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Le journal de Pierre-André Comte

Un événement de haute importance symbolique

La plaquette de Morimont de retour chez nous

Une pièce importante du patrimoine historique jurassien a été remise au Musée jurassien d’art et d’histoire vendredi: la plaquette de Morimont qui était jusqu’ici conservée au Musée d’histoire de Berne. Il s’agit d’un objet métallique gravé au milieu du XIXème siècle par Auguste Quiquerez pour rappeler le serment qu’il avait tenu avec son frère Louis, Xavier Stockmar et Olivier Seuret au château de Morimont - en France voisine - en 1828. Une date à partir de laquelle les Jurassiens avaient décidé de se révolter contre le pouvoir bernois de l’époque.

 

La pièce a été remise officiellement vendredi 19 décembre par Mario Annoni au Dr Pierre Philippe, président du Musée d’Art et d’Histoire de Delémont. Le président du Musée d’histoire de Berne avait auparavant reçu une requête en ce sens de la présidente du Gouvernement jurassien Elisabeth Baume-Schneider. La ministre jurassienne de la culture obtient avec ce rapatriement un très beau succès. J’ai eu le privilège d’être invité à la remise de cette pièce emblématique du patrimoine national des Jurassiens. J’ai ressenti tout au long de la cérémonie un immense sentiment de fierté. (PAC)


Sentiments chrétiens, suite...

S'accoutumer à l'abject ?

Souvent dans la conversation sur les événements tragiques de l’histoire, les gens dénoncent véhémentement les fautes des hommes de l’époque. Il faut en croire peu. Les résistants d’aujourd’hui n’auraient pas été forcément ceux d’hier. A les voir agir, il ne fait aucun doute que certains auraient passé vite fait le ciré noir du collabo de circonstance. Déjà le Cardinal de Retz, qui n’était pas un saint et connaissait pour les avoir expérimentés les vices de l’intrigue, disait à peu près que nous nous accoutumons à tout ce que nous voyons, répétant au passage qu’il ne savait pas si le consulat du cheval de Caligula aurait surpris ses contemporains autant qu’ils eussent pu l’imaginer. Il avait raison, finalement. Le lecteur interprétera ces lignes comme il le voudra. (PAC)

Vers le soleil levant

Egaré dans la fraîcheur du matin

Il y a trois jours, on célébrait le trentième anniversaire de la mort de Jacques Brel. Oublier le temps perdu... Il y a trois jours, c’était le deuxième anniversaire de la mort d’André. J’écoute Léo Ferré. Avec le temps. Avec le temps, va, tout s’en va… avec le temps, va, tout va bien… Ne rentre pas trop tard, surtout, ne prends pas froid. Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu. Et l’on se sent floué par les années perdues… Et pourtant. L’automne n’y parvient pas, le soleil est là, la fraîcheur aussi. Je rentre de la forêt, de ses odeurs de nuit mouillée, de ses rumeurs éteintes, de ses espoirs dissimulés. Un chien si heureux. Le souvenir d’un ami disparu, quand il le faudrait à ses côtés, où irons-nous, dis, sans ce lien de fraternité, ici même perdu, égaré dans la bruine qui m’enveloppe? Jacques, Léo, vous êtes bien là. André, je ne t’entends plus, mais je ne t’oublie pas. La nuit prendra fin, la lumière luira, là-haut, à l’horizon denté des Rochers du Midi. Je l’attends, j’écrirai jusque-là, je la surprendrai avant qu’elle ne m’aperçoive. A bientôt, mon frère. (PAC)

Vive la République du Saugeais !

