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Le journal de Pierre-André Comte

Environnement et développement durable

Le développement durable s'apprête à être inscrit dans la Constitution jurassienne

Article d'Arnaud Bernardin dans le Quotidien jurassien de ce matin

Le projet de modification partielle de la Constitution jurassienne prévoyant un article relatif au développement durable est arrivé au terme de sa phase de consultation. Le Gouvernement jurassien vient de déposer sur le bureau du Parlement une proposition d’un article spécifique, sans mention dans le préambule.

 

Pierre-André Comte, député socialiste et auteur de la motion «La protection de l’environnement, un devoir constitutionnel», acceptée en 2007 par le Parlement sous forme de postulat, estime que le développement durable pourrait être plus solidement ancré dans la Constitution. Aujourd’hui, et même si le terme, assez vague d’ailleurs, est utilisé à toutes les sauces, le développement durable est devenu une priorité autant qu’une évidence dans la plupart des esprits. Rien d’étonnant, air du temps oblige, à constater qu’un peu partout on légifère et on ergote sur le sujet.

 

Le Jura n’innove pas en la matière, mais figure tout de même dans le bon peloton en Suisse, une moitié des cantons helvétiques ayant à ce jour intégré le développement durable à leur Constitution. Reste à établir quelle place il y occupera. C’est là que se situe le débat, le droit à un environnement sain n’étant plus même contesté par le plus farouche des réactionnaires.

 

Un droit fondamental

 

«Si c’est une évidence aujourd’hui, ce ne l’était pas voici 20 ans», rappelle Pierre-André Comte. «Ce droit peut être qualifié à mes yeux de fondamental au même titre que les droits de l’homme», appuie-t-il encore. Le Gouvernement jurassien propose de modifier partiellement la Constitution cantonale en y ajoutant une section formée d’un article à deux alinéas, arrêtant que «l’Etat et les communes veillent à l’équilibre entre la préservation de l’environnement naturel et les exigences de la vie économique et sociale» et «qu’ils respectent les principes du développement durable et prennent en compte les intérêts des générations futures». Or, et c’était une exigence de sa motion, Pierre-André Comte estime que le développement durable devrait déjà apparaître dans le préambule de la Constitution avant de renvoyer à un article particulier. «La proposition du Gouvernement se veut par trop frileuse. Il faut avoir le courage de faire du développement durable une priorité et le faire figurer dans le préambule comme cela a été fait dans d’autres cantons, à l’instar de Fribourg, Vaud, Neuchâtel ou encore du Tessin», estime le député de Vellerat.

 

«Nous ne contestons nullement l’importance d’élever la protection de l’environnement au rang de priorité», répond Laurent Schaffter, ministre de l’Environnement et de l’Equipement. «Nous avons choisi de ne rédiger qu’un article particulier pour des raisons formelles propres à la Constitution jurassienne, qui ne définit dans son préambule aucune disposition quant aux buts et aux objectifs du canton», assure-t-il.

 

Pierre-André Comte, comme le Parti socialiste jurassien et Pro Natura, souhaitait également que référence soit faite à une charte de l’environnement. Là encore, le Gouvernement n’a pas accédé à cette volonté. Comme il le mentionne toutefois expressément dans son message au Parlement, le Gouvernement laisse au législateur le choix de rédiger une telle charte, dans le cadre d’un processus distinct de la modification de la Constitution.

 

Un peu de Saint-Exupéry dans la Constitution

 

Cette modification partielle de la Constitution sera soumise à l’approbation du Parlement puis du peuple jurassien, peut-être le week-end des 28 et 29 novembre, coïncidant avec les prochaines votations fédérales. D’ici là, on méditera sur cette pensée d’Antoine de Saint-Exupéry et de la place à lui accorder dans la Constitution cantonale: «Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» (LQJ - AB - 5 août 2009) Voir texte de la Motion 811 transformée en Postulat 811a ci-dessous

 

 (Suite)

