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Le journal de Pierre-André Comte

Conférence de presse de la Fête du peuple (extrait)

Un grand canton de l’Arc jurassien 

Il convient d’aborder brièvement un thème traité par le « Jura Libre » dans une suite de trois articles signés par Alain Charpilloz, à savoir l’idée d’un super-canton dit « ARC », regroupant Neuchâtel et les deux moitiés du Jura. Rappelons qu’elle n’a pas fait l’objet d’un débat formel au sein du MAJ, mais on peut affirmer qu’une forte convergence d’opinions se dégage des discussions spontanées. Elle recoupe l’analyse du « Jura Libre » et pourrait être résumée ainsi :

a) Le super-canton est une excellente idée in abstracto, si l’on considère l’aspect administratif et financier des choses au premier chef.

b) Ses chances de réalisation sont proportionnelles à la volonté de fusion manifestée par ses trois composantes.

Les avantages de l’idée ont été plaidés à plusieurs reprises, par l’ancien maire de la Neuveville Jacques Hirt d’abord, par Jean-Daniel Tschan du Noirmont plus récemment. La presse régionale leur a donné un bon écho. Dernièrement, des hommes politiques neuchâtelois en vue, comme MM. Studer et Bonhôte, ont exprimé leur sympathie pour le projet en question. 

Dans le sud du Jura, on sent bien que des esprits désespérant de voir le débat bloqué dans l’alternative Berne-Jura accueilleraient avec soulagement une tierce issue. Cette dernière, se disent-ils, exigerait des concessions moindres de chaque protagoniste, puisqu’elle éviterait à chacun ce qu’il redoute le plus. Pour les autonomistes, de rester une minorité romande infime dans un canton allemand. Pour leurs adversaires, de se retrouver pris dans un Etat dont ils ont combattu l’avènement. Avec le canton « ARC », le caractère romand est sauvegardé sans le moindre doute. Par ailleurs, Neuchâtelois et Jurassiens du Sud y formeraient une majorité confortable, ceci pour calmer les craintes des antiséparatistes face à l’actuel canton du Jura. 

Les avantages administratifs et financiers qui pourraient en résulter reposent sur l’idée répandue des « économies d’échelle »,  recyclées sous l’appellation « masse critique » en jargon branché. On pourrait débattre longuement des gains réels à en attendre, mais il serait absurde d’en nier la possibilité. Quant au « poids politique » d’un canton plus grand comparé à celui de deux cantons plus petits, la différence ne saute pas aux yeux. Reste la principale pierre d’achoppement, à savoir la volonté populaire de réaliser le projet. En l’état actuel des choses, tout pronostic relève de la divination. Qu’en pensent les citoyens concernés ? Nul ne le sait. Les sondages d’opinion reflètent, au mieux, l’humeur du moment chez ceux qui consentent à répondre. En général, le résultat satisfait le commanditaire du sondage. N’en disons pas plus… 

Une démarche pourrait clarifier le débat de manière décisive : ce serait une initiative populaire demandant qu’une étude en profondeur soit menée, puis que le peuple se prononce sur le principe de négociations entre cantons pour créer la nouvelle entité. Il nous paraît sensé qu’une telle initiative parte de Neuchâtel, où le climat politique est sans doute moins crispé que chez nous. De plus, Neuchâtel formerait la composante principale du super-canton. Sans une volonté clairement exprimée de sa part, le projet n’a plus de substance. Les sympathisants de l’idée sont-ils prêts à la transcrire dans la réalité, de la faire sortir des salons ou des salles de rédaction ? Il faut le souhaiter, car l’accueil que le peuple neuchâtelois réserverait à une telle initiative serait décisif pour l’avenir de toute la région. 

En effet, si nos voisins disent « OUI » au super-canton, la balle reviendra aussitôt dans le camp jurassien, qui aurait en théorie cinq issues devant lui : 

1) le statu quo

2) la réunification jurassienne sans Neuchâtel

3) la fusion Neuchâtel – sud du Jura

4) la fusion Neuchâtel – canton du Jura

5) l’alliance à trois. 

