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Le journal de Pierre-André Comte

L'esprit de résistance

De la sagesse philosophique au crétinisme cathodique

Après BHL commentant l’œuvre de Soljenitsyne (FR3, hier soir). Impeccable. Clair. Tel que chacun devrait parler ou savoir parler. La barre si haute. Et puis la déchéance, oui, la grandiose débandade intellectuelle que l’on montre à la télé, la bêtise « emblémisée », l’inculture cultivée, la distraction débilitante. Et cette question qui revient sous la plume d’Ernesto Sabato (La Résistance, Seuil, Paris 2002, p. 112) : « Croit-on que l’on pourra longtemps étaler jour après jour à la télévision l’horreur dans laquelle sont plongés les miséreux et en même temps la frivolité ostentatoire et corrompue, entremêlées dans le plus odieux des bric-à-brac, et avoir, dans ces conditions, des enfants qui soient des hommes dignes de ce nom ? » Quelles valeurs la communauté a-t-elle conservées, lesquelles a-t-elle tuées ? Cela fait peur. Et comme le récipiendaire du prix Cervantès, je pense qu’il est urgent « de proclamer notre espoir démentiel de refonder un nouvel humanisme. » D’entrer - ou d'y rester - en RESISTANCE. (PAC)

Quand la bouillie médiatique vous conduit aux vomissements

La Passion selon Sainte Ingrid

Le site entoilé contre-feux.com s'interroge sur l'extase qui s'est emparée des médias après la libération d'Ingrid Betancourt. Il est vrai que nous en avons eu jusqu'à plus soif. Bien sûr, chacun se réjouit de cette libération. La courageuse femme ne méritait pas de vivre un tel calvaire, et loin de moi l'idée de ne pas me joindre à la compassion qui a entouré sa longue détention. Ce qui me gène, c'est l'hystérie médiatique qui a enveloppé l'affaire, et qui dit "hystérie médiatique" dit forcément "zones d'ombre" sur la véracité des faits. Mais passons. MediaPart, le journal en ligne d'Edwy Plenel avait affirmé que la libération d'Ingrid Betancourt "n'est qu'une reddition des Farc masquée en infiltration militaire." La nouvelle, très bien étayée, a été complètement négligée par la presse écrite et radio-télévisée, et c'est là que le bâts blesse... Presque unanimement, cette presse bien-pensante a laissé son devoir sur le bas-côté. La libération d'Ingrid, donc, dit contre-feux.com, est le fruit d'un triple miracle: militaire, religieux et politique, et la victime est désormais une sainte! Pour le reste, braves gens, circulez, y a rien à voir! Comme le site qui vous demande de vous "poser la bonne question", je m'en remets aux Principes de la philosophie du droit de Hegel, publié en 1821, dont la préface avertit: ni la société, ni l'Etat ne doivent être gouvernés par la bouillie du coeur et du sentiment, la religiosité et l'émotion devant rester cantonnés à la sphère privée... Certains présidents et très hauts responsables politiques sont-ils imprégnés des préceptes qui désignent les Etats modernes, digne de ce nom ? Ca, comme on dit chez nous, c'est une autre paire de manches. (PAC)


Avec mon chien, le bonheur...

 Pourquoi un brevet de propriétaire de chien ?

C'est à cette question que répond la Société cynologique suisse sur son site Internet. "Chaque propriétaire de chien qui obtient le brevet apporte sa contribution pour une détention de chien adaptée à la société." Tel est l'objectif, que je partage complètement. J'ai eu le plaisir de suivre dernièrement les cours (10) et de passer avec succès l'examen pour l'obtention du brevet de la SCS. C'est avec un immense plaisir que j'ai suivi cette formation. J'ai rencontré un monde (la cynologie) que je ne connaissais pas, et envers lequel j'avais un a priori sinon négatif, tout au moins fortement teinté de méfiance. Je me suis rendu compte que c'était idiot, comme quoi juger avant de connaître est toujours idiot. Non, j'ai rencontré à proximité du Violat des gens de très bonne compagnie, aux côtés et sur les conseils desquels j'ai beaucoup apprécié de travailler avec mon chien. Je les remercie vivement de m'avoir accueilli, ainsi que l'ensemble des inscrits, avec amabilité et professionnalisme.

