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Le journal de Pierre-André Comte

Enseignement de l'allemand (TRIBUNE PARUE DANS LE QJ DU 11 FEVRIER 2008)

Excellente initiative du Ministère de l'Education

Le 25 janvier dernier, le Service de l’enseignement a adressé une circulaire aux écoles qui annonce l’engagement d’un « processus visant à rehausser, dans la durée, les compétences des enseignants d’allemand de l’école primaire. » La solution immédiate pourrait venir de la mise en place d’un corps professoral semi-généraliste. Par un mécanisme d’échanges de branches, certains enseignants désireux de recentrer leur activité sur l’enseignement de l’allemand se verront proposer des adaptations d’horaire et de matière au sein de leur établissement. Il faut applaudir cette initiative, qui s’inscrit dans la volonté du Département de l’éducation de presser le pas vers un apprentissage plus efficace des langues étrangères, à commencer par l’allemand, langue de nos voisins. (PAC)

Ce qui est en jeu ici, c’est notre capacité à surmonter un a priori négatif, historiquement compréhensible dans le Jura, à l’égard de l’allemand. Des moyens que nous nous donnerons dépendra notre faculté à atteindre nos objectifs s’agissant de notre arrimage à la grande région économique de Bâle (ville et campagne), ou de la nouvelle « conquête sociale » que constitue la pratique courante des langues étrangères.  

 

Le 19 janvier 2000, le Parlement jurassien a adopté la motion 605 du groupe parlementaire socialiste, pour la promotion d’une éducation bilingue précoce, base d’un enseignement plurilingue. Cette proposition répondait déjà à l’un des objectifs du plan de législature 1999-2002, que l’exécutif cantonal libellait ainsi : « Dynamiser globalement l’apprentissage des langues à travers un effort qui portera sur l’anticipation, l’intensification, la professionnalisation et la diversification de l’apprentissage des langues ». 

 

Dans notre proposition, nous demandions entre autres à l’Etat « de créer les conditions d’un environnement social, intellectuel et médiatique qui favorise l’avènement d’une politique linguistique reposant d’une part sur la défense de la langue française et du patrimoine culturel qui s’y rattache, d’autre part sur le plurilinguisme. » Plus loin, nous préconisions la réalisation d’une étude, en concertation avec les régions proches les cantons voisins, d’un grand programme d’échanges d’enseignants, condition sine qua non à l’institution d’une politique linguistique telle qu’on peut la souhaiter, volontariste, dynamique.   La circulaire de ce début d’année, portant sur l’émergence souhaitée d’un enseignement spécialisé de l’allemand (on peut le qualifier ainsi), s’inscrit donc dans le bon sens, et il faut espérer que les établissements scolaires y porteront le plus grand intérêt. Le plurilinguisme, dit l’ancien Ministre de l’Education et de la Culture Jack Lang, « n’est pas une pénitence, c’est une aubaine, une exigence morale, culturelle et économique ».

Pour le Jura, l’heure est venue de se distinguer dans une prise en compte active de cette exigence-là. A notre époque, l’accès démocratique au savoir passe par la maîtrise de sa langue maternelle et des langues étrangères de communication internationale. Favoriser un tel accès au plus grand nombre, au moment même où se développe dans de nombreux pays un enseignement privé des langues, coûteux et élitiste, est un devoir auquel l’Etat jurassien ne peut se soustraire. Il s’est mis en mouvement, on ne peut que l’en féliciter. (PAC)

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