Citoyens d'honneur du Saugeais

Une belle et très sympathique histoire

Je suis invité par Mme Georgette Bertin-Pourchet, Présidente de la République du Saugeais, a participé le 5 octobre à la Journée annuelle des citoyens d'honneur du Saugeais. Je ne pourrai malheureusement pas m'y rendre, mais j'apprécie l'honneur qui m'est fait depuis que, en ma qualité de maire, j'ai présidé à la signature d'un pacte d'amitié entre la commune de Vellerat et la République libre aux côtés de Gabrielle Pourchet, présidente décédée en 2006. Si vous ne connaissez pas cette si sympathique entité du Haut-Doubs, sa capitale Montbenoît, Gilley et son fumoir, de magnifiques villages, allez-y, c'est très près de chez nous, par la géographie, l'art de vivre et le culte d"une "fraternité révolutionnaire", ainsi que le disent quelques amis du coin. Vous vivrez là-bas d'excellents moments de convivialité, et tout cela dans un élan de gourmandise que vous ne pourrez réfréner. Bon voyage et salut reconnaissant aux compagnons du Saugeais ! (PAC)


Le duc Charles à Berne

Ben, voilà une "piste" : la réunification de la Bourgogne!

Le Jura… Le Jura bleu et vert, le calcaire et la chair des feuilles… je connaissais mal cette région, qui était mienne, et pour laquelle je n’avais pas d’amour. Il m’en vint pourtant, tout à coup, une nuit, et j’en fus déchiré. Ainsi parle Charles le Téméraire avant d’entreprendre le siège de Morat. Ainsi le fait parler Gaston Compère dans son merveilleux livre publié en 1985 (Je soussigné, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, Belfond, Paris, p.270). De quel Jura parle-t-il ? Du nôtre, peut-être. Je l’avoue. Je le revendique : j’ai toujours eu un faible pour Charles, le préférant de loin à Louis XI, ce jaloux qui finança les batailles décisives des Confédérés emmenés par les Bernois ! 1476, l’année suprême : « Charles le Téméraire, réagissant aux provocations de Berne et Fribourg, va subir deux défaites retentissantes aux batailles de Grandson et de Morat. Vainqueurs à Grandson et à Morat, les Confédérés raflent le fabuleux butin bourguignon, l’un des plus formidables butins de l’histoire mondiale. » Ces lignes sont celles du Musée historique de Berne, qui présente jusqu’au 24 août une exposition intitulée : « Charles le Téméraire, fastes et déclin de la cour de Bourgogne ». Rafler le butin ! Butin qui sera revendu, cela va de soi, bradé ! Le partage du butin (horrible mot et « butin » qui reflète sous toutes leurs formes les arts de l’une des plus florissantes époques de l’histoire…), provoqua de telles tensions qu’il fallut la médiation de Nicolas de Flue ( !) et le Convenant de Stans pour éviter la guerre civile ! Ah ! la grandeur des Suisses !

 

Un jour à Besançon, alors que, accompagné de Jean-Marie Mauron et d’Yvan Vecchi, j’avais le privilège de dîner aux côtés d’Edgar Faure, celui-ci me glissa à l’oreille : « Je n’ai jamais aimé les Bernois ! Souvenez-vous de ce qu’ils ont fait au Téméraire ! Combattez-les ! Ne leur laissez aucun répit ! » J’étais très étonné qu’un si grand personnage, même sur le ton badin qu’il affectionnait, fût à ce point passionné et me prît à témoin de son aversion pour les vainqueurs du duc de Bourgogne. Quel souvenir ! Ainsi, plaisantons un brin ce dimanche matin, pour adresser une suggestion à l’AIJ, qu’elle prendra avec le sourire, j’en suis convaincu. Puisqu’elle est invitée à explorer des « pistes », dont certaines, qu’on le veuille ou non, ne présentent d’intérêt (amusé) qu’en regard de leur côté loufoque, pourquoi cette noble institution n’examinerait-elle pas celle de la réunification de l’antique Bourgogne, dont nous faisions tous partie sous Rodolphe III avant que d’appartenir tous à la Principauté épiscopale de Bâle ? Se poserait alors la question de notre nouvelle capitale. Dijon ? Pas mal, non, le siège de l’Ordre de la Toison d’Or ! Beaune, où le Parlement de Bourgogne siégea jusqu’en 1477 ? Intéressante, non, la perspective de brillantes réceptions officielles dans la grande cour des Hospices ! Pommard ? Fort attrayant, n’est-ce pas, ce haut-lieu dont le vin – ah ! ce vin ! - fut si apprécié de Ronsard, d’Henri IV et de Victor Hugo ! Que n’y ai-je point pensé, à cette « piste » si alléchante, avant que ne s’achèvent les délais impartis ?… Il me reste à me rendre à Berne, pour y saluer l’arrière-grand-père de Charles Quint, sur l’Empire duquel le soleil ne se couchait jamais… (PAC)


