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Le journal de Pierre-André Comte

La Suisse en Europe

Dans une interview qu’il donne au journal Le Temps le 22 juillet 2006, le Conseiller fédéral Joseph Deiss livre sa vision de la politique européenne de la Suisse. Son testament politique en quelque sorte. La fibre européenne et la volonté d’ouverture au monde du fribourgeois s’y expriment avec clarté. Je l’en félicite. Ainsi, à propos de l’intégration de la Confédération dans son environnement immédiat, européen, et planétaire, Joseph Deiss souligne à juste titre que « la Suisse a acquis une tout autre visibilité et une tout autre influence depuis qu’elle est membre de l’ONU » et que, contrairement à ce que pensent ceux qui s’ingénient à isoler le pays, «c’est en renonçant à participer que nous abandonnons une part de notre souveraineté ». Nous tenir éloignés des lieux où se prennent des décisions valables pour tous dans le cadre de la mondialisation, nuit gravement à notre capacité d’agir sur notre propre sort. Micheline Calmy-Rey, dont on voit le rayonnement sur le plan international, autant que les fédéralistes opposés au démantèlement des souverainetés cantonales, dont je suis, se retrouveront sur la même longueur d’onde que Joseph Deiss.

Nous tenir éloignés des lieux où se prennent des décisions valables pour tous dans le cadre de la mondialisation, nuit gravement à notre capacité d’agir sur notre propre sort. Micheline Calmy-Rey, dont on voit le rayonnement sur le plan international, autant que les fédéralistes opposés au démantèlement des souverainetés cantonales, dont je suis, se retrouveront sur la même longueur d’onde que Joseph Deiss. Dans sa plate-forme européenne, le Parti socialiste suisse affirme de même que, « si elle est bien conçue, l’intégration de la Suisse dans l’UE ne représente pas un affaiblissement, voire un péril pour le fédéralisme, mais au contraire son renouvellement et son renforcement ». En effet, en cas d’adhésion, la Confédération devra servir de trait d’union entre la Commission européenne et les cantons : « elle sera chargée d’informer, de coordonner, de représenter les intérêts communs des cantons au sein des institutions de l’UE tout en garantissant les droits de participation des cantons sur le plan intérieur ». Il nous faut donc de la lucidité face à la problématique de l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne. Participer, c’est nous raffermir dans notre capacité à défendre et faire valoir la singularité étatique de la Confédération. Se complaire dans l’insularité – qui au passage foule au pied les intérêts des minorités dont nous faisons partie – et tourner le dos à l’Europe, c’est au demeurant concourir à la résurgence, sur le continent, de nationalismes étriqués, porteurs de tous les dangers, ainsi que nous le rappelle toute l’histoire du siècle passé. Délégué ayant voté la Plate-forme europÉenne du Parti socialiste suisse, le 4 mars 2006 à Näfels, je suis convaincu comme lui que l’adhésion de la Suisse à l’UE s’inscrit dans la perspective d’une politique étrangère solidaire dans laquelle la Confédération défend ses intérêts à l’échelon international en ayant conscience de sa considérable dépendance par rapport à un système mondialisé. Les Jurassiens se sont souvent distingués dans leur ouverture à l’Europe. Ils l’ont préconisée avant tout le monde, et cela au nom même du droit d’autodétermination de notre peuple. C’est dans cet état d’esprit que je m’engage en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne. Une « adhésion inéluctable » conclurait l’ancien président de la Confédération. PAC


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