Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Le journal de Pierre-André Comte

Question jurassienne, suite

L'action publique de l'Etat

Etant donné l’état d’esprit qui règne au Rathaus bernois, le Mouvement autonomiste estime que le canton du Jura doit repenser sa « politique jurassienne ». Le processus institutionnel pouvant être mis en déroute à tout moment par un interlocuteur dont la mauvaise foi est patente, l’Etat jurassien, constant dans sa volonté de reconstituer l’unité du Jura, doit réfléchir à la façon de s’adresser directement à la population des trois districts restés sous tutelle bernoise. On peut appeler cela de la « propagande d’Etat », et il nous semble que rien, ni légalement, ni politiquement, n’empêche de s’y adonner. Dans l’hypothèse plausible d’un démantèlement de l’Assemblée interjurassienne, le canton du Jura, dont l’objectif reste le même à juste titre, devra imaginer l’action publique apte à susciter un intérêt toujours croissant dans le sud du Jura. Il ne pourra se contenter d’avoir pour vis-à-vis un Conseil du Jura bernois dépourvu de tout pouvoir dans les domaines essentiels de la coopération interrégionale, même pas dans celui de la culture. Outre l’offre de partage de souveraineté, dont la formulation et le temps de la réaliser sont laissés à la libre appréciation du gouvernement jusqu’à décisions connues, relatives au sort de l’AIJ et aux conditions de la poursuite de son mandat, l’Etat jurassien ne doit ne se sentir freiné dans le lancement de projets qui lui seraient propres (exemple du CREA), alors que le sud du Jura ferait la sourde oreille ou serait contraint de s’en détourner par faute de moyens et de volonté politique. Le canton du Jura demeure un Etat souverain qu’il convient de mettre en valeur, et au passage de faire respecter. A ce propos, le Mouvement autonomiste dénonce l’autodénigrement qui s’est emparé des esprits, des cafés et des rues depuis un certain temps. Il en appelle à un ressaisissement des Jurassiens face à une critique dont le côté systématiquement négatif la rend contre-productive (on me pardonnera une fois ce mot) et grossièrement dit parfaitement imbécile. Les élites politiques, culturelles et économiques de ce canton, à l’instar de leurs homologues de la Vallée d’Aoste et de bien d’autres régions rivalisant de dynamisme avec elle, feraient bien de changer leur fusil d’épaule, de poser un autre regard sur le canton du Jura, et cesser de le prendre pour un ectoplasme tout juste bon à se discréditer dans la bisbille, dans la petite affaire transformée en gros scandale, ou dans le soupçon généralisé quant à l’intégrité de sa fonction publique. Certes le canton du Jura doit s’attaquer à ses écuries d’Augias s’il en abrite, mais il doit surtout et par-dessus tout se respecter davantage et montrer que son avènement était légitime, qu’il reste hautement profitable à sa population et plus largement au peuple jurassien tout entier. (PAC)

Conférence de presse de la Fête du peuple (extrait)

Un grand canton de l’Arc jurassien 

Il convient d’aborder brièvement un thème traité par le « Jura Libre » dans une suite de trois articles signés par Alain Charpilloz, à savoir l’idée d’un super-canton dit « ARC », regroupant Neuchâtel et les deux moitiés du Jura. Rappelons qu’elle n’a pas fait l’objet d’un débat formel au sein du MAJ, mais on peut affirmer qu’une forte convergence d’opinions se dégage des discussions spontanées. Elle recoupe l’analyse du « Jura Libre » et pourrait être résumée ainsi :

a) Le super-canton est une excellente idée in abstracto, si l’on considère l’aspect administratif et financier des choses au premier chef.

b) Ses chances de réalisation sont proportionnelles à la volonté de fusion manifestée par ses trois composantes.

Les avantages de l’idée ont été plaidés à plusieurs reprises, par l’ancien maire de la Neuveville Jacques Hirt d’abord, par Jean-Daniel Tschan du Noirmont plus récemment. La presse régionale leur a donné un bon écho. Dernièrement, des hommes politiques neuchâtelois en vue, comme MM. Studer et Bonhôte, ont exprimé leur sympathie pour le projet en question. 

Dans le sud du Jura, on sent bien que des esprits désespérant de voir le débat bloqué dans l’alternative Berne-Jura accueilleraient avec soulagement une tierce issue. Cette dernière, se disent-ils, exigerait des concessions moindres de chaque protagoniste, puisqu’elle éviterait à chacun ce qu’il redoute le plus. Pour les autonomistes, de rester une minorité romande infime dans un canton allemand. Pour leurs adversaires, de se retrouver pris dans un Etat dont ils ont combattu l’avènement. Avec le canton « ARC », le caractère romand est sauvegardé sans le moindre doute. Par ailleurs, Neuchâtelois et Jurassiens du Sud y formeraient une majorité confortable, ceci pour calmer les craintes des antiséparatistes face à l’actuel canton du Jura. 

Les avantages administratifs et financiers qui pourraient en résulter reposent sur l’idée répandue des « économies d’échelle »,  recyclées sous l’appellation « masse critique » en jargon branché. On pourrait débattre longuement des gains réels à en attendre, mais il serait absurde d’en nier la possibilité. Quant au « poids politique » d’un canton plus grand comparé à celui de deux cantons plus petits, la différence ne saute pas aux yeux. Reste la principale pierre d’achoppement, à savoir la volonté populaire de réaliser le projet. En l’état actuel des choses, tout pronostic relève de la divination. Qu’en pensent les citoyens concernés ? Nul ne le sait. Les sondages d’opinion reflètent, au mieux, l’humeur du moment chez ceux qui consentent à répondre. En général, le résultat satisfait le commanditaire du sondage. N’en disons pas plus… 

Une démarche pourrait clarifier le débat de manière décisive : ce serait une initiative populaire demandant qu’une étude en profondeur soit menée, puis que le peuple se prononce sur le principe de négociations entre cantons pour créer la nouvelle entité. Il nous paraît sensé qu’une telle initiative parte de Neuchâtel, où le climat politique est sans doute moins crispé que chez nous. De plus, Neuchâtel formerait la composante principale du super-canton. Sans une volonté clairement exprimée de sa part, le projet n’a plus de substance. Les sympathisants de l’idée sont-ils prêts à la transcrire dans la réalité, de la faire sortir des salons ou des salles de rédaction ? Il faut le souhaiter, car l’accueil que le peuple neuchâtelois réserverait à une telle initiative serait décisif pour l’avenir de toute la région. 

En effet, si nos voisins disent « OUI » au super-canton, la balle reviendra aussitôt dans le camp jurassien, qui aurait en théorie cinq issues devant lui : 

1) le statu quo

2) la réunification jurassienne sans Neuchâtel

3) la fusion Neuchâtel – sud du Jura

4) la fusion Neuchâtel – canton du Jura

5) l’alliance à trois. 

Si Neuchâtel rejette cette dernière solution, il ne reste pour les Jurassiens que deux issues possibles : le statu quo (qui sera « sans plus », comme chacun sait), et le projet de l’AIJ. Imaginons maintenant que, dans cette hypothèse, le projet de l’AIJ soit refusé par Berne, puis par tout ou partie du Jura-Sud. L’affaire serait-elle réglée ? Pas le moins du monde. Le débat se poursuivra, l’offre restera ouverte, de nouvelles générations d’électeurs arriveront, moins crispées peut-être que la nôtre.  

Pour que le problème soit réglé une fois pour toutes, il faudrait que ce morceau de Romandie administré par Berne revienne à son souverain légitime, le canton du Jura refondé, ou alors qu’il se coule dans un nouvel Etat romand, le canton dit « ARC ». Autrement dit, la meilleure manière, pour les probernois les plus affolés, d’éviter la réunification jurassienne à coup sûr serait d’opter pour le super-canton. Y ont-ils pensé ? 

