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Le journal de Pierre-André Comte

Quelle histoire !

Aller-retour à Paris

Je rentre d’un périple. Pour repartir pour un autre. Paris. Je loge à deux minutes du 22, rue de Bièvre. Madame Mitterrand y vit toujours, sans protection particulière. Combien de photos de l’ancien président avec les grands de ce monde, Helmut Kohl, Gorbatchev, Pérès, et les autres, entrant et sortant par la porte discrète de cet immeuble d’une si grande modestie ? Par centaines et centaines. On reconnaît là la grandeur. Puis au 9 de l’Avenue Frédéric Leplay, instant de mort, pour un souvenir. Avant ce lieu où règne l’Ecole militaire, j’ai revisité Jean Moulin, René Cassin, André Malraux et Jean Monnet, tous les quatre dans la même alcôve mortuaire du Panthéon. Que d’émotion. Enfin, le Dôme des Invalides, le vainqueur d’Iena, de Wagram, d’Austerlitz, de tant de grandes victoires françaises. On me redira que, et dira que... Et alors? Notre-Dame sous les yeux, un orchestre de jazz, un chanteur de rue qui chante merveilleusement Mouloudji. Comme à la Bastille hier soir, cet acrobate aux exploits littéralement inimitables. Des milliers et des milliers de jeunes. Du bruit, de la vie, de la gaieté, du grand ciel de Paris. Tout à l'heure peut-être à Saint-Julien, Mozart, Beethoven, joués par un des meilleurs pianistes du moment. Paris. Je t’aime. (PAC)

Paris toujours

Paris, merveille du monde !

Dimanche matin, ciel et esprit clairs. Se réveiller à l’appel des cloches de Notre-Dame. Paris ! Le centre du monde. La capitale lumineuse. La France en or. Qu’il fait bon ici, les enfants, sur les bords de Seine, sous les arcs et les arches, parmi la foule immense.

 

Tout à l’heure, à Saint-André-des-Arts, je retrouverai ma librairie où, pour la vingtième fois, je dévorerai des yeux cette collection rare des œuvres de Voltaire, que jamais mes indemnités parlementaires ne suffiront à payer ! Je suis bien, là, jouissant de l’atmosphère enivrante de la rive inspirée, où tant de grands esprits se sont développés depuis tant de siècles.  Je passerai devant le Procope, l’historique « premier café de Paris » où je ne peux me priver de m’arrêter alors qu’à chaque pas franchi dans la rue de l’Ancienne Comédie, François Arouet, Rousseau et Diderot me rappellent que sous ses lustres de cristal naquit l’Encyclopédie, qu’on y rencontrait Danton, Marat et Robespierre et, plus excitant encore s’il se pouvait, que Franklin y peaufina la constitution américaine !  Je repense à Michel Tournier et à ses réflexions sur les relations entre l’écrivain et le pouvoir, entre culture et politique.

 

C’était à la Sorbonne il y a vingt-cinq ans, à l’occasion d’un colloque organisé par Jack Lang, Ministre de la Culture de François Mitterrand, le « grand littéraire » avec lequel, avoue Alain Duhamel, « la politique devenait un art ». Je me remémore ce que disait l’auteur du Roi des Aulnes à propos des relations délicates, souvent orageuses et parfois catastrophiques entre le pouvoir politique et la création littéraire. L’histoire lui donnait raison. Histoire de couples : Molière et Louis XIV, Diderot et « Catherine le Grand »(ainsi nommée par le Prince de Ligne),  Germaine de Staël et Napoléon, Voltaire et Frédéric II, Chénier et Robespierre, Soljenitsyne et Brejnev, Malraux et de Gaulle ; j’oubliais Victor Hugo et « Napoléon le petit ». Ils se sont affrontés, adorés ou haïs. Soucieux de leurs intérêts, certains écrivains (des grands aussi) ont cédé à la « récupération », ont accepté de porter la muselière et de « laisser leurs testicules aux vestiaires », selon l’expression crue de Tournier. Mais à quoi servirait de les blâmer ? Tout le monde n’a pas la vocation du martyre. Tout le monde n’est pas prêt à l’exil ou au goulag ...

