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Le journal de Pierre-André Comte

La misère et la honte

 

 

Les SDF meurent doucement dans le froid

Trois, quatre, dix, cent morts dans le froid et l’abandon ? Les SDF meurent au coeur de la nuit. A Paris, la ville lumière ! Un trente-sixième plan d’hébergement est envisagé par un pouvoir politique complètement défaillant. Pour ne pas dire malhonnête. Des centaines de milliards pour sauver les héros déchus de la haute finance ? Pas de problème, cela se fait en deux temps trois mouvements. Réquisitionner les logements vides des spéculateurs immobiliers salauds de première classe pour y loger les SDF purs produits du libéralisme sauvage ? Vous n’y pensez pas, mon cher ! Sainte Christine, prieuse éplorée et ministre incompétente veut forcer les pauvres gens à vivre dans des centres d’hébergement où s’additionnent promiscuité, insécurité et indignité ! Dans leur dénuement moral et leur misère matérielle, les SDF préfèrent crever tranquilles au fond du bois de Vincennes. Le froid y pourvoit en toute discrétion. Proprement. Dans quelque arrondissement huppé, certains s’affairent à la préparation du Noël de l’Elysée… La grosse bouffe est bientôt prête ; la grosse honte la précède de son pas toujours plus assuré. (PAC)


Fête du travail

Droits inaliénables

En ce 1er mai, je veux d’abord penser aux sans-papiers qui, chez nos voisins, se battent pour l’obtention de la sécurité citoyenne. Ils travaillent, paient leurs cotisations sociales, participent de la richesse économique, assurent la pérennité d’activités qui iraient à la faillite s’ils n’étaient pas là. La régularisation de ces personnes n’est que justice et… bon sens. Cette population, à laquelle je veux manifester ma solidarité, ouvre les yeux des Français sur une réalité trop souvent passée sous silence : des dizaines de milliers de sans-papiers entretiennent un pan de l’économie (entreprises de construction, de nettoyage, de la restauration, etc.) qui s’effondrerait sans eux. Maliens, Maghrébins, travailleurs de toutes nationalités, vos droits ne sont pas dissociables de ceux des autres. Que cela soit reconnu dans la patrie des « Droits de l’Homme » est la moindre des choses. Quant à nous, en Suisse, sommes-nous au clair à ce propos ? (PAC)

Solidarité avec les grévistes de CFF Cargo

Continuer la lutte

Les enjeux économiques de la Suisse se jouent à sa périphérie. Telle est la conviction que je partage avec tant d’autres. Or, le conflit qui oppose la direction de CFF Cargo aux grévistes de l’entreprise témoigne d’un nouveau coup porté à l’économie décentralisée sur laquelle on doit bâtir l’avenir. Que vise-t-on ? La ruine de l’infrastructure ferroviaire, alors que le transfert des marchandises au rail est perçue partout dans le monde comme une nécessité environnementale absolue ? Face à cette contradiction doublée d’une catastrophe sociale, il est normale que se manifeste l’union sacrée de toutes les forces vives des régions périphériques, désormais menacées par la rationalisation de l'économie nationale. Dans cette perspective, il est parfaitement incompréhensible que le Parlement jurassien ait raté l’occasion de se joindre à la protestation légitime des ouvriers et défenseurs de CFF Cargo d’avant son plan de restructuration. Sommes-nous encore capables de résistance ? J’en doute, et nous le paierons un jour très cher. (PAC)

Politique économique

Le retour du « salaire minimum »

La conjoncture économique permet à nos entreprises de réaliser en ce moment d’excellentes affaires. Chacun s’en félicite et réjouit. Cependant, les nouvelles richesses créées n’ont pas ou peu d’effets sur le niveau de vie des plus défavorisés. Dans ces conditions, l’Etat doit-il imaginer une politique qui conduise à une élévation sensible des salaires dans notre canton, cela aux fins d’assurer une redistribution équitable des fruits de la croissance ? Avec beaucoup d’autres, je le pense. D’où la question incidente de l’institution de « salaires minimaux ». 

On le sait, certains de nos compatriotes ne disposent pas des moyens financiers qui leur permettraient de nouer les deux bouts sans encombres. Parmi eux figurent souvent des jeunes, que les conditions générales de l’économie, un manque de formation ou l’absence de travail précipitent dans les difficultés. Les salaires à l’embauche dérisoires, ce sont eux qui les connaissent dans notre société dite solidaire, et notre devoir est de trouver les mesures politiques et économiques aptes à mettre fin à ce qu’on appelle pudiquement « phénomène des travailleurs pauvres ».  

