Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Le journal de Pierre-André Comte

Le dernier des Kennedy

L'exceptionnel législateur du clan Kennedy

Les Kennedy ont marqué l’histoire des Etats-Unis, et par conséquent du monde. Le lion du Sénat tire sa révérence alors qu’Obama en aurait grand besoin, notamment pour faire passer sa réforme de la santé. Mais c’est ainsi. Les Kennedy, quelle dynastie ! En 1963, j’avais 8 ans, le président américain opérait une même attirance que le locataire actuel de la Maison Blanche sur les foules du monde entier. C’est à la radio que nous avions appris son assassinat. C’était un drame, un rêve brisé, l’image effacée d’un homme magnifique, jeune, charismatique. Certes, nous ignorions tout de sa vie privée... et alors, ça ne m’intéresse pas. John Kennedy était une idole adulée partout sur la planète, ou presque. Robert lui succéda. J’avais quatorze ans quand la mort le faucha : une même catastrophe, qui se mêlait à celle de la disparition de Martin Luther King. Période cruelle avec un pic de guerre froide et l’écrasement meurtrier du Vietnam. Enfin Teddy Kennedy, peut-être le plus brillant des trois, malgré ce qu’on en a dit à une certaine époque. Là aussi, le monde entier s’émeut. Et moi avec. La terre d’Arlington s’apprête à recevoir un géant de la politique américaine. (PAC)

COMMUNIQUE DE PRESSE DU MAJ (RJ-UJ)

Berne se rebiffe: tous à la Fête du peuple !

Les dés sont jetés. Berne refuse toute idée de création d’un canton des « six communes », ainsi que la préconise l’AIJ ; Berne implique Bienne dans la Question jurassienne ; Berne donne des gages au mouvement pro-bernois et renie les accords signés ! Nous voilà revenus au temps des plébiscites, ou presque.

 

Dans sa récente prise de position, le Gouvernement bernois ridiculise l’Assemblée interjurassienne. Il ironise sur le sérieux de l’étude commise, n’accepte d’informations interactives que minées d’avance, et renvoie à la niche l’institution censée organiser le dialogue interjurassien.

 

Le Mouvement autonomiste jurassien n’est aucunement surpris par la rebuffade bernoise. Elle ne le gène pas outre mesure puisqu’elle a le mérite de clarifier la situation, et notamment de remettre les choses en place s’agissant des prétendues vertus d’un dialogue dévoyé au seul bénéfice de la mainmise bernoise sur le Jura méridional.

 

Face au « niet » bernois, le canton du Jura, ni les autonomistes ne peuvent rester les bras ballants. La réaction, tout aussi prospective soit-elle, doit être vigoureuse. Loi « Un seul Jura » et partage de souveraineté, contrat d’association avec la cité prévôtoise, puis vote en 2015 sur le rattachement de Moutier à l’Etat jurassien, dénonciation de l’Accord du 25 mars 1994, retour au Rapport Widmer et dégel de la loi « Unir », les arguments ne manquent pas.

 

Par l’intransigeance qu’il retrouve à l’approche des élections, le canton de Berne montre sa vraie nature. Les Jurassiens sauront répondre à son non-respect de la parole donnée. L’occasion leur en sera offerte d’ici quelques jours lors de la 62e Fête du peuple jurassien, les 11, 12 et 13 septembre prochains à Delémont. Qu’ils soient au rendez-vous pour réaffirmer leur attachement à la réunification du Jura !

 

