citoyens à l’intérieur de ces mêmes pays. On connaît les efforts consentis ces dernières années par l’agriculture pour répondre aux critères du développement durable. Ils sont louables et ne peuvent que continuer à se développer. Prendre en compte de manière équilibrée les objectifs (mais aussi les conditions d’existence) des producteurs, les attentes des consommateurs et le respect de l’environnement, telle me paraît être la voie raisonnable. Nous savons que, à quelques exceptions près, les agriculteurs mettent en pratique les principes de bon sens et les savoir-faire d’une philosophie qui s’appuie à la fois sur l’expérience accumulée par les générations précédentes et les connaissances et techniques les plus récentes. Encourageons encore et toujours cela, sans perdre de vue qu’il est plus facile de parler des grands principes que de s’y conformer en préservant ses intérêts légitimes et incontestables. Ainsi reste-t-il une chose essentielle à ne pas oublier de faire : respecter nos paysans, leurs intérêts… et parfois leur dignité. (PAC)
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13 Octobre 2006 à 07:49 dans
- Politique jurassienne



La terre, il n'y a que ça de vrai. Peut-être à bientôt.
Posté par Pitchoune — 15 Oct 2006, 10:29