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Le journal de Pierre-André Comte

Expression et débat politique

L’art oratoire a fui les assemblées

Dans Le Temps d’aujourd’hui, D.S. Miéville alerte - ou apostrophe, c’est selon – l’électeur par ce titre qui fait office de conclusion : « Personne n’écoute personne. Etonnez-vous que vos élus soient des handicapés du verbe » ! Le journaliste parlementaire déplore la situation en ces termes : « On peut aller jusqu’à dire qu’il n’existe pas, ou plus, en Suisse romande, de culture du débat politique, qui se trouve réduit, dans les rares endroits où il subsiste, à une pâle caricature dans laquelle, en particulier à la télévision, la mise en scène l’emporte largement sur le contenu . » Tout cela est vrai. La TSR est incapable de produire une émission politique où les journalistes arrêtent de faire leur numéro, interrompant sans cesse leurs interlocuteurs et proposant ainsi aux téléspectateurs un spectacle lamentable. N’ont-ils jamais vu Yves Calvi, les divas du service politique de notre télévision ? Ou d’autres présentateurs très doués sur les chaînes d’à côté ? Pour le reste – les mots, le vocabulaire, la syntaxe ou le sens de l’humour –, on voit mal comment on élèvera le niveau des politiciens romands s’ils n’ont pas pleinement conscience du rôle qu’ils ont à jouer, du fonctionnement du fédéralisme ou encore de la dérive en cours vers un Etat suisse synonyme de médiocrité, d’affaissement des personnalités cantonales, de débandade intellectuelle et de langage convenu, insipide, engoncé dans des schémas où le verbe n’a plus aucune espèce de valeur… Mais la semaine n’est pas terminée. Il faut que je retourne à Paris, à l’Assemblée nationale, pour espérer encore en la capacité des hommes à débattre dans la langue française, celle que célébraient Boileau et sa célèbre maxime… (PAC)

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