Mouvement autonomiste jurassien


Le fédéralisme noyé dans le pétrole libyen

Caricature de Chappatte dans Le Temps du 22 août 2009

... au pays de l'or noir

A quoi bon nommer les gens ? Hans-Rudolf Merz, un ou une autre ? Ils agissent de concert, et ensemble sapent les fondements du fédéralisme. En humiliant la police et la justice genevoises, en sacrifiant aux intérêts économiques le principe de séparation des pouvoirs et la souveraineté cantonale, l’envoyé de Berne a porté un coup très dur au pacte confédéral. Les négociations secrètes, les arrangements équivoques, les compromis oublieux, tout ça retourne du cynisme ordinaire dont les Etats pimentent leurs relations internationales. En tous domaines, la concurrence est rude ! Cependant, si on peut comprendre l’immoralité sous l’angle de l’expression des rapports de force, on ne saurait adhérer à la reddition sans condition (1) qu’elle constitue en l’occurrence, de surcroît parfaitement contraire à nos propres règles internes ! Comment se fait-il donc que M. Merz, probablement avec l’accord formel, sinon tacite de ses collègues (ils nous racontent ce qu’ils veulent), puisse se permettre d’agir avec la « légèreté » unanimement dénoncée par les médias ? La réponse est simple. Il faut la chercher dans l’état de décomposition avancée du fédéralisme. Constamment et impunément mis à mal par une haute administration fédérale ne rencontrant aucune résistance dans les cantons, ce dernier expire. Inexorablement. Ecoutez et voyez ces députés et ministres se précipiter aux tribunes pour expliquer que le droit fédéral prime, qu’il se prépare quelque chose à la Confédération, qu’il faut par conséquent attendre, qu’on ne peut rien faire en raison des prescriptions auxquelles pensent ( !) les bureaucrates adeptes de l’Etat suisse ! Harmonisation ! Fi de 26 procédures ! Les autres l’ont fait, faisons-le ! Voilà dans quel monde on vit. La souveraineté cantonale, le pouvoir de proximité, l’organisation singulière dans un ensemble coopératif, l’addition des individualités pour la constitution d’un collectif dynamique et respectueux de chacun, la Suisse moderne montrant l’exemple à l’Europe ? Du pipeau ! De beaux principes sur lesquels des troupes d’inconscients s’asseyent sans autre souci que leur confort personnel. Les cantons ne seront bientôt plus qu’unités administratives décentralisées ! Et vogue la galère ! Les députés se prennent pour des députés, les Conseillers d’Etat pour des ministres, les Dupond et Dupont se prennent pour des détectives, le laideron de mon arrière-cousin pour Naomi Campbell et le boutonneux de la cousine de Madame Duglu pour Pearce Brosnan : c’est du pareil au même ! De la poudre aux yeux ! Il délire, diront certains, il débloque éructeront les autres. Le Préfet Monnin dépêchera Grock à mon exécution (j’adore !). Peut-être. Personne n’est à l’abri du vagabondage mental… Tant pis.

 

Je me souviens de l’accord intercantonal liant nos polices. Si je ne m’abuse, seuls les députés de CS-POP s’y étaient opposés. Ils avaient raison, comme presque toujours. A voir ce qui s’est passé dans l’affaire libyenne et dans la mise sous la tutelle d’un tribunal arbitral international parfaitement illégitime de la justice et de la police genevoises, ne doit-on pas se poser la question de la dénonciation de cet accord, et de tous les autres, subséquents, pour nous épargner les déconvenues qui, par ricochet, ne tarderont pas à nous atteindre ? Et quid de la nouvelle convention parlementaire (COPARL) si, après avoir dilué le droit des parlements cantonaux dans une soupe intercantonale d’avance mortifiée par les ronds-de-cuir de l’olympe administratif fédéral, celle-ci disperse nos intérêts particuliers aux vents des crises de nerfs internationales ? Poser la question n’engage à rien, bien sûr, et en tout cas pas à jouer aux kamikazes, car il s’agirait bien de cela dans un monde politique qui fait de l’abdication sa principale vertu, et j’ai déjà donné.

 

J’en termine par ce conte, qui n’en n’est pas vraiment un. Il fut un temps, c’était en avril 1986, où l’on organisait un raid aérien international pour détruire un chef d’Etat et sa famille. Le berger des Syrtes, Moammar el Kadhafi, apôtre ou démon, poète ou démiurge, chef des terroristes, derviche tourneur, Savonarole des souks populeux, ou encore Robespierre des collines rocailleuses, disait-on, devait mourir ! La Suisse applaudissait discrètement. On le manqua, et on l’oublia, du moins le bon peuple d’Occident le croyait-il. Car on savait une chose : sous le linceul de sable et de chardons de l’étrange Libye, sous l’immense désert de cailloux et d’épines venant mourir sur la rive des Syrtes, le ciel gratifiait son pays de fleuves de pétrole autant que de richesses inconnues et de ruines grandioses de cités de légende… Mais il y a un temps pour tout, dirait ma grand-maman et celle de tant et tant d’hommes. C’est celui, aujourd’hui, de la révérence au grand et ténébreux bédouin, que l’on voit bien un de ces quatre matins planter sa tente sur la place fédérale, comme il le fit en décembre 2007 sur la pelouse de l’Hôtel Marigny sous le regard attendri de Nicolas et de Carlita.