Instrumentalisation de l'histoire

 

Quand les mythes s'effondrent !

(réf. Le Temps, 31.07.08) Pour un coup dur, c'est un coup dur ! Que vont devenir nos chantres de la suissitude quand ils auront pris connaissance du dernier livre de l'historien Roger Sablonier ? Guillaume Tell, les résistants, le Grütli, le pacte, Morgarten, l'alliance sacrée contre l'envahisseur ? Du pipeau ! Ca valait bien que Chevallaz se décarcasse et nous jette à la figure que "la Suisse romande n'existe pas!" Sacrebleu ! Les politiciens fertiles en discours ronflants sur la "volonté d'indépendance des anciens Confédérés" s'en remettront-ils ? L'historien affirme que c'est leur métier "d'instrumentaliser l'histoire" et que cela n'est guère susceptible de l'émouvoir. J'ai hâte de les écouter ce prochain 1er Août (autre invention tardive...) ! Le plus fort, c'est encore la conclusion de Roger Sablonier, dans laquelle il situe, comme d'autres d'ailleurs, "la rupture décisive avec l'organisation politique et sociale de l'Ancienne Confédération" à la période de la République Helvétique (de 1798 à 1803), et qu'il dit "qu'on aurait pu faire de Napoléon un héros national!" Là, ce doit être le coup de grâce pour certains baratineurs ! Cambronne servira à clamer leur désappointement. A propos, qu'étions-nous, justement, à cette époque et avant elle ? De 999 (trois siècles avant le pacte des Waldstätten...) à 1793, le Jura est principauté épiscopale, l'Evêché de Bâle. Une longue période de huit siècles, donc, où se constitue la conscience communautaire du Jura et dont découle l'émergence de l'identité nationale des Jurassiens. Ca, par contre, ce n'est pas de la gaudriole ou de l'instrumentalisation historique, c'est l'histoire. C'est un fait. (PAC)

 (Suite)

Lecture volontairement décalée

L'histoire continue...

Il y a les visionnaires et les autres. Les premiers sont souvent raillés par les seconds, dont la préoccupation est de trouver ensuite une excuse ou de réécrire leur propre histoire, propre, sans reproches. C'est comme ça depuis le début du monde ou presque. Ainsi le Général de Gaulle (lectures de vacances... au frais de juillet) prédit-il en 1934: "La crise politique, économique, sociale, morale dont il est issu (le conflit qu'il perçoit), revêt une telle profondeur et présente un tel caractère d'ubiquité, qu'elle aboutira fatalement au bouleversement complet de la situation des peuples et de la structure des Etats." Cinq ans avant le début de la Seconde Guerre mondiale! Il réclamait alors que le système militaire français fût profondément réformé, et que l'armée disposât des chars en qualité et quantité suffisantes pour faire pièce à l'ennemi. C'est Guderian qui lui donnera raison, alors que les hauts gradés français ironisaient. L'un deux se moque de de Gaulle: "Un daltonien qui parle des couleurs!" Au Conseil des ministres, le vieux Pétain, interrogé sur les raisons de la débâcle et en particulier sur les problèmes de communication entre les unités de combat (les postes radio tombent en panne au moindre incident), répond devant ses collègues suffoqués: "Peut-être a-t-on trop développé les transmissions électriques. Elles ont été coupées. Peut-être avons-nous renoncé trop vite aux colombophiles (sic!) et aux pigeons voyageurs (resic!)." Ses détracteurs jaloux, de Gaulle les traitera de "sinistres imbéciles", alors qu'à propos du Maréchal (c'est un traître, rugit-il!), il constatera que "la vieillesse est un naufrage"! On sait ce qu'il advint de la France idiote écoutant des idiots et des lâdres... Le 18 juin 1940, après avoir soutenu un angoissant colloque avec lui-même, ainsi que l'écrit joliment Tournoux, de Gaulle proclama son "Appel" à le rejoindre, sur les ondes de la BBC. Sans ce visionnaire et homme d'honneur, la France eût été incapable de renverser son destin. L'histoire se poursuit, inexorable, charriant au fil des siècles des valeurs universelles, immuables. Qui sont les visionnaires d'aujourd'hui ? On se le demande. Qui sont leurs détracteurs? On les devine par divisions, prêts à s'agiter dans le néant. Ailleurs pas plus et pas moins nombreux qu'en France. Mais, pour l'heure, prenons un peu de soleil... (PAC)