C'était une très belle expérience, que je poursuivrai certainement. "La société demande des propriétaires de chien compétents et prévenants à l'égard de leur environnement", dit la SCS. Parviendrai-je à en être ? Je ferai en tout cas le nécessaire, cela au moment même où une loi est prête à s'imposer à la collectivité publique et où la pression - pas toujours légitime, il est vrai - de certains milieux (souillures, désagréments, sécurité) s'exerce avec de plus en plus de force. Nous avons des responsabilités: prenons-les! Bravo encore, mon Bady, fidèle, drôle et si affectueux compagnon! (PAC)


Il y a des colères comme ça...

User des mots du corps contre les maux de l'esprit 

Je sais bien que Sénèque et Plutarque ne cessent de condamner la colère. Je les relirai et leur demanderai pardon. Comme toujours. Mais aujourd'hui, j'ai envie de m'énerver. De dénoncer les bouffis jaloux, dont l'absence d'imagination et les grasses lacunes grammaticales et lexicologiques les empêchent de s'exprimer correctement ou de rédiger la moindre phrase qui sorte de l'ordinaire trivialité. Ils sont là, avec leurs petites critiques acerbes, à baver sur ce dont ils ne seront jamais capables, tout juste bons à crachoter leurs répliques de comptoir, nulles, stupides, sans le moindre intérêt, quand elles ne sont pas une insulte au bon goût. Je ne les côtoierai plus. Et ainsi parlait-il, désabusé et revanchard comme il sied de l'être quand on a peu d'honneur. Idéaliste, ferme la porte à l'idiot de service ! (PAC)


18, rue des Canettes

Un jour à Saint-Germain-des-Prés

Chez Alexandre, aux Trois Canettes. Cuisine familiale traditionnelle italienne. Une table d’amis. Haute personnalité littéraire, éminents députés du Jura, rayonnants citoyens de Paris. Les paroles s’envolent, les idées s’amoncellent. C’est une joyeuse cantate, une bruyante harmonie, un instant de bonheur. La porte s’ouvre, un vendeur de journaux à la criée proclame sa « une » : « Ça y est, ça y est, c’est le divorce, cet après-midi, c’est confirmé ! » Divorce de Nicolas et de Carla. Le « Monde » à la main, Ali s’empare de l’attention des clients. Le divorce ! Comme accroche, c’est difficile de faire mieux en ces temps d’hystérie médiatique autour du couple élyséen. Eclats de rire, mains qui se lèvent, appellent le vendeur. Il tient une pile de journaux et un exemplaire de son livre. A notre invitation il s’assied, nous parle de lui, nous l’en pressons. Foudroyance de l’amitié. Deux convives achètent le livre, les dédicaces tombent instantanément. L’homme est pressé. Nous le reverrons, aux « Charpentiers », rue Mabillon, devant chez Lipp, à la terrasse du Flore, à celle des « Deux Magots ». Il nous repérera, dans un clin d’œil fera allusion à nous dans sa « une », dont je reparlerai. Saint-Germain-des-Prés, ces 8, 9 et 10 février. Une joie extrême, une émotion vive. J’ai lu son témoignage. Un acte d’amour né du malheur d’un homme. Le destin d’un être qui a tout donné et si peu reçu. Je l’aime à mon tour et lui ferai signe. Amis, achetez son livre (« Je fais rire le monde… mais le monde me fait pleurer » - Jean-Claude Gawsewitch Editeur, Paris) ! Vous y verrez le monde tel qu’il est, et aurez l’envie de le changer. Encore et toujours. Merci Ali. Je vous embrasse. (PAC)


Continuer l'histoire

Démocratie et construction européenne

Voici une belle analyse d'Hubert Védrine dans son dernier ouvrage. De la nécessité de faire redémarrer l'Europe un instant arrêtée par le référendum français. Il préconise de rompre avec une "Irrealpolitik" stérile, de prendre conscience des nouveaux enjeux et de refonder le réalisme. Je le suis assez bien. Dans ses pages, il perçoit la crise démocratique, notamment due au fait que "les gens n'admettent plus de confier un mandat de x années à un élu, de lui faire confiance pendant cette période, et, au vu de son bilan, de le réélire ou pas." Ces mêmes gens qui veulent donner leur avis en temps réel et être consultés sur tout, sur les grandes et petites affaires. Et de conclure le chapitre par cette phrase qui devrait interpeller les stratèges de la campagne présidentielle: "La démocratie participative peut aussi bien régénérer la démocratie représentative que précipiter son discrédit". Tout est dans le "précipiter"... (PAC)


Là où le soleil se lève

Photo PAC 8.3.2007

Bonheur d'Asie

Je reviens de l'orient-est. Plus précisément du nord Vietnam. Cette petite fille habite dans la banlieue de la capitale, là où l'on tisse la soie. Des enfants partout, une jeunesse qui avance sourire aux lèvres. Un rassemblement humain dans lequel se trame l'avenir du monde. Merveilleux pays dans lequel je laisse tant de souvenirs heureux. Auquel j'ai eu le temps, dans l'intimité de mes sentiments, de faire la promesse d'un prochain retour. Je vous aime déjà tant, amis du bout du monde. (PAC)


Protéger un patrimoine

Pourquoi détruire le Buffet de la Gare de Bienne ?

A propos du Buffet de Bienne. Selon une dépêche de l’ATS, une pétition munie de plus de 8000 signatures demande aux CFF de n’y point toucher, alors qu’il était prévu que l’entreprise de transports le remplace par des guichets dont on devine qu’ils seront impersonnels. Les opposants à ce projet rejettent à juste titre l’idée que « ce cœur de la ville devienne avant tout un nouveau lieu de mercantilisation ». Le comité de pétition ne veut pas que la gare de Bienne se résume à un lieu de passage et s’élève contre le changement d'affectation du Buffet. Je ne connais pas le projet des CFF, mais je peux comprendre qu’on s’oppose à une dépersonnalisation d’un lieu qui dans la ville occupe une place particulière et en définit une part de l’identité. Pourquoi tout bouleverser ? Pourquoi tout moderniser ? Pourquoi se débarrasser d’un patrimoine que les gens aiment ? Questions récurrentes dans un monde ou le fric roi et le profit à bas coût n’entendent rien céder de leur œuvre de déshumanisation ! «Résistance » : slogan électoral de CS-POP lors des dernières élections cantonales. J’avais bien aimé, ne m’en suis jamais éloigné, l’ai toujours mis en pratique. Les amoureux du Buffet de Bienne ont raison. Disons-le-leur ! (PAC)


Des vulgaires et des sots

A qui doivent-ils leur célébrité ?

Dans son excellent commentaire de ce Matin, Ariane Dayer « plonge dans le désespoir de se retrouver à défendre la liberté artistique » pour une affaire « où le rappeur Stress et le poète UDC Oskar Freysinger s’échangent des injures sur la taille de ce qu’ils ont entre les jambes et la manière de l’accommoder ». Je trouve la journaliste fort précautionneuse, et lui pose une question. A qui les gens dont elle dénonce la vulgarité doivent-ils leur existence ? Précisément aux journalistes et à leurs patrons qui en profitent largement pour écouler leur « produit », quitte à se quittancer sous la plume de la plus brillante des chroniqueuses. Je suis jaloux devant l’article d’Ariane Dayer. Il est parfait, juste, impeccablement tourné. Il n’a qu’un seul défaut. Il reparle du « pipi caca » sur lequel prospèrent ses « déjecteurs ». Ô poésie, ô Desproges, ô Mitterrand, ô Le Luron, ô Giscard ! Epoque perdue à jamais. Ecoutez le Doc Gynéco, écoutez Nicolas, écoutez Ségolène, et vous, poètes, constaterez l’abîme présent, là sous vos pieds. Madame Dayer, pardonnez-moi mon impertinence, et soyez sûre de toute mon admiration pour ce que vous faites. Amicalement. (PAC)


Saint-Valentin...

Femme, divinité sacrée

Saint-Valentin. Je lisais en fin de nuit (c’est permis, non ?) les humiliations subies par la Comtesse du Barry à la cour de Louis XV. Vilenies féminines d’abord, inspirées par la jalousie, cela va de soi, bien que le ministre Choiseul n’ait pas été en reste, pour une autre raison il est vrai. Je me disais, en pensant aux trente et une (pas une de moins…) maîtresses d’Henri IV et les quinze de Louis XV (ça ne s’invente pas), que bien des femmes commandèrent à la France et à ses princes. Diane de Poitiers, Françoise d’Aubigné, Agnès Sorel et tant d’autres. Jeanne Bécu, la dernière favorite de l’avant-dernier monarque avant la guillotine, avait obtenu de lui le renvoi du plus grand de ses ministres, lequel devait sa carrière à la divine Pompadour, marquise préparant dans ses appartements les dossiers du roi avec ses conseillers… J'imaginais Ségolène à l'Elysée. Mais où en suis-je ? Ah, oui, à la Saint-Valentin. La fête des amoureux. Il y a cette lettre du 27 prairial de l’an IV, de l’Empereur à Joséphine : « Je tiens à l’honneur puisque tu y tiens, à la victoire, puisque cela te fait plaisir ; sans quoi j’aurais tout quitté pour me rendre à tes pieds.» Mais peut-on encore parler ainsi sans diriger sur soi les foudres militantes des imbéciles heureux autant qu’heureuses ? Et puis, quelle abomination ! J’ai osé invoqué le tyran amoureux ! Les drapeaux rouges se dressent devant moi, les bonzes et donzelles progressistes m’abreuvent de leurs injures. L’amour n’est que de gauche ! Ah, oui ? Et je m’en fiche. J’ai pour moi un engagement sans faille pour l’égalité entre les sexes. Ce n’est de loin pas le cas de tout le monde parmi les effrontées qui donnent leçons et tiennent conférences ! J’admire Elisabeth Badinter et Gisèle Halimi. J’ai adoré Françoise Giroud et sa Comédie du pouvoir. Je m’en remets à Verhaeren : « Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, dis, combien l’absence, même d’un jour, attriste et attise l’amour et le réveille, en ses brûlures endormies » ? (PAC)


Réaction à l’article du QJ

Que faire pour éviter les pièges de l’Internet ?

(Voir l'article de ce matin, consacré à ce sujet par le Quotidien jurassien)

Si le libre accès à l’Internet et l'universelle circulation des informations constitue un progrès considérable pour l’humanité, il peut aussi représenter un danger très grave pour les mineurs qui en bénéficient sans restriction. On le sait, la toile est de plus en plus utilisée pour diffuser de la pornographie enfantine. On détourne notamment blogs et forums aux fins d'entrer en contact avec des mineurs. De leur côté, une partie (beaucoup) des parents sont insuffisamment familiarisés à cette technologie de l'information, alors que leurs enfants restent dans l'incapacité de mesurer les risques qu’ils encourent. Dépassés par les événements, ces parents ont besoin d’assistance, c’est du moins ce que l’on peut objectivement supposer. En dehors du renforcement de l’action de la police en matière de lutte contre la pornographie enfantine, l’Etat peut-il et doit-il envisager de lancer une campagne de sensibilisation sur la protection des enfants sur l’Internet, notamment par la remise d’un matériel approprié ou l’organisation d’informations publiques au sein des établissements scolaires ? Un sujet dont, me semble-t-il, doivent se préoccuper les responsables politiques.(PAC)


Avec votre permission

Oserais-je une remarque ?

J’ai lu ce matin l’article d’un grand quotidien romand, dans lequel on accuse un conseiller national de « machiavélisme »… Machiavélisme, rendez-vous compte, alors que l’attitude commentée se résume tout au plus à un piètre filoutage ! Machiavélisme ! Quelle usurpation ! Nous sommes si loin du 16ème siècle florentin ! Si loin de la beauté pure et des plus lumineux esprits que le monde ait jamais connus ! Pauvre Machiavel qui comme nous le rappelle Prezzolini (Machiavel, Payot,1985) fut haï, honoré, foulé aux pieds ! Qui fut prétexte à s'élever dans les hauteurs, qu’on savoura goutte à goutte comme un élixir ou qu’on vendit au comptoir comme un vin d’auberge… Sa légende donna naissance au machiavélisme, et Machiavel, note son biographe, aurait volontiers affirmé : je n’ai jamais été machiavélique ! Cela est vrai et me renvoie, coïncidence heureuse d’une lecture toute fraîche, à la publication en octobre 2006 d’une conférence (Editions Pleins Feux, Nantes) prononcée à Blois par Jacques Attali, intitulée Marx et la mondialisation. L’ancien conseiller spécial de François Mitterrand y rappelle que, dans les dernières années de sa vie, Marx sentait venir une utilisation désastreuse de sa pensée, au point de répéter souvent, quand la mort approchait : « si c’est ça le marxisme, je ne suis pas marxiste ». Eh oui ! Vérités historiques. Qui n’empêchent aucun plumitif ni aucun politicard en mal de citations de raisonner comme un tambour à propos de ces deux grands hommes ! (PAC)


Des droits de l'homme

Humaniser l'humanité

30 décembre 2006. Dans son blog publié sur le site du Monde, Pierre Assouline livre une « note » dans laquelle il salue «L’honneur de Miguel de Unanumo», revenant en cela sur le discours prononcé par le philosophe à l’université de Salamanque le 12 octobre 1936. Devant l’épouse de Franco et des généraux enragés, après avoir dû subir les diatribes anti-Basques et anti-Catalans du général Astray sous les approbations nazifiantes des phalangistes, le vieux Monsieur prononça des mots de désapprobation suscitant les «Viva la muerte» et les «Mueran los intelectuales !» du général en question : « Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé.» Il quitta l’estrade dans un silence de mort avant d’être prestement évacué sous les insultes des phalangistes, précise Assouline. Démissionné, Miguel de Unanumo mourut peu après de «tristesse et d’écœurement». Honneur de l’homme. Honneur de l’humanité.

30 décembre 2006. La TV iraquienne diffuse l’image de Saddam Hussein allant à la pendaison. Exécuté. Bush exulte. Human Rights Watch (Observatoire des Droits de l'homme) condamne: «Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l’homme, mais ses actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine.» Avec à la mémoire la liquidation bestiale de Ceausescu, je partage cet avis. L’exécution d’un être humain, ce dernier fut-il parmi les monstres les plus abominables, demeure un acte d’irrationnelle sauvagerie, injustifié au regard même des droits fondamentaux au nom desquels il prétend s’imposer.

30 décembre 2006. Dans une réplique à Hutten, Erasme avait dit : «Mon devoir est de favoriser la cause de la civilisation!» La civilisation, oui. Mais qu’est-ce donc aujourd’hui ? J’en viens à Stefan Zweig dans son ouvrage consacré en 1935 au maître de Rotterdam : «Ce qu’Erasme transmettait à la postérité, dit-il, au milieu du désarroi de la guerre et des dissensions européennes, n’était que l’antique rêve, renouvelé des religions et des mythes, d’une future et inévitable humanisation de l’humanité, du triomphe de la lumineuse et équitable raison sur la vanité égoïste des passions.» Humaniser l’humanité.

30 décembre 2006 toujours. Humanisme. Puisse 2007 diriger les hommes vers cet idéal ou l’honneur de Unanumo et le rêve d’Erasme, réduisant à l’échec pulsions de mort et désirs de vengeance, s’imposent à tous, car l’homme, pour en finir avec Zweig, «ne pourra jamais vivre ni rien faire sans ce consolant espoir de progrès moral.» Cela reste notre actualité. (PAC)


Le Jura et ses Eglises

Répondre aux interrogations des gens

On m’a interrogé avant-hier sur la situation des « Eglises » dans le Jura. Un sudiste inquiet des propos que l’on tient parfois en certains milieux violemment réfractaires au canton du Jura. Je lui ai alors indiqué qu’il y a vingt-sept ans, bien des gens ont salué l’originalité de notre Constitution. Ils avaient raison, car notre Charte fondamentale émanait de ce peuple exemplaire sous bien des aspects, à commencer par celui d’un attachement viscéral à la fraternité humaine. On nous contestait nos droits fondamentaux, notre lutte d’indépendance. On nous avait beaucoup reproché notre esprit rebelle, on remarquait notre sens de l’intérêt général et de la sincérité de nos convictions démocratiques. Il m’a compris, et restait offusqué des attaques portés contre ces « cathos » du Nord. Après notre entretien, rentré chez moi, j’ai retrouvé le discours que j’avais eu l’immense honneur et le plaisir rare de prononcer, en tant que président du Parlement, à l’occasion du 25ème anniversaire de l’Eglise réformée évangélique du Jura. C’était à Saignelégier, le 3 septembre 2004. (PAC)