Instaurer des « salaires minimaux », c’est refuser un marché du travail qui se développe et se structure autour de la précarité et de la flexibilité économiques. C’est établir un seuil, dont le but est d’installer le salarié dans une logique ou un processus de progression salariale. C’est un seuil minimum en deçà duquel on ne peut aller… ou descendre. C’est au bout du compte amener l’Etat à instituer une politique volontariste qui serve la sécurité de l’emploi et procure davantage de bien-être économique à la population dans son ensemble. (PAC)

 (Suite)

Gros salaires et aide sociale

 Sortir du paradoxe et de la stérilité dogmatique

« Les politiques ont donc encore à faire. L’économie aussi. Une société se déshumanise quand elle permet, comme aujourd’hui, que le salaire moyen des grands patrons augmente de 19% et que le nombre des personnes réduites à l’aide sociale s’accroisse de 8%. La mise en parallèle des deux chiffres dit à elle seule le dérèglement de notre système économique. » Telle est la conclusion de l’éditorial du rédacteur en chef du Quotidien jurassien de ce jour. Je partage totalement son opinion. Mais comment remédier à cette situation des plus problématiques ? Il me semble qu’une bonne piste serait celle, pour les partis politiques, de laisser les dogmes de côté et de favoriser une plus grande conscience du devoir de solidarité au sein de la société. En fait, les plus riches profitent à fond des conflits idéologiques, et les plus pauvres en pâtissent. C’est aussi de cette façon que M. Chapatte aurait pu conclure son commentaire. Je suis certes attaché aux valeurs de progrès telles qu’elles devraient être défendues par une gauche progressiste, consciente de l’évolution du monde. C’est-à-dire, comme le souhaite Laurent Joffrin en France, une gauche dont les grands prêtres auraient « quitté leurs vieux habits et abjuré leurs antiques croyances » ! Mais cela, j’ai bien peur qu’il ne s’agisse d’une autre paire de manches ! Enfin, je continuerai d’apporter ma contribution à ce débat interne et public. (PAC)

Solidarité interjurassienne

Un combat légitime, indispensable

« La Boillat vivra ! » Un cri lointain. Et si proche. Une année que la grève a eu lieu. Le moment d’une solidarité interjurassienne jamais vue jusque-là. Une région unanime qui prend fait et cause pour des ouvriers dont les droits et intérêts sont sacrifiés sur l’autel d’une stratégie industrielle injustifiable. La bourse guette, le tiroir-caisse des actionnaires s’agite, le seul profit des plus forts écrase tout sous son pas. Libéralisme à outrance ! Les emplois ne sont plus que données volatiles, les ouvriers de la plastiline que l’on compresse, façonne d’autorité, en jette à tous vents les rognures. Honte. Honte aux théoriciens de « l’impuissance politique » et de la « nécessaire adaptation aux conditions du marché », toutes bonnes raisons jamais élucidées, qui confortent les misérables dont les poches se remplissent au fil de la précarisation de ceux grâce auxquels ils ont pu prospérer sur le fumier de leur cupidité. Quelles conséquences pour l’économie du Jura méridional ? Pour l’ensemble de la région jurassienne ? Une année après la grève, les « Boillat » ne veulent pas oublier. La lutte continue. Parce que légitime. Juste. Indispensable. Aucun patron digne de ce nom (et il y en a en quantité chez nous), aucun employé à l’abri du service public, aucun travailleur dans la sécurité économique ne peut rester indifférent au combat de ceux dont le sort a passé pour préoccupation dérisoire ou est fiché sur un fil d'un rasoir que des monstres aiguisent à plaisir. Bravo les « Boillat ». Au passage, chapeau à Aline Burkhalter, une jeune femme d’engagement, admirable. J’ai entendu qu’elle prendrait la parole ce soir à Reconvilier. Je l’écouterai avec la plus grande attention. Amitiés à tous ! (PAC)


Sous-enchère salariale

Sujet pour une question écrite ou orale

Soixante-quatre cas de « dumping salarial » dus à la libre circulation des personnes ont été constatés en novembre 2006 à Genève (6% des demandes de permis contre 4,5% en mai 2006). Les permis sont aux trois quarts délivrés à des travailleurs frontaliers. Parmi les secteurs les plus touchés, on retrouve « naturellement » ceux du travail temporaire (21,3%) et des services (19,3%). Au cours des débats sur ce sujet au Parlement jurassien, on avait senti une certaine réticence (pour ne pas dire plus) du Département de l’économie à mettre le poids nécessaire dans le contrôle de la commission tripartite (celle-ci est venue au monde au terme d’un accouchement aux fers ou quasiment…). Qu’en est-il aujourd’hui de la situation dans le Jura, canton, faut-il le rappeler, qui emploie une nombreuse main-d’œuvre transfrontalière ? Qu’en est-il des indications relatives à la sous-enchère salariale chez nous et, le cas échéant, comment entend-on combattre un phénomène qui semble prendre de l’ampleur sur l'ensemble du territoire helvétique ? (PAC)


La honte sociale

Le prix social et humain ? On s'en moque.