 

Le 2 septembre 1989, le Président de la Fédération mondiale des Villes jumelées m’a ramené de Tripoli, l’ancien repaire des corsaires, Tripoli de Barbarie, le « Livre vert » du colonel rebelle, dédicacé à mon nom ! C’est la « troisième théorie universelle », selon son auteur. Si un Conseiller fédéral souhaite s’en inspirer à l’avenir, je le lui prête volontiers. Un exemplaire portant la signature du guide enfoui dans son vaste barracan de laine brune, c’est autre chose qu’une édition bon marché achetée à la Fnac, non ? Et puis, il sera conforté dans l’idée que M. Merz avait raison de prendre quelques libertés avec l’organisation étatique de la Suisse, puisqu’il y est écrit que « l’assemblée parlementaire [donc nous, députés] est une représentation trompeuse du peuple, et les régimes parlementaires constituent une solution tronquée au problème de la démocratie » ! N’est-ce pas un bon sujet pour une prochaine question orale ? Enfin. Le soleil est dans le ciel. Retournons-y, car l’hiver approche… (PAC)

 

(1) La libération des otages est un leurre pour les Libyens, qui ne leur coûte rien.


Fidèle à lui-même, l’Ours grogne

Répondons-lui !

C’est sans surprise que le Gouvernement bernois jette au feu le rapport de l’Assemblée interjurassienne. On pouvait penser qu’il refuserait poliment d’entrer en matière, il rétorque par une grossière prise de bec. Un grognement. Rien n’a changé sur les bords de l’Aar. L’Ours protège sa tanière, en défend avec acharnement les limites, renvoyant à leurs études les ingénus – ou les double-nature, c’est selon – qui rebattent les oreilles des gens avec les vertus du dialogue interjurassien, dialogue dont ils remettent systématiquement les clés dans les mains bernoises depuis des lustres ! Berne ne consent à entrer dans un « dialogue » institutionnel qu’à la condition de pouvoir le faire échouer. Et Berne fait d’une pierre deux coups, ce qui montre une habileté que les autonomistes n’ont jamais négligée : non seulement il balance par-dessus bord l’idée d’une réunification du Jura, mais aussi celle d’une quelconque réorganisation territoriale à l’échelle de l’Arc jurassien. Tout peut se faire sans modification de frontières ! Les choses sont nettes au moins, ce qui arrange nos affaires. Que faire donc, se demandent bien des âmes professionnellement désemparées ? Une chose est sûre : face au dogmatisme bernois, le canton du Jura est en situation de dénoncer l’Accord du 25 mars 1994 (dans lequel la problématique biennoise est expressément exclue alors que le Gouvernement bernois l’impose dans les discussions futures), de réactiver la loi UNIR et de préparer la mise en application de la loi « Un seul Jura ». Le Gouvernement jurassien, auquel on peut faire confiance, doit naturellement disposer de la marge de manœuvre utile pour agir. Dressé sur ses pattes arrières, l’Ours bernois pousse sa beuglée. On connaissait d’avance le ton et les mots qui en accompagneraient l’écho. Le grognement n’ébranle pourtant, ou ne devrait émouvoir personne. Nous avons de solides bases juridiques pour lui répondre. La loi dont découle le mandat de l’AIJ, le vote à Moutier en 2015, les arguments ne manquent pas. La réaction bernoise a un immense mérite, et j’en remercie infiniment Leurs Excellences : éclairer un certain nombre de dirigeants et de penseurs autoproclamés sur la nature de la Question jurassienne, laquelle, malgré sermons, exposés, exordes, dissertations et leçons inaugurales, reste avant tout une affaire de rapports de force. A la bernoise. Répondons-lui à la jurassienne ! (PAC)

Correspondances

    La nature est un temple où de vivants piliers
    Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
    L'homme y passe à travers des forêts de symboles
    Qui l'observent avec des regards familiers.
   
    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Charles Baudelaire


New York et Clochemerle

Pourquoi ils changeraient ?

« Le 23 octobre 1929 se produisit à New York l’effondrement du marché de la Bourse, qu’on devait nommer le krach de Wall Street. Juchés orgueilleusement au sommet du crédit et d’une prospérité qui reposait sur la convention de faire circuler l’argent à toute allure, les U.S.A. s’aperçurent avec épouvante que si l’on arrêtait brutalement ce circuit forcé, les citoyens ne possédaient plus que du papier dévalué et restaient en présence de leurs dettes. » Ainsi commence le chapitre « New York et Clochemerle » de Clochemerle-Babylone, le magnifique roman publié en 1951 par Gabriel Chevallier ! On se croirait en 2009 ! (PAC)

 

  (Suite)

De Delémont à Hollywood !