Quand la raison cède et s'en va...

Le mensonge au service de la haine

Arte. Une émission que chacun devrait voir: " Les bréviaires de la haine ". Un vrai programme (Mein Kampf) que personne ne croyait (du moins l'a-t-on dit après la guerre quand il s'agissait de se dédouaner d'une indifférence proche de la complicité), un faux mondial (Les Protocoles des Sages de Sion) que tant et tant d'extrémistes par le monde prennent pour vrai aux fins d'assouvir leur haine antisémite. Une honte pour l'humanité. A désespérer des Hommes. A moi de haïr les religions qui entretiennent le mensonge, à moi, à nous de résister. (PAC)


Un ange des montagnes s’envole pour les Emirats !

  
L’érable ondé, don unique de la nature !

Je lis l’article (QJ – 18 mars 2008) consacré à la découverte et à la vente d’un érable ondé par la Bourgeoisie de Porrentruy. Un vrai plaisir, dont je me réjouis pour l’exploitant forestier. Nous avons déjà vécu pareil événement à Vellerat (automne 1997). Nous avions alors organisé une fête de présentation de l’arbre, juste à côté de notre petite chapelle dans laquelle un quatuor à cordes laissait entrevoir quel sort était réservé à « l’ange des montagnes » (c’est ainsi qu’on baptise l’érable ondé). Le souvenir de la joie ressentie alors me fait partager celle des heureux ex-propriétaires de cet arbre magnifique. Félicitations sincères. Je suis très content pour vous ! A quelques mètres de moi, sur un rayon de ma bibliothèque trône un quartier de « mon » érable, témoin fidèle d’un grand bonheur ! Sous suite, on trouvera le discours que j’avais eu le plaisir de prononcer le 21 décembre 1997, à l’occasion de la fête organisé en l’honneur de notre érable ondé. (PAC)

 (Suite)

Poursuivre les criminels de guerre

 

La France demande à sa jeunesse de ne pas oublier, l'Autriche ne renonce pas à la capture des derniers criminels en vie

A l’heure où la République française se souvient de la faute gravissime de l’Etat français à propos de la rafle du Vél d’Hiv (célébration du 65e anniversaire de la « faute indélébile », selon François Fillon, le 22 juillet à Paris), la République fédérale d’Autriche relance la recherche de deux criminels nazis probablement toujours en vie, 62 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le ministère de la justice autrichien, nous apprend Le Monde, offre une prime de 50’000 euros pour des informations pouvant conduire à l'arrestation d'Aloïs Brunner, membre des SS qui fut le chef du camp de Drancy et l'un des responsables de la déportation des juifs de France, et d'Aribert Heim, médecin du camp de Mauthausen. 

Selon le ministère de la justice autrichien, des indices récents portent à croire que les deux hommes seraient encore en vie. Aribert Heim, 93 ans, aurait échappé de peu à une arrestation tout récemment au Chili. Aloïs Brunner, 95 ans, réfugié en Syrie depuis 1954, aurait été vu pour la dernière fois à Damas en 2001.

