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Le journal de Pierre-André Comte

Suprématie du logos dans la culture

 

 

L'enquête PISA et ses distorsions

 

La bonne nouvelle est que les écoliers jurassiens se trouvent bien placés en matière de compétences mathématiques. La décevante est leur relative faiblesse en lecture. Pourtant, l'école jurassienne fait des efforts considérables pour développer le goût de lire. Danielle Marcotte, en tant que responsable cantonale, conduit avec talent une mission de grande importance à ce sujet. Poursuivons dans cette voie-là. La lecture, les soins qu'on lui porte, autant que l'assiduité qu'on lui réserve, c'est au bout du compte l'art de l'expression orale, l'art d'une parole qui libère l'homme.

Je me permets d'en venir à Isocrate:

Notre cité a honoré l'art de la parole que tous désirent posséder tout en jalousant ceux qui le connaissent; elle savait bien que c'est notre seul privilège de nature par rapport à tous les animaux et que cet avantage nous a donné la supériorité sur les autres points; elle voyait que dans les autres genres d'activité l'issue est si capricieuse que, souvent, les gens intelligents échouent tandis que les sots réussissent, mais que les discours beaux et artistiques sont, non pas le partage des gens de nulle valeur, mais l'ouvrage des âmes qui pensent bien; que les habiles et ceux qui passent pour ignorants diffèrent les uns des autres principalement en cela, et en outre que les gens élevés dès l'origine en hommes libres ne se reconnaissent pas au courage, à la richesse et à des qualités de cet ordre, mais se révèlent surtout par leurs discours, que c'est bien la marque la plus visible et la plus sûre de l'éducation de chacun de nous (...) 

Tout est dit. Bonne lecture! (PAC)


L'éducation aux médias

Apprendre à devenir un citoyen actif

Les critiques visant les médias sont nombreuses : ils sont souvent pointés du doigt comme étant les responsables de la crise de la représentation politique ou encore comme des acteurs sociaux manquant à l’éthique (pratiques journalistiques et dérapages éthiques). Face à ce constat, les individus possèdent différents outils pour abandonner leur rôle de spectateur passif afin de devenir des citoyens à l’affût. Destinée souvent aux jeunes et parfois aux adultes, l’éducation aux médias est à la source de nombreux projets scolaires et vise le développement de l’esprit critique et de compétences citoyennes.

Constatant que l’école et la famille ne sont plus les seuls lieux de transmission des valeurs et des savoirs, l’éducation aux médias reconnaît la place de ceux-ci dans la vie des jeunes et le rôle qu’ils jouent dans leur intégration à la vie adulte et citoyenne. Afin que la pensée critique puisse se développer, certaines habiletés doivent être maîtrisées. Il s’agit, selon un célèbre théoricien de la pensée critique, de « l’habileté à analyser des arguments, à juger de la crédibilité des sources, à distinguer des éléments et à les regrouper en fonction de la présence d’éléments communs à reconnaître les inconsistances logiques dans un raisonnement, à inférer, à déduire, à formuler des hypothèses et des conclusions, à déterminer la force d’un argument, à reconnaître les erreurs et à détecter les biais, à résumer et à synthétiser ». De plus, des dispositions doivent aussi être encouragées : curiosité intellectuelle, ouverture d’esprit, remise en question des préjugés, des croyances, prendre le temps d’être à l’affût des différents éléments avant de se faire une opinion.  

Comme les médias sont au cœur de la vie démocratique, il semble incontournable que l’éducation aux médias soit en lien avec l’éducation à la citoyenneté. Les projets d’éducation aux médias permettent de développer des compétences citoyennes en abordant des questions politiques en lien avec la démocratie. En effet, l’apprentissage aux rouages, aux effets des médias et au développement de l’esprit critique pourrait difficilement se faire dans un État ne reposant pas sur des bases démocratiques. (PAC)


