Election du Premier secrétaire

L'Editorial
Tranchées
Si la victoire de Barack Obama a supplanté dans les médias les élections internes chez les socialistes, la semaine qui s'ouvre devrait être celle du premier parti de la gauche française. Avant même le congrès de Reims, il faut le préparer pour tenter de trouver un patron ou une patronne. Ce qui engage dans une guerre qui évoque celle des tranchées, la bataille se jouant sur les tunnels qui peuvent être creusés entre des buttes témoins difficiles à relier. Si Ségolène Royal est arrivée en tête du vote des militants, il lui faut passer de 29 % des voix à plus de 50 % pour prétendre diriger le PS. Un saut quantitatif qui exige des compromis politiques et le dépassement de certaines querelles personnelles. L'ex-candidate à la présidentielle sera-t-elle elle-même candidate au poste de premier secrétaire ? Prudente, elle avait mis cette question au « frigo », pour ne pas attiser la concurrence des ambitions. Parce qu'elle n'en a peut-être pas très envie non plus. Elle est bien placée pour savoir que la fonction est ingrate, dévoreuse de temps et imposant souvent de se caricaturer au nom du devoir d'opposition. Mais il importe de diriger le parti en vue de la prochaine présidentielle et si les lieutenants ne manquent pas, faut-il en sortir un général qui risque de trop se prendre au jeu ? A supposer cette question résolue, Ségolène Royal doit se trouver des alliés dans un parti où le plus petit dénominateur commun est l'hostilité, sinon plus, qu'elle suscite. Au point qu'un front commun contre elle n'est pas à exclure, rassemblant la gauche, le centre et la droite d'un socialisme de toute façon chamboulé. Il resterait à la présidente de Poitou-Charentes de tenter un plébiscite lors de l'élection du premier secrétaire, le 20 novembre, pour court-circuiter toutes les manoeuvres possibles. Le PS souffre en fait de rester une formation de type parlementariste dans un régime présidentialiste qu'aggrave la démocratie d'opinion. Les subtilités politiques sombrent dans les arrangements et les courants deviennent des écuries au service d'une ambition. Qui osera changer la nature du PS ?
Chantal DIDIER
10/11/08
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10 Novembre 2008 à 16:50 dans
- Affaires extérieures