L'initiative de la nouvelle ministre de la justice social-démocrate, Maria Berger, ancienne députée européenne, est une première dans l'histoire autrichienne. "Tout doit être mis en oeuvre tant qu'il reste une chance, même minime, de les faire traduire en justice", explique Christine Stockhammer, porte-parole du ministère. L'Allemagne a déjà offert une récompense de 130’000 euros pour toute contribution à la capture du "boucher de Mauthausen". (Réf. Le Monde du 20 juillet 2007)

Dans le monde d’aujourd’hui, les criminels de guerre sont denrée courante, là où se déroulent les conflits armés, ouverts, latents ou dissimulés. Le Tribunal pénal international (TPI) éprouve mille peines à les faire arrêter. On doit s’en plaindre et réaffirmer qu’aucune crime contre l’humanité ne peut être prescrit. La démarche autrichienne est fort honorable dans ce sens. En tous les cas, les droits de l’homme doivent s’imposer et la justice passer. Sans quoi, admettons une fois pour toutes que les barbares gouvernent le monde. (PAC)

Petit détour par l’histoire

Comme ça, au passage

Autre temps, autres mœurs, dit un proverbe de la valeur intellectuelle de ces slogans destinés aux élections. Ce qui change, ce sont les apparences, les modes, les applications scientifiques, non la nature même de l’homme ; ce sont les rapports des hommes, non leur caractère ni leur cœur où continuent d’habiter les passions… Vérité d’hier, vérité d’aujourd’hui. Je lis Henri Bordeaux et sa « Vie, mort et survie de Saint Louis, Roi de France. » Plaisir incomparable. (PAC)


L’avenir ? Tout une histoire !

Parmi les visionnaires

Chez F.O.G. (Franz-Olivier Giesbert), l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy, qui m’a jadis accordé le privilège de voyager avec lui dans un avion affrété par le GLAM pour un déplacement à Montréal, a porté son « coup de cœur » sur l’ouvrage de Jacques Attali : Une brève histoire de l’avenir, Ed. Fayard, octobre 2006. Un livre, il est vrai, extraordinaire. Une projection dans l’avenir un peu effrayante. Ainsi y lit-on, aux pages 265 et 266, s’agissant de la « déconstruction des Etats » vers 2050 : « Des gouvernements médiocres, appuyés sur de rares fonctionnaires et des parlementaires discrédités, manipulés par des groupes de pression, continueront à donner un spectacle de moins en moins fréquenté, de moins en moins pris au sérieux »… Onze lignes plus bas arrivent ces phrases qui interrogent : « Les Etats qui auront su s’attirer la loyauté de leurs citoyens en favorisant leur créativité, leur intégration et leur mobilité sociale survivront. Certaines nations de tradition social-démocrate et certaines minuscules entités étatiques résisteront mieux que d’autres. Ironie de l’Histoire : avec l’achèvement de l’hyperempire, on assistera au retour de ces cités-Etats qui dominèrent les débuts de l’Ordre marchand. » C’est pas beau, ça ? Autorités médiocres, survivance des petits Etats… Il est temps d’y penser ! (PAC)


Vérité et juste cause

Oeuvre de paix

Dans son dernier ouvrage (Le monde moderne et la question juive, Seuil, octobre 2006), Edgar Morin décrit les enchevêtrements des trois grandes religions monothéistes, et ainsi leur intime parenté. Finalement, une interdépendance qui devrait relativiser les tensions, querelles et conflits, tragiques selon les cas, qui les divisent. L’islam, dit le philosophe d’origine séfarade, «est aussi dans son origine de caractère judéo-gentil1». Il fonde son affirmation sur le fait qu’il est probable «que des judéo-chrétiens disciples de Jacques, frère de Jésus et premier chef de l’église, qui avaient voulu maintenir le lien avec la Synagogue mais que celle-ci chassa et exila, se soient réfugiés en Arabie, où ils influencèrent Mohammed, lequel intégra comme prophètes du Coran Abraham, Moïse et Jésus.» Morin en conclut (p.77) que «l’islam conserve ainsi la marque juive et chrétienne, tout en s’en détachant, ce qui permet de comprendre la tolérance des pouvoirs islamistes durant des siècles à l’égard des chrétiens et des juifs, jusqu’à l’Empire ottoman inclus.» Lire les philosophes, n’est-ce pas un moyen de promouvoir la paix ? D’attirer l’attention sur la vérité, et dès lors résister victorieusement à l’appel du sang ? Que 2007 s’inscrive sous le signe de leur enseignement ! (PAC)

1 Pour les anciens juifs et les premiers chrétiens, le terme « gentil » (Goïm) désignait les ressortissants des nations étrangères, et plus largement les païens.

Parabole concernant la mauvaise parole - Sourate 14, Verset 26 :

« Et une mauvaise parole est pareille à un mauvais arbre, déraciné de la surface de la terre et qui n'a point de stabilité. »


Le passé et l'avenir

Le gouvernement n'est pas le peuple

« Pour ceux qui étudient l’histoire (…) pour être encouragés par le souvenir des esprits créateurs, le passé cesse d’être le musée déprimant de toutes les turpitudes ; il devient une cité céleste, une vaste patrie de l’esprit où des milliers de saints, d’hommes d’Etat, d’inventeurs, de savants, de poètes, d’artistes, de musiciens, d’amants et de philosophes continuent de vivre, de parler, d’enseigner, de créer et de chanter. (…) Heureux l’homme qui, avant de mourir, a profité pleinement de son héritage de civilisation et l’a transmis à ses enfants ; sur son lit de mort, il sera reconnaissant de cette richesse inépuisable, sachant qu’elle est à la fois notre sol nourricier et la perpétuation de notre vie. » Ces phrases sont de Will et Durant dans «Les leçons de l’histoire». Je les dédie au peuple jurassien, auquel ses gouvernants, par force turpitudes, raisonnements débiles et mesquineries personnelles, livrent en ce moment le spectacle de l’indignité publique. (PAC)


L'honneur du prince

Richelieu, modèle de l’homme d’État

La perte de l’honneur est plus que celle de perdre la vie, disait Richelieu. Après l’honneur, affirmait-il, vient le bien public. Un homme d’Etat doit tout y consacrer : esprit, cœur, ambition. Il ne doit poursuivre qu’un seul objectif : l’intérêt général, à l’exclusion de tout autre, soit personnel, soit de parti. C’est l’unique fin professée dans son Testament politique. Louis XIII avait dit de lui qu’il était « le plus grand serviteur que jamais la France ait eu ! » En cette période de l’année, n'importe-t-il pas de s’élever ? Je relis, en ce beau matin si agréablement frais d’avant Noël, quelques pages du livre magnifique publié en 1934 par Louis Batiffol (Richelieu et le Roi Louis XIII – Les véritables rapports du souverain et de son ministre). Au retour d’une escapade dans les premiers crissements du jour, ici au cœur de la forêt, cela procure le plus intense sentiment de bien-être. Bien public. Honneur, ce mobile le plus puissant des actions de l’homme. Tenons-nous en là. (PAC)


Rester optimistes

Similitudes: l'histoire et la volonté politique

Peut-être notre destinée n'est-elle vraiment que d'être un numéro de plus dans la longue liste des peuples broyés par l'histoire. Mais, que le combat soit perdu d'avance ou qu'il soit, comme nous sommes nombreux à le croire, encore à notre portée, nous nous devons de ne pas ajouter aux efforts plus ou moins conscients des autres le concours de notre éventuelle lâcheté. Parce que nous ne luttons pas pour une image d'Epinal, mais bien pour un projet qui, s'il était réalisé, nous assurerait un plus grand bonheur. (Quelques repères sur le Fédéralisme global, 1995, Collection "Traditions et Progrès", Union valdôtaine, Etienne Andrione)