Le Théâtre Escarboucle tout en haut

De magnifiques performances d'acteurs

La magie du rêve

Pas un instant d'inattention

Trois classes sont là, captivées. Un public discipliné par l’intrigue et l’action. MOI tit Jack, création du Théâtre Escarboucle, déroule ses appas, affrète ses agréments, emmène en ses contrées lointaines de « tout en haut » l’imagination d’en bas, la fait vengeresse et justice. L’adaptation du conte traditionnel le dote d’une nouvelle vitalité. Univers fantastique et personnages fabuleux : ingrédients d’une histoire qui vous embarque et débarque dans une même jubilation. Tit Jack le courageux, puisant dans la crédulité de l’enfance l’audace d’affronter quelque terrifiant personnage du rêve. Et au bout, coup de pouce aidant du Magicien, la victoire sur l’Ogre et son passé meurtrier, l’Ogresse libérée de son joug, la Mère revenue au bonheur par l’enchantement d’une prouesse filiale. Spectateur, j’étais enfant parmi les enfants, adulte détourné de sa condition ordinaire, témoin lucide d’une aventureuse aventure. « Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’après ça, on ne regardera plus les fèves de haricots comme avant… » Une très belle réussite que la création d’Escarboucle, servie par d’admirables comédiens, auteurs de brillantes performances. La compagnie d’Anne-Lise Prudat se distingue dans cette création par sa sagacité artistique. Un spectacle à voir, une belle émotion à vivre. Bravo à Stéphane Rentznik, un « Tit Jack » émoustillant et fort de l’immortelle spontanéité de l’enfance, bravo à Viviane Gay, Mère et Ogresse d’une superbe occupation scénique, bravo à Delphine Rudasigwa, Magicien et Ogre d’une envoûtante gestuelle doublée de tirades irréprochables, merci à Anne-Lise Prudat pour une mise en scène qui rend parfaitement la fraîcheur d’un très beau texte. Trois classes. Les admirateurs sont encore là, pressés de poser quelques questions aux acteurs, d’en savoir davantage sur la limite qui sépare les deux mondes, requièrent quelques détails techniques… Ils n’ont perdu aucune miette, se raconteront plus tard. Voilà pour une lumineuse intrusion du théâtre dans l’école. Chapeau, les amis, et puissent les foules venir vous applaudir ! Cela en vaut vraiment la peine. Bonne chance ! (PAC)

"APPRENTIS" : et toc !

 23, quai de Conti

La leçon du Valais, où comment revenir à Paris...

Je me suis toujours opposé aux modes langagières que certains ballots veulent nous faire avaler. Je considère que la conservation du mot « lycée » dans la législation jurassienne est une victoire personnelle (je le dis sans complexe, et tant pis pour ceux qui me reprocheront cet intolérable accès de vanité…), car personne ne s’était étonné qu’on puisse y préférer celui de « gymnase ». C’était tout comme, aurait dit mère-grand. On voulait introduire dans la loi sur la formation (le terme a tué chez nous celui d’éducation au gré d’un assassinat institutionnel que je ne pardonnerai jamais à ses instigateurs) le libellé « division gymnasiale » !… Que vois-je, ce matin, dans le Nouvelliste ? Le député Laurent Léger, président de la Commission de l’éducation (vive le Valais !), de la formation, de la culture et des sports (comme si pareille appellation n’avait pas été possible chez nous !) indique que le mot « apprenant », à la mode ces dernières années pour parler des jeunes en apprentissage, disparaîtra définitivement du langage officiel au profit d’apprenti avec l’adoption de la loi d’application liée à la formation professionnelle ! Et le ministre valaisan Claude Roch de déclarer : « Même l’Académie française a reconnu que le terme « apprenant » n’était pas approprié » ! Que diable, on le savait, mais il fallait laisser à quelques bobos gauchiso-conservato-radico-cucul-la-pralino-pédants le soin de taillader dans le bon sens linguistique et de porter un nouveau coup à la langue française ! Elle est tellement stupide, cette langue, quand on essaie de la parler correctement, n’est-ce pas ? Les voilà refaits ! Je conclus en puisant cette édifiante pensée chez Pierre Merle : « S’attaquer aux dérives, au laxisme que nous connaissons aujourd’hui ne signifie nullement que l’on jette l’anathème sur toutes sortes d’évolutions ou d’innovations. En revanche, prendre n’importe quel tortillage langagier, celui-ci susciterait-il un engouement ou une petite mode passagère, pour une salutaire évolution de la langue est aussi ridicule que néfaste. » Et pan sur le bec ! Et vive le Valais ! (PAC)

Enseignement de l'allemand (TRIBUNE PARUE DANS LE QJ DU 11 FEVRIER 2008)

Excellente initiative du Ministère de l'Education

Le 25 janvier dernier, le Service de l’enseignement a adressé une circulaire aux écoles qui annonce l’engagement d’un « processus visant à rehausser, dans la durée, les compétences des enseignants d’allemand de l’école primaire. » La solution immédiate pourrait venir de la mise en place d’un corps professoral semi-généraliste. Par un mécanisme d’échanges de branches, certains enseignants désireux de recentrer leur activité sur l’enseignement de l’allemand se verront proposer des adaptations d’horaire et de matière au sein de leur établissement. Il faut applaudir cette initiative, qui s’inscrit dans la volonté du Département de l’éducation de presser le pas vers un apprentissage plus efficace des langues étrangères, à commencer par l’allemand, langue de nos voisins. (PAC)

