Quand les insultes avaient de la classe...

Echanges musclés au Parlement (ici l'Assemblée nationale)
Grands personnages en vadrouilles polémiques
On s’offusque parfois d’échanges dits « musclés » dans les assemblées parlementaires. Certains crient à l’agression, à l’intolérance, voire à la honte ! Comme je vous le dis ! Et pourtant. Il suffit de regarder un peu ailleurs pour constater que nos parlements cantonaux, par exemple, sont sages comme des images. Allez à l’Assemblée nationale à Paris, au Bundestag à Berlin, à la Camera dei deputati à Rome ou au Congreso de los Diputados à Madrid, et vous serez édifiés, en comparaison, par l’ambiance quasi monacale qui règne au sein de nos propres législatifs. Où voulais-je en venir, dans cette régénérente fraîcheur matinale ? Ah, oui ! A la façon de s’impliquer dans une polémique, qui peut traduire une certaine classe ou témoigner de la plus grande vulgarité. Je ne m’intéresse qu’au premier terme de l’alternative. Ainsi ce député qui apostrophe Benjamin Disraeli à la Chambre des communes : « Monsieur, vous mourrez soit par la potence ou par quelque maladie honteuse! » Flegmatique, le Premier ministre anglais lui répond : « Cela dépendra, cher Monsieur, selon que j’embrasserai votre politique ou votre maîtresse ! » Relevez-vous de cela, maintenant. Le meilleur, dans ce genre, c’est incontestablement Churchill et son œil malin. Le voilà parlant d’un de ses adversaires : « Il avait toutes les vertus que j’exècre et aucun des vices que j’admire. » Ou cette saillie-ci dans un échange avec George Bernard Shaw, l’auteur de Pygmalion, qu’on ne peut que profondément aimer. Ce dernier écrit à Winston : « Tu trouveras ci-joint deux places pour la première de ma nouvelle pièce ; amène un ami… si tu en as un. » Churchill, alors, ne se démonte pas et réplique : « Merci, mais il ne m’est pas possible d’assister à ta première ; j’irai à la seconde… s’il y en a une ! » Et toc. Vertu des mots, cruauté des phrases, merveilles de la langue. On était loin du langage invertébré d’aujourd’hui, n’est-ce pas ? Bon dimanche ! (PAC)-
26 Octobre 2008 à 08:28 dans
- Culture et loisirs


Cher Pierre-André, Je vois que tu te lèves tôt pour te remuer l'esprit. Bonne hygiène de vie, à vrai dire. Imagine maintenant qu'un médecin te dise, comme le maître de la "comédie-insulte" (Leonard): "Vous n'avez rien de mauvais qu'une bonne réincarnation ne pourra bientôt guérir." Pas mal, n'est-ce pas ? A propos, connais-tu le surnom qu'on donnait à Edouard Herriot ? Le discrédit Lyonnais ! Et encore, le Victor, le nôtre, député et gigantesque poète. Sais-tu comment il qualifiait le Général Louis-Jules Trochu, qui a été président du Gouvernement de la défense nationale en 1870 ? Le "participe passé du verbe "Trop choir"! Hugo n'y allait pas de main morte ! Aujourd'hui, on a de la sauce sans saveur, des mots sans identité, des gestes sans amplitude. Mais, je suis d'un autre siècle. Salut, et bonne chance pour ce que je sais... Jean-Roland
Posté par Jean.-R. St. — 26 Oct 2008, 10:00
Salut Pierre-André ! A ce sujet, pour se faire plaisir aux yeux et surtout aux oreilles, ça vaut le coup d'aller voir par là : http://www.dailymotion.com/relevance/search/le%2Bpresident%2Bgabin%2B/video/x16dpo_sarkozy-vs-jean-gabin_news Un régal... qui n'a pas vieilli tant que ça ! Salutations cordiales de Bretagne ! Aline Aubry
Posté par Aline Aubry — 05 Nov 2008, 17:32