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Des politiques novatrices

Mains Naissance de l'association ALTER EGO JURA

L’Association ALTER EGO JURA a été officiellement fondée hier soir (2 novembre 2006) à Glovelier. Elle s’est donnée des statuts présentés par M. Konrad Baumann et a élu son premier comité. Il sera présidé par Mme Annette Henzelin, maire de Damphreux. Invité à transmettre un message à l’assemblée, j’ai eu l’occasion de livrer mon sentiment sur la démarche d’Alter Ego. Je l’ai assorti d’un projet de motion qui demande l’adoption d’une Loi instituant un Conseil des aînés. Celui-ci aurait notamment pour mission de tenir informé le ministre de la santé sur les questions relatives aux aînés. Cette proposition sera déposée si elle est jugée opportune notamment par ALTER EGO et l’AVIVO. La réflexion se poursuit donc autour des mesures indispensables à prendre pour lutter contre la maltraitance des personnes âgées, un problème qui va malheureusement en s’amplifiant dans nos sociétés dites modernes. On trouvera ci-dessous le texte de mon intervention du 2 novembre 06 à l’Assemblée constitutive de l’association jurassienne. (PAC)

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La forêt en fête

LES FORESTIERS SE PLIENT EN QUATRE

Je m'en retourne de la « Fête de la Forêt » et profite de féliciter chaleureusement Jean-Pierre Rihs de Courrendlin, qui vient d’obtenir le premier rang du concours des bûcherons. Chapeau ! Et merci aux organisateurs pour la qualité des expositions, démonstrations ou autre sentier didactique, autant que pour l’ambiance. Deux très beaux jours de convivialité jurassienne et, cerise sur le gâteau, Luc Maillard au micro, en technicien et pédagogue hors pair. La forêt jurassienne est un trésor, et nous souhaitons tous qu’elle soit éternellement considérée comme tel. Ses propriétaires et exploitants, publics ou privés, en sont les gardiens, les serviteurs et les promoteurs. Remercions-les de s’y consacrer avec le sérieux et – permettez que j’utilise ce mot – l’affection qu’on leur connaît. Forêt, pièce maîtresse de notre paysage, que l’on ne peut connaître qu’en allant à sa rencontre, et qu’en n’accordant notre esprit et notre cœur à son harmonie. Les sens d’abord, puis la compréhension. Communauté vivante, la forêt joue plusieurs rôles où s’insinue dans plusieurs partitions, écologiques, économiques, climatiques, et même sociales, si l’on y réfléchit bien. (PAC)

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Nouvelles du front

L’autre soir, dans un de ces villages que l’on aime tant, des compatriotes d’Ajoie m’ont assuré de leur soutien. Nous parlions de tout. Divergions sur peu. Nous retrouvions sur l’essentiel. Instructives et agréables palabres. Jurassiennes. Avant de rejoindre mon promontoire de Vellerat, je me suis arrêté en un lieu où guettent les pièges nocturnes les plus dangereux. Le hasard m’a placé aux côtés d’un individu dont la fréquentation fortuite et forcée m’a très vite fait oublier mon bonheur ajoulot à peine engrangé. En désaccord sur tout. Dix minutes d’agression délibérée. Je vous le jure. Je n’ai pas insisté. Puis silence de mort, lourd de menaces. « Lui ne me disait mot, je ne répondis rien ; C’est ainsi que finit ce superbe entretien », aurait dit un journaliste jadis fort célèbre. Splendeurs et misères de la politique... Fin. Et sommeil réparateur sous le ciel velleratien.


Idées neuves

Définition du développement soutenable

Afin de transmettre un monde viable aux générations futures, toute activité humaine doit se situer dans les limites de capacités de régénération des cycles naturels, c'est-à-dire respecter la capacité de charge de l'écosystème. Le développement soutenable a comme objectifs un mieux-vivre des populations humaines et une pérennité des systèmes écologiques assurant le renouvellement de notre environnement. Ainsi, l’adjectif « durable », ne mettant en avant qu’une notion de temps, laissera la place au terme « soutenable », contenant les notions de finitude, d’acceptabilité et de réversibilité. (Source: "Les jeunes verts - La souris verte").

 (Suite)