 (Suite)

Modifications de la loi scolaire

Améliorations en vue

Les modifications de la loi scolaire ne bouleverseront rien dans l’organisation de l’école jurassienne. Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat. L’« autorisation » d’enseignement, qui cause quelques soucis juridiques est, sous la dernière forme que je connaisse, garante des droits  de la personne. Je suis favorable à ce principe parce qu’il ouvre une brèche en matière de nomination des enseignants. Le système actuel me paraît en effet inapproprié face à l’ampleur des défis présents et futurs en matière d’éducation et de formation. C’est une brèche qui laisse percevoir une « départementalisation » de l’école qui, au bout du compte, devrait donner tous les outils de la gestion de l’instruction publique à ses professionnels. Ce qui serait le meilleur moyen d’assurer une pleine confiance entre le monde de l’enseignement et la population. (PAC)

L'enjeu culturel

L'école a-t-elle perdu la culture ?

L’école a-t-elle perdu la culture ? Titre intéressant d’un article un peu inquiétant dans le numéro 13 de CultureEnjeu (mars 2007). Dans ses colonnes, on y découvre, sans la moindre stupéfaction, que « les écoles des pays développés laissent sur le carreau de 15% à 20% d’illettrés ». Pas moins. On y lit aussi que, dans le corps enseignant, « l’ambition de transmettre la connaissance est jugée ringarde » ! De mieux en mieux. Deux écoles se partagent ce bilan peu flatteur : celle qui nie les dégâts causés par les « nouveaux pédagogues », ceux-là même qui ont dynamité l’enseignement en lui imposant des méthodes ridiculisant l’effort, consacrant « l’enfant-roi », et, au bout de la chaîne, instituant les commissaires scolaires en experts de la pédagogie moderne ( !…) ; celle ensuite des autres modernistes qui assimilent l’école à l’entreprise et renomme les élèves « clients ». Deux écoles sœurs, destructrices, pour lesquelles transmettre un savoir est presque un crime ! Et voilà. Quand je dis cela dans certains corridors, on me prend pour un extrémiste, si ce n’est pour quelqu’un de complètement dépassé, juste bon pour le rebut ! (PAC)


Au royaume des potats

L'orthographe déserte les cerveaux... de nos chères têtes blondes

Et il faudrait s’étonner (Journal du matin sur France Infos) face aux conclusions d’une toute récente étude sur la maîtrise du français à l’école, qui vaut aussi pour la Suisse romande : le niveau orthographique atteint en 2006 est deux fois inférieur à celui qui prévalait il y a trente ans ! Encore bravo aux gouvernants, aux journaux, à la télévision et à l’éducation nationale (cantonale ici) ! Et merci de tout cœur aux penseurs entortillés de l’instruction publique qui depuis un demi-siècle emmerdent souverainement les enseignants, leur fourguent leurs programmes débiles, leur imposent (je résisterai jusqu’au bout) des réformes de l’orthographe qui mènent à l’abêtissement général pour « le seul plaisir des enfants, ces pauvres chéris en souffrance devant l’indigne dictée… », tout cela sous l’égide d’autorités dont les compétences en éducation sont comparables à celle des bouchers d’abattoirs en chirurgie cardiovasculaire ! L’école aujourd’hui ? Je vous renvoie à l’article précédent pour le choix des mots : soumise à la « benêtitude » de ceux qui s’en occupent hors des classes, elle court à l’abîme. Elle est là la vraie « plantance » ! (PAC)


La logique et l'intelligence

Cantons de Bâle-Campagne et de Berne : bravo !

