Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Le journal de Pierre-André Comte

Le MAJ (RJ-UJ) en action

 

MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

Conférence de presse du 14 juin 2008 

  

Dans son rapport 2008 sur la reconstitution de l’unité du Jura, le Gouvernement jurassien indique qu’il lui appartiendra, à l’automne, de « déterminer le contenu et la forme des propositions qui seront soumises à la population du Jura bernois ainsi qu’à celle du canton du Jura ». Il ajoute que « tout l’art consistera à lier les propositions de l’AIJ avec les dispositions contenues dans la loi Un seul Jura, puisque le canton du Jura sera appelé à formuler une offre de partage de souveraineté (…) » Il reste à l’Etat jurassien à définir les modalités dans lesquelles cela se fera, et nous en approuvons la perspective. 

Depuis la validation de l’initiative populaire et l’adoption de la loi « Un seul Jura » par le Parlement jurassien, le mouvement autonomiste est sur la même longueur d’onde que les autorités cantonales. Aussi s’est-il abstenu d’interférer dans les travaux conduits par l’Assemblée interjurassienne. Jusqu’au rapport de celle-ci, il évitera toute intrusion dans le débat institutionnel, sans oublier toutefois de rappeler le principe fondateur de sa doctrine : la reconstitution de l’unité du Jura est seule apte à résoudre la Question jurassienne, et tout continuera d’être mis en œuvre afin que cette solution s’impose aux yeux de tous. 

Dans son rapport, le Gouvernement jurassien prononce une phrase essentielle pour le mouvement : « Dans le cadre de la loi, le Gouvernement entend se donner toutes les marges de manœuvres utiles afin de garantir la plus grande cohésion possible des milieux politiques et de la communauté jurassienne dans son ensemble face à l’offre de partage de souveraineté formulée au Jura bernois. » Garantir la cohésion au sein de la société jurassienne: c’est exactement ce à quoi s’applique le Mouvement autonomiste depuis une année, depuis qu’à juste titre le Gouvernement a appelé les Jurassiens à se préparer à de grands changements (rapport 2007 de l’exécutif cantonal et discours du Marché-Concours d’août 2007). (PAC)

Ainsi, dès le début de l’année, le Mouvement autonomiste jurassien a procédé à diverses consultations dans le canton du Jura. Des réunions dites « informelles » lui ont permis de rencontrer l’ensemble des forces politiques, dont l’avis lui importe à quelques encablures du dépôt du rapport final de l’Assemblée interjurassienne. Il a de cette façon permis à chacune des composantes partisanes du panel politique jurassien d’être directement informée du positionnement de ses partenaires. Il poursuivra sa « tournée des popotes » en rencontrant prochainement les représentants des grandes associations et des milieux culturels. 

La réflexion sur le statut politique futur du canton du Jura, personne n’en doute, doit être collective et partagée. Si on s’interroge sur la façon dont les gens du Sud recevront l’offre de partage de souveraineté de l’Etat jurassien, on doit aussi se questionner sur la manière dont nous la formulerons, dans quel état d’esprit, et avec quelle volonté d’aboutir.  

L’originalité du « partage de souveraineté » dans l’émergence d’un nouvel Etat cantonal des six districts, au sens territorial, offre une possibilité d’ouvrir un formidable débat sur la réinvention de l’Etat cantonal, sa place au sein de la Confédération, son rôle dans l’organisation sociale, sa fonction première dans l’émancipation de la communauté humaine, que nous appelons ordinairement « peuple jurassien ». C’est à cette réflexion-là que nous avons à nous atteler, activement, sans a priori, sans préjugé, avec ouverture et volonté de bien faire. 

Le dispositif juridique et politique actuel, fondé sur le postulat de départ de l’Accord du 25 mars 1994 (l’AIJ est censée régler politiquement le conflit), sur la loi « Un seul Jura », un acte législatif qui fixe l’attitude de l’Etat jurassien, et sur le mandat confié à l’institution interjurassienne sous l’égide de la Confédération, détermine la position du mouvement. Le MAJ s’y tient, et, en conséquence de cela, s’engage dans la préparation de l’opinion publique au partage de souveraineté. De même, il entend ces prochaines semaines mobiliser ses partisans du Jura méridional afin qu’ils trouvent la place qui leur revient dans l’instauration d’une discussion similaire dans les districts sous juridiction bernoise. 

Pour conclure provisoirement (le MAJ développera de manière détaillée sa ligne politique pour 2008-2009 lors de la prochaine Fête du peuple) : 

1. L’Assemblée interjurassienne travaille à son rapport, et il faut en respecter la mission. L’Etat jurassien, de son côté, doit penser à la formulation de son offre de partage de souveraineté. C’est la loi qui l’y invite.  

2. L’Etat cantonal tel que nous le connaissons (répartition des pouvoirs, rôle de la fiscalité, rapports des citoyens avec l’administration, découpages électoraux, vocabulaire institutionnel, etc.) est appelé à évoluer. Du nouveau est à créer, et les Jurassiens sont, en regard de leur histoire, bien placés pour réussir cet exercice.  

3.Le canton du Jura connaît ses forces et ses faiblesses : trente ans d’existence lui permettent de poser un constat réaliste sur son fonctionnement, sans l’a priori sclérosant du poids des siècles. Le sud du Jura se trouve dans une situation identique puisqu’il a une expérience de même durée en dehors du cadre juridique ordinaire, tel que le connaissent les régions du « réseau cantonal confédéral ». 

4. Dans les deux parties du Jura peut ainsi surgir une réflexion, non qui fustige le passé et renie les sentiments individuels ou collectifs, ce qui est la meilleure manière de préparer les échecs de demain, mais qui emprunte les voies de l’intelligence, de la maturité et de la sérénité face aux difficultés placées devant elle, inévitables, immenses, légitimes.  

5. Ces difficultés, connues de tous, dues à la division post-plébiscitaire, ne sont pas insurmontables si on les considère à l’aune des contraintes qui pèsent sur notre environnement politique : évolution du fédéralisme, euro-régionalisation, représentativité démocratique. Nous n’avons plus le choix de l’affrontement dogmatique. Nous n’avons que celui de la convergence idéologique vers l’édification d’une communauté de destin et d’intérêts.  

6. L’unité du Jura est une réalité à réorienter, à réadapter à l’air du temps, une exigence de respect mutuel. Communément dit, un vrai projet d’avenir. Les générations montantes doivent s’approprier d’un nouveau projet jurassien, qu’il soit celui du développement économique ou de la renaissance d’une volonté identitaire, apte à faire triompher l’idéal d’une unité dont tout le monde sait qu’elle est la seule solution durable à la Question jurassienne.  Il faut pour cela recréer une dynamique, tant au nord qu’au sud du Jura, qui ouvre de nouvelles perspectives politiques, culturelles et sociales à l’entité institutionnellement inachevée de ses six districts francophones.  

Prévue de longue date, la conférence de presse de ce matin a pour but d’orienter la population sur les actions du mouvement avant la pause estivale, et notamment de présenter les diverses manifestations liées à la commémoration du 23 juin. La publication du rapport gouvernemental sur la reconstitution de l’unité du Jura nous a fourni un élément de référence supplémentaire, raison pour laquelle nous y avons fait allusion dès aujourd’hui déjà.

Pierre-André Comte

Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ)

Delémont, le 14 juin 2008


Commentaires

  1. Soyons prudents, mais n'ayons pas crainte de rappeler quelles sont nos valeurs: démocratie, souveraineté, indépendance !

    Posté par Jérôme — 16 Juin 2008, 14:24


Votre commentaires :