La forêt en fête

LES FORESTIERS SE PLIENT EN QUATRE
Je m'en retourne de la « Fête de la Forêt » et profite de féliciter chaleureusement Jean-Pierre Rihs de Courrendlin, qui vient d’obtenir le premier rang du concours des bûcherons. Chapeau ! Et merci aux organisateurs pour la qualité des expositions, démonstrations ou autre sentier didactique, autant que pour l’ambiance. Deux très beaux jours de convivialité jurassienne et, cerise sur le gâteau, Luc Maillard au micro, en technicien et pédagogue hors pair. La forêt jurassienne est un trésor, et nous souhaitons tous qu’elle soit éternellement considérée comme tel. Ses propriétaires et exploitants, publics ou privés, en sont les gardiens, les serviteurs et les promoteurs. Remercions-les de s’y consacrer avec le sérieux et – permettez que j’utilise ce mot – l’affection qu’on leur connaît. Forêt, pièce maîtresse de notre paysage, que l’on ne peut connaître qu’en allant à sa rencontre, et qu’en n’accordant notre esprit et notre cœur à son harmonie. Les sens d’abord, puis la compréhension. Communauté vivante, la forêt joue plusieurs rôles où s’insinue dans plusieurs partitions, écologiques, économiques, climatiques, et même sociales, si l’on y réfléchit bien. (PAC)
Son bois, seule matière première du pays. Pour une question immédiate : inépuisable, la réserve de bois peut-elle toujours être conservée ? Dans le Jura sûrement, cette particule du monde qui ne peut se désintéresser de l’organisation et de l’usage globalisé – malencontreusement ou honteusement, je vous laisse juger – de la planète et de ses richesses naturelles. Je pense au saccage des forêts tropicales humides, à la survie compromise de ces formations boisées les plus riches de toutes. Dans la foulée, je porte ma réflexion sur la soif insatiable de matières premières des grandes nations industrialisées, aux besoins considérables en surfaces agricoles des pays en voie de développement. Je vois ces millions d’hectares arrachés à la forêt québécoise, à l’assassinat de certains feuillus parce que moins rentable que les autres espèces, que l’on tue à coups d’aspersions chimiques, et dont on avertit sur panneaux – profitant au passage de donner un cours d’alphabétisation aux orignaux, comme le dit mon frère poète canadien français – que leurs fruits sont dès lors inconsommables. Je partage l’anxiété et la révolte d’un monde face au pillage de ses ressources vitales, aux salissures posées jusque dans ses entrailles, à la raison bafouée. Et c’est dans cette « communauté d’esprit » que je veux approuver toute mesure de maîtrise et de contenance, de protection et de sauvegarde. Je l’ai déjà fait à quelques reprises dans le passé. Pourquoi m’en priverai-je aujourd’hui ? Je ne voudrais pas manquer d’adresser mes compliments aux forestiers du Jura pour leur engagement au service d’un patrimoine naturel plus que précieux. Je conclus avec en moi l’amour immodéré de nos forêts, la reconnaissance à ses meilleurs exploitants, l’admiration du bonheur à en extraire. Littérature, peut-être, sincérité, sans conteste, amour du Jura et de ses richesses environnementales, assurément. (PAC)
-
24 Septembre 2006 à 21:57 dans
- Société

