Chemins de fer du Jura (CJ)
Les CJ, ce n’est pas seulement un sigle. C’est bien plus, infiniment plus. Deux lettres qui chantent d’abord aux oreilles des Jurassiens, un air de campagne, l’idée d’un pays appuyé sur de solides fondations, parfaitement apte à regarder vers l’horizon lointain, conscient de ce qu’il est et peut être. Ce sont aussi la veine ou l’artère, tous les deux à la fois, le lien de sang et de fer entre les parties d’un corps vibrant dans toute sa globalité. Qu’on ne voie rien de bucolique dans mes propos, mais plutôt l’assurance d’un fils du Jura, l’étant tout comme vous, confiant dans ce qui fait et reconstruit jour après jour notre identité. Qu’on n’y trouve de même aucune nostalgie, mais plutôt la sérénité des gens qui dans le passé et l’expérience présente trouvent les ressources d’imaginer l’avenir, d’y travailler avec foi, en conformité avec ce qu’on appelle communément le « génie propre » du pays. (PAC)
Dans le train qui nous emmène aux Franches-Montagnes, je pense à la marche, parfois chaotique, mais en fin de compte assez tranquille de notre peuple vers son émancipation. Gens du pays, l’histoire continue, et la vie avec. Se dressent et s’effacent les obstacles. Flétrissent et fleurissent les victoires. S’impose le destin. Il suffit de croire au Jura. Ce n’est ni une image abstraite, ni une construction factice, c’est une réalité forgée au fil de nos convictions et de notre fidélité. Les sillons sont fertilisés, ils produiront leurs fruits. Détourner le regard, baisser les yeux, se reposer même n’est pas notre genre. Le dire et le redire sur cette ligne CJ qui rallie le plateau franc-montagnard – ce promontoire de nos légitimes certitudes - à la plaine vadaise, lieu de rencontre de nos rivières, prédestinée au déversement de nos convergences, telle suprême opportunité confine au plaisir supérieur. Parlons donc du raccordement direct de la ligne des Chemins de fer du Jura à la gare de Delémont, l’établissement d’un lien continu entre La Chaux-de-Fonds et la capitale jurassienne, d’un axe ininterrompu plaine-montagne. A l’heure où le néo-libéralisme sauvage frappe bruyamment à notre porte, au moment où le mot démantèlement se dépasse jusqu’à s’imposer en dogme, à l’instant même où le pouvoir fédéral, figé dans des entêtements qui le discréditent, institue une nouvelle politique régionale fondamentalement contraire aux intérêts du pays, ne convient-il pas de se poser une nouvelle fois la question ? Il ne nous en coûte rien, sinon l’effort de nous rassembler dans une réflexion renouvelée, seule à même de nous porter en avant. Le misérabilisme, autant que l’essoufflement, s’oppose à notre nature autant qu’il mine notre aisance à rebondir. (PAC)
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14 Septembre 2006 à 20:25 dans
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