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Le journal de Pierre-André Comte

Suisse et Europe: adhésion à l'espace Schengen

Une bonne chose de faite, mais gare...

Les Etats membres de l'Union européenne ont approuvé, jeudi 27 novembre, l'adhésion de la Suisse à l'espace Schengen. Cette décision des 27 ministres de l'intérieur, qui a été confirmée par la présidence française de l'UE, est intervenue, comme prévu, avant le comité mixte sur Schengen de jeudi à la mi-journée. A partir du 12 décembre 2008, les contrôles systématiques des personnes aux frontières de la Suisse n'existeront plus mais la situation ne changera dans les aéroports qu'à partir du 29 mars 2009. La Suisse, qui n'est pas membre de l'UE, avait voté en 2005 par référendum son adhésion à Schengen.

 

Si cet accord marque un important changement dans la politique européenne de la Suisse qui a toujours été intraitable sur son indépendance vis-à-vis de l'Union, il pourrait être vite remis en question par un vote populaire. Les Suisses doivent en effet se prononcer le 8 février prochain sur la reconduction des accords de libre circulation, portant sur l'ouverture aux travailleurs de l'UE, à l'occasion de leur extension à la Bulgarie et à la Roumanie. (Le Monde)

 

 (Suite)

Election du Premier secrétaire

L'Editorial

Tranchées

Si la victoire de Barack Obama a supplanté dans les médias les élections internes chez les socialistes, la semaine qui s'ouvre devrait être celle du premier parti de la gauche française. Avant même le congrès de Reims, il faut le préparer pour tenter de trouver un patron ou une patronne. Ce qui engage dans une guerre qui évoque celle des tranchées, la bataille se jouant sur les tunnels qui peuvent être creusés entre des buttes témoins difficiles à relier. Si Ségolène Royal est arrivée en tête du vote des militants, il lui faut passer de 29 % des voix à plus de 50 % pour prétendre diriger le PS. Un saut quantitatif qui exige des compromis politiques et le dépassement de certaines querelles personnelles. L'ex-candidate à la présidentielle sera-t-elle elle-même candidate au poste de premier secrétaire ? Prudente, elle avait mis cette question au « frigo », pour ne pas attiser la concurrence des ambitions. Parce qu'elle n'en a peut-être pas très envie non plus. Elle est bien placée pour savoir que la fonction est ingrate, dévoreuse de temps et imposant souvent de se caricaturer au nom du devoir d'opposition. Mais il importe de diriger le parti en vue de la prochaine présidentielle et si les lieutenants ne manquent pas, faut-il en sortir un général qui risque de trop se prendre au jeu ? A supposer cette question résolue, Ségolène Royal doit se trouver des alliés dans un parti où le plus petit dénominateur commun est l'hostilité, sinon plus, qu'elle suscite. Au point qu'un front commun contre elle n'est pas à exclure, rassemblant la gauche, le centre et la droite d'un socialisme de toute façon chamboulé. Il resterait à la présidente de Poitou-Charentes de tenter un plébiscite lors de l'élection du premier secrétaire, le 20 novembre, pour court-circuiter toutes les manoeuvres possibles. Le PS souffre en fait de rester une formation de type parlementariste dans un régime présidentialiste qu'aggrave la démocratie d'opinion. Les subtilités politiques sombrent dans les arrangements et les courants deviennent des écuries au service d'une ambition. Qui osera changer la nature du PS ?
Chantal DIDIER
10/11/08

Oui à L'Europe, mais...

L'Europe peut-elle parler d'une seule voix ?

Le « non » de l’Irlande au Traité de Lisbonne met l’Union européenne en difficulté. Difficulté qui la conduit à faire aboutir la ratification du traité dans tous les pays qui n’y ont pas encore procédé, pour ensuite obliger les Irlandais à revenir sur leur première décision par le biais d’un second référendum… On imagine l’outrage fait à la souveraineté populaire aux yeux des citoyens ! Comme le préconise Bronislaw Geremek, il vaudrait mieux suivre le précepte de Saint-Simon : « L’Europe unie doit être celle des citoyens ». Il ne faut pas craindre le peuple, poursuit l’ancien Ministre des Affaires étrangères de Pologne, il faut craindre le populisme, qui exploite l’absence du peuple sur la scène publique ! Si l’Europe choisit d’imposer un nouveau vote à l’Irlande, elle ne se mettra certes pas en contradiction avec les règles juridiques. Elle risque cependant de porter un coup dur à la perception que les citoyens européens ont légitimement de la démocratie. L’Union européenne dispose de traités qui ne sont pas échus pour continuer d’avancer. Si elle opte pour la force face aux peuples récalcitrants, on peut imaginer qu’elle s’exposera à perdre de la crédibilité et de sa capacité à convaincre, ce qui pourtant reste la meilleure méthode... démocratique. Et que dire du message public, notamment en direction de la Suisse ? On voit d’ici le déferlement de critiques. Espérons donc que de mauvaises voies ne soient pas suivies… (PAC)

José Manuel Barroso à Lausanne

50 ans de construction européenne

La Fondation Jean Monnet pour l’Europe proposait, ce mardi 12 avril à l’Université de Lausanne, une conférence de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, intitulée « Europe : 50 ans de petits pas pour de grandes avancées ». Devant l’auditoire comble de l’Anthropole, ce grand rendez-vous européen a été ouvert par le Professeur Bronislaw Geremek, ancien Ministre des affaires étrangères de Pologne, et par le Professeur Dusan Sidjanski, président du Centre européen de la Culture. Aux côtés des très nombreux auditeurs, j’ai assisté à une prestation éblouissante de M. Barroso. J’en résume ici (suite) les passages qui m’ont particulièrement frappé. (PAC)

 (Suite)

L'armée américaine contestée

Les Italiens alliés indirects du Capitole face à Bush

Les Italiens réagissent vigoureusement à la décision de Romano Prodi d’autoriser l’agrandissement de la base militaire d’Ederle, à l’Est de Vicenza, entre Vérone et Padoue. Réaction compréhensible à vrai dire quand on pense aux catastrophes humaines qui correspondent aujourd’hui aux engagements militaires des Etats-Unis dans le monde, l’Irak et l’Afghanistan en étant les plus sanglants exemples. Le gouvernement italien se met en porte-à-faux avec la volonté de plus en plus claire des Américains de corriger une politique étrangère perçue comme désastreuse, voulue par le va-t’en guerre Deubeliou Bush. Alors que le Congrès (Sénat et Chambre des représentants) prend des résolutions contre les visées de la Main Blanche, voilà que Prodi semble ne tenir aucunement compte de l’évolution politique qui se met en place de l’autre côté de l’Atlantique. Difficile à comprendre aussi alors que, de son côté, l’Europe tente de reprendre du poil de la bête dans une indépendance politico-militaire qui lui fait cruellement défaut aujourd’hui. A ce propos, le dernier bastion européen sans implantation militaire américaine reste la France, dont on espère qu’elle saura garder, après la présidentielle, sa position particulièrement forte face aux pressions des cousins américains. (PAC)


L'indépendance de l'Ecosse

Nul ne m'agressera impunément (Devise de l'Ecosse)

C’est un sondage du Sunday Telegraph révélé par le Courrier international dans sa revue de presse du 5 décembre qui l’indique : 51% des Ecossais et 59% des Anglais (sic !) souhaitent l’indépendance de l’Ecosse, autonome depuis 1999. Peut-être saisira-t-on l’occasion du 300ème anniversaire de l’union de l’Angleterre et de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni, en 2007, pour donner un élan décisif à l’émergence d’un nouvel Etat souverain en Europe. Il s’est si souvent passé ces dernières années à l’Est, dans les Balkans ou sur les rives de la Baltique qu’on ne verrait pas pourquoi un tel événement ne pourrait pas se produire en terres anglo-saxonnes ! Selon le célèbre Guardian, « si les Ecossais veulent rejeter l’Union, les Anglais devront l’accepter. » Situation fort intéressante donc, qui sape une nouvelle fois la politique d’uniformisation du monde des brocanteurs et bradeurs de nations ! Qui donne à réfléchir, y compris chez nous. Surtout ici. Comme le Financial Times, le Guardian estime que « les Etats n’ont pas de légitimité sans le consentement de leurs minorités territoriales… ». La question est désormais posée du côté d’Edimbourg. Déterminante pour l’avenir. Comment les travaillistes, qui jouent un rôle central dans la vie politique écossaise, tenteront-ils d’y répondre ? Passionnant sujet assurément, alors qu’on sait que, plus au sud, c’est dans la partition en vogue en Europe que l’Irlande connaît un boom économique sans précédent. Passionnant, vraiment. Si José Happart, le Président du Parlement wallon me lit, il doit comprendre ma jubilation, moi à qui, en tant que Président du Parlement jurassien en 2004, il a fait l’honneur de présenter et permis de côtoyer le temps d’une cérémonie officielle le Premier Ministre d’Ecosse au Château de Namur… Salut Président ! (PAC)