J’adresse mes félicitations au Parlement de Bâle-Campagne et au Directeur de l’Instruction publique bernoise, le Conseiller d’Etat Bernard Pulver. Le premier a envoyé sèchement le gouvernement dans les cordes en maintenant la langue de Molière comme première langue étrangère, le second a imposé le « bon allemand » dans toutes les écoles du canton de Berne. Quand la logique et l’intelligence se rejoignent, il y a lieu d’espérer et de se réjouir. Merci Messieurs-Dames ! (PAC)


Amour du français

Mignonne, allons voir si la rose…

Dimanche, vingt-deux heures. France 3, Serrault, Molière. Les phrases de Jean-Baptiste fusent, l’avare remplit l’écran. Pure merveille. Serrault immense, Molière immortel. Ma tête retentit encore de la réplique. Célèbre, sublimement interprétée. Il faudra que j’aille voir Bouquet à Paris dans le même habit d’Harpagon… Fin des vacances ce matin. La classe recommence. Langue française malmenée, comment vais-je te faire aimer en cette reprise ? Hier soir, avant que Valère n’ouvre les feux, je lisais Cavanna à propos des jean-foutre qui prétendent « réformer » l’orthographe, m’imprégnais de son dépit et buvais son reproche : «Vous auriez mieux fait, enseignants, de donner aux gosses une solide initiation à la lecture, à l’écriture, à la rédaction, de les amener au plaisir du verbe, au lieu de les lâcher par la ville, un magnétophone au poing, pour leur faire jouer les journalistes et demander au boucher «Heu… C’est quoi, m’sieur, votre travail ?» «Initiation à la vie réelle», ça s’appelle, ou quelque pompeuse connerie du même tonneau.» Cavanna trivial, c’est mieux que rond-de-cuir poli de toutes les chapelles «enseignantes» (le mot éducation est désormais banni par la grâce des pleutres en gros). XVIIe de Molière et XXIe des amours déraisonnés pour le français, tout se tient ! La cloche sonne, j’entre à l’école… (PAC)


Nécessité du plurilinguisme

Le temps d'agir

« Tous plurilingues! Osons ce rêve pas si fou. Car quel plus bel horizon, quelle plus stimulante ambition que de devenir les passeurs du monde de demain? Promouvoir la maîtrise des langues comme passeport pour l'intelligence, comme viatique pour le monde global dans ce qu'il a de meilleur: la Suisse est-elle prête à se mobiliser pour relever ce formidable défi? Un signal fort vient d'être donné en Suisse alémanique. L'heureuse décision des citoyens zurichois de ne pas réduire l'enseignement du français à une peau de chagrin pousse les Romands à balayer devant leur porte. Prêtant trop vite aux Suisses alémaniques l'intention de vouloir sacrifier le français au profit de l'anglais, s'érigeant en avocats de la cohésion nationale, les cantons romands ont en effet surtout brillé dans une posture défensive. Qu'ils apportent aujourd'hui à leur tour la preuve de leur détermination à concevoir un enseignement ambitieux des langues étrangères. » François Modoux - Mercredi 29 novembre 2006 - Langues: que les cantons romands fassent leurs preuves! (Editorial du Journal « Le Temps »)

Tout est juridiquement et institutionnellement en place dans le Jura pour entreprendre quelque chose. Et cela depuis le 19 janvier 2000, date à laquelle le Parlement jurassien a adopté la motion 605 (promotion d’une éducation bilingue précoce) que j’avais eu l’honneur de déposer au nom du Groupe parlementaire socialiste, contre l’avis du gouvernement qui ne voulait pas «agir dans la précipitation » !… Mettons-nous à l’ouvrage, et nous serons en cohérence avec nos décisions politiques. (PAC) Voir le contenu de cette motion sous suite.

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Rencontre de Neuchâtel

Thème du débat : Quels remèdes pour que l’apprentissage du français réponde au mieux aux besoins de la vie professionnelle ?

En premier lieu, il apparaît que « l’idéologie à tout va » pose problème. Il ne faut pas soumettre l’école aux exigences de l’économie, proclament certains de manière exagérément défensive. Il s’ensuit une aggravation de l’incompréhension entre le monde de l’entreprise et le milieu enseignant. Le représentant de la Société pédagogique vaudoise l’a dit clairement : une guerre de tranchées conduit à l’impasse. Le représentant des Groupements patronaux vaudois ne cherche pas cela, mais dénonce le fait que trop de jeunes débarquant dans le monde du travail présentent des lacunes de plus en plus insurmontables en matière de lecture et d’écriture. (PAC)

 (Suite)

Education plurilingue

ENSEIGNEMENT – Dans l’essai « Bilingue à dix ans! », une ancienne enseignante des secondes langues et actuellement linguiste s’insurge contre le fait que huit ans d’école publique n’ont jamais réussi à rendre les jeunes bilingues. Aries Roessler publie un vibrant plaidoyer pour l’apprentissage précoce des langues. Propos recueillis par Yves-André Donzé. [Source :Le Quotidien jurassien du 12 septembre 2006]