Supercheries fédérales en matière d’assurance maladie et réfutation des méthodes occultes utilisées par les assureurs maladie dans la gestion des réserves… appartenant finalement aux assurés. C’est la dénonciation d’AVIVO Jura, pertinente, incontestable à mes yeux. Augmentation des demandes de Cartons du cœur dans le Jura, qui témoigne d’une précarité croissante chez nous. Plus d'un million de pauvres chez nous alors que les affaires ont repris (je m’en réjouis), que les profits sectoriels s’envolent et que les grands patrons se gavent d’un fric dont ils n’ont pas besoin ! Tel est le tableau peu réjouissant d’une situation paradoxale. Alors intervient Beat Kappeler et ses recettes ultra-libérales, l’ex-syndicaliste qui veut augmenter tout, hormis les salaires et les rentes, piétine le devoir social de l’Etat, chante le pouvoir absolu du capital et dresse une cathédrale au marché, dans laquelle on parlera tous anglais, cela va de soi ! Qui paie ce type (cachet, force publications d’encarts publicitaires) pour débiter ses obscénités ? On aimerait bien savoir, entre deux comptages de cartons du cœur… (PAC) Ce commentaire est fondé sur la lecture de trois articles et courriers de lecteurs parus le 24 novembre dans le Quotidien jurassien.


Droit à la dignité

"Au Vieux-Moulin", lieu d'espoir

Samedi 30 septembre, j’ai eu l’immense privilège d’assister à l’inauguration de la Résidence « Au Vieux-Moulin » à Courtételle. Réservée à des adultes en difficulté sociale et psychologique, l’institution les accueille dans un cadre idéal, de type familial, apte à leur redonner une part de la confiance dont ils ont besoin. A l’occasion de cette manifestation, les responsables ont su parfaitement mettre en lumière leur objectif principal : le développement d’aptitudes nouvelles par l’intégration sociale. Les résidents semblent y trouver le bonheur auquel ils ont droit au cours d’un séjour plus ou moins long. Un endroit où ressentir le droit de vivre dignement. J’y ai vu Laetitia, jeune femme que j’avais accueillie petite dans ma classe pour quelques présences furtives, ses yeux pleins de joie quand elle présentait sa chambre aux hôtes de l’institution. J’y ai croisé un personnel d’accompagnement auquel va l'admiration de tous. J’y ai constaté la nécessité d’une aide financière urgente pour l’aménagement indispensable d’une nouvelle chambre. Il y avait là, comme un rayon de lumière, Vincent Vallat, l’ami des grandes causes. Et dans les rangs des invités s’insinuait une puissante émotion. La Résidence « Au Vieux-Moulin », de l’Association de petites institutions du nord-ouest de la Suisse (PINOS), mérite le soutien des pouvoirs publics. Et pour commencer leur gratitude, comme celle d’une société qui se veut et s’affirme solidaire. (PAC)


Forts parce que solidaires

Un Jura fort parce que solidaire.

Tel est le sens de mon engagement. Pour un Jura fort parce que solidaire. A l’opposé d’un Jura éclaté, et faible par conséquent. A l’opposé d’un Jura dirigé par une classe politique qui en étouffe la réalité sociologique, peu sensible à la précarité en emploi des jeunes, aux questions d’équité salariale entre les sexes, aux problèmes des familles face à l’éducation, à la formation ou au coût de la vie, à l’opposé d’un Jura dominé par une coalition qui se bâtira sur une surenchère en matière de démagogie fiscale, d’équilibre budgétaire et d’indifférence à l’égard des revendications syndicales et sociales. Voilà pourquoi je milite. Le socialisme, c’est d’abord un humanisme. En dehors de cela, il n’est rien. Un humanisme qui ne joue pas idéologiquement avec la fraternité mais l’institue comme point d’appui de son action. Il suffit de dialoguer avec les jeunes pour percevoir une sorte d’absence de sens de notre société. Notre devoir est de redonner une signification profonde au parcours de chacun, d’empêcher que l’enrichissement ne soit érigé en seul critère de la réussite individuelle, de prouver que le marché et le profit ne sont pas tout. Que l’intérêt du plus grand nombre prime tous les autres. Je suis optimiste : les Jurassiens ont toujours su relever les défis placés devant eux. Celui de la cohésion cantonale en est un. Déterminant pour l’avenir. J’y crois, parce que le Jura c’est autre chose qu’une simple circonscription administrative. C’est un pays. Un vrai. (PAC)


Merci Joël, Sandrine, Diego

« La mémoire qui pâlit »

Samedi 23 septembre, 18 h.15. Joël Vallat supervise la visite aux comédiens. Dans leur loge, Diego et Sandrine accueillent des spectateurs qui ont tenu à leur témoigner leur admiration. Il y a là le directeur de l’H-JU, le comédien Comé, le technicien de charme Jérôme Ingravallo. D’autres personnes fort honorables. Je ne les connais pas toutes. Avec mon épouse, je viens d’assister à l’une des deux représentations delémontaines de « La Mémoire qui pâlit ». Une création de la Compagnie de l’Instant Présent. C’est un Spectacle proposé par Alzheimer Jura en collaboration avec la compagnie théâtrale et l'Hôpital du Jura. Pour leur préparation, les deux comédiens se sont immergés dans le quotidien des unités de géronto-psychiatrie du canton du Jura, ils ont rencontré les familles, les aînés, les intervenants et beaucoup lu sur la maladie d'Alzheimer afin d'affiner leur recherche. Ils se mettront dans la peau de différents personnages, passant de l'un à l'autre, soignant, patient, famille, misant sur la simplicité et l'économie de moyens scénographiques, pour tenter de comprendre comment vivre la maladie d'Alzheimer. (Cf. réf. Café du Soleil) La prestation des comédiens, au service d’une mise en scène idéale, juste, fine, est merveilleuse. Un immense moment de théâtre. Sandrine Girard et Diego Todeschini ont comblé cette salle pleine d’un talent rayonnant, exceptionnel. A la fin du spectacle, j’ai pris la peine de féliciter un grand professionnel de l’hôpital, qui a apporté son concours à la perception la plus intime du sujet par les créateurs. Et puis j’ai pensé à Joël Vallat, responsable de l’animation de l’H-JU. Il a été à l’origine du projet. L’a défendu avec la force de sa conviction. Un vrai. Un talentueux. Merci. Et vives félicitations ! (PAC)


Economie sociale

On a tendance à considérer la gestion de l’économie dans la seule perspective de la croissance. C’est nettement insuffisant. La croissance doit avant tout être perçue comme un moyen d’instaurer une société où s’exerce davantage de solidarité sociale et où se développe une meilleure qualité de vie. On le sait aujourd’hui, croissance économique ne rime plus automatiquement avec croissance de l’emploi, et aucun Etat, dût-il être cantonal, n’a les moyens de laisser des milliers de personnes sans emploi. D’un effort collectif considérable, initié par les acteurs politiques, sociaux et économiques, dépendent désormais les conditions d’un partage équitable des ressources. C’est le passage de l’Etat providence à l’Etat solidaire, garant de la cohésion sociale à même d’extirper les plus malmenés des misères qui les touchent. La place que pourrait occuper le développement de l’économie sociale, voilà l’une des réflexions que devrait conduire l’Etat, notamment face au chômage des jeunes, mais aussi à celui des plus âgés (trouve-t-on du travail quand on a plus de cinquante ans ?).(PAC)

 (Suite)

Allocations familiales

Une situation à corriger

Suite à un arrêt du Tribunal fédéral relatif au financement des allocations familiales versées aux personnes sans activités lucratives ou n’en exerçant qu’à temps partiel, le Gouvernement jurassien a pris une ordonnance urgente dont le résultat est, depuis le premier août, de priver un certain nombre de personnes des ressources qu’elles percevaient jusque-là. On imagine aisément les difficultés dans lesquelles doivent se trouver ces personnes. Aussi doit-on me semble-t-il rétablir la situation antérieure et redonner confiance à une frange de la population durement pénalisée. Dans pareil cas, l’Etat doit impérativement être solidaire des personnes touchées. Une proposition concrète (convocation d'une réunion extraordinaire du Parlement) a été faite dans cette perspective par mon groupe parlementaire en accord avec l'instance dirigeante du PSJ. Le Bureau du législatif cantonal a abordé cette délicate question lors de sa séance du 17 août. Dans la mesure où le Gouvernement acceptera ses propositions, le Bureau aura trouvé la réponse idoine à la requête socialiste, requête qui va dans le sens de celle initiée par CS-POP dans sa "Requête en contrôle de la constitutionnalité de l'Ordonnance concernant les allocations familiales aux personnes sans activité lucrative du 20 juin 2006", adressée le 7 juillet 2006 à la Cour constitutionnelle et demandant à celle-ci d'annuler l'ordonnance contestée.

 (Suite)