Si Neuchâtel rejette cette dernière solution, il ne reste pour les Jurassiens que deux issues possibles : le statu quo (qui sera « sans plus », comme chacun sait), et le projet de l’AIJ. Imaginons maintenant que, dans cette hypothèse, le projet de l’AIJ soit refusé par Berne, puis par tout ou partie du Jura-Sud. L’affaire serait-elle réglée ? Pas le moins du monde. Le débat se poursuivra, l’offre restera ouverte, de nouvelles générations d’électeurs arriveront, moins crispées peut-être que la nôtre.  

Pour que le problème soit réglé une fois pour toutes, il faudrait que ce morceau de Romandie administré par Berne revienne à son souverain légitime, le canton du Jura refondé, ou alors qu’il se coule dans un nouvel Etat romand, le canton dit « ARC ». Autrement dit, la meilleure manière, pour les probernois les plus affolés, d’éviter la réunification jurassienne à coup sûr serait d’opter pour le super-canton. Y ont-ils pensé ? 

Certains se sont demandés si ce projet n’arrivait pas précisément aujourd’hui pour brouiller les cartes  et affaiblir le modèle proposé par l’AIJ.  Que l’idée de supercanton serve ou non à entraver la réunification reste un débat un brin surréaliste, tant que le projet n’a pas pris un tour concret, à savoir une décision populaire chez le partenaire principal, permettant aux deux autres de se déterminer à leur tour. Cela se fera-t-il ? Nous le souhaitons vivement.

Un canton Jura-Neuchâtel sans le sud du Jura 

Le Mouvement autonomiste jurassien est opposé à l’idée qu’un « Manifeste » en cours de rédaction répand depuis quelques jours dans la presse, visant à la fusion des cantons du Jura et de Neuchâtel, sans le Jura-Sud. La reconstitution de l’unité du Jura reste le fondement d’une doctrine à laquelle le MAJ ne dérogera sous aucun prétexte. Dans ce projet de « Manifeste », elle est sacrifiée a priori, les auteurs spéculant sur un « choc psychologique » dans le Jura-Sud à propos duquel on nous permettra d’exprimer les plus sérieux doutes. Le Jura-Sud, précisément, n’est pas un « territoire convoité », mais bel et bien la moitié d’une entité historique dont personne ne conteste ou ne devrait contester la communauté d’intérêt et de destin.  Qu’on le veuille ou non, la question identitaire, de même que la question des frontières, seraient-elles décrétées obsolètes et raillées, restent un élément de référence qu’il serait suicidaire de nier, et cela bien qu’il ne recouvre plus la même acception qu’en 1974.  

Le « Manifeste » en question, dont ne connaît que quelques principes généraux, heurte le processus enclenché par le dépôt du rapport final de l’AIJ. En ce sens, il est inopportun. Au surplus, si la proposition connue à ce jour semble ne tenir nullement compte du processus en cours (loi « Un seul Jura », négociations gouvernementales pas entamées, formulation d’une offre de partage de souveraineté, implication de la Confédération), elle préconise une alliance déséquilibrée, dans laquelle le Jura serait l’arrière-pays d’un autre Etat qui n’en partage ni l’histoire, ni les aspirations profondes qui vont avec. Enfin, le MAJ ne peut adhérer à une proposition dont on doit regretter qu’elle puisse être considérée comme partisane dès sa formulation. (PAC)


Commentaires

  1. Enfin,
    Le Bélier fait son autocritique !
    Dans le Jura libre du 10 septembre, le groupe Bélier, dont le portrait n'est plus à faire, passe aux aveux,
    OUI, NOUS AVONS MENTI, DELIBEREMENT MENTI !
    Pour une ois, le Bélier parvient à nous surprendre. il revendique d'être un fieffé menteur! Ce que personne ne conteste.
    Sachant qu'il faut un début à tout, encourageons le Bélier à poursuivre ses confessions. La liste est infinie des qualificatifs auxquels il peut légitimement prétendre. Exemples : arnaqueur, fourbe, salissant, voleur, faussaire,stupide, nuisible, etc., etc....
    Allons, la bête, encore un petit effort!

    Posté par BRUNTRUTAIN — 25 Sep 2009, 12:46


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