« Effrayant. «Le francophone monolin­gue (est) une sorte d’infirme psychomo­teur pour l’acquisition des autres langues européennes.» Cette citation du linguiste Jean Petit, on peut la lire dans un essai qui sort tout chaud des Editions de L’Age d’Homme à Lausanne. Bilingue à dix ans ! Son titre ressemble à un cri du coeur de son auteur Aries Roessler: il est possible de rendre votre enfant naturellement bi­lingue. Mais attention, avertit-elle, à condition qu’on l’immerge dans une se­conde langue dès l’école maternelle et pendant au moins cinq ans, jusqu’au mo­ment où les capacités d’apprentissage ont disparu. «Au bout de cinq ans, il la maîtri­sera pour la vie.»

Et si nous repartions d’un héritage, pour reprendre la pertinente remarque de Jack Lang ? Nos « ancêtres les Gaulois » ne s’exprimaient-ils pas en celte et en latin ? J’ajouterai à cette question, celle-ci : comment sortir de la malédiction de Babel, et éviter que s’impose, à terme, la McDonalisation linguistique en Europe et partout ailleurs dans le monde, donc y compris en Suisse, pays qui, comme tous les pays de notre planète, subit un phénomène qu’on appelle le « tout anglais » (La HEP-BEJUNE va délivrer des diplômes en anglais… c’est naturellement plus intelligent qu’en français, même si c’est contraire à la Constitution cantonale !), cette tendance mortelle vers la langue et la pensée uniques, dont on voit qu’elle est en train de marginaliser les langues nationales, sans parler de langues étrangères régionales de tous les pays ? Le respect de la diversité culturelle et linguistique sont une des réponses à la menace, dans un contexte de mondialisation effrénée des moyens de diffusion de l’information.

Le projet d’éducation plurilingue, que j’ai eu l’honneur de présenter au Parlement le 19 janvier 2000 dans le développement de ma motion 605 « pour une éducation bilingue précoce », n’ignore pas notre responsabilité collective en matière de défense du français. Le français est le fondement même de l’identité jurassienne. C’est la responsabilité commune de la société, de l’Etat, des services publics, des médias, du système d’éducation, des enseignants, des parents et des étudiants de maintenir et d’améliorer la qualité du français. Rendre sa santé à la langue, c’est d’abord vivifier la santé linguistique du citoyen. Il fallait que cela soit dit. Ce projet d’éducation bilingue précoce, auquel je souscris pleinement, c’est notamment le fruit d’une réflexion menée depuis plus de cinquante ans par mon ami Jean-Marie Bressand, de Besançon, le fondateur de l’Association « Le Monde Bilingue » et de la Fédération mondiale des Villes jumelées - Cités Unies (FMCJ-CU). (PAC)

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Rentrée scolaire

21 août 2006. Courrendlin. Temps instable, ce jour de rentrée scolaire. Ni chaud ni froid, presque beau, juste digne du Lion. Les regards se croisent, une angoisse apparaît, un sourire la chasse. L’école et son odeur. Enfants mélangés, bruits rapidement contestés.. Des adultes ? Il y en a, des mères, des pères, des profs, à attendre je ne sais quelle assurance, à regarder au plus près. Ambiance de chambre d’appel : la course se joue au départ, dit-on au bout de la piste, c’est du moins la conviction du moment, qui fera place. Suis-je si sûr de mes prédictions, de mes objectifs ? Le temps jugera. J’ai vu un œil s’allumer ; le feu a succédé à l’eau, l’étincelle du courage aux larmes. On était si bien sur le sable allongé, dans l’herbe couché, à l’oreiller tiède arrimé. Faut-il que la vie ne comprenne rien… Sophie est là, c’est peut-être Paul, ne s’agit-il pas de Marc, ou sûrement de Virginie ? C’est un enfant. Les noms s’entremêlent, se dissimulent ou se cherchent, finissent par disparaître dans la mémoire d’un registre. On se les rappellera, à coup sûr…

 (Suite)

Education aux droits de l'homme

En un temps où les bombardements détruisent le Liban, où la katioucha s’écrase à Haïfa, où les plaintes de milliers d'exilés retentissent au Darfour, où les enfants d’Irak se noient dans leur propre sang, où la haine s’érige en politique d’Etat dans de nombreux palais, où le monde est l’otage du terrorisme religieux, le mieux que puisse faire un éducateur européen est d’entreprendre une éducation qui conduise à respecter les droits de l’homme et du citoyen.

 (Suite)