Hier à Locarno: Nicolas Bideau, Elisabeth Baume-Schneider, Pierre Kohler

Le film choisi pour représenter la Suisse aux Oscars en 2010 le sera dans la capitale jurassienne. Bravo ! 

Hier à Locarno, Nicolas Bideau, Chef de la Section cinéma de l'Office fédéral de la culture, Elisabeth Baume-Schneider, Ministre de l’Education et de la Culture, et Pierre Kohler, Maire de Delémont, ont procédé à la présentation publique d’un événement considérable : « De Delémont à Hollywood ». On trouvera ci-dessous des extraits des interventions des trois responsables précités. On peut remercier Nicolas Bideau d’avoir accepté d’organiser cette manifestation à Delémont, de même qu’on peut saluer l’engagement de notre ministre de la culture dans le soutien manifesté par l’Etat jurassien, enfin féliciter vivement Pierre Kohler d’avoir obtenu pour sa ville un rendez-vous culturel d’importance majeure. Tous les amoureux du cinéma s’en réjouissent. C’est comme cela que le Jura se distingue; c’est comme cela qu’il se rend apte à séduire alentour. Bravo ! (PAC)

 (Suite)

Sortie de crise

Inquiétante stratégie allemande

Si l’on en croit les sondages, l’Allemagne sera, à l’automne, gouvernée par une coalition ultra-libérale. Une coalition qui, selon « contre-feux.com », veut en finir avec l’Etat social « à l’européenne ». Les solutions de la droite : réduction conséquente du filet social, interdiction de l’endettement, même pour financer les investissements publics, baisses fiscales considérables. Cette « orientation » politique, déjà promise, conduit à un résultat connu d’avance : exportations allemandes de marchandises et de services en hausse massive; exportation du chômage allemand grâce à un fort regain de compétitivité des entreprises allemandes payant moins de charges et d’impôts, avec, à la clé, ou l’implosion de l’euro ou un alignement des pays partenaires en Europe sur la stratégie allemande. Par-dessus tout, le risque d’une envolée du protectionnisme dans le monde, car qui aura envie d’accueillir les "chômeurs allemands" chez lui ? Au-delà de cette projection plutôt inquiétante, remarquons qu’en gros on reporte la responsabilité de la crise sur l’Etat alors qu’elle résulte de sa mise au rancart par les voyous de la haute finance internationale… « Cette saison [l’été] fut aussi celle de la crise financière, et de la perte de contrôle de la dette en France. L’avez-vous noté? Marianne a rejoint le camp de la dénonciation de la dette. Un thème de droite, assurait l’hebdo naguère. Dont acte: Marianne, à droite. Foutue saison. » Telle est l’opinion publiée par Jean-Michel Aphatie sur son blog. Il y a de quoi réfléchir… (PAC)

De Cléopâtre à Laurent

Jour de bonne compagnie...

10 août. La Saint-Laurent : c’est pour avoir protégé les Livres Saints que le martyr est le patron des libraires et des bibliothécaires. Pour qui aime les livres, ce jour de l’année prend une singulière importance. 10 août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français dans les actes notariés. Fait par François Premier, le « gentil roy » protecteur des Lettres et ami de Léonard de Vinci, grand roi qui a sauvé la France de l’étreinte de Charles-Quint ! 10 août de l’An 30 avant J.-C. : hélas, suicide de Cléopâtre, la reine si intelligente et polyglotte, selon Plutarque… Le 10 août, on est toujours en bonne compagnie, non ? (PAC)


Embellissement, beauté des lieux

Chapelle de l'Assomption à Vellerat (1962, architecte: Jeanne Bueche)

