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Le journal de Pierre-André Comte

Séance du Parlement jurassien du 23 avril 2008

Droit à la dignité dans la mort

POSTULAT 268 (S. Vifian) – Position du groupe socialiste par P.-A. Comte

Le groupe socialiste approuve sans réserve le postulat de M. le Député Vifian. Il s’agit là d’une démarche dont l’exigence morale n’échappe à personne. Chacun à en tête le calvaire de malades désirant qu’on les délivre de leurs souffrances. Personne n’ignore la frustration de l’homme face au doute de son libre arbitre. Débat de société, disent certains. De droit à la plus simple humanité, suis-je tenté d’ajouter. Avec l’évolution des temps tombe la restriction mentale face au droit à la mort, à la dignité dans la mort.  (PAC)

Dans son « rapport de positionnement » sur les soins palliatifs, les directives anticipées et l’assistance au suicide,  du 3 juillet 2007, la Fondation pour l’Aide et les Soins à domicile décrit parfaitement ce que sont les soins palliatifs. Je m’y suis procuré des informations qui m’ont permis de conforter mes convictions. Parmi les valeurs fondamentales mises en exergue dans ce document figure cette sanction ultime qu’est « le respect de la vie et de son terme naturel. » Cela suffit à notre adhésion au postulat qui nous est soumis.

Ce postulat, et je remercie par avance son auteur de bien vouloir en préciser l’objectif sur ce point, inscrit la « démarche palliative » dans le « projet des unités médicales ».Trivialement dit, il faut donc comprendre qu’il retourne ici d’une démarche hospitalière. Ne devrait-on pas aussi penser à examiner la façon de surmonter les obstacles au développement des soins palliatifs à domicile ? J’ai bien entendu les propos de l’auteur de la motion, ils ne sont pas absents de sa réflexion et je m’en réjouis. Et au-delà, avec toutes les précautions que cela suppose, se pose la question de l’euthanasie, active ou passive, et de l’aide au suicide. 

Où le débat de ces problèmes fondamentaux de notre société peut-il trouver un hébergement qui ne le réduise pas à de simples déclarations sans suite. Le groupe socialiste a défendu il y a peu une motion demandant qu’ils soient précisément pris en charge par un « conseil des aînées » dont notre parlement n’a pas voulu. Je respecte bien sûr la décision de notre assemblée à ce sujet, mais je la déplore.

Nous parlions ainsi d’une institution reconnue comme interlocutrice privilégiée du Gouvernement et de l’administration dans la définition des politiques publiques. Ses préoccupations devaient porter sur : l’image positive du vieillissement, la promotion de la santé, le soutien à domicile, l’autonomie des personnes aînées, les proches aidants, les soins palliatifs, l’éthique appliquée au vieillissement individuel et collectif, l’euthanasie, le suicide, le deuil, le bénévolat et la contribution des aînés, la sexualité, les relations intergénérationnelles, l’organisation du travail, les travailleurs vieillissants, la retraite, la redéfinition et la réorganisation de la vie active, le traitement médiatique concernant les aînés.

 

Avec les soins palliatifs et la proposition de M. le Député Vifian, nous voici au cœur de cette liste de questions graves à traiter. Je forme le vœu que l’approbation de ce postulat déclenchera la prise de conscience nécessaire et, au-delà, l’action apte à en mettre les principes en pratique. Je vous invite, avec le groupe socialiste, à accepter unanimement le postulat n° 268. Merci de votre attention. (PAC)

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