Gestion de la forêt

Une étude qui pose problème

Une étude du WWF (Quotidien jurassien 21.7.09) tente à montrer que la plupart des cantons négligent la protection de leurs forêts et privilégient l'exploitation du bois. Parmi les mauvaises élèves, le Jura est en queue de peloton, ce qui déclenche l'ire de l'Office de l'environnement. Le « monde forestier » se mobilise pour fustiger cette étude. Certes. Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu, mais je trouve curieux qu'on s'excite avec pareille ardeur à l'encontre du WWF. Je suis tous les jours dans la forêt, et ce que je constate est souvent parfaitement lamentable. Les surfaces exploitées que l'on ne nettoie pas, qui laissent ensuite libre cours aux champs de ronces et condamnent de nombreux accès, les coupes blanches dont personne ne sait à quoi elles servent (voyez au-dessus du stand de tir de Vellerat: d'un ridicule jamais atteint), les chemins que l'on construit un peu n'importe comment et n'importe où, ça je le vois et je le déplore. J'ai aussi le sentiment que seule l'exploitation du bois - c'est-à-dire le rendement économique - intéresse ceux qui sont censés gérer la forêt. Bien sûr, ces derniers répondent vite et aisément à la critique: silviculture ! Ils n'ont que ce mot-là à la bouche ! Silviculture ! En gros, et on me pardonnera la trivialité du propos, on se fout de nous ! Je crois qu'une réflexion s'impose et qu'une remise en question ferait du bien à tout le monde, à la forêt en premier lieu. Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule, dit Voltaire. Il serait bon qu'un jour ceux auxquels s'adressent les interrogations légitimes des gens fassent preuve d'un peu plus de modestie dans les certitudes qui les aveuglent. Le chef actuel de l'Office de l'environnement, M. Jacques Gerber, est un homme suffisamment intelligent et ouvert à un dialogue constructif - je lui fais toute confiance dans sa mission - pour ouvrir le débat et répondre aux questions qui se font de plus en plus pressantes au sein de la population jurassienne. Je compte sur lui. Amicalement. (PAC)

 (Suite)

Mare Nostrum en perdition...

La Méditerranée condamnée à mort ?

J'ai la conscience tranquille: je n'irai pas souiller la Grande Bleue cet été. Je déteste le tourisme de masse, l'huile de bronzage, la mayonnaise qui déborde des tables, les bars crasseux de la sueur des humanidés, leurs urines et déjections dans l'eau, enfin tout ce qui fait le charme (!) des vacances en bord de mer... Pauvre Méditerranée condamnée  à mort! Te vengeras-tu avant de t'éteindre? Le Rhône, majestueux, si cher à nos coeurs, qui devrait t'apporter oxygène et foi en l'avenir: empoisonné! Le Rhône et ses poissons pollués au pyralène jusqu'à toi, le grand fleuve inondé de PCB meurt biologiquement! Alors toi, Paradis Marin, victime du plus puissant attentat écologique qu'on puisse imaginer, tu souffres tant... Croissance démographique des cités riveraines, bétonnage des côtes, afflux touristique, tout-à-l'égoût de ces cochons de pays qui t'assassinent, dégazages d'hydrocarbures, polluants chimiques, déchets de toutes sortes, goudrons et métaux lourds. Pourquoi? Alors que je pleure sur ton sort, me revient à l'esprit ce proverbe indien: "Lorsque l'homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d'eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l'argent n'est pas comestible!" Ils ont fondé l'Union pour la Méditerranée. Esbrouffe ou prise de conscience ? Nous serons vite fixés sur la poursuite ou l'arrêt du viol monstrueux perpétré depuis trop longtemps. (PAC)


Vive la morille !

Bonne chance aux champignonneurs !

« La morille est un champignon particulièrement recherché dans la région, à tel point que certains usent de stratagèmes redoutables pour la débusquer ! Pourtant, il ne faut pas compter sur les champignonneurs chevronnés pour vous renseigner en la matière. Pourquoi tant de mystère? Parce que trouver des morilles n'est pas chose facile. Par contre, ce champignon est particulièrement fidèle au terrain dans lequel il a poussé une première fois. Heureux donc celui qui connaît les coins ! Cette année, il semblerait que la cueillette ait été bonne. Les dernières morilles seront rasées ces prochains jours. Si vous vous apprêtez à partir en chasse, on peut vous dire que ce champignon pousse au bord de cours d'eau. Mais aussi à côté de frênes ou entre et dessous les épicéas, dans des endroits ensoleillés. » Voilà ce que nous révèle l’excellent site de RFJ. Ah ! s’il pouvait nous en dire encore un peu plus ! Le temps passe, et les morilles auront disparu pour une année... Le roi des champignons est si difficile à saisir… Je me souviens d’un grand jurassien qui nourrissait à son  égard une véritable passion… Bonne chance aux chasseurs de morilles ! (PAC)


Retour au centime de l'eau

Le canton du Jura légitimement félicité

Je reviens au sujet d'hier, pour me réjouir de la "rose" octroyée au Parlement jurassien par l'Illustré. Les autorités politiques, à juste titre, sont souvent critiquées. C'est la règle en démocratie. Bien sûr, elles reçoivent des reproches qui sont aussi maintes fois gratuites. Qu'en est-il lorsqu'elles sont félicitées ? Les commentateurs sont la plupart du temps modestes dans le décernement de leurs louanges. Peu importe. Je tiens donc, dans ce papier, et en pensant à l'action admirable conduite par la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, à revenir sur l'information ci-dessus, tout simplement en la reproduisant "in extenso" :

L'Illustré du 30 avril 2008."Une rose pour...": "Laurent Schaffter. Le Parlement jurassien est un pionnier. En guise de pépite d'or, c'est un centime sur chaque mètre cube d'eau que les autorités du canton veulent percevoir. Cette redevance, prélevée au titre de la solidarité, servira à financer des projets liés à l'accès à l'eau potable dans des pays en développement. Si l'idée n'est pas nouvelle, ce sera la première fois qu'un canton la mettra en application. Petite rivière deviendra grande, le centime devrait se transformer en un trésor de quelque 80 000 francs par an. L'Illustré adresse une rose du désert au ministre de l'Environnement d'un canton à l'âme altruiste". Bravo le Jura ! C'est ce type d'action-là qu'on attend toujours de toi, toi l'Etat confédéré qui se doit d'être aux avant-postes des solidarités internationales. (PAC)


Journée mondiale de l’eau

L'eau, un bien commun de l'humanité

 

Le 22 mars a été institué en 1992 par l’ONU « Journée mondiale de l’eau . » Il me plaît, ce 22 mars 2008, de saluer ici l’action de la Fondation « France Libertés », présidée par Mme Danielle Mitterrand. L’eau est un enjeu pour l’humanité tout entière, alors que nos sociétés occidentales continuent de s’octroyer à son propos un « droit de gaspillage » scandaleux par nature, mortel pour la planète. La Fondation de Madame Mitterrand, outre qu’elle s’engage « en faveur des droits de l’homme et œuvre à la construction d’un monde solidaire, citoyen et responsable », agit concrètement pour la protection et la répartition équitable de l’eau. Dans son Conseil d’administration siège mon excellent ami Jean Ziegler, auquel j’ai le plaisir particulier de transmettre mon message de fraternité. L’accès à l’eau, un droit humain universel ; l’eau elle-même, un « bien commun de l’humanité. » Menons donc aussi ce combat pour l’eau, bien commun qui ne peut être traité comme une marchandise et qui doit être préservé. (PAC)


Développement durable ?

Une supercherie sémantique selon Latouche

« Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré... Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau, mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et animales essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles. Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale. » Ainsi s’exprime Serge Latouche, philosophe et Professeur émérite d’économie de l’Université de Paris-Sud. Langage à dire vrai anti-politiquement correct, de quelqu’un qui ose affronter les vérités proclamées par tous les camps de la politique, de gauche et de droite. Un postulat courageux qui mérite respect et… approbation ? Tel est le combat. La croissance pour la croissance annonce les tragédies de l’avenir, à commencer par celle d’une planète définitivement perdue si les hommes persistent à répandre sur et en elle leurs souillures irrattrapables… (PAC)


Ambitions urbaines

Zurich veut tenir sa place dans le monde

Le maire de Zurich veut « regarder loin », nous apprend Le Temps. Que grand bien lui fasse. M. Elmar Ledergerber a présenté son plan pour 2025, pour « une ville encore plus grande, plus dynamique, plus riche, plus culturelle », selon le chroniqueur du quotidien romand. Il n’y a rien à dire là-dessus. Que Zurich ait des ambitions, cela est normal. Quelles se déploient au détriment des intérêts de ses voisins – notamment par l’extension de l’aéroport –, cela est mois acceptable. Le maire prône l’amélioration de la qualité de l’environnement. Les forces conscientes des responsabilités écologiques à assumer sauront-elles faire pièce aux libéraux de droite qui s'enferment dans le "tout à l’auto" et se pressent à la croissance à n’importe quel prix ? Tel est l’enjeu. Crucial. Qui concerne probablement l’ensemble d’une Suisse dont le tissu urbain a largement pris le pas sur la ruralité du pays. M. le Maire a raison de penser à l’avenir. Puisse-t-il conduire sa cité vers le développement durable, et non la précipiter dans une expansion économique contraire à ce postulat vital pour la sauvegarde de la planète. (PAC)


L’eau, c’est la vie

La Loire, fleuve sauvé

… et la vie n’est pas une marchandise ! (Danielle Mitterrand)

Parce qu'il est urgent de se retrousser les manches et de ne plus se contenter de paroles, Yann Arthus-Bertrand présente sur France 2 « Vu du ciel », série en quatre épisodes consacrée aux grands enjeux de la planète. « Protéger l’eau, c’est défendre la vie ». Après un premier épisode consacré à la biodiversité, le deuxième épisode de Vu du Ciel diffusé hier soir abordait la question de l’eau douce, des inégalités de répartition de cette ressource vitale aux initiatives humaines visant une meilleure gestion de l’or bleu. Un film saisissant, qui pose en termes d’urgence notre responsabilité collective face à la protection de l’eau. Un témoignage des plus poignants qui s’ajoute à la foule de ceux qui appellent aujourd’hui à faire de l’environnement et de la sauvegarde de la nature un droit fondamental et le premier des devoirs. Puisse, dans ce sens, le Parlement jurassien approuver prochainement la motion n° 811, qui demande l’inscription dans le préambule de notre Constitution de ces droit et devoir. (PAC et réf. France 2)