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Le journal de Pierre-André Comte

Politique agricole

Courage et passion, le métier de la terre

La politique agricole de façon générale, les conditions faites aux paysans dans l’exercice de leur profession, voilà un champ d’action de l’Etat. Il y a trente ans, alors que les Jurassiens conquéraient leur indépendance, les agriculteurs jurassiens voulaient saisir la chance que constituait l’avènement du canton pour élaborer une « nouvelle politique agricole ». Sur quel modèle de développement serait-elle orientée ? Conscients de l’obstacle que représentait le poids des traditions, ils imaginaient que la détermination d’une pratique professionnelle rénovée se heurterait à de vieux réflexes. Ils avaient une préoccupation centrale : montrer l’importance des activités agricoles sur le cadre de vie d’une part et dans l’économie régionale d’autre part. Dans sa conclusion, un rapport disait: «Faire prendre conscience, aux non-agriculteurs, de cette interdépendance des domaines de l’intervention de l’Etat, c’est imposer l’idée que la définition d’une politique agricole n’est pas réservée aux seules organisations paysannes. Il s’agit d’une tâche collective essentielle, vitale, qui nous concerne tous.» (1) Je crois que nous sommes toujours dans cette perspective-là, car les difficultés n’ont pas diminué. Il n’y a pas deux sociétés jurassiennes différentes ou opposées, l’une qui serait rurale, l’autre qui ne le serait pas. Nous faisons partie d’un tout, et c’est au développement et à l’harmonie de ce tout que nous devons sans cesse travailler. Je fais confiance à notre démocratie pour trouver la voie du progrès. (PAC)

Les paysans exercent le métier de la terre. Le plus précieux, suis-je tenter de dire, méritant de fait le respect de toute la collectivité. C’est un fameux marin, un de ces hommes constamment aux prises avec les éléments naturels, qui l’affirme avec pertinence : « Toutes les idéologies politiques qui ont voulu modifier le monde paysan ont échoué parce que le monde agricole ne peut être géré par des théories, il est régi par la réalité. » (2) La réalité, c’est aux agriculteurs de la forger et de l’adapter aux exigences de notre temps, économiques, écologiques, commerciales et sociales. Je pense aujourd’hui à ces jeunes paysans qui se lancent dans leur profession de prédilection. Je les devine avec l’envie de bien faire, de servir avec passion, raison et cœur l’agriculture jurassienne, s’occuper intimement et amoureusement de cette terre jurassienne que nous aimons tant, sanctuaire de nos racines. « On naît paysan, jamais on ne le devient » a dit quelqu’un dont j’ai oublié le nom. Je ne sais pas s’il a raison. Ce dont je suis sûr, par contre, est que, malgré les difficultés, les contraintes du monde globalisée, monde souvent régressif qui a tendance à nous ramener à cette réalité déjà décrite dans le proverbe polonais selon lequel « le paysan meurt de faim et son maître de gourmandise », ils mettront tout leur courage et leur passion à l’exercice d’une activité noble, indispensable à l’existence communautaire. (PAC)

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(1) Commission agricole du R.J., septembre 1978

(2) Olivier de Kersauson


Commentaires

  1. Voilà quelqu'un qui dit quelque chose de bien sur les paysans. On va pas se priver de notre plaisir. Ca nous change. Salut!

    Posté par Jo — 06 Oct 2006, 16:59


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