 

J’en finis avec Tournier: « Un chef-d’œuvre littéraire retentit toujours comme un rappel au désordre », d’où le fait que le pouvoir considère l’écrivain comme un fauteur de trouble, alors que « le chef politique sage et lucide sait qu’il faut laisser à toute société sa marge d’évolution et de révolution, parce que c’est la vie même »… Oui. Ce chef-là a compris que la culture est le pont aux ânes d’un renouvellement social et économique. Et puis ? Et puis peut-être pourrait-on s’inspirer de cette sentence mémorable pour provoquer chez nous une rencontre des intellectuels et des politiques, alors même que les seconds se lamentent de la désertion des premiers quand ils évoquent, la larme à l’œil, l’« état d’esprit » qui nous procura l’indépendance… Associer les femmes et les hommes de culture à la vie et à l’organisation de la communauté est un devoir « éternel » de l’État. Pour peu qu’on s’y applique - je reprends ici la parole de Mitterrand, qui résonne en moi, parvenant au bout de la Rue Hautefeuille -, « la cité tout entière en sera changée et peut-être même le sens profond de la politique. » Mettons-nous à table !

 

La table, c’est bientôt l’heure d’y penser. Peut-être une brasserie, sûrement un excellent blanc de Touraine… Gastronomie ? Je ne sais pas encore… Je souris à la mémoire de la phrase de Michel Voirol : « Paris est un des poumons par lesquels le Jura respire… » Paris est une fête, dirait le grand Ernest. Je la vis. C’est le bonheur. Le Panthéon. Dans quelques minutes, je rendrai tout à l’heure visite aux grands hommes… Histoire d’oublier les petits. Paris, je t’aime…

 


Le dernier des Kennedy

L'exceptionnel législateur du clan Kennedy

Les Kennedy ont marqué l’histoire des Etats-Unis, et par conséquent du monde. Le lion du Sénat tire sa révérence alors qu’Obama en aurait grand besoin, notamment pour faire passer sa réforme de la santé. Mais c’est ainsi. Les Kennedy, quelle dynastie ! En 1963, j’avais 8 ans, le président américain opérait une même attirance que le locataire actuel de la Maison Blanche sur les foules du monde entier. C’est à la radio que nous avions appris son assassinat. C’était un drame, un rêve brisé, l’image effacée d’un homme magnifique, jeune, charismatique. Certes, nous ignorions tout de sa vie privée... et alors, ça ne m’intéresse pas. John Kennedy était une idole adulée partout sur la planète, ou presque. Robert lui succéda. J’avais quatorze ans quand la mort le faucha : une même catastrophe, qui se mêlait à celle de la disparition de Martin Luther King. Période cruelle avec un pic de guerre froide et l’écrasement meurtrier du Vietnam. Enfin Teddy Kennedy, peut-être le plus brillant des trois, malgré ce qu’on en a dit à une certaine époque. Là aussi, le monde entier s’émeut. Et moi avec. La terre d’Arlington s’apprête à recevoir un géant de la politique américaine. (PAC)

New York et Clochemerle

Pourquoi ils changeraient ?

« Le 23 octobre 1929 se produisit à New York l’effondrement du marché de la Bourse, qu’on devait nommer le krach de Wall Street. Juchés orgueilleusement au sommet du crédit et d’une prospérité qui reposait sur la convention de faire circuler l’argent à toute allure, les U.S.A. s’aperçurent avec épouvante que si l’on arrêtait brutalement ce circuit forcé, les citoyens ne possédaient plus que du papier dévalué et restaient en présence de leurs dettes. » Ainsi commence le chapitre « New York et Clochemerle » de Clochemerle-Babylone, le magnifique roman publié en 1951 par Gabriel Chevallier ! On se croirait en 2009 ! (PAC)

 

  (Suite)

Sortie de crise

Inquiétante stratégie allemande

Si l’on en croit les sondages, l’Allemagne sera, à l’automne, gouvernée par une coalition ultra-libérale. Une coalition qui, selon « contre-feux.com », veut en finir avec l’Etat social « à l’européenne ». Les solutions de la droite : réduction conséquente du filet social, interdiction de l’endettement, même pour financer les investissements publics, baisses fiscales considérables. Cette « orientation » politique, déjà promise, conduit à un résultat connu d’avance : exportations allemandes de marchandises et de services en hausse massive; exportation du chômage allemand grâce à un fort regain de compétitivité des entreprises allemandes payant moins de charges et d’impôts, avec, à la clé, ou l’implosion de l’euro ou un alignement des pays partenaires en Europe sur la stratégie allemande. Par-dessus tout, le risque d’une envolée du protectionnisme dans le monde, car qui aura envie d’accueillir les "chômeurs allemands" chez lui ? Au-delà de cette projection plutôt inquiétante, remarquons qu’en gros on reporte la responsabilité de la crise sur l’Etat alors qu’elle résulte de sa mise au rancart par les voyous de la haute finance internationale… « Cette saison [l’été] fut aussi celle de la crise financière, et de la perte de contrôle de la dette en France. L’avez-vous noté? Marianne a rejoint le camp de la dénonciation de la dette. Un thème de droite, assurait l’hebdo naguère. Dont acte: Marianne, à droite. Foutue saison. » Telle est l’opinion publiée par Jean-Michel Aphatie sur son blog. Il y a de quoi réfléchir… (PAC)

De Cléopâtre à Laurent

Jour de bonne compagnie...

10 août. La Saint-Laurent : c’est pour avoir protégé les Livres Saints que le martyr est le patron des libraires et des bibliothécaires. Pour qui aime les livres, ce jour de l’année prend une singulière importance. 10 août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français dans les actes notariés. Fait par François Premier, le « gentil roy » protecteur des Lettres et ami de Léonard de Vinci, grand roi qui a sauvé la France de l’étreinte de Charles-Quint ! 10 août de l’An 30 avant J.-C. : hélas, suicide de Cléopâtre, la reine si intelligente et polyglotte, selon Plutarque… Le 10 août, on est toujours en bonne compagnie, non ? (PAC)


Embellissement, beauté des lieux

Chapelle de l'Assomption à Vellerat (1962, architecte: Jeanne Bueche)

Préserver nos richesses patrimoniales

En 2008, Patrimoine suisse a inscrit la Chapelle de Vellerat dans l'inventaire de ses sites d'intérêt national. Cette flatteuse "nomination" demande que l'ouvrage soit mis en valeur. C'est particulièrement le cas aujourd'hui, grâce notamment à la rénovation fort réussie du Restaurant du Coq-d'Or, à proximité immédiate. Les alentours de l'établissement et la chapelle s'intègrent harmonieusement et créent un environnement paysager très agréable à l'oeil. Chacun doit prendre garde à ce que notre richesse patrimoniale fasse l'objet de soins attentifs et permanents. A propos du Restaurant du Coq-d'or, dont on peut vanter les mérites avec enthousiasme, je signale au lecteur qu'il rouvre ses portes à partir d'aujourd'hui, jeudi 6 août, cela après quinze jours de vacances - certainement bienvenues - des tenanciers. Bonne fin d'été à tous ! (PAC)


La crise, et après ?

La fin du consumérisme ?

Selon le philosophe Bernard Stiegler (La Tribune, Interview publiée le 23.7.09), « le  consumérisme est une forme de capitalisme née de la rencontre du fordisme avec le keynésianisme de Roosevelt, et qui a donné naissance à l'"american way of life". Contrairement au modèle industriel de la vieille Europe, fondé sur le productivisme, il suppose l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés pour les inciter à consommer. C'est le triomphe du marketing: vendre n'importe quoi à n'importe qui. Ce modèle qui détourne tous les désirs du consommateur vers les objets de consommation se développe tout d'abord de manière heureuse - c'est le plein emploi - mais il se transforme rapidement, comme l'avait prédit Herbert Marcuse, en machine à détruire la libido. Alors règne la consommation addictive fondée sur la satisfaction immédiate des pulsions. Le résultat est que la société de consommation ne devient plus productrice de désirs mais de dépendances. C'est un modèle dangereux: le consommateur y devient malheureux comme peut l'être le toxicomane qui dépend de ce qu'il consomme mais déteste ce dont il dépend. D'où une frustration grandissante et des comportements qui inquiètent comme la destruction de la structure familiale, la peur des adultes à l'égard de leurs propres enfants ou une déprime généralisée. »

Un sujet de réflexion fort intéressant, même en pleine période de vacances, période propice aux délires de la consommation… à tout prix ! (PAC)


Restaurant du Coq-d'Or à Vellerat

Voulez-vous bien dîner ?

Qui n’a pas encore découvert le nouveau restaurant de Vellerat manque assurément d’information ou de réflexe. Je l’invite à combler cette lacune et son retard. Qu’en dire donc, qui pousse le consommateur à s’y retrouver ? Que l’ancien Coq-d’Or a été remarquablement rénové par son propriétaire Hermann Güdel, et que sa brasserie et sa salle à manger présentent tous les atouts pour réjouir le visiteur. Qu’ensuite le chef de cuisine propose et réalise parfaitement les offres et menus d’une belle carte, qu’on peut au demeurant arroser d’excellents vins. Qu’enfin la patronne réserve aux clients un accueil des plus chaleureux, les gratifiant d’un délicat et chaleureux sourire. La table est l’entremetteuse de l’amitié, dit le proverbe français. Elle s’y trouve au Coq-d’Or, et Cédric et Audrey Pantel, jeunes et dynamiques aubergistes, s’y appliquent avec succès. Dans sa magnifique Histoire des passions françaises, Zeldin dit que « la gastronomie est l’art d’utiliser la nourriture pour créer le bonheur. » J’invite chacun à vérifier cette plaisante formule au Restaurant du Coq-d’Or à Vellerat. (PAC – cf. lien « gastronomie » du blog et: http://www.coq-dor.ch )

Des larmes et des rires

 

Fiona Watson                        Elie Barnavi                                   Bernard-Henri Lévy

Certains peuples ne comptent plus qu'un individu...

Crime contre l’humanité

 

« Un être qui s’habitue à tout, voilà, je pense, la meilleure définition qu’on puisse donner de l’homme », dit Dostoïevski dans ses Souvenirs de la maison des morts. La Shoah a beau tourmenter son souvenir, il se fout bien des leçons à en tirer. Crimes contre l’humanité, génocides, l’histoire est un perpétuel recommencement, Darfour symbole de tant d’autres régions du globe, esclavage et traite d’enfants, terrorisme. Les âmes damnées vagabondent en chœur. Je pense à ces derniers peuples indiens d’Amérique du Sud, ces peuples dits « non contactés », derniers survivants d’actes génocidaires, en fuite, dont il ne reste parfois qu’une dizaine d’individus (Cf. l’appel de Fiona Watson dans Courrier International) ! Ils doivent entendre les paroles des criminels condamnés… et graciés : « Il est bon de tuer les Indiens, ce sont des traîtres et des paresseux ! » On se rappelle alors le fanatisme religieux des conquérants du grand Ouest, massacrant allègrement les peuples autochtones d’Arizona et des grandes plaines !

 

Crime contre l’homme

 

Le XXe siècle n’est pas mort. Et Malraux qui annonçait que le XXIe serait religieux ou ne serait pas ! Dieu nous en préserve ! Fondamentalismes, extrémismes, gangrène immortelle. Les fous de Dieu juifs (Natoureï Karta) s’agitent à Jérusalem (Le Temps du 18 juillet), se rendent à Gaza City fraterniser avec leurs homologues palestiniens, tout aussi fous, après avoir félicité le grand démocrate Ahmadinejad de vouloir rayer Israël de la carte ! Je m’en remets à  Elie Barnavi (Les religions meurtrières), que chacun devrait lire. Notre Occident, qui connut la Sainte Ligue criminelle et sait pourtant de quoi il retourne, reste comme pétrifié, impuissant face à l’islamisme révolutionnaire qui le menace, se courbe devant les dirigeants arabes complices et négligent les esprits éclairés d’un monde musulman lui-même soumis à la terreur d’une minorité.

 

Crime contre l’intelligence…

 

Il faut bien se détendre un peu, malgré le gris du ciel et la grisaille des cœurs. Nous amuser un tantinet, pour autant que la décence le permette. Le PS (français) va mourir ! Doit mourir ! BHL en est convaincu, et moi avec. Manuel Vals a raison, la direction du parti a tort. On croirait revoir le Politburo du PCF sous Georges Marchais, n’écoutant pas l’avertissement d’Althusser et se précipitant dans le gouffre ou le recueillera dans sa petite main boudinée le « nain de jardin » (ainsi que l’ont surnommé ses détracteurs de la Place du Colonel Fabien) Robert Hue… BHL et le Député-Maire d’Evry voient juste (c’est mon opinion et je ne demande à personne de la partager), et Strauss-Kahn tarde à revenir pour reconstruire l’espoir de l’alternance politique indispensable à un grand pays démocratique comme la France. Le Parti de Jaurès et de Blum a perdu son âme. A quoi bon en entretenir la survie ? N’aurait-on pas le droit de se poser la question ? En France et ailleurs. Mais finissons-en là, car je sens le couperet entamer sa chute… (PAC)


Tous mes voeux


Parti québécois

PAULINE MAROIS, CHEF DU PARTI QUEBECOIS

L'espoir ravivé

La nouvelle chef de l'opposition officielle a fait un bref point de presse en matinée pour revenir sur la performance éclatante de son parti au scrutin de lundi 8 décembre. Après une série d'élections aux résultats décevants, qui faisaient douter de l'avenir du Parti québécois, la formation souverainiste a obtenu 35 % des intentions de vote des Québécois, mais, surtout, mis la main sur 51 sièges. Fatiguée, mais visiblement réjouie, Pauline Marois a d'entrée de jeu tancé le premier ministre pour avoir plongé le Québec dans une campagne électorale dont personne ne voulait, ce qui s'est traduit par un taux de participation populaire désastreux. « Jean Charest n'a pas écouté la population », a-t-elle dit, un reproche souvent lancé à l'endroit de ce dernier en campagne, marque, disaient ses adversaires, de son arrogance. Pauline Marois s'est par la suite félicitée que son parti ait repris l'essentiel du terrain perdu au dernier scrutin, sous la gouverne d'André Boisclair, notamment dans les Laurentides, Lanaudière, et le Centre-du-Québec. « Le PQ a passé un mauvais moment dans les dernières années, on sentait une moins grande ferveur. Mais là, on la retrouve, et la jeunesse est présente de plus en plus », constate Mme Marois, qui estime, avec cette élection, avoir fait mentir ceux qui disaient que le PQ était le parti d'une seule génération. Puis, revenant sur la tempête économique, prétexte invoqué par Jean Charest pour déclencher les élections, Mme Marois a dit vouloir tendre la main au premier ministre pour mettre en place les mesures nécessaires pour la traverser sans trop de dommages. Elle appelle le premier ministre à prendre en considération le plan de relance élaboré par son parti, tout en soulignant l'ambiguïté entretenue par Jean Charest, durant les derniers jours, sur son intention ou non de présenter un plan d'urgence. (Radio Canada)


Des Droits de l'Homme - TRIBUNE PARUE DANS LE QUOTIDIEN JURASSIEN DU 10 DECEMBRE 2008

60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme: Réparer le passé, préparer l'avenir

Réunie à Porrentruy en décembre 1792, l’Assemblée nationale de la République rauracienne décide de porter la liberté, l’égalité et la fraternité en tête de ses grands principes. Le 20 mars 1977, le peuple jurassien adopte la constitution de la République et Canton du Jura, dont nous fêterons le trentième anniversaire de l’entrée en souveraineté le 1er janvier 2009.

 

Dans son préambule, notre constitution dit que « le peuple jurassien s’inspire de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, de la Déclaration universelle des Nations unies proclamée en 1948 (…) ». Issue de l’acte de libre disposition du 23 juin 1974, la République et Canton du Jura, selon sa charte fondamentale, « favorise la justice sociale, encourage la coopération entre les peuples », elle est « un Etat démocratique et social fondé sur le fraternité. »

 

Les Jurassiens ont accédé à la souveraineté étatique sur la moitié de leur territoire ancestral en respectant assidûment ces principes. Leur mérite n’est pas négligeable, alors que le XXe siècle qui les a vus conquérir l’indépendance s’est éminemment distingué par ses massacres, génocides et autres violations à grande échelle des droits les plus sacrés de la communauté humaine.

 

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Nous en célébrons ce jour le 60e anniversaire, et il n’est pas anodin que nombre de Jurassiens puissent y chercher la confirmation de leur engagement au service de leur peuple, de sa dignité et de la légitimité des espoirs qu’il met dans la restauration de son unité.

 

L’esprit de liberté qui a soufflé sur le Jura avant qu’il ne rejoigne l’alliance fédérale ne doit pas nous faire oublier qu’il y a des conditions pour y accéder, que la liberté suppose des droits économiques et sociaux préalables et que ceux-ci sont régulièrement mis à mal lors des crises que travers notre société, celle que nous vivons de nos jours ne faisant pas exception.

 

Travailler à faire découvrir, comprendre, reconnaître la valeur de la liberté des personnes et de l’autodétermination des peuples, en développant chez tout être humain en formation le sens de l’égalité et de la justice, cela me semble être un des défis majeurs posés aux politiques et aux éducateurs dans les démocraties d’aujourd’hui et de demain.

 

« Réparer le passé, préparer l’avenir », disait René Cassin, prix Nobel de la paix et « père » de la déclaration universelle en 1948. C’est la tâche devant laquelle se trouvent les Jurassiens. Ils ont pour eux l’exemple des pionniers qui ont érigé la démocratie jurassienne et l’ont dotée d’une assise institutionnelle performante malgré ses imperfections. Dans un partage de souveraineté qui respecte les droits de l’homme et les libertés démocratiques, ceux du Nord et du Sud peuvent retrouver ensemble le goût de leur unité.

 

Pierre-André Comte, député, Vellerat


Forte poussée des indépendantistes québécois

Les souverainistes du PQ relèvent la tête

Jean Charest, le Premier ministre libéral du Québec a certes remporté les élections du 8 décembre au Québec. Mais un des faits marquants de ces élections réside dans le score inattendu du Parti québécois, son meilleur depuis une décennie. Alors que les sondages pronostiquaient une victoire écrasante des libéraux et un score de 30 % pour le Parti québécois, la formation indépendantiste a confondu les sceptiques en obtenant plus de 35 % des suffrages. Le PQ aura 51 députés dans la nouvelle Assemblée, soit la plus forte députation pour un parti d'opposition à l'Assemblée nationale depuis les années 60. Le Parti québécois avait été relégué en troisième position lors des législatives de 2007 avec un maigre 28 % et une récolte de 36 députés, sa deuxième pire performance depuis sa fondation il y a quarante ans. Cette défaite avait provoqué une onde de choc chez les indépendantistes, forcé à la démission leur chef André Boisclair et remis en cause leur objectif cardinal : l'organisation d'un troisième référendum sur l'indépendance du Québec, après ceux de 1980 et de 1995, perdu par une faible marge. (LM - PAC)


