Quel discours du 1er août ?
Quid du fédéralisme ?
Ces inclinations réciproques [la conscience des gens de part et d’autre de la frontière cantonale] à rassembler tout le Jura francophone dans un même canton sont contrecarrées par un phénomène plus complexe, et peut-être plus puissant, à savoir le penchant de la Suisse à abandonner le fédéralisme. Si le centralisme helvétique, rampant de 1848 à 1945, galopant depuis lors, devait maintenir sa course, il ne servirait plus à rien, dans une génération ou deux, de parler de cantons ou de frontières cantonales. Dans cette hypothèse, relever d’un canton ou d’un autre n’aurait pas plus de signification que passer de la Côte-d’Or à la Saône-et-Loire, par exemple.
Cette issue est loin d’être fantaisiste. Rares sont les jours où les souverainetés cantonales ne sont pas mises en cause au nom d’une prétendue rationalité : un tel veut l’Universität Schweiz, un autre s’en prend aux vingt-trois codes de procédure, un troisième se demande comment le canton de Soleure pourra déjouer les manœuvres de la grande criminalité, un quatrième glosera sur les inégalités fiscales, un cinquième se plaindra que les livres scolaires ne soient pas les mêmes en Thurgovie qu’en Haut-Valais, un sixième se gaussera des jours de congé décalés. Le fédéralisme passe pour ringard, presque autant que la fidélité conjugale ou le respect de l’orthographe, ce qui en dit long sur la gravité de sa situation !
S’il est une vérité confirmée, c’est bien que le centralisme contient une fausse rationalité, une pseudo-logique, dont la bureaucratie s’empare aussitôt pour le malheur du citoyen et du contribuable. « Par nature, le fonctionnaire légifère et prolifère », disait Roger Schaffter.
Contrairement à une illusion fort répandue, des pouvoirs modestes, morcelés, exercés à petite échelle, sont plus efficaces, plus souples et moins coûteux que les monstres produits par les grands Etats. Nos amis français, dont la fonction publique mange plus de 50% du PIB, nous le répètent sans cesse. La Suisse fait fausse route en dépouillant les cantons de leurs prérogatives, et cette tendance lourde est encore plus nuisible dans les régions dites périphériques, qui ne le sont d’ailleurs que par rapport à l’Etat central. Pour l’arc jurassien, la centralisation des pouvoirs dans la Berne fédérale est un facteur négatif. Pour le sud du Jura, où tout (canton et Confédération) est concentré à Berne et rien sur place, les résultats sont manifestes.
Par légèreté, désinvolture ou snobisme, l’opinion publique et ceux qui la modèlent tendent à faire peu de cas de ces pouvoirs locaux ou régionaux, qui sont pourtant les seuls contrepoids à l’arbitraire de l’Etat central. Le canton du Jura, s’il se transforme en centre de redistribution des subventions fédérales, aura été créé pour rien. Il est de son devoir, du nôtre, de ne jamais en arriver là. (Un seul Jura, une chance unique) Je persiste et signe. PAC
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01 Août 2009 à 22:09 dans
- Politique fédérale



A qui la faute si la Suisse "fout le camp" ? Il y a bien des Conseils d'Etat qui prêtent leur main à cette évolution. S'ils disparaissent, les cantons l'auront bien cherché. Cordialement.
Posté par Jo. — 05 Aou 2009, 08:29