Quelle politique linguistique ?

Français, pluralisme linguistique
Il m'est arrivé de dire que le plurilinguisme personnel constituait la "prochaine grande conquête sociale". Je maintiens l'affirmation. Le problème reste que les Etats doivent, pour atteindre cet objectif, investir des sommes considérables dans la politique linguistique, qui va du renforcement de la langue maternelle (le français chez nous) à "l'assimilation" de la langue du voisin et d'une grande langue de communication internationale (l'anglais s'imposant pour l'heure presque naturellement). Ils n'en ont pas les moyens ou... la volonté. Ainsi se développe un apprentissage des langues "à deux vitesses", qui fait le bonheur des plus aisés, lesquels, dans des écoles privées inaccessibles aux enfants de familles modestes, se préparent à prendre la succession des classes dominantes d'autrefois. La nounou étrangère d'il y a quatre siècles, engagée pour parler sa langue maternelle et assurer de la sorte une éducation bilingue précoce à l'enfant, a "fabriqué" des générations de diplomates, hommes d'affaire et grands bourgeois possesseurs inamovibles du pouvoir politique. On n'est pas très éloigné de cela de nos jours, alors que l'école publique ne dispose pas des moyens nécessaires à un enseignement massif des langues. La détermination politique, certes - du moins je le crois - existe pourtant. Mais il faudrait qu'elle franchisse un nouveau palier: celui d'un investissement à long terme. Il est tout aussi vrai que la période actuelle, avec ses cortèges d'économies, ses flops financiers et ses krachs boursiers, n'est guère propice à cet investissement-là, pourtant indispensable. (PAC)
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23 Octobre 2008 à 11:40 dans
- Langue et culture

