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Le journal de Pierre-André Comte

Un ange des montagnes s’envole pour les Emirats !

  
L’érable ondé, don unique de la nature !

Je lis l’article (QJ – 18 mars 2008) consacré à la découverte et à la vente d’un érable ondé par la Bourgeoisie de Porrentruy. Un vrai plaisir, dont je me réjouis pour l’exploitant forestier. Nous avons déjà vécu pareil événement à Vellerat (automne 1997). Nous avions alors organisé une fête de présentation de l’arbre, juste à côté de notre petite chapelle dans laquelle un quatuor à cordes laissait entrevoir quel sort était réservé à « l’ange des montagnes » (c’est ainsi qu’on baptise l’érable ondé). Le souvenir de la joie ressentie alors me fait partager celle des heureux ex-propriétaires de cet arbre magnifique. Félicitations sincères. Je suis très content pour vous ! A quelques mètres de moi, sur un rayon de ma bibliothèque trône un quartier de « mon » érable, témoin fidèle d’un grand bonheur ! Sous suite, on trouvera le discours que j’avais eu le plaisir de prononcer le 21 décembre 1997, à l’occasion de la fête organisé en l’honneur de notre érable ondé. (PAC)

Vellerat - Erable ondé - 21 décembre 1997 - Présentation

Allocution de M. Pierre-André Comte, maire de Vellerat 

Mesdames, Messieurs, J’ai l’honneur et le plaisir de vous souhaiter la bienvenue au nom du Conseil communal. Soyez assurés de toute notre amitié. Merci d’être parmi nous en cette circonstance un peu particulière et en ces temps propices à des activités différentes de celles auxquelles nous sommes habitués. Sur cette place, nous avons souvent parlé de liberté. Connaissant bien le sujet, nous sommes toujours tenté d’y revenir. Il se prête finalement à toute réflexion humaine, et je ne vois pas pourquoi l’on se défendrait d’en traiter sous tous les angles. 

La Nature aime les différences, car elles sont les instruments nécessaires de la sélection et de l’évolution. Certes, elle n’a le plus souvent que faire d’organismes, d’espèces ou de groupes qui ne peuvent se reproduire en abondance. Parce que la vie doit se multiplier, elle préfère les portées nombreuses, affirmant ainsi sa passion pour la quantité, qui est un préalable à la sélection de la qualité. La Nature se délecte des batailles qui laissent de rares survivants.

L’arbre couché sous nos yeux me semble être témoin privilégié de ce perpétuel affrontement. Ainsi notre forêt nous a-t-elle offert le cadeau d’un fils exceptionnel. Bien sûr, l’«érable ondé » auquel nous avons tenu à rendre les honneurs, si tant est que nous lui ayions demandé, eût certainement préféré rester debout. Cependant, son temps était passé, et quelle chance pourtant, pour lui, de renaître en noble musique ou en décors chatoyants et, ainsi, se fondre dans l’éternité. Vous en conviendrez avec moi, mourir dans les bras de Mozart doit être chute fort agréable. A dire vrai, il n’est de sort plus enviable. La découverte d’«érables ondés » dans nos forêts constituent un événement que nous voulions marquer d’une façon qui réjouisse l’esprit.

De la simple découverte des arbres à l’exposition du luthier, en passant par la prestation d’un ensemble musical, nous avons, je crois, atteint notre objectif et sommes particulièrement heureux de partager ce moment en votre compagnie. Je voudrais remercier particulièrement M. Jean-Marie Lehmann, luthier, artiste, chantre et créateur, dont on ne se lasse pas d’entendre ses hymnes à la forêt. Je remercie également M. Frédéric Schaffter, garde forestier qui remplit sa tâche avec perfection, et par lequel est arrivée la découverte, de même que M. Francis Girardin, ingénieur forestier, certainement poète, sinon farouche admirateur et protecteur de notre patrimoine forestier.

Enfin, je voudrais saluer la minutie avec laquelle notre conseiller communal responsable du dicastère, M. Charles Flück, a coordonné les préparatifs de cette manifestation. Mes remerciements vont bien entendu à M. Bläuer et au quatuor à cordes provenant de l’Orchestre de chambre jurassien, pour avoir accepté de se prêter au jeu et de nous avoir instinctivement gratifié de leur sympathie. Je salue aussi avec plaisir les membres du triage forestier, avec lequel nous collaborons depuis plusieurs années, et, cela va de soi, les citoyennes et citoyens de la commune, entourés des invités de cette dernière.

Enfin, après avoir excusé l’absence du Père Marie-Bernard Farine, retenu par une messe, je remercie sincèrement la paroisse de Courrendlin, représentée ici par son président, M. Serge Comte, de nous avoir autorisé l’usage de notre magnifique chapelle.

Soyez tous chaleureusement remerciés de votre présence. Jusqu’ici, j’avais coutume de conclure mes discours d’un « Vive le Jura libre » ou d’un « Vive Vellerat libéré » ! Aujourd’hui, vous me permettrez de me satisfaire par une nouvelle exclamation, par exemple du style : « Vive les érables ondés de Vellerat », ou « Vive l’ange des montagnes » ! Je vous souhaite, Mesdames et Messieurs, un excellent et joyeux moment en nos murs et, l’occasion aidant, je vous adresse mes voeux les meilleurs, ainsi qu’à vos familles. J’espère pour vous de très heures fêtes de fin d’année, ainsi qu’une année nouvelle pleine de promesses et de succès. 

Pierre-André Comte, maire


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