Préserver nos richesses patrimoniales

En 2008, Patrimoine suisse a inscrit la Chapelle de Vellerat dans l'inventaire de ses sites d'intérêt national. Cette flatteuse "nomination" demande que l'ouvrage soit mis en valeur. C'est particulièrement le cas aujourd'hui, grâce notamment à la rénovation fort réussie du Restaurant du Coq-d'Or, à proximité immédiate. Les alentours de l'établissement et la chapelle s'intègrent harmonieusement et créent un environnement paysager très agréable à l'oeil. Chacun doit prendre garde à ce que notre richesse patrimoniale fasse l'objet de soins attentifs et permanents. A propos du Restaurant du Coq-d'or, dont on peut vanter les mérites avec enthousiasme, je signale au lecteur qu'il rouvre ses portes à partir d'aujourd'hui, jeudi 6 août, cela après quinze jours de vacances - certainement bienvenues - des tenanciers. Bonne fin d'été à tous ! (PAC)


Environnement et développement durable

Le développement durable s'apprête à être inscrit dans la Constitution jurassienne

Article d'Arnaud Bernardin dans le Quotidien jurassien de ce matin

Le projet de modification partielle de la Constitution jurassienne prévoyant un article relatif au développement durable est arrivé au terme de sa phase de consultation. Le Gouvernement jurassien vient de déposer sur le bureau du Parlement une proposition d’un article spécifique, sans mention dans le préambule.

 

Pierre-André Comte, député socialiste et auteur de la motion «La protection de l’environnement, un devoir constitutionnel», acceptée en 2007 par le Parlement sous forme de postulat, estime que le développement durable pourrait être plus solidement ancré dans la Constitution. Aujourd’hui, et même si le terme, assez vague d’ailleurs, est utilisé à toutes les sauces, le développement durable est devenu une priorité autant qu’une évidence dans la plupart des esprits. Rien d’étonnant, air du temps oblige, à constater qu’un peu partout on légifère et on ergote sur le sujet.

 

Le Jura n’innove pas en la matière, mais figure tout de même dans le bon peloton en Suisse, une moitié des cantons helvétiques ayant à ce jour intégré le développement durable à leur Constitution. Reste à établir quelle place il y occupera. C’est là que se situe le débat, le droit à un environnement sain n’étant plus même contesté par le plus farouche des réactionnaires.

 

Un droit fondamental

 

«Si c’est une évidence aujourd’hui, ce ne l’était pas voici 20 ans», rappelle Pierre-André Comte. «Ce droit peut être qualifié à mes yeux de fondamental au même titre que les droits de l’homme», appuie-t-il encore. Le Gouvernement jurassien propose de modifier partiellement la Constitution cantonale en y ajoutant une section formée d’un article à deux alinéas, arrêtant que «l’Etat et les communes veillent à l’équilibre entre la préservation de l’environnement naturel et les exigences de la vie économique et sociale» et «qu’ils respectent les principes du développement durable et prennent en compte les intérêts des générations futures». Or, et c’était une exigence de sa motion, Pierre-André Comte estime que le développement durable devrait déjà apparaître dans le préambule de la Constitution avant de renvoyer à un article particulier. «La proposition du Gouvernement se veut par trop frileuse. Il faut avoir le courage de faire du développement durable une priorité et le faire figurer dans le préambule comme cela a été fait dans d’autres cantons, à l’instar de Fribourg, Vaud, Neuchâtel ou encore du Tessin», estime le député de Vellerat.

 

«Nous ne contestons nullement l’importance d’élever la protection de l’environnement au rang de priorité», répond Laurent Schaffter, ministre de l’Environnement et de l’Equipement. «Nous avons choisi de ne rédiger qu’un article particulier pour des raisons formelles propres à la Constitution jurassienne, qui ne définit dans son préambule aucune disposition quant aux buts et aux objectifs du canton», assure-t-il.

 

Pierre-André Comte, comme le Parti socialiste jurassien et Pro Natura, souhaitait également que référence soit faite à une charte de l’environnement. Là encore, le Gouvernement n’a pas accédé à cette volonté. Comme il le mentionne toutefois expressément dans son message au Parlement, le Gouvernement laisse au législateur le choix de rédiger une telle charte, dans le cadre d’un processus distinct de la modification de la Constitution.

 

Un peu de Saint-Exupéry dans la Constitution

 

Cette modification partielle de la Constitution sera soumise à l’approbation du Parlement puis du peuple jurassien, peut-être le week-end des 28 et 29 novembre, coïncidant avec les prochaines votations fédérales. D’ici là, on méditera sur cette pensée d’Antoine de Saint-Exupéry et de la place à lui accorder dans la Constitution cantonale: «Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» (LQJ - AB - 5 août 2009) Voir texte de la Motion 811 transformée en Postulat 811a ci-dessous

 

 (Suite)

Fin du feuilleton UBS ?