Certains se sont demandés si ce projet n’arrivait pas précisément aujourd’hui pour brouiller les cartes  et affaiblir le modèle proposé par l’AIJ.  Que l’idée de supercanton serve ou non à entraver la réunification reste un débat un brin surréaliste, tant que le projet n’a pas pris un tour concret, à savoir une décision populaire chez le partenaire principal, permettant aux deux autres de se déterminer à leur tour. Cela se fera-t-il ? Nous le souhaitons vivement.

Un canton Jura-Neuchâtel sans le sud du Jura 

Le Mouvement autonomiste jurassien est opposé à l’idée qu’un « Manifeste » en cours de rédaction répand depuis quelques jours dans la presse, visant à la fusion des cantons du Jura et de Neuchâtel, sans le Jura-Sud. La reconstitution de l’unité du Jura reste le fondement d’une doctrine à laquelle le MAJ ne dérogera sous aucun prétexte. Dans ce projet de « Manifeste », elle est sacrifiée a priori, les auteurs spéculant sur un « choc psychologique » dans le Jura-Sud à propos duquel on nous permettra d’exprimer les plus sérieux doutes. Le Jura-Sud, précisément, n’est pas un « territoire convoité », mais bel et bien la moitié d’une entité historique dont personne ne conteste ou ne devrait contester la communauté d’intérêt et de destin.  Qu’on le veuille ou non, la question identitaire, de même que la question des frontières, seraient-elles décrétées obsolètes et raillées, restent un élément de référence qu’il serait suicidaire de nier, et cela bien qu’il ne recouvre plus la même acception qu’en 1974.  

Le « Manifeste » en question, dont ne connaît que quelques principes généraux, heurte le processus enclenché par le dépôt du rapport final de l’AIJ. En ce sens, il est inopportun. Au surplus, si la proposition connue à ce jour semble ne tenir nullement compte du processus en cours (loi « Un seul Jura », négociations gouvernementales pas entamées, formulation d’une offre de partage de souveraineté, implication de la Confédération), elle préconise une alliance déséquilibrée, dans laquelle le Jura serait l’arrière-pays d’un autre Etat qui n’en partage ni l’histoire, ni les aspirations profondes qui vont avec. Enfin, le MAJ ne peut adhérer à une proposition dont on doit regretter qu’elle puisse être considérée comme partisane dès sa formulation. (PAC)


Conférence de presse de la Fête du peuple (extrait)

L'attitude bernoise face aux propositions de l'Assemblée interjurassienne

En résumé

La manœuvre bernoise est claire. La réaction est exactement la même qu'après le rapport Widmer.  


1. Le canton de Berne se prête à toutes les études, rapports, analyses, discussions, etc. tant qu'il les juge inoffensifs, c'est-à-dire tant qu'il pense qu'ils ne remettront pas en cause sa mainmise sur le sud du Jura.


2. Quand ces études ou projets lui échappent - et c'est le cas pour la deuxième fois - il revient à ses réflexes premiers, qui sont simplement de garder par tous les moyens ce qu'il a conquis. Que la majorité gouvernementale soit rose, verte, bleue, jaune ou brune ne change strictement rien.


3. A ce moment-là, Berne cherche immédiatement à saboter le travail accompli pour en annuler les effets. Il a refusé le rapport Widmer avec brutalité à l'époque, il rejette aujourd'hui le rapport de l'AIJ. Toutes ses interventions serviront donc à saboter la campagne d'information prévue par l'AIJ. Pour cela, un moyen simple : introduire les Biennois, qui diront exactement le contraire de l'AIJ. L'esprit et la lettre de l'Accord de mars 1994 sont donc violés de manière impudente, mais le but est d'une simplicité absolue. Pour une voix qui dira blanc, on en amènera une qui dira noir. C'est de l'information à l'iranienne.


4. L'AIJ a proposé une alternative, à savoir le canton du Jura à six districts ou le "Statu quo +" Sur cette seconde solution, le silence de Berne est assourdissant. En réalité, pas une ligne n'est consacrée à quelque amélioration du statut du Jura-Sud au sein du canton de Berne. Pas un mot, silence radio. 

5. La tactique est donc claire: saboter le rapport de l'AIJ, empêcher l'information de se faire librement, ne rien promettre sur la deuxicème voie, de sorte que rien ne bouge ni ne se fasse. Malgré toutes les simagrées, les risettes, les discussions sur "l'ouverture", etc., c'est l'immobilisme épais, absolu, intransigeant, celui que nous connaissons depuis des siècles. S'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, il serait étonnant que ce soit différent à l'ombre de l'ours de Berne! (PAC) 


62e Fête du peuple jurassien

Ego Perron, président de l'Union valdôtaine et ancien Président du Conseil Régional de la Vallée d'Aoste sera le représentant des peuples frères à l'occasion de la réception officielle de la 62e Fête du peuple jurassien, samedi 12 septembre à 19 heures à l'Hôtel de Ville de Delémont. Il s'exprimera aux côtés de MM. Pierre Kohler, maire de Delémont, Ueli Leuenberger, Président des Verts suisses et de Christian Vaquin, président du MAJ (RJ-UJ)

De quoi parle-t-on ?

C’est toujours de la terre dont nous parlons à la Fête du peuple jurassien, d’un rêve inachevé, de quelque chose qui nous touche au plus profond de nous-mêmes et nous transforme, ce n’est pas du mauvais nationalisme, c’est du bon, c’est de l’affection, de l’amour en plus, de la passion même pour les plus irréfléchis, de l’attrait naturel qui remplit le corps et occupe l’esprit, c’est le Jura du pasteur Charles-Ferdinand Morel, de l’écrivain Virgile Rossel, de l’intellectuel Auguste Viatte, de l’historien Victor Erard, de l’artiste Jean-François Comment, du poète Alexandre Voisard, des combattants Roland Béguelin et Roger Schaffter, et de tous ces héros du génie technologique, de la création industrielle, de ces êtres admirables qui ont façonné la demeure intime du Jurassien, le refuge confidentiel de ses paysages, l’ombre discrète de ses monuments, le secret public de ses racines, l’histoire millénaire de son unité. C’est le Jura aussi des talents en devenir, de ses fils et filles qui étonnent le monde quand l’un d’eux dévoile une part de l’intimité du ciel, le Jura de cet avenir qui se concocte dans nos lieux de savoir, de travail et de création. (PAC)           


Bientôt la Fête du peuple jurassien

Le Jura, son unité, ses droits

Il est une question qu'on doit se poser: «Pourquoi le Jura entier, alors qu'un peuple peut fort bien vivre sur plusieurs Etats?» A plus forte raison devrait-il pouvoir le faire sur ces Etats diminués que sont les cantons suisses. Les exemples ne manquent pas dans le monde, et certains peuples le subissent dans des conditions infiniment plus dures que les nôtres. C'est vrai.

 

Il faut pourtant voir les choses dans le long terme. Quand on dit « qu'on peut fort bien », on commet un abus de langage, car c'est « plus ou moins bien » partout où le phénomène se produit. Même dans le cas, somme toute confortable et pacifique des cantons suisses, la division se paie, car toute chose a un prix.

 

Pour le canton du Jura, on peut considérer qu'il paie la division du peuple jurassien par une perte de poids au sein de la Confédération. On mettra entre parenthèses, encore que ce soit une erreur, la brisure historique, les regrets de l'unité perdue, la frustration d'avoir été l'objet d'une mécanique cynique, les complications pratiques.

 

Le prix le plus élevé est payé par le Jura-Sud, nous l'avons expliqué cent fois à la Fête du peuple en décrivant  la dépendance politique, la perte de pouvoir dans le cadre bernois, les obstacles immenses pour ses élites à le représenter sans être cooptées par l'ancien canton.

 

Si l'on y réfléchit, ce sont là, malgré tout, des conséquences découlant d'autre chose. Elles touchent une minorité de gens dans leur vie quotidienne, et même une minorité infime. Pour un grand nombre de citoyens, que nous appellerons d'un terme flou, la « société civile », l'appartenance à un canton ou à un autre est indifférente. Ce phénomène s'observe aussi dans le Jura-Sud, où le risque de germanisation s'est réduit à la couronne biennoise.

 

Alors, direz-vous, pourquoi faut-il nécessairement restaurer l'unité cantonale jurassienne ? Cela revient à se demander en définitive à quoi sert un canton en 2009. C'est l'être même des États confédérés qui se trouve, on ose à peine employer le terme en France, « mis en examen ». Au bout du raisonnement, on trouvera leur légitimité fondamentale, leur alliance, et non pas leur mise à genoux, qui fondent la Suisse. États anciens, hérités, modelés par l'histoire, les cantons sont-ils de simples survivances, encombrantes parfois, dont une prétendue « modernité » aurait pour mission de réduire la diversité archaïque ? La réponse est un OUI quasi unanime dans l'administration fédérale et les médias qu'elle nourrit, lesquels, tout « rebelles » qu'ils se disent, ne le sont pas au point de mordre les mamelles auxquelles ils tètent!

 

Alors, les cantons, et celui du Jura en particulier ? Au cœur de cette problématique se trouve un noyau dur: c'est la communauté historique, le groupe humain que cent raisons (dont le hasard n'est pas la moindre) ont poussé à vivre ensemble. Les autres raisons peuvent être de toute nature: géographiques, linguistiques, économiques, voire confessionnelles autrefois. Mais il arrive toujours un moment où le sentiment de former un peuple sert de ciment. Prenons Neuchâtel ou Soleure, deux voisins si proches à tant d'égards.

 

Les Neuchâtelois ne songent pas une seconde à se dissoudre dans le canton de Vaud, pas plus que les Soleurois dans celui d'Argovie. Pourtant, ni la langue, ni l'économie, ni la composition politique n'y font obstacle. Alors, simple force d'inertie? Absolument pas. Tous deux possèdent une conscience de leur identité ou de leur singularité, et ils en goûtent profondément la valeur, sans la moindre agressivité envers autrui. Ils sont eux-mêmes et veulent le rester, même si les justifications intellectuelles de ce sentiment ne sont pas formulées à chaque tournant.

 

Cela nous renvoie au Jura, et plus fortement encore au Jura-Sud. Ce dernier ne subit pas d'oppression brutale ou de pillage du fait de son appartenance au canton de Berne. Il subit, sans que les Bernois n'y soient  d'ailleurs pour rien, une dissolution de son identité profonde, qui est simplement remplacée par RIEN. Nos districts méridionaux sont plus francophones qu'ils ne l'étaient en 1947, leur statut ne ressemble pas à celui du Tibet, mais ils appartiennent à un canton qui n'est pas celui de leur peuple.

 

Ils l'ont choisi pour des raisons sur lesquelles nous voudrions revenir succinctement. Il existe, chez l'être humain, une tendance naturelle à se quereller d'autant plus fort qu'on est plus proche. Combien de gens, pleins d'amour pour le Tiers-Monde, haïssent leur belle-sœur ? Combien, prêts à abolir toutes les frontières, font un procès à leur voisin parce qu'il empiète sur leur verger ? Y a-t-il un notaire dans la salle ? Si c'est le cas, qu'il nous parle de guerres successorales !

 

Une majorité de citoyens du Jura-Sud a choisi Berne, non que cette dernière soit le Tiers-Monde et le Jura-Nord sa belle-sœur.  Pourtant, il a choisi le différent par hostilité au semblable. Le plus hilarant se trouve dans les politiciens probernois arguant de la « différence de mentalité » pour justifier leur hostilité au canton du Jura. Comme si cette différence était plus grande qu'entre le Jura-Sud et l'Oberland ! Au palmarès des prétextes pourris, celui-là mérite le podium.

 

Car si l'on y regarde de plus près, on cherchera des différences et on trouvera des similitudes. Il faut parcourir le Jura à pied, s'arrêter dans les bistrots, parler avec les promeneurs, observer les paysages et les villages, pour ressentir dans sa chair l'incroyable proximité entre les deux moitiés de notre pays. Ce sont les mêmes gens, les mêmes râleurs, les mêmes amoureux de la nature, les mêmes maisons, les mêmes jardins, les mêmes tout ce qu'on voudra. De plus, nous sommes liés par les familles, les études, les sociétés, le travail, les amitiés et, n'en déplaise à mes amies les femmes socialistes, par le service militaire.

 

Nous avons entre nous mille fois plus d'imbrications que nous n'en avons avec aucun autre peuple au monde. Cela va jusqu'aux noms de famille, les Morel, Voirol, Marchand, Sauvain, Schaffter, Boillat, Girardin, Prêtre, Juillerat, Rossé, Guenin, Joray et tutti quanti. Parlons-en, des familles. L'endogamie jurassienne est phénoménale, incluant les descendants d'immigrés bernois établis dans le Jura, avec des mariages mixtes à la pelle.

 

On regarde cela, les gens, les lieux, la langue et l'on se dit: il faut toute la folie des hommes pour avoir divisé ce qui se ressemble tant. Il y aura fallu la peur, l'obsession du détail sans valeur, la jalousie, la rancune, l'ignorance de l'essentiel, le calcul à la petite semaine, choses qui se rassemblent sous le grand chapiteau de la sottise.

 

Il faut donc réparer. Ce n'est pas facile, car s'il est aisé de se tromper, il l'est moins de le reconnaître. La classe politique, livrée aux calculs électoraux et aux ambitions personnelles, n'y est pas encline par nature. Les travaux de l'AIJ, tout imparfaits qu'ils puissent être, restent néanmoins un effort admirable pour arriver à l'essentiel: donner au peuple jurassien la chance de renouer avec sa nature profonde.

 

Et si cette chance n'était pas saisie ? Le seul grand perdant serait le Jura-Sud, qui oscillerait alors entre des récriminations régionales grincheuses, impuissantes, et une sorte de catalepsie identitaire, où l'on ne se sent rien et se résigne à tout, se rabattant alors sur les querelles de petite vertu. Bref, il ressemblerait à ce que deviendrait la Suisse si les cantons n'étaient plus là pour affirmer la solidarité et la diversité humaines, si belles quand elles marchent ensemble.

 

On le voit, malgré toutes les disputes, divergences, contorsions et dénégations, il existe un famille jurassienne meurtrie, qui aspire à son unité sur tous les plans, même si l’unité politique effraie une partie de ses enfants. Construisons-la dans la confiance mutuelle et le désir partagé de privilégier ce qui nous rassemble et de rejeter ce qui nous divise.

 

Vive l’unité du Jura ! (PAC)


La Question jurassienne à la 62e Fête du peuple jurassien

 

Des sujets fort intéressants...

Décidément, la Question jurassienne excite les esprits. On doit l’effervescence actuelle au « niet » du canton de Berne à l'Assemblée interjurassienne. La position bernoise n’est pourtant pas étonnante. Elle était prévisible, et le Mouvement autonomiste jurassien l’avait prévue. Mais à quoi sert-il d’épiloguer sur la naïveté des chantres du dialogue interjurassien ? Passons donc, pour constater que rien n’a changé sur les bords de l'Aar. Le Jura-Sud restera lié à l'Ancien canton, coûte que coûte, affirment en chœur les autorités bernoises. Le canton du Jura, dans ces conditions, n’est-il pas en situation de dénoncer les accords passés, du moins d’exiger de la Confédération qu’elle prenne ses responsabilités et les fasse respecter ? Comment réagir au grognement bernois ? C’est à cette question que nous donnerons une réponse à la prochaine Fête du peuple jurassien (11 au 13 septembre). Bien sûr, nous tiendrons compte de l’ensemble des éléments du débat public, qu’il soit alimenté par nos adversaires irréductibles ou par quelques initiés portant estampille de modernité et de dépassement de soi ! Canton de six communes, immixtion de Bienne, grand canton Arc, alliance Jura-Neuchâtel, partage de souveraineté, avenir de l’AIJ, loi « Un seul Jura », vote communal à Moutier en 2015, voilà bien des sujets intéressants que nous ne manquerons pas de traiter avec tout le sérieux qui convient. Rendez-vous à la 62è Fête du Peuple jurassien, lequel, à ma connaissance, existe encore. (PAC)


COMMUNIQUE DE PRESSE DU MAJ (RJ-UJ)

Berne se rebiffe: tous à la Fête du peuple !

Les dés sont jetés. Berne refuse toute idée de création d’un canton des « six communes », ainsi que la préconise l’AIJ ; Berne implique Bienne dans la Question jurassienne ; Berne donne des gages au mouvement pro-bernois et renie les accords signés ! Nous voilà revenus au temps des plébiscites, ou presque.

 

Dans sa récente prise de position, le Gouvernement bernois ridiculise l’Assemblée interjurassienne. Il ironise sur le sérieux de l’étude commise, n’accepte d’informations interactives que minées d’avance, et renvoie à la niche l’institution censée organiser le dialogue interjurassien.

 

Le Mouvement autonomiste jurassien n’est aucunement surpris par la rebuffade bernoise. Elle ne le gène pas outre mesure puisqu’elle a le mérite de clarifier la situation, et notamment de remettre les choses en place s’agissant des prétendues vertus d’un dialogue dévoyé au seul bénéfice de la mainmise bernoise sur le Jura méridional.

 

Face au « niet » bernois, le canton du Jura, ni les autonomistes ne peuvent rester les bras ballants. La réaction, tout aussi prospective soit-elle, doit être vigoureuse. Loi « Un seul Jura » et partage de souveraineté, contrat d’association avec la cité prévôtoise, puis vote en 2015 sur le rattachement de Moutier à l’Etat jurassien, dénonciation de l’Accord du 25 mars 1994, retour au Rapport Widmer et dégel de la loi « Unir », les arguments ne manquent pas.

 

Par l’intransigeance qu’il retrouve à l’approche des élections, le canton de Berne montre sa vraie nature. Les Jurassiens sauront répondre à son non-respect de la parole donnée. L’occasion leur en sera offerte d’ici quelques jours lors de la 62e Fête du peuple jurassien, les 11, 12 et 13 septembre prochains à Delémont. Qu’ils soient au rendez-vous pour réaffirmer leur attachement à la réunification du Jura !

 

Mouvement autonomiste jurassien


Fidèle à lui-même, l’Ours grogne

Répondons-lui !

C’est sans surprise que le Gouvernement bernois jette au feu le rapport de l’Assemblée interjurassienne. On pouvait penser qu’il refuserait poliment d’entrer en matière, il rétorque par une grossière prise de bec. Un grognement. Rien n’a changé sur les bords de l’Aar. L’Ours protège sa tanière, en défend avec acharnement les limites, renvoyant à leurs études les ingénus – ou les double-nature, c’est selon – qui rebattent les oreilles des gens avec les vertus du dialogue interjurassien, dialogue dont ils remettent systématiquement les clés dans les mains bernoises depuis des lustres ! Berne ne consent à entrer dans un « dialogue » institutionnel qu’à la condition de pouvoir le faire échouer. Et Berne fait d’une pierre deux coups, ce qui montre une habileté que les autonomistes n’ont jamais négligée : non seulement il balance par-dessus bord l’idée d’une réunification du Jura, mais aussi celle d’une quelconque réorganisation territoriale à l’échelle de l’Arc jurassien. Tout peut se faire sans modification de frontières ! Les choses sont nettes au moins, ce qui arrange nos affaires. Que faire donc, se demandent bien des âmes professionnellement désemparées ? Une chose est sûre : face au dogmatisme bernois, le canton du Jura est en situation de dénoncer l’Accord du 25 mars 1994 (dans lequel la problématique biennoise est expressément exclue alors que le Gouvernement bernois l’impose dans les discussions futures), de réactiver la loi UNIR et de préparer la mise en application de la loi « Un seul Jura ». Le Gouvernement jurassien, auquel on peut faire confiance, doit naturellement disposer de la marge de manœuvre utile pour agir. Dressé sur ses pattes arrières, l’Ours bernois pousse sa beuglée. On connaissait d’avance le ton et les mots qui en accompagneraient l’écho. Le grognement n’ébranle pourtant, ou ne devrait émouvoir personne. Nous avons de solides bases juridiques pour lui répondre. La loi dont découle le mandat de l’AIJ, le vote à Moutier en 2015, les arguments ne manquent pas. La réaction bernoise a un immense mérite, et j’en remercie infiniment Leurs Excellences : éclairer un certain nombre de dirigeants et de penseurs autoproclamés sur la nature de la Question jurassienne, laquelle, malgré sermons, exposés, exordes, dissertations et leçons inaugurales, reste avant tout une affaire de rapports de force. A la bernoise. Répondons-lui à la jurassienne ! (PAC)

Fête du peuple jurassien

 

11, 12 et 13 septembre 2009 - 62e Fête du peuple

Chacun connaît aujourd’hui les enjeux. Le dépôt du rapport final de l’AIJ a relancé la Question jurassienne de manière spectaculaire. Il nous appartient de prendre la mesure de la nouvelle situation politique. La 62e Fête du peuple jurassien sera précisément l’occasion pour le MAJ (RJ-UJ) de faire part de son appréciation.

 

Les conclusions de l’AIJ privilégient la création d’un nouveau canton des six districts (ou six communes, peu importe) francophones du Jura. La preuve scientifique des intérêts prépondérants de cette solution a été apportée par le Professeur Jeanrenaud. Ce que tout le monde savait déjà a trouvé caution universitaire. De même, il est clairement démontré que la piste du « statu quo+ », qui pourrait être qualifiée « d’immobilité améliorée », est indigente.

Le constat établi par l’AIJ, largement corroboré par le fait quotidien, est, en d’autres termes et flexuosités dialectiques, identique à celui posé en 1993 par la commission Widmer, puis par la Résolution 44 de l’AIJ. Même problème, même analyse, même solution. Il faut donc y puiser de nouvelles raisons d’œuvrer à la reconstitution de l’unité du Jura. La confirmation des thèses autonomistes provoque de l’émoi au sein des autorités bernoises et régionales. Les premières usent d’artifices pour minimiser le rapport de l’AIJ et le rendre inopérant, les secondes s’agitent en contorsions impayables pour dissimuler leur embarras et leur incapacité à s’élever au-dessus des contingences pro-bernoises ordinaires. Ainsi la volonté du Conseil du Jura bernois d’empêcher le débat démocratique lors des séances d’information interactives est-elle inopportune et parfaitement lamentable.

S’agissant du vœu des Biennois de s’immiscer dans le débat interjurassien, le MAJ (RJ-UJ) rappelle qu’il est contraire à l’Accord du 25 mars 1994, lequel exclut légitimement Bienne des discussions. Pacta sunt servanda ! dirait l’ancien ministre François Lachat. Par contre, que les Jurassiens du Sud et du Nord se préparent à établir les bases d’un lien institutionnel, économique et culturel privilégié avec la cité seelandaise relève de l’intérêt général et du bon sens. Le Parlement jurassien a déjà pris les devants (Motion PAC n° 835) : il demande au Gouvernement de créer une plate-forme de discussion interne dans le cadre de laquelle seront dessinés les contours d'un contrat de coopération politique, économique et culturel avec la ville de Bienne dans le cas de la création d'une nouvelle entité cantonale des six districts jurassiens à ses portes. Le Gouvernement déterminera les modalités d'association à cette réflexion de représentants qualifiés de la ville de Bienne et du Jura bernois. Il y a quelques jours, Maxime Zuber a pris le relais à travers une interpellation qui va dans la même direction. Il y a, dans la position autonomiste, cohérence et détermination à propos du rôle futur de la ville de Bienne. 

S’agissant de la création d’un grand canton ARC, le mouvement a dit ce qu’il en pensait et n’entend pas y revenir pour l’heure. Il se contente de déplorer que l’instrumentalisation de cette question pollue le débat interjurassien; il appelle à davantage de clairvoyance ceux qui croient bon d’en assurer le développement.

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) participera activement aux séances d’information interactives prévues par l’AIJ, de même qu’à l’information permanente du public jurassien sur les tenants et aboutissants du processus en cours. L’application, au moment voulu, de la loi « Un seul Jura », sera au centre de ses préoccupations. Il a approuvé le Rapport sur la reconstitution de l’unité du Jura, présenté en juin par le Gouvernement jurassien ; il agira de telle sorte que ce dernier dispose de la marge de manœuvre nécessaire dans l’affirmation de ses positions. Le MAJ (RJ-UJ) n’acceptera pas que le canton de Berne puisse une nouvelle fois se défiler. Il se chargera aussi de rappeler ses responsabilités à la Confédération qui, si elle s’en tient aux déclarations de la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf, le 4 mai 2009 à Moutier, doit s’attendre à de fortes réactions parmi les rangs autonomistes. (PAC)

62e Fête du peuple jurassien

 

Réception officielle (samedi 12 septembre 2009 à 19 heures - Hôtel de Ville de Delémont)

Participation d'Ueli Leuenberger, président des Verts suisses 

La réception officielle de la Fête du peuple est réservée aux corps constitués de la République. Ceux-ci témoignent par leur présence de la cohésion de la communauté cantonale et des milieux politiques. Elle est ouverte bien sûr à tout militant qui souhaite s’informer et manifester sa solidarité avec les organisateurs de la manifestation. La Question jurassienne est une « question suisse », disait-on précédemment. C’est l’évidence même.  C’est la raison pour laquelle, après la présence de trois grands partis en 2006, 2007 et 2008 (PDC avec Christophe Darbellay, PRD avec Léonard Bender, PSS avec Stéphane Rossini), nous avons souhaité la participation du président des Verts suisses. Il s’agit du Conseiller national genevois Ueli Leuenberger, lequel a accepté notre invitation avec plaisir et empressement. Nous nous réjouissons de pouvoir le saluer à l’occasion de la 62e Fête du peuple jurassien.

La Fête du peuple est au-dessus des partis, cela va de soi. Ce n’est donc pas le lieu de l’expression partisane. C’est cependant un moment unique où les représentants des grandes formations politiques fédérales ont l’occasion de s’exprimer sur l’évolution de la question, sur son « caractère » suisse, sur les responsabilités des autorités fédérales à cet égard et, le cas échéant, sur les vertus d’un fédéralisme coopératif auquel les Jurassiens se doivent de participer activement avant qu’il ne soit trop tard. (PAC)


Manifestation à Moutier

DISCOURS AUX MILITANTS

Mesdames, Messieurs, chers amis jurassiens, 

Il m’appartient de remercier les organisateurs de la fête au nom du Comité exécutif du Mouvement autonomiste jurassien. Soyez, avec eux, chaleureusement salués et félicités. Le retour d’une manifestation d’envergure à Moutier revient à dire que la cité prévôtoise se situe au cœur de la Question jurassienne. Qu’elle l’est plus qu’hier et moins que demain.  Moutier a vocation à jouer un rôle central dans le futur de la région. Peut-être capitale d’un Etat réunifié ou partiellement remembré, ou ville ordinaire dans un arrière-pays soumis à la domination bernoise, tels sont les termes de l’alternative. Il faudra tantôt choisir. L’échéance de 2015 est fixée. Il faut nous y préparer. 

On l’a vu, pour inoffensif qu’il soit, le rapport final de l’AIJ a semé le désarroi parmi les rangs antiséparatistes. La confusion s’empare des esprits, les triture et les torture, les assèche et offre au monde le spectacle d’une grande sottise. A parler vrai, le micmac probernois prête plus à rire qu’à pleurer. Dans quelle situation nous trouvons-nous ?

Sur le plan institutionnel, les choses sont claires. L’Accord du 25 mars 1994 désigne les interlocuteurs qualifiés : ni Bienne, ni la république de Neuchâtel n’en font partie. Pour ce qui concerne les relations futures de l’Etat réunifié, le principe d’une alliance privilégiée avec la cité seelandaise a déjà été accepté par le Parlement jurassien. Pour ce qu'il retourne des perspectives de l’Arc jurassien, constatons qu'elles sont hors de propos. Le rapport de l’AIJ préconise l’ouverture d’une phase d’« information interactive. » Un vote populaire doit sanctionner l’aboutissement du processus politique. Si ce dernier est l’objet d’un blocage, la loi « Un seul Jura », co-fondatrice du dispositif juridique agréé par les deux cantons et la Confédération, ouvre la voie du partage de souveraineté. Dans tous les cas, le Jura méridional décide seul de son avenir. Que veut-on de plus ? Qui craint la foudre, la peste et le choléra ? 

Seuls les gens peu sûrs se font du souci, le moindre étant de se trouver conséquents avec eux-mêmes. Forts des encouragements enfiellés du Quinquet, les mandataires d’en face se répandent en râles désabusés et, toutes trompettes embouchées, ramènent la pensée politique vers son degré zéro. Le plus bel exemple de cette débandade vient de nous en être donné par le Conseil du Jura bernois, dont l’inconsistance et la vacuité s’imposent désormais aux yeux de tous. Ne nous explique-t-il pas que la démocratie, c’est l’information sans débat et la décision sans vote ? Nos anxieux fanfarons ne sont en retard d’aucune couardise, pour reprendre les termes du journal Le Temps, et répondent au garde-à-vous ! A la vue du patron, le petit personnel fait du zèle. Mais aussi, il faudra bien un jour se poser la question de la cohérence autonomiste au sein de ce conseil. 

Le Conseil du Jura bernois se prétend parlement régional. A cette fable institutionnelle et juridique, le Gouvernement jurassien donne un écho lucide dans son rapport sur l’unité du Jura. Bien élevé, il déplore « l’absence d’interlocuteur au bénéfice de prérogatives décisionnelles équivalentes » dans le Jura méridional. Traduction superflue. Un nain a beau se tenir sur une montagne, il n'en est pas plus grand pour cela (1).

Chers amis jurassiens, nous possédons de puissants atouts. La loi « Un seul Jura » est le principal. Le vœu irrécusable de la ville de Moutier en est un autre. Notre capacité au débat démocratique en est un troisième. Enfin, le projet lui-même, avec son originalité, sa légitimité, son bon sens, son opportunité, ses promesses, en est un quatrième qui coiffe et couronne les trois autres. Alors, prenons notre bâton de pèlerin, courons les assemblées, affirmons nos convictions et transmettons notre enthousiasme.  

Un jour ou l’autre, nous aurons raison de l’ordinaire dénégation. Un jour ou l’autre, le front du refus se brisera. Alors le dialogue interjurassien, le seul auquel nous souscrivons, mettra fin au verbiage inutile et à la mauvaise foi qu’il véhicule à bon compte.  L’unité du Jura n’est pas un leurre. C’est une vérité première. Peu nous chaut la critique, peu importe la remontrance politiquement correcte ! Nul ne peut empêcher la rivière de couler, personne n’est apte à donner à l’histoire un sens qu’elle se refuse à prendre.  Vive le Jura libre, de Boncourt à la Neuveville ! 

Pierre-André Comte

Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ) 

Moutier, 27 juin 2009  

(1) Sénèque

 


Rapport sur l'unité du Jura

Rapport sur la reconstitution de l'unité du Jura au Parlement

Le gouvernement s’inscrit dans la continuité. Son rapport confirme un idéal et conforte une volonté. De ce point de vue, il satisfait à notre attente.

 

Quel que soit le commentaire qu’on puisse en faire, les conclusions de l’AIJ militent en faveur de l’unité du Jura. En réalité, l’institution ne dit rien d’autre que nous ne savions déjà. Avant elle, la Commission consultative fédérale avait établi un constat identique : seule l’édification d’un canton nouveau, formé des six districts de langue française du Jura, est apte à régler définitivement « le conflit jurassien », pour reprendre les termes de l’Accord du 25 mars 1994.

 

 (Suite)

Discours du 23 Juin à Saint-Ursanne

Reconstruire l'unité du Jura

Chers amis jurassiens,

 

Nous avons vécu dans notre histoire succès et désillusions. Nous avons passé du découragement à l’espoir, du doute à la certitude, de la défaite à la victoire, tout cela dans les deux sens. Nous n’avons jamais abandonné. Héritiers des fondateurs de la République et Canton du Jura, nous avons sans cesse remis l’ouvrage sur le métier. Certains appellent ça de l’obstination. D’autres du courage. Les premiers nous regardaient et nous toisent avec condescendance, les seconds nous félicitent et nous vouent quelque reconnaissance. Il fallait poursuivre la lutte. Il est toujours historiquement légitime, économiquement, culturellement et politiquement juste de vouloir reconstituer l’unité du Jura.

 

Nous voici, au trentième anniversaire de l’Etat jurassien, au début d’une nouvelle phase. Après le dépôt du rapport de l’Assemblée interjurassienne, un processus s’est enclenché. En prédire la réussite ou l’échec relève de la conjecture. Une chose est sûre : de l’énergie que nous mettrons à la faire respecter dépendra l’aboutissement de notre démarche.

 

Le 18 juin, le Gouvernement jurassien a publié son Rapport sur la reconstitution de l’unité du Jura. Ses conclusions sont claires. Elles confirment la volonté commune des forces politiques. L’exécutif cantonal doit bénéficier de la marge de manœuvre utile, et c’est dans cette perspective-là que nous soutenons ses options politiques. Considérons que le gouvernement bernois, dont on a perçu ces derniers temps la crispation, ne fera aucun cadeau. On peut aussi craindre que la Confédération, dont la représentante s’est discréditée en tenant des propos manquant singulièrement de clairvoyance, le 4 mai à Moutier, rechigne à prendre ses responsabilités. On aura alors compris que la « feuille de route » de l’Etat jurassien sera exposée à l’embûche et aux vents contraires.

 

Le décor étant posé, il nous reste, chers amis, à nous mobiliser et à agir. Nous savons faire cela. Dans le canton du Jura, il nous appartient de rappeler que la loi « Un seul Jura » demeure l’atout maître dans nos rapports futurs avec les deux Berne. De même, nous avons à affirmer l’exclusivité de l’unité du Jura comme solution définitive à la Question jurassienne. Cela veut dire en clair que, s’il ne nous gêne pas de voir fleurir d’autres « pistes », nous ne pouvons les soutenir en l’état actuel des choses. Le MAJ estime qu’elles génèrent d’inutiles confusions et constituent une dénégation des efforts fournis par l’Assemblée interjurassienne dans l’accomplissement de son mandat. Il nous intéresse de réunir le Jura sous un même toit institutionnel, non de le disperser aux quatre vents d’un montage régional hors de propos.

 

Nous avons d’autres arguments en main que ceux liés à la loi « Un seul Jura ». La cité prévôtoise se rappelle tous les jours au bon souvenir du pouvoir bernois et des milieux politiques régionaux. De même, s’il se faisait que le canton de Berne renie sa signature, alors nous nous chargerions d’exiger la remise en cause de l’Accord du 25 mars 1994 et la réactualisation du Rapport Widmer avec ses effets pratiques.

   

Durant les années écoulées, parcimonieux en critiques, nous avons travaillé à l’élaboration d’une doctrine dont on reconnaît généralement les mérites. Elle a produit une expression populaire sans concurrence dans le succès de l’initiative populaire « Un seul Jura » ; de celle-ci est née une loi qui a permis au Parlement jurassien de montrer sa détermination ; la loi a donné naissance au mandat de l’AIJ et elle peut à tout moment être mise en œuvre comme garantie contre un nouveau blocage politique. Voilà quelque chose qui a du corps. Faisons-en bon usage.

 

L’Etat jurassien, la reconstitution de l’unité du Jura, la perspective de la construction d’une nouvelle entité politique adaptée à son temps, celle d’un développement économique harmonisé et dynamique par sa cohérence, enfin celle d’une société jurassienne qui éprouve l’avantage et la satisfaction d’exercer sur elle-même la souveraineté qui en conforte l’appartenance culturelle commune, tout cela n’est pas dérisoire. C’est peut-être encore un rêve, une utopie. Peu importe. C’est un projet concret, légitime, beau, qui mérite que nous lui consacrions toutes nos forces.

 

Vive le Jura libre de Boncourt à La Neuveville !

Vive l’unité du Jura.

Pierre-André Comte - Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ)

 

Saint-Ursanne, le 23 juin 2009


COMMUNIQUE DE PRESSE DU MAJ (RJ-UJ)

 

MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

 

Déclaration du 23 juin 2009

 

Le 23 juin 2009 s’inscrit dans une perspective nouvelle. Le processus engagé à partir du dépôt du Rapport final de l’Assemblée interjurassienne doit, dans un premier temps, aboutir à une large information des populations concernées. Le Mouvement autonomiste jurassien y participera et conviera ses partenaires à en faire de même. L’étude de l’AIJ montre que la reconstitution de l’unité du Jura reste la seule solution apte à résoudre définitivement la Question jurassienne. Le statu quo politique, avec ou sans aménagement, ne règle en rien le conflit jurassien et est par conséquent inacceptable. Le Mouvement autonomiste constate en outre que l’intrusion de propositions exclues du cadre juridique fixé par l’Accord du 25 mars 1994 – qui vont de la création d’un grand canton ARC à l’intégration de Bienne dans la problématique interjurassienne – sont contraires aux intérêts du Jura-République et du Jura méridional. Leur exploitation politicienne et leur publicité fallacieuse n’ont pour effet que de semer la confusion et de saborder les efforts de l’AIJ en vue de faire évoluer positivement la Question jurassienne. Le Mouvement autonomiste appelle les forces politiques du Jura historique à s’écarter de ces « pistes », parce qu’elles sont prématurées et dépourvues de toute légitimité juridique et politique. Le Mouvement autonomiste rappelle que, dans la phase qui s’ouvre, le canton du Jura dispose d’un atout majeur avec l’application de la loi « Un seul Jura ». La Question jurassienne demeurant une question suisse, la Confédération ne saurait se dérober à ses responsabilités et au devoir de neutralité auquel la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a dérogé de façon cavalière le 4 mai à Moutier. Au surplus, le Gouvernement bernois serait de même bien mal inspiré de contrevenir aux accords signés, car, ce faisant, il réactiverait ipso facto le Rapport Widmer et les justes revendications de la ville de Moutier quant à son avenir politique. La communauté d’intérêts et de destin qui lie les Jurassiens se réalisera dans la réunion des six districts francophones au sein d’un même Etat confédéral. L’édification démocratique d’un canton nouveau, son adaptation aux défis du monde moderne, la formulation d’un nouveau projet de société, voilà qui doit susciter enthousiasme et foi en l’avenir. En ce 35e anniversaire du plébiscite d’autodétermination et 30e  anniversaire de l’Etat jurassien, c’est à cette tâche passionnante que le Mouvement autonomiste invite toutes les Jurassiennes et Jurassiens, en particulier les jeunes, à s’atteler avec conviction et détermination. Vive le Jura souverain et uni ! 