Elections du 8 décembre au Québec

MADAME LOUISE BEAUDOIN, ANCIENNE MINISTRE

Elections québécoises et défense du français

Le PQ, dirigé par Pauline Marois veut retrouver son rang de premier parti d'opposition, perdu au profit de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Dirigé par le populiste Mario Dumont, celui-ci devrait glisser sous la barre des 15 % des suffrages. Vedette du parti indépendantiste, Mme Baudoin a rarement besoin de se présenter. Déléguée générale du Québec à Paris en 1984-1985, députée PQ de 1994 à 2003, quatre fois ministre dans les années 1980 et 1990, elle vient de passer cinq ans dans le milieu universitaire, une absence de la politique qui n'a pas écorné sa notoriété.  

Louise Beaudoin s'inquiète moins de sa propre élection, quasi acquise dans ce bastion « péquiste » de Rosemont, que d'un faible taux de participation, alors que les Québécois viennent de voter, en octobre, au niveau fédéral. La majorité semble à la portée de Jean Charest selon les sondages qui lui donnent 16 points d'avance sur le PQ. Dans la population, hors des régions ravagées par la crise forestière, les ratés du système de santé inquiètent plus que la crise, ou la question de l'indépendance, absente de la campagne.

Louise Beaudoin a d'autres dossiers qui lui tiennent à cœur, dont la défense de la langue française. « La francisation des immigrants n'est pas satisfaisante et le français comme langue de travail est ici en perte de vitesse. Notre système d'éducation est aussi en mauvais état. » La relation renforcée de la France avec le Canada ne l'inquiète pas, pas plus que les propos de Nicolas Sarkozy en octobre à Québec, interprétés par certains comme un changement de la politique de « non-ingérence, non-indifférence » face au statut politique du Québec. « Le plus important a été son discours à l'Assemblée nationale du Québec, assure Mme Baudoin. Une véritable déclaration d'amour ! » Anne Pélouas (Le Monde)


A quelques jours d'une célébration

A quelques jours du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, je m'en remets à ces paroles de Voltaire dans son Dictionnaire philosophique:

Il faut vingt ans pour mener l'homme de l'état de plante où il est dans le ventre de sa mère, et de l'état de pur animal, qui est le partage de sa première enfance, jusqu'à celui où la maturité de la raison commence à poindre. Il a fallu trente siècles pour connaître un peu sa structure. Il faudrait l'éternité pour connaître quelque chose de son âme. Il ne faut qu'un instant pour le tuer.

Je parie que les discours de la célébration fourmilleront de ce type de citations, aussitôt dites, aussitôt oubliées. Bon dimanche. (PAC)


Bouleversements politiques au Canada

Le Québec aux avant-postes

« Que se passe-t-il au Canada ? La presse est frappée de stupeur face aux événements qui se déroulent à Ottawa depuis une semaine. « Quel choix amer doivent maintenant faire les Canadiens : un gouvernement dirigé par Stephen Harper, dont les méthodes en ont déçu plusieurs ; ou un gouvernement emmené par Stéphane Dion, le chef du Parti libéral, massivement rejeté par le pays il y a six semaines (lors des législatives anticipées qui se sont déroulées le 14 octobre) ? Que le gagnant puisse devenir le perdant et que le perdant puisse devenir le gagnant est un scénario que personne n'aurait pu imaginer il y a une semaine. L'auteur de ce scénario est Stephen Harper, dont les erreurs de jugement ont permis la signature, le 1er décembre, d'une entente de coalition – bonne pour dix-huit mois – entre Stéphane Dion, Jack Layton, le chef des néodémocrates (NPD, gauche), et le séparatiste Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, note Jeffrey Simpson dans le

Globe and Mail. (Courrier International)

 (Suite)

A quoi jouent-ils ?

Ségolène réclame un nouveau vote

Sur TF1 ce soir, Ségolène Royal a réclamé un nouveau vote des militants socialistes, tout en estimant qu'elle pouvait toujours arriver en tête du scrutin après la réunion de la commission sur les contestations lundi. En tout état de cause, « il n'est pas question » pour elle « de quitter le Parti socialiste » si elle n'obtient pas satisfaction. « Contre toute attente, je représente aujourd'hui au moins 50% du Parti socialiste », a-t-elle souligné sur TF1. « Et je vais sans doute gagner demain ». La candidate à la dernière présidentielle, devancée d'un cheveu par Martine Aubry à l'issue du vote des militants vendredi, a contesté la victoire de la maire de Lille. « Martine Aubry s'est précipitée parce qu'elle sait que les résultats sont en train de s'inverser », a-t-elle accusé, jugeant « très étrange de voir une candidate à une élection s'autoproclamer élue alors même qu'il y a actuellement un certain nombre de décomptes de voix qui sont en cours d'examen ». « La commission ne se réunit que lundi » et « la décision définitive ne sera prise que mardi », a-t-elle rappelé. Mais « même si je suis devant (...) il y a tellement de contestations et l'écart est tellement ténu que je pense que la responsabilité que nous avons toutes les deux, c'est de redemander un vote aux militants, un vote qui sera cette fois bien contrôlé et donc incontestable », a-t-elle expliqué. (Libération)

Ah! les bonnes blagues!

Quand la fripouille s'en donne à coeur joie

Bien sûr, on peut prendre le parti des forts en gueule : la politique est méprisable, et il est parfaitement naïf de vouloir en changer les règles. Ce serait donc naturel de voir des gens sans honneur ni compétence satisfaire leurs ambitions surfaites. Et vogue la galère ! Et tant pis pour les valeurs essentielles qui fondent l’identité d’une communauté ! Et zut pour les victimes de la vaste diablerie ! Peut-être. Et c’est pourquoi tant de dirigeants conduisent leur pays, leur région, leur canton ou encore leur commune à la médiocrité, quand ce n’est pas à la faillite. Voyez le Cavaliere, le très digne Berlusconi qui plaisante avec le grand démocrate Medvedev, alias « le pantin de Poutine », au sujet de Barack Obama, tout fraîchement élu président des Etats-Unis, qualifié de « jeune, beau et bronzé » ! Blague de cabaret, gentille plaisanterie ou dérapage boueux ? Est-ce du Bigard et son  « On est absolument sûr et certain maintenant que les deux avions qui se sont écrasés sur la forêt et le Pentagone, n'existent pas. Il n'y a jamais eu d'avion. C'est un mensonge absolument énorme», à propos du 11 septembre 2001, ou du Le Pen et son « détail de l’histoire » ou son « Durafour crématoire » ? On peut toujours se poser la question, non ? Alors, admettre que la politique doit être le lieu de déversement de la bêtise, de la vulgarité et de la duplicité n’est pas forcément le meilleur moyen de lui restituer sa dignité perdue. (PAC)

Victoire de Barack !

Une Amérique nouvelle

Victoire ! Je le crie sans complexe. Peu importe les déceptions qu’on annonce. Ce qui est merveilleux, en ce moment historique, c’est la force du symbole. Barack Obama est certes d’abord un président américain, et à cet égard partageant l’égoïsme national de ses prédécesseurs. L’essentiel est que sa venue change le regard du monde sur un pays souvent maudit par la faute de l’administration précédente. Nous déchanterons sûrement en matière économique, nous nous élèverons contre la poursuite d’une politique américano-américaine en différents domaines. Cependant, le nouveau président remettra l’Amérique en situation d’être aimée par le reste de l’humanité. J’ai suivi cette campagne, me suis fait traduire quelques discours des candidats. J’ai été sous le charme du charisme de Barack Obama, et je veux rêver qu’il bouleverse l’ordre des choses et concourt à l’émergence d’un monde meilleur. Je luis souhaite bonne chance ! (PAC)