Sauver les meubles à quel prix ?

La presse dominicale helvétique (NZZ am Sonntag et le Sonntagszeitung) a indiqué que la banque suisse UBS, poursuivie aux Etats-Unis pour fraude fiscale, devrait échapper à une amende - les spéculateurs estimaient celle-ci entre 1,3 et 3,2 milliards d'euros -  sans pour autant avoir à transmettre les 52 000 noms de contribuables américains qui contournent leur législation et leur fisc grâce à des placements chez UBS. La banque devra malgré tout communiquer 5’000 noms avant le 23 septembre prochain à la justice américaine. Cet accord à l'amiable entre la banque et la justice américaine doit encore être finalisé le 7 août prochain. Le titre de UBS, première banque suisse, était donc en hausse le 3 août à la Bourse helvétique, porté par le succès de cette négociation menée notamment par la ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey. (Courrier International) On remarquera que l’UBS a plus de chance que les maraîchers français, auxquels l’Union européenne réclame le remboursement de 500 millions d’euros que l’Etat leur avait fournis sous forme de subventions à la production. Il est vrai qu’ils ne jouent pas dans la même catégorie. A notre époque, il vaut mieux être un voyou de haute voltige qu’un paysan dont la seule ambition est de survivre aux spéculations boursières qui déterminent le prix de ses produits. L’UBS ne paiera donc pas les milliards d’euros que le fisc américain est en situation de lui réclamer. On respire... Remboursera-t-elle les 6 milliards d’aide que les généreux contribuables lui ont gracieusement prêtés pour lui éviter la faillite (au titre de sa recapitalisation, diront les spécialistes) ? On retient son souffle… (PAC)

Fénis, une perle parmi tant d'autres en Vallée d'Aoste

Le Château des Comtes de Challant à Fénis

C'est bien connu, la Vallée d'Aoste compte une multitude de châteaux et édifices historiques. Terre d'accueil, d'asile, de refuge, de repos, encadrée par ses majestueux quatre mille, elle possède, conserve et entretient un patrimoine de premier plan, immense, magnifique. Fénis en propose un brillant exemple. Et puis, il y a les Valdôtains, ces amis si chaleureux. Une fois la visite du château terminée, poursuivez votre route. Sur votre gauche, d'ici quelques centaines de mètres, à La Croiset 31, vous trouverez Le Bistrot, propriété de la famille d'Ego Perron, président de l'Union Valdôtaine (UV) et frère d'arme, dont l'exploitant vous régalera de merveilleuses petites choses après un apéritif au vin pétillant ! Un vrai délice. Il y a des endroits comme ça qui ressemblement au paradis... (PAC)


Culture, agriculture valdôtaine

Produits typiques, tradition et amitié

Aymavilles, sa coopérative vinicole. Une région façonnée par d'anciennes traditions agricoles, où les vignobles et les pommeraies s'étendent au loin, avant de céder la place aux prés, pâturages et bois. Le vin et le secteur viticole à Aymavilles et en Vallée d'Aoste ont pris, au cours des dix dernières années, une impotance considérable dans l'économie régionale. La construction de la Cave Coopérative des Onze Communes et d'autres nombreuses entreprises vinicoles a favorisé un nouveau développement de la culture de la vigne dans la commune d'Aymavilles et dans les zones limitrophes. J'ai dégusté hier un petit rouge du coin: un vrai bonheur en bouche, et le souvenir d'un récent passage au pays des amis, celui des Trouveur Valdotèn et de la famille Boniface, Alessandro, danses et chants des Alpes ! ça aussi c'est un vrai et grand bonheur ! (PAC)


Quel discours du 1er août ?

Quid du fédéralisme ?

Ces inclinations réciproques [la conscience des gens de part et d’autre de la frontière cantonale] à rassembler tout le Jura francophone dans un même canton sont contrecarrées par un phénomène plus complexe, et peut-être plus puissant, à savoir le penchant de la Suisse à abandonner le fédéralisme. Si le centralisme helvétique, rampant de 1848 à 1945, galopant depuis lors, devait maintenir sa course, il ne servirait plus à rien, dans une génération ou deux, de parler de cantons ou de frontières cantonales. Dans cette hypothèse, relever d’un canton ou d’un autre n’aurait pas plus de signification que passer de la Côte-d’Or à la Saône-et-Loire, par exemple.

 

Cette issue est loin d’être fantaisiste. