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Le journal de Pierre-André Comte

Réflexion sur le monde d'aujourd'hui

" LA HAINE DE L'OCCIDENT "

Jean Ziegler, Albin, Paris, 2008

Où qu'il aille, dans l'exercice de ses fonctions internationales, Jean Ziegler est frappé par l'hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l'endroit de ceux du Nord. Jusqu'à rendre parfois impossible l'adoption de certaines mesures d'urgence en faveur des plus démunis. Dans ces conditions, localiser les racines de la haine que le Sud voue désormais à l'Occident, et réfléchir aux moyens propres à l'extirper, est devenu une question de vie ou de mort pour des millions d'hommes, de femmes et d'enfants à la surface du globe. Comment contraindre le nouvel ordre du capitalisme mondialisé à cesser de soumettre le reste du monde à sa domination meurtrière, comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités ? Comment faire en sorte qu'au Sud, l'horizon de l'état de droit ne soit pas récusé du fait des injustices qui sont commises en son nom? Dans quelles conditions le dialogue peut-il être renoué ? Des réponses sont apportées à ces questions au long d'un parcours documenté, riche en expériences de terrain - du Nigeria à la Bolivie, des salles de conférences internationales aux villages les plus déshérités de la planète -, sur un mode toujours vibrant et engagé. En forme d'hommage, si l'on veut, aux deux puissantes voix tutélaires qui hantent ce livre, celle d'Aimé Césaire et celle de Wole Soyinka. Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation de 2001 à 2008, Jean Ziegler est aujourd'hui membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU Professeur émérite de sociologie à l'Université de Genève, il a consacré l'essentiel de son oeuvre à dénoncer les mécanismes d'assujettissement des peuples du monde. Récemment: Les Nouveaux Maîtres du monde (2002) et LEmpire de la honte (2005). (Albin Michel, 2008)

Je recommande vivement la lecture du dernier ouvrage de mon ami Jean Ziegler, auquel j’envoie mon salut le plus fraternel. (PAC)

Aide au développement et coopération

     Le devoir international

(Dépêche de l’ATS, 26.02.2008) « Les représentants de l’UDC n’ont pas manqué de s’attaquer une fois de plus à la politique de la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et du chef sur le départ de la Direction du dé­veloppement et de la coopération (DDC) Walter Fust. «Chaque an­née, 1,3 milliard de francs sont dé­pensés sans que l’on puisse savoir ce qui se passe», a lancé devant la presse le président du parti Ueli Maurer. Aux yeux de l’UDC, l’aide suisse au développement est opa­que, inefficace et servirait trop souvent des gouvernements cor­rompus et des monstres bureau­cratiques. La droite nationaliste y va donc de ces propres recettes. Plus question pour l’Etat d’investir directement sur place. L’UDC veut que l’on soutienne davantage les projets de l’économie et des oeu­vres d’entraide privées travaillant avec des partenaires locaux sans but lucratif. Les allégements fis­caux aux donateurs privés de­vraient être augmentés. » Voilà bien une manière de réduire la Confédération au statut de pays rabougri, cher aux stratèges de l’UDC. Et pourtant. On a déjà entendu ce type de discours dans le Jura. Les arguments sont toujours les mêmes et conduisent à ce que Finkielkraut appellerait « la défaite de la pensée »… Réactionnaires de tous les coins de la Suisse primitive (au sens large), unissez-vous ! Heureusement et pour l’heure, malgré les difficultés abondamment relayées par la presse, l’Etat jurassien tient bon et maintient sa politique d’ouverture et d’aide au développement, ainsi que ses pionniers l’ont initiée au début de l’aventure cantonale. Puisse-t-il résister toujours aux sirènes « économistes » et autres adeptes du « réduit national », hermétiquement clos dans sa stérilité. (PAC)

1007è Saint-Ours

Une manifestation symbole du combat identitaire

Qui participe à la Foire de Saint-Ours est immédiatement saisi par la ferveur populaire qui s’en dégage. Comme le dit la brochure de présentation, c'est véritablement « la célébration d'une appartenance historique et culturelle à un milieu, celui de la montagne ». C'est un aussi un « hymne à la créativité et à l'esprit industrieux des gens de la montagne. » Toujours cette fierté parmi le peuple valdôtain. Cette fidélité extraordinaire à un patrimoine, à une manière d'être. Les Jurassiens « peuple montagnard comme celui des Valdôtains », disait Ego Perron, Président du Conseil régional le 16 juin 2004 à la tribune du Parlement jurassien. Il avait raison. Une ressemblance nous a conduits il y a maintenant trente-cinq ans, à tisser (c'est le bon verbe) des liens d'amitié. Ils ne sont jamais distendus et ont donné naissance à des accords « interétatiques, gouvernemental et parlementaire ». Un effet de ces accords s'est manifesté ce 30 janvier à Charvensod, commune limitrophe d'Aoste qui accueillait une délégation de la commune des Bois pour un futur jumelage municipal. Magnifique opération, pour laquelle il convient de formuler les vœux les meilleurs. Des députés en avaient parlé. Il y a eu aboutissement. Preuve qu'on peut agir. Concrètement. Cette fois-ci, de nouveaux échanges ont eu lieu. Ils déboucheront sur une prochaine réflexion commune. Par l'intermédiaire de leurs parlements, deux peuples se parlent. Tous deux attachés à la francophonie. A la démocratie. C'est bien ainsi. (PAC)


Solidarité avec l'Est

Milliard de cohésion: un acte de solidarité.

■ La Fédération jurassienne de coopération et de développement (FJCD) est favorable à la loi sur la coopération avec les Etats d'Eu­rope de l'Est. Elle invite les citoyen­nes et citoyens à déposer résolu­ment un oui dans l’urne le 26 no­vembre. Cette nouvelle loi permet à la Suisse de continuer à apporter son soutien aux pays de l'ex-You­goslavie ainsi qu'à la Moldavie, aux nouveaux Etats du Caucase et de l'Asie centrale. La nouvelle loi prévoit aussi la «contribution de cohésion», qui permettra d’améliorer la situation des populations d'Europe de l'Est et va dans le sens des préoccupa­tions fondamentales des oeuvres d'entraide. Cette contribution unique d'un milliard de francs aidera à la ré­duction des disparités entre les pauvres et les riches dans l'Union européenne élargie. Ces fonds se­ront alloués sur une période de dix ans. Ils serviront au financement de projets concrets dans le do­maine des infrastructures, de l'en­vironnement et du développe­ment social. «De meilleures condi­tions de vie dans les pays concer­nés réduisent la pression migra­toire et le crime organisé. L'écono­mie suisse jouit aussi de nouveaux marchés en croissance et reçoit de nouveaux mandats», a déclaré Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse et président de l'or­ganisation de politique de déve­loppement Alliance Sud. Tous les grands partis, excepté l'UDC, ont assuré que le milliard ne serait pas financé sur le dos de l'aide au développement, comme le Conseil fédéral en avait initiale­ment l’intention. Les oeuvres d'en­traide s’y sont opposées avec suc­cès. Le Parlement a finalement forcé le gouvernement fédéral à opter pour un financement qui épargne la coopération au déve­loppement. Voter oui le 26 novembre est un acte de solidarité internationale. SOURCE: Communiqué de presse de la Fédération jurassienne de coopération et de développement (FJCD), publié le 21 novembre 2006. Commentaire: la FJCD est une organisation qui mérite le plus bel hommage pour son engagement dans la coopération internationale, Nord-Sud en particulier. (PAC)


Redoubler d'efforts

Coopération Formuler des propositions

Mise en réseau des potentialités des trois entités dans différents domaines (bois dans la construction, arts de la scène, foires, manifestations culturelles) : la coopération interrégionale trouve tout son sens dans des réalisations qui rapprochent les populations et servent les intérêts économiques, culturels ou touristiques de nos trois entités. La mise en réseau de compétences dans des domaines dont les régions se sont fait une spécialité peut répondre positivement à cet objectif. Il reste précisément à déterminer dans quels domaines d’activité cette mise en réseau peut être mise en évidence et exploitée. Le sous-comité mixte jurassien s’est intéressé à trois « débouchés » qu’il juge a priori possibles : l’utilisation du bois dans la construction, les arts de la scène et l’organisation de manifestations culturelles et de foires. (PAC, président du Comité mixte)

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Coopération interparlementaire

Réunion tripartite à Châtillon

Le Comité de coopération interparlementaire Aoste – Communauté française de Belgique – Jura se réunit du 15 au 18 novembre à Châtillon, dans la Vallée d’Aoste, sous la présidence de M. Ego Perron, président du Conseil régional. A l’ordre du jour figure l’examen de la situation politique institutionnelle dans les trois entités. Puis, la séance plénière traitera du financement des partis politiques, son rôle ou son influence dans et pour l’organisation démocratique. Un troisième sujet retiendra l’attention des délégations : la mise en place d’une coopération axé sur la mobilité des jeunes dans les domaines de l’éducation, du travail et du loisir. Enfin, on se penchera sur la mise en réseau des potentialités des trois régions dans différents domaines, tels l’utilisation du bois dans la construction, les arts de la scène, les foires et les manifestations culturelles. Un nouvel épisode de la coopération interparlementaire sera écrit dans la Vallée d’Aoste cette fin de semaine. L’accord tripartite signé en 2000 connaît un nouveau développement et chacun doit s’en réjouir. Parmi les cantons suisses, le Jura doit rester un exemple dans ce domaine. Tout est entrepris pour qu’il en soit ainsi. (PAC)

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Une initiative intéressante

PEUT-ÊTRE QUELQUE CHOSE D’EXCELLENT (Voir le Quotidien jurassien de ce jour)

Quel sera le rôle de la toute nouvelle Fondation franco-suisse pour la recherche et la technologie (FFSRT) dans le domaine de la promotion économique pour les cantons romands concernés, en particulier le nôtre ? Si l’on en croit les dépêches, elle devrait prioritairement « favoriser des partenariats académiques et industriels ». D’accord avec cela, surtout que ladite fondation associe les cantons de Suisse française, de Genève au Jura … et jusqu’à l’Université de Bâle. La réserve, à propos de cette association, est qu’elle englobe des monstres parmi les régions françaises : Alsace, Franche-Comté et Rhône-Alpes ! David et Goliath, mais nous ne sommes pas dans une perspective de rapports… guerriers, seulement de partenaires. Les domaines dont on s’occupera nous interpellent naturellement : biotechnologies, chimie, nanotechnologies, technologies de l’information et environnement. Programme qui nous intéresse de près, ici au Jura, s’agissant notamment des biotechnologies, sans exclure les autres points d’attache. Il me conforte dans l’idée qu’on devrait étudier la création dans le Jura d’une Université du Jura ou, compte tenu des hauts cris spontanément déclenchés à l’évocation du seul nom d’Université (avec tous les problèmes qu’elles ont…) une haute école apte à former de futurs entrepreneurs jurassiens, dont on s’assurerait ainsi qu’ils restent et s’implantent chez nous. La FFRST pourrait en parrainer l'émergence. Avec une dimension à peu près identique à la nôtre (j’entends par là un Jura des six districts francophones), la Vallée d’Aoste, avec des promoteurs politiques sur lesquels la bonne société déversait alors son venin, y est pourtant parvenue il y a dix ans contre tous les pronostics de l’époque. Avec un succès extraordinaire. Une mission jurassienne devait s’y rendre sans tarder pour y examiner tout le bien qu'elle a produit et qui s’y développe. Un vœu auquel je propose d’adhérer. Utopiste ? Peut-être. Les Jurassiens savent en tout cas ce que cela veut dire de l’être… (PAC)


Rencontres valdôtaines

A l’invitation des autorités valdôtaines, je me suis rendu le 26 juillet à Aoste pour y discuter de la coopération interrégionale. Reçu par les autorités exécutive et législative de la Vallée, j’ai eu l’occasion d’exprimer mon point de vue sur le développement des liens qui unissent nos peuples. Ceux-ci peuvent être renforcés dans le sens d’une participation plus active des populations concernées – particulièrement des jeunes – aux projets communs. Notre coopération doit se raffermir dans l’application de l’accord tripartite (Conseil régional de la Vallée d’Aoste – Parlement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles – Parlement jurassien) né en novembre 2000 dans la capitale valdôtaine. Cette coopération de proximité (malgré l’éloignement des trois entités) concerne des domaines variés (développement économique, tourisme, culture et éducation, mise en réseau de compétences environnementales). Elle est donc précieuse et mérite d’être activement soutenue. En ce qui me concerne, je m'engage à y consacrer toute mon énergie.

Légende photo (de gauche à droite) : Luciano Caveri, président du Gouvernement valdôtain, Pierre-André Comte, président-délégué du sous-comité mixte AO-BEL-JU, Ego Perron, président du Parlement régional valdôtain

Cette information fera l'objet d'un développement ultérieur, après présentation de mes "rencontres valdôtaines" à la presse. Sous suite : photos de la rencontre.

 (Suite)