Mouvement autonomiste jurassien


L'intelligence et la sagesse

Question jurassienne et réforme du fédéralisme

Dans l'article précédent, je parlais de mode. Celle dont la presse romande raffole et dont se nourrit la plus fine fleur de la stratégie politique, vétérans, désenchantés et vaniteux confondus. Ces dernières semaines, on les a vus se précipiter sur les micros et dans les colonnes des journaux pour proclamer à la face du monde que Dieu ou quelqu'un d'autre leur avait ouvert la porte de la connaissance! Une fois l'orage mystique passé, que reste-t-il de cette grêle céleste répandue sur nos âmes déconfites? Rien ou pas grand chose. Ou plutôt si, des constructions mentales réduites en poussière. Ainsi je lis l'interview donnée par Mme la Ministre Elisabeth-Baume Schneider à l'Echo magazine du 13 mai. Son avis sur l'idée d'un "supercanton" avec Neuchâtel ? Réponse cinglante: "C'est une construction économique attrayante, mais certainement irréaliste. On ne dépasse pas des siècles d'histoire, qui ont forgé des identités distinctes, avec une règle à calcul. Par contre, on peut développer des liens étroits et des synergies efficaces." Que cela est fort bien dit et qui se savoure! Un jour plus tard, dans une chronique de très haut niveau (Le Temps, 14 mai 2009), François Gross écrit ce chapitre que chacun devrait apprendre par coeur: "Les cantons suisses ne sont pas nés sur la planche d'un dessinateur technique. En France, on devait pouvoir, en une journée, gagner à cheval le chef-lieu de son département et en revenir. Ainsi le voulut Napoléon. Rien de ça dans la Confédération. Elle s'est faite de bric et de broc, aux hasards de la géographie et de l'histoire et dans le respect des différences. Il ne s'est pas trouvé à Berne un office pour tracer les frontières cantonales. Que le résultat comporte quelques imperfections ne change rien au fond. Des retouches sont possibles par la voie de procédures démocratiques. Le grand chambardement proposé par un aréopage de "terribles simplificateurs" est promis à l'échec, comme toute politique ne tenant pas compte des réalités." (...) Tout ce qui prétend araser les cantons au profit d'un artifice régional affaiblit la Suisse française. Tout ce qui tend, en revanche, à la mise en commun de tâches trop lourdes pour un seul la fortifie. Sans qu'il soit besoin de créer un machin centralisateur, onéreux et d'une douteuse efficacité." Voilà, tout est dit. Il est inutile de rajouter quoi que ce soit, sauf pour remarquer que l'intelligence et la sagesse des uns écrabouille magistralement l'arrogance et la suffisance des autres. (PAC)


Etre à la mode !

Vive la région "Nouvelle Bourgogne"!

Etre à la mode, c’est avoir l’ambition d’une feuille morte, dit le Professeur Gilder. Et pourtant, combien nombreux sont ceux qui veulent l’être à tout prix ? Aujourd’hui, évacuer la « réunification du Jura » (arrêtez avec ces gros mots!) et lui substituer la formation « d’un grand canton Arc », voilà qui vous donne de la prestance. De la science, du panache ! Vous sortez des sentiers battus ! Vous atteignez l’Olympe de la pensée, vous vous hissez au-dessus de la piétaille ! Comme le dirait mon très cher ami Marc Bonnant, vous vous situez dans les cimes plutôt que dans les méandres en plaine ! Je veux bien, sans m’émouvoir. Et m’en retourner, dans la ringardise qui m’étouffe, vers les choses simples, la proximité du pouvoir, le sens de l’histoire, le respect du passé, la confiance en l’avenir. La Question jurassienne est un vrai sujet d’actualité, une vraie question sur le développement économique de la région, un vrai projet, le seul, de refonte institutionnelle au service d’un fédéralisme rénové et non brocardé jusqu’au ridicule. Mais, c’est dimanche, beau matin ensoleillé. Je pense à l’édification d’une grande région européenne « Nouvelle Bourgogne » comprenant le Jura francophone, dont la capitale serait fixée à Pommard, l’Hôpital principal installé à Beaune, le Bureau des impôts implanté à Aloxe-Corton, enfin la Grande Université à Dijon où nous pourrions nous imbiber des rêves de grandeur du bien nommé Téméraire ! Et tant pis pour ceux qui me reprocheront mon goût des grands crûs ! Je suis à la mode, et j’aime ça ! Bon dimanche ! Bonne fête à toutes les mamans ! (PAC)


Rapport de l'Assemblée interjurassienne

PRISE DE POSITION DU MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

LE PROCESSUS INSTITUTIONNEL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) prend acte du rapport final de l'Assemblée interjurassienne. Il le salue comme une contribution positive au processus visant à « régler politiquement le conflit jurassien », ainsi que le stipule l'Accord du 25 mars 1994.

Fondé notamment sur l'initiative « Un seul Jura », le mandat donné à l'AIJ « de conduire une étude sur l'avenir institutionnel de la région interjurassienne sous les auspices du Conseil fédéral » arrive à son terme.

Depuis l'adoption de son initiative populaire, le Mouvement autonomiste a observé une attitude de stricte neutralité à l'égard des travaux de l'AIJ. Il se félicite aujourd'hui d'avoir contribué à leur objectivité.

Conformément au point 4 du mandat confié à l'AIJ le 7 septembre 2005, les deux gouvernements cantonaux se concerteront « sur la suite à donner aux résultats des études et au bilan de l'AIJ. » Le MAJ (RJ-UJ) constate que ce temps de négociation pourrait être suivi par la « phase d'information interactive » d'au maximum 18 mois que l'institution interjurassienne préconise dans ses recommandations aux deux Etats cantonaux concernés.

LES CONCLUSIONS DU RAPPORT

Le Mouvement autonomiste constate que l'AIJ décrit deux voies possibles : la création d'un nouveau canton à six communes recouvrant le territoire francophone du Jura historique, et le statu quo amélioré (partenariat direct). L'institution n'énonce aucune proposition formelle quant à l'adoption de l'une ou l'autre de ces « pistes » par les parties prenantes à la Question jurassienne. Elle ne manque toutefois pas de remarquer que « la situation actuelle, vue sous l'angle du partenariat direct, n'est pas satisfaisante. »

 A l'instar de ce qu'affirme l'AIJ, le MAJ (RJ-UJ) considère que « la constitution d'un nouveau canton sur des bases absolument nouvelles offre à la région interjurassienne une véritable opportunité de changement et d'innovation », et réaffirme que, s'inscrivant dans la « continuité », le « Statu quo+ » ne règle en rien la Question jurassienne.

La « piste » d'un nouveau canton à six communes représente un intérêt économique, culturel et social déterminant pour la région. Celle-ci peut en tirer les plus grands avantages et, de fait, y trouver les conditions d'un développement dynamique, apte à répondre à ses plus légitimes aspirations.

S'agissant du « Statu quo+ », le Mouvement autonomiste note, comme l'AIJ, qu'il favorise l'émergence d'une solution communaliste dont l'effet principal sera d'affaiblir mortellement la région dans le cadre institutionnel bernois. Sans surprise, le MAJ (RJ-UJ) réaffirme que le « Statu quo+ » ne sera qu'un « Statu quo sans plus », donc définitivement inapte à « régler politiquement le conflit jurassien ».

En ce qui concerne la situation de la ville de Bienne dans le cas de la création d'un nouveau canton à six communes, le Mouvement autonomiste renvoie chacun à la motion n° 835 du 20 juin 2007 (transformée en postulat et unanimement approuvée par le Parlement jurassien), laquelle demande au Gouvernement de la République et Canton du Jura de définir « les contours d'un contrat de coopération politique, économique et culturelle » avec la cité seelandaise. Au surplus, le MAJ (RJ-UJ) rappelle que la ville de Bienne - comme la République et Canton de Neuchâtel - n'est ni signataire ni « partenaire » de l'Accord du 25 mars 1994.

Respectueux des droits et libertés démocratiques des populations concernées, le Mouvement autonomiste souscrit pleinement, et cela va de soi, à l'organisation d'un scrutin populaire sur le « projet d'avenir que souhaitent se donner les deux régions, en toute connaissance de cause ». Un tel recours à la sanction populaire constitue le corps de doctrine permanent sur lequel les autonomistes fondent leur volonté légitime d'œuvrer à la reconstitution de l'unité du Jura.

POSITIONS COMPLÉMENTAIRES LIÉES AUX CONCLUSIONS DE L'AIJ

Le Mouvement autonomiste ne s'oppose pas à la volonté de l'AIJ de « présenter ses travaux » (séances d'information interactives) à la population jurassienne, de part et d'autre de la frontière du 16 mars 1975. Il considère cependant que cette phase « d'explication » ne doit en aucune manière heurter les exigences de l'Accord du 25 mars 1994, du mandat confédéral et de l'initiative populaire (partant, de la loi « Un seul Jura ») dont il découle.

L'agrément du MAJ (RJ-UJ) à la « phase d'information interactive » implique de sa part qu'il souscrive à la « Charte interjurassienne », dont les principes sont précisément ceux sur lesquels il fonde depuis toujours l'action politique qu'il conduit en vue de la création d'un nouveau canton regroupant les six districts jurassiens de langue française.

Pour ce qui concerne les autres suites politiques à donner au rapport final de l'Assemblée interjurassienne (délai et participation aux séances interactives, mise en vigueur et déploiement de la loi « Un seul Jura », coordination politique cantonale et interjurassienne), le Mouvement autonomiste convoquera ses instances et organes dirigeants dans les prochains jours pour en parler avec le recul utile.

COMMENTAIRE FINAL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) accueille les conclusions de l'Assemblée interjurassienne avec satisfaction. Conscient des difficultés qu'il reste à surmonter pour parvenir au règlement du conflit jurassien, il entend donner un maximum de chances à la piste (nouveau canton des six communes) considérée par l'AIJ comme une vraie « opportunité de changement et d'innovation », ainsi que comme une réelle « possibilité de pourvoir la région interjurassienne d'institutions modernes et efficaces ». Serein et confiant en l'avenir, le Mouvement autonomiste s'engage à redoubler d'énergie afin que les enjeux de la Question jurassienne soient encore mieux cernés par les autorités et les populations concernées.

Moutier, le 4 mai 2009


Sérénité autonomiste

Communiqué de presse 

 

Lundi 4 mai, l’Assemblée interjurassienne dépose son rapport final. Le rendez-vous suscite une attention particulière dans la presse et au sein de la population. C’est même à une certaine effervescence générale qu’il faut s’attendre dans trois jours, même si la présentation des conclusions de l’AIJ ne représente qu’une étape supplémentaire dans le processus visant à régler définitivement la Question jurassienne.

 

Ces dernières semaines, les mouvements antiséparatistes se sont relayés pour couvrir l’Assemblée interjurassienne de critiques et d’insultes. La propagande pro-bernoise, dont l’unique but est de recréer des tensions entre partisans des thèses opposées (statu quo bernois ou unité du Jura), n’aura pas manqué de provoquer l’excitation et le désir de castagne des éléments les plus radicaux du Groupe Sanglier et de Force démocratique.

 

Les autonomistes n’ont pas l’intention de tomber dans le piège de la discorde et de l’affrontement. Après avoir adopté une attitude de stricte neutralité à l’égard des travaux de l’Assemblée interjurassienne, saluée ça et là par des membres de l’institution ces dernières années, le MAJ et ses mouvements affiliés (AFDJ et AJE), autant que le Groupe Bélier, n’entendent aucunement répondre aux provocations dont ils pourraient être les objets.

 

Dans cette perspective, aucune manifestation publique n’est organisée ni encouragée dans les rues de la cité prévôtoise ou dans les environs immédiats de la salle (Sociét’halle) qui accueillera l’Assemblée interjurassienne et ses invités. La seule réponse aux débordements rêvés par d’aucuns reste la sérénité dans les rangs autonomistes, sachant que le chemin qui conduit à la restauration de l’unité du Jura est encore long et semé d’embûches.

 

Les dirigeants autonomistes seront fortement sollicités par les médias le 4 mai. Ils auront ainsi l’occasion d’exprimer la position du mouvement, lequel se doit naturellement d’en informer au mieux ses militants. Dans cette perspective, le MAJ (RJ-UJ) invite tous les Jurassiens désireux d’être en phase avec l’actualité du 4 mai à se retrouver à l’Hôtel de la Gare à Moutier dès 19 heures. Au cours d’un rassemblement que nous espérons empreint de ferveur patriotique, les porte-parole du mouvement feront publiquement part de leur analyse de la situation.

 

Rendez-vous donc est donné aux militants et sympathisants autonomistes dans leur fief prévôtois. La « Rauracienne » y retentira avec la même ferveur que lors des rendez-vous populaires à travers lesquels nous réaffirmons notre attachement à la reconstitution de l’unité du Jura sur l’ensemble du territoire de ses six districts de langue française.

 Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ)  

Moutier, le 1er mai 2009


2009: une année cruciale

Le MAJ à Vellerat

Les dirigeants du MAJ se sont réunis hier à Vellerat dans l'excellent et nouveau Coq-d'Or de Vellerat, le restaurant entièrement rénové du village. Un large et intense débat a permis aux participants de s'exprimer sur l'année 2009, le 30e anniversaire de la naissance de l'Etat jurassien, l'offre de partage de souveraineté du canton du Jura au Jura méridional, la concertation à son propos dans le nord et le sud du Jura, les manifestations classiques, ainsi que l'organisation du mouvement et la politique de recrutement qu'il entend mener au cours des mois qui viennent. Une grande détermination a marqué les travaux du MAJ (RJ-UJ), lequel jouera pleinement le rôle qui lui est dévolu. Force de proposition, il veut aussi s'affirmer comme mouvement fédératif de l'ensemble des familles partisanes, lesquelles auront à se prononcer sur le contenu du projet politique visant à restaurer l'unité du Jura. (PAC)


Matinée de réflexion

L'après "rapport AIJ"

Les dirigeants du Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ), et les représentants des associations affiliés (AFDJ – AJE – Groupe Bélier) se retrouvent ce 13 décembre pour une matinée de réflexion à Vellerat. A l’ordre du jour des travaux figure l’organisation du débat sur « l’offre de partage de souveraineté » du canton du Jura au Jura méridional. L’assemblée se penchera également sur les grandes manifestations de 2009. Le mouvement entend marquer le 30e anniversaire de l’Etat jurassien et assurer à la 62e Fête du peuple jurassien le succès qu’il attend d’elle. Le MAJ (RJ-UJ) entend préparer la période cruciale qui suivra le dépôt du rapport de l’AIJ (4 mai 2009), période qui sera caractérisée par la mise en vigueur de la loi « Un seul Jura ». Le plan d’action du mouvement à ce propos sera précisément débattu au cours de la réunion de ce matin. (PAC)