A quoi bon...

Laisser les géants dormir tranquilles
Plusieurs œuvres parmi les plus célèbres attribuées à Jean-Sébastien Bach ont été écrites par sa seconde épouse, Anna Magdalena Wilke, affirme un universitaire australien qui a eu recours aux méthodes les plus récentes de la police scientifique. « Je suis sûr que les Suites pour violoncelle n'ont pas été écrites par Jean-Sébastien », dit Martin Jarvis, maître de conférence et également chef du Darwin Orchestra. Les premiers soupçons de Martin Jarvis, qui se consacre depuis 30 ans à l’œuvre du maître allemand, sont apparus lorsqu'il étudiait à la Royal Academy of Music de Londres. « En 2001, j'ai déconstruit les pièces pour violoncelle et j'ai trouvé 18 raisons de croire qu'elles n'ont pas été écrites par Bach », a-t-il expliqué à Reuters. Au fil des années, ce « détective musical », tel qu'il se présente, en est arrivé à la conclusion que deux partitions célèbres datant de 1713 étaient de la main de Magdalena. « Quand on pense que j'ai découvert des manuscrits antérieurs de sept ans à la date à laquelle elle est supposée l'avoir rencontré, on est en droit de s'interroger », dit-il. L'examen de la copie d'un de ces manuscrits a révélé la mention, en français, « Ecrite par Madame Bachen », rédigée par un ami de Bach sur la couverture du document. « Lorsqu'on met tout bout à bout, il semble qu'il existe des preuves éclatantes de son implication », conclut Martin Jarvis. Bach avait épousé Anna Magdalena en 1721. Il est décédé en 1750.N’est-on pas dans la même logique qu’avec la « paternité » des œuvres de Molière, que certains, dont on ne connaît pas vraiment les raisons, veulent attribuer à Corneille ? Quand laissera-t-on les géants dormir en paix ? Faut-il vraiment exhumer les corps décomposé et lancer quelques hystériques recherches sur l’ADN ? Et puis même, si cela était ? En quoi devrais-je changer d’appréciation sur des productions artistiques, littéraires ou musicales qui atteignent la perfection ? Qui se trouve devant l’image d’un Glenn Gould jouant un concerto de Bach sous la direction de Bernstein ne se laisse pas embarquer par ces idées déconcertantes ! Il écoute, et réécoute. Déconnecté du monde réel, plus rien ne l’atteint. Quiconque assiste à une représentation de l’Avare ou de l’Ecole des femmes écoute de même, met son esprit hors portée des considérations de petite vertu. Les mots lui arrivent, les phrases, les vers, la grande famille vous emmène dans un tourbillon de bonheur. Le temps s’arrête. Le doute se dissipe comme un brouillard crapuleux au soleil de l’été indien… (PAC)
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11 Octobre 2008 à 15:22 dans
- Culture et loisirs

