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Le journal de Pierre-André Comte

Loi sur la langue française

INTERVIEW COMPLETE DONNEE LE 18 JUIN 2009 AU QUOTIDIEN JURASSIEN


Rôle de la langue française dans le combat jurassien pour l’indépendance

La langue française, comme fondement de l’identité culturelle, a joué un rôle déterminant. Facteur de cohésion de la communauté jurassienne, elle a participé de la mobilisation décisive des élites aux côtés des militants pour la souveraineté.

« Langue de liberté » ?

Je parle de la « langue de liberté » parce qu’elle a été historiquement porteuse des Droits de l’Homme issus du Siècle des Lumières et de la Révolution française. Comment la langue de Voltaire ne serait pas celle de la liberté ? Elle est d’autre part reconnue comme langue idéale de la diplomatie et garde donc sa vocation à être pourvoyeuse de liberté pour les peuples.

Mise à l’écart des gens du Sud ?

Pas du tout. Cette loi concerne directement ou indirectement l’ensemble du territoire historique du Jura. Elle a égard au plurilinguisme et s’inscrit dans le cadre d’une politique qui change notamment le rapport des Jurassiens avec l’allemand. En ce sens, elle est éminemment moderne et se préoccupe de l’essentiel : renforcer la maîtrise du français, langue maternelle, et en faire l’élément d’une nouvelle dynamique culturelle, économique et sociale du Jura des six districts francophones.
 

Anglicismes et glissements vers le … phonétique

Les anglicismes inutiles, dont les snobes et les imbéciles se gavent, doivent être combattues d’une manière ou d’une autre. Le combat pour le français n’est pourtant pas un combat contre l’anglais. Quant à abâtardissement du langage par sms et autres moyens rapides de communication,  je suis d’avis que l’école peut y apporter la réplique appropriée.

Ouvrage « Identité et langue française »

Après le rappel du lien indissoluble entre conscience identitaire et volonté d’émancipation, il montre les réponses possibles à l’uniformisation culturelle qu’entraîne une certaine mondialisation. J’essaie d’y décrire les difficultés et les pièges d’une législation, ce qui me permet d’en mettre mieux en évidence le bien-fondé. Il est la poursuite d’une réflexion que nous menons au sein de la Conférence des peuples de langue française, relative aux effets de la législation linguistique dans les pays et régions qui en disposent (Québec, France, Bruxelles, Aoste, Acadie). J’en ai retardé la publication (désormais prévue pour septembre) aux fins de laisser sa prédominance au débat parlementaire.

Motion… de 1985

Tout au long des années, les milieux économiques et certains barons de la haute administration ont exprimé de fortes réticences à l’égard de la proposition de Roland Béguelin. Si bien que le gouvernement a toujours botté en touche. Le Parlement a quant à lui refusé à deux reprises l’idée gouvernementale de ne pas y donner suite. Il a fallu enfin toute la force de conviction d’Elisabeth Baume-Schneider – approuvée par ses collègues - pour montrer qu’on pouvait consensuellement aboutir en privilégiant l’intelligence et la responsabilité.

Filière bilingue

Vous savez que je n’approuve pas la filière bilingue, mais je respecte les décisions démocratiques. Je veux voir dans la Loi sur la langue française l’affirmation d’une priorité linguistique et culturelle – la première – qui n’exclut pas mais renforce celle de tendre vers un meilleur apprentissage de l’allemand, langue du septième district jurassien et de la région avec laquelle nous entendons développer notre économie. (LQJ-PAC)


Déclaration de Neuchâtel

Un observatoire qui mesure la dérive anglaises des hautes écoles

Dans une déclaration datée de novembre 2008, les organisations francophones de Suisse, réunies comme chaque année au château de Neuchâtel, protestent : l’enseignement universitaire fait une place toujours plus large (et dont les limites sont de plus en plus floues) à l’anglais. Sans parler des Ecoles polytechniques fédérales, où l’anglomanie devient écrasante. « Une limite extrêmement claire, dit la déclaration, doit être fixée entre les branches, les cours, les recherches et les expériences où cette langue est indispensable et ceux où elle ne l’es pas. De plus, tout à fait conscients de l’enrichissement qu’apportent d’éminents professeurs anglophones, nous voudrions être certains qu’ils sont accueillis à condition d’apprendre, de maîtriser et d’utiliser dans un délai précis l’une de nos langues nationales. Dès lors, dans le plein respect de l’autonomie de nos hautes écoles, les participants [à la rencontre] ont chargé la « Délégation à la langue française » de préparer la constitution d’un observatoire destiné à suivre et à évaluer régulièrement la situation dans ce domaine. »

Rappelons que cette Délégation est un organisme semi-officiel présidé par Mme Marie-José Béguelin, et dont le rôle consiste notamment à entretenir des contacts avec les institutions correspondantes des divers pays francophones, notamment pour donner son avis sur les réformes de grammaire ou de vocabulaire que propose Paris.


Universalité ou mondialisation ?

 

 

Quel nouveau Discours sur l'universalité ?

C'est qu'il ne s'agit pas de confondre universalité et mondialisation. Le terme de "mondialisation" est entré dans le langage de la presse dans les années cinquante et se définissait alors comme le fait de donner une dimension mondiale à quelque chose dont on précisait la nature, comme par exemple "la mondialisation d'un conflit". C'était alors un phénomène dynamique; mais ce n'est plus l'acception d'aujourd'hui, où la mondialisation se présente comme absolue, sans référence à un objet précis. C'est un état de fait, comme l'est le résultat d'une conquête: ce n'est plus une dynamique, c'en est le résultat.

 (Suite)

Quelle politique linguistique ?

Français, pluralisme linguistique

Il m'est arrivé de dire que le plurilinguisme personnel constituait la "prochaine grande conquête sociale". Je maintiens l'affirmation. Le problème reste que les Etats doivent, pour atteindre cet objectif, investir des sommes considérables dans la politique linguistique, qui va du renforcement de la langue maternelle (le français chez nous) à "l'assimilation" de la langue du voisin et d'une grande langue de communication internationale (l'anglais s'imposant pour l'heure presque naturellement). Ils n'en ont pas les moyens ou... la volonté. Ainsi se développe un apprentissage des langues "à deux vitesses", qui fait le bonheur des plus aisés, lesquels, dans des écoles privées inaccessibles aux enfants de familles modestes, se préparent à prendre la succession des classes dominantes d'autrefois. La nounou étrangère d'il y a quatre siècles, engagée pour parler sa langue maternelle et assurer de la sorte une éducation bilingue précoce à l'enfant, a "fabriqué" des générations de diplomates, hommes d'affaire et grands bourgeois possesseurs inamovibles du pouvoir politique. On n'est pas très éloigné de cela de nos jours, alors que l'école publique ne dispose pas des moyens nécessaires à un enseignement massif des langues. La détermination politique, certes - du moins je le crois - existe pourtant. Mais il faudrait qu'elle franchisse un nouveau palier: celui d'un investissement à long terme. Il est tout aussi vrai que la période actuelle, avec ses cortèges d'économies, ses flops financiers et ses krachs boursiers, n'est guère propice à cet investissement-là, pourtant indispensable. (PAC)


L'anglais à l'école: les ronds-de-cuir et les dirigeants de pacotille démentis

Une vérité qui finira pas s'imposer 

Selon une étude publiée ces jours (cf. QJ 9 juillet 08), les arguments avancés pour justifier l'enseignement de l'anglais à la place du français en Suisse allemande tombent à plat. Ils "sont contredits par le vécu des écoliers", indique le Fonds national suisse. Mieux encore, la Haute Ecole pédagogique de Zurich affirme que "l'utilisation d'expressions anglaises dans le langage des jeunes n'a pas grand chose à voir avec l'enseignement d'une langue à l'école!" Messieurs les ronds-de-cuir, rentrez au trou! En réalité - le Parlement jurassien l'avait, lui, bien compris - le monde scientifique (le vrai) sait que seul un enseignement précoce des langues (dès 4 ans) permet à l'enfant d'assimiler une langue étrangère. Les élèves du Pays Basque ou de Catalogne sont là pour le prouver. Bilingue très tôt, ils sont dix fois meilleurs que leurs camarades monolingues français, y compris... en français! Quant à la primauté de l'anglais sur le français, l'allemand ou l'italien en Suisse, c'est une pure imbécillité et un acte contraire au fédéralisme coopératif. Je n'ai rien contre l'apprentissage de l'anglais, qui reste indispensable, mais il ne doit pas précéder les langues nationales. Dans le cadre d'une éducation bilingue précoce, il n'interviendrait qu'au troisième stade du cursus individuel, étant entendu, comme l'ont démontré mille fois les neurolinguistes, qu'un enfant bénéficiant d'une telle éducation "conquiert" une troisième langue, en l'occurrence l'anglais... ou une autre, avec la plus grande facilité! La nouvelle conquête sociale, c'est cela. Ce n'est pas l'éradication des langues nationales au profit d'un english basic genre portier d'hôtel, sabir dégénéré qui ne concourt en rien à l'émergence de la personnalité humaine. Dans le Jura, aimons le français, chérissons-le, cultivons-le, parlons-le correctement, puis, dès que l'âge le permet, intéressons-nous à la première langue étrangère, celle du voisin en particulier (l'allemand chez nous), puis préparons les nouvelles générations à se familiariser aux cultures de proximité qui les ouvriront on ne peut mieux à la diversité culturelle et linguistique du monde. (PAC)


Le cercle des initiés

 

Que voulez-vous, je n'en suis pas... 

Je me suis trouvé hier au milieu d'un aréopage dont je ne comprenais que la moitié des propos. Ce sont des personnalités, me dis-je, restons discret et n'ayons surtout pas l'air de ne rien piger à leur langage secret. Leurs phrases commençaient dans un français moyen, passaient par quelque circonvolution obscure pour sombrer dans un salmigondis d'anglicismes parfaitement inaudibles pour les simples dont je fais partie. L'oreille aux abois et les yeux dans le vide, je me suis souvenu alors de la phrase de l'académicien Jean Dutourd, dont les volutes montant de sa pipe témoignaient de la plus brillante intelligence: l'espèce de patois atlantique que l'on parle actuellement est un langage pour initiés, comme l'argot, avec ce que cela suppose d'orgueil chez les initiés; fierté intime que ceux-ci éprouvent à échanger des insignifiances ou des niaiseries comprises d'eux seuls. J'ai volontairement disparu dans l'indifférence de cette grande société. Ai filé... à l'anglaise. Je ne serai jamais de la famille des initiés. (PAC)


La France en-dessous de tout

Caricature du CANARD ENCHAÎNE du 30 avril 2008

" Yes, in english, you have bien lu ! "

(LE FIGARO DU 2 MAI 2008) « Pour donner une chance supplémentaire à la France, Sébastien Tellier interprétera un titre en anglais, Divine, tiré de son album, Sexuality.  L'usage de l'anglais avait provoqué les foudres de François-Michel Gonnot, député UMP, et d'un «collectif» syndical «pour le droit de travailler en français en France». Ce qui avait obligé la ministre de la Culture, Christine Albanel, à réagir. Tout en soutenant Sébastien Tellier, elle avait reconnu qu'il était «dommage» de chanter en anglais.  Une polémique balayée par France 3 et Sébastien Tellier. «Nous sommes fiers de présenter un artiste français accompli qui nous donne une chance d'être remarqué», a expliqué Marie-Claire Mezerette, directrice de l'unité divertissements de France 3, tout en reconnaissant que, se doutant de la controverse, la chaîne a demandé à Sébastien d'inclure une phrase en français dans sa chanson. «Au début, Sébastien a essayé de la traduire mais ça ne fonctionnait pas du tout. » Le chanteur, pragmatique, se dit «très intéressé par cette polémique qui (le) place au centre de l'Eurovision», mais explique que la France a plus de chances de gagner en anglais, tout en restant dans un «style européen»: «Mes valeurs et ma vision du monde sont très françaises.» 

Voilà ce qui s’appelle « baisser ses culottes » face à l’hégémonie de l’anglais. Parfaitement lamentable. Je souhaite que la France soit balayée à l’occasion de ce concours où elle se renie dans l’espoir d’emporter une de ces victoires ridicules dont elle n’a pourtant pas besoin. Après cela, chacun comprendra que le Québec, la Belgique et la Suisse se mobilisent contre la tutelle de France 24 sur la chaîne francophone TV 5 Monde. J’en appelle au jury suisse de l’Eurovision : de grâce, votez contre la France ! Pas celle que l’on aime dans notre cœur, notre esprit et nos tripes, la vraie France, dirait quelqu’un que vous connaissez bien, mais celle de ces pète-sec de la télévision, publique ou privée, dont le travail de sape en ruine l’image et la notoriété. Jury suisse, belge ou de tout autre pays ayant la « langue française en partage », votez contre cette France-là ! (PAC)


Respect de la langue française

Vive l'apprenti ! 

Je lis avec intérêt le billet de Pierre Boillat dans la dernière Gazette (10.4.08), dans lequel l'auteur se réjouit de l'abandon, par la République et Canton du Jura, de l'affreux, de l'ignoble, de l'imbécile "apprenant", mot que force ignares, moult pédants et snobs grassouilleux ou malingres voulaient absolument substituer au bel "apprenti" en son habit vert de l'Académie !  Le rédacteur de la Gazette se réjouit donc et crie légitimement victoire. C'en est une, en effet, et d'autres sont à construire, inlassablement, car les ennemis de la langue française prolifèrent dans les administrations, les commerces... et les écoles ! Qui n'ont de cesse de manifester leur sottise bêlante aux quatres coins du pays. Au parlement, quand j'élevais la voix contre ce benêt germanique d' "apprenant", on me toisait et s'offusquait de tant d'intolérance ! Ballots et péronnelles sonnaient le tocsin et me condamnaient à l'injure publique ! Un journaliste me traitait ouvertement de ringard ! Les voici aujourd'hui tout marris devant le constat de leur abyssale bêtise. Qu'est-ce que c'est bien fait pour eux ! Mais il y a des niaffes qui se perdent... Je me marre, dirait l'admirable Coluche. C'est vrai, en plus. Pour revenir à la conclusion de Pierre Boillat, je me permets de la renvoyer à cette excellente parole de Claude Duneton (in. Défense du français, n° 498, mars 2008) : " La défense de notre langue n'est pas une marotte de vieux messieurs à parapluies ni de bonnes dames à chapeaux : il s'agit de la protection vitale de notre identité la plus élémentaire, ainsi que de nos intérêts de base. Il s'agit de résister à une colonisation voulue et concertée pour des raisons platement économiques, comme toutes les colonisations sur la Terre. " Et voilà. (PAC)


Sus aux virus !

 

Aux armes, citoyens !

Il en va de la langue comme du corps humain : elle est en permanence exposée à la contraction de virus. Ainsi la nôtre, journellement malmenée par quelques ignares en cour ou abonnés à la plèbe. Il y a certains présentateurs de la télé qui, on ne sait pour quelle stupide raison, prononcent cotte au lieu de côte, pak au lieu de Pâques, etc. Il y a les pseudo intellectuels qui terrorisent les braves gens en substituant aux mots des « remplaçants » complètement idiots, comme apprenant pour apprenti ! Il y a bien sûr les voyous qui vont sur Paris au lieu d'aller à Lutèce ! Il y a les « Guderian » des steppes grammaticales, qui tapent dans le germanisme comme un ivrogne dans le gros rouge, proclamant vouloir agir dans des domaines en lien avec les difficultés économiques plutôt que liés à des dérapages budgétaires ! Il y a enfin, c’est assez nouveau, les rastaquouères de toute engeance qui trouvent que l’exploit d’untel sera compliqué (cet adjectif, nouvelle coqueluche des m’as-tu-vu, tient actuellement le haut du pavé) plutôt que difficile à réaliser.  Et je ne parle même pas de moult pignoufs de la haute administration qui saupoudrent leurs phrases d’anglicismes ridicules ! Avec Rivarol, la lutte continue, camarades : « La langue française n’eut donc que deux sortes de barbarie à combattre : celle des mots et celle du mauvais goût de chaque siècle. » Aux armes, citoyens ! (PAC)

Solidarité francophone

    Appuyer la TSR

La TSR rejette le projet de Paris de fondre TV5 Monde au sein d’une holding purement française, selon une dépêche de l’ATS. La société dirigée par Gilles Marchand a parfaitement raison de s’opposer à cette évolution néfaste pour la chaîne francophone. Il dispose dans les négociations qui s’ouvrent d’appuis importants : Bruxellois, Wallons et Québécois manifestent une hostilité identique à celle des Romands. C’est de bon augure, et l’on peut espérer que les technocrates pressés de l’administration française n’entraîneront pas leur gouvernement sur une voie dangereuse pour la diffusion de la culture et de la langue françaises dans le monde. Peut-être les cantons romands seraient-ils bien inspirés de se rallier à la bannière de la TSR pour défendre la pluralité… et la pérennité de TV5 Monde. Cela, me semble-t-il, les concerne aussi. (PAC)

Bienvenue au Président de la Vallée d’Aoste

       Ego Perron dans le Jura

La Conférence des peuples de langue française reçoit officiellement ce matin à Vellerat M. Ego Perron, président du Conseil régional de la Vallée d’Aoste. Cette visite est essentiellement consacrée à la question linguistique, et notamment au rapport politique à la langue française dans la Vallée d’Aoste et dans la République et Canton du Jura sous l’angle des législations et des autres mesures étatiques. Le président Perron profitera de l’occasion pour se joindre à la préparation d’une prochaine opération publique de mise en valeur des produits du terroir de la Vallée d’Aoste. Sa présence aujourd’hui dans le Jura - le « citoyen de cœur de Vellerat » qui sera également accueilli par M. Stéphane Rötheli, maire de la commune - conforte les liens d’amitié unissant Valdôtains et Jurassiens dans le cadre de la francophonie internationale. (PAC)

La francophonie à l'honneur à la Fête du peuple

 L'engagement des Jurassiens

La défense de la langue française a transcendé la lutte nationale pour l’indépendance de la Patrie jurassienne. Aujourd’hui, c’est imprégnés de cet attachement viscéral à notre langue que nous voulons concourir à l’illustration de l’appartenance commune des peuples de langue française. Le destin d’une langue est une question politique au sens noble du terme. Aussi devons-nous nous interroger sur nos responsabilités, que nous soyons représentants du peuple, hommes de science, écrivains ou journalistes, commerçants ou publicistes, citoyens ou simples usagers.

Comme beaucoup de responsables et de militants de la francophonie, nous nous inquiétons du recul du français partout dans le monde, raison pour laquelle nous entendons accentuer nos efforts dans le sens de la sauvegarde, de l’illustration et de la promotion de notre belle langue. Il s’agit d’un combat à mener, dans lequel nous voulons prendre toute notre part.

 (Suite)

Encore et toujours la bêtise anglomaniaque

         L'expression d'un profond désaccord

« Brunch du 1er août: le charme paysan associé à la magie des 12 étoiles : C'est sur une note volontairement cosmopolite que l'organisation des jeunes du Nomes, la young european swiss, démarre cette journée de fête nationale. Un petit déjeuner paysan vous est proposé à l'Ischhof, à Ätigkofen, dans le canton de Soleure sur le thème: «le futur de la Suisse est en Europe ». C'est une occasion idéale pour le gens ayant l'esprit ouvert et encore rien de prévu le 1er août de passer quelques heures agréables dans un environnement sympathique, en se régalant des délices de la famille Isch. (…) Des divertissements pour les jeunes et moins jeunes mais aussi pour les pro-européens seront au programme en ce jour de fête nationale. La participation aux frais s'élève à 30 CHF pour les adultes et 15 CHF pour les enfants. La yes attend vos inscriptions par e-mail à l'adresse suivante : brunch(at)y-e-s.ch » …

                                                                                                                                                                                                                                                    Voilà l’invitation que je reçois ce matin comme membre du NOMES (nouveau mouvement européen). Voici ma réaction immédiate, retournée à la seconde même par courriel à ses auteurs : « C'est avec plaisir que je reçois votre "lettre" (pourquoi donc Newsletter ?). Mais c'est avec un très grand déplaisir que je constate votre dérive anglomaniaque. Que veut dire "young european swiss" ? C'est parfaitement nul et contraire aux intérêts du camp pro-européen, dont je fais partie. Je ne sache pas que l'anglais est langue nationale. L'exemple d'une Suisse plurilingue est bafoué. Voulez-vous une Confédération (savez-vous bien ce que signifie ce mot ?) anglicisée, donc "rentrée dans le rang", renonçant au fédéralisme tel que l'Europe pourrait s'en inspirer si des cliques de fonctionnaires et de politiciens - que vous rejoignez malheureusement - de plus en plus nombreuses ne s'appliquaient à en saper les fondements ? Je suis extrêmement déçu et envisage de me retirer de votre mouvement. Avec mes salutations cordiales. » Pierre-André Comte, député du Jura.