A défaut de soleil...


Quelle question nous poserons-nous ?
A défaut d’être ensoleillé, l’été est sportif (la grande boucle, les championnats du monde de natation et d’athlétisme). Les héros s’affrontent et les foules donnent aux victoires une signification nationale, y trouvent des motifs de passion et d’orgueil. Remontant à la civilisation hellénique du Ve siècle, un académicien français a écrit que « la Grèce n’eût peut-être pas vaincu la Perse de Zoroastre si elle n’avait été la Grèce d’Olympie. » Il faisait allusion à la valeur athlétique du combattant, fruit d’une culture qui divinisait la force et l’adresse des muscles. Si grande soit la place du sport dans notre société, nous restons infiniment éloignés de cette culture qui, dans ses jeux et dans ses arts, avait choisi la jeunesse éphémère du corps humain comme l’image la moins imparfaite de l’immortalité divine… Imagine-t-on en effet, à notre époque, le vainqueur du Tour de France, le champion olympique du 100 mètres nage libre dans sa combinaison en polyuréthane ( !), ou encore la dominatrice du saut à la perche (si belle et gracieuse que soit Yelena Isinbayeva) être chantés par Claudel et honorés de statues dans les cathédrales ? … Tout à l’heure, dans le Ventoux, un nouveau triomphateur ébahira le monde. Dans quelques jours, au bord du Tibre, un homme-dauphin triomphera de ses concurrents. A Berlin, un jeune gars bercé au reggae de Bob Marley fera exploser le chronomètre dans la discipline reine du « cent plat ». Quelle question alors nous poserons-nous face à leurs impensables exploits ? Loin des longs gradins de pierre grise de Delphes, je la redoute. (PAC)-
25 Juillet 2009 à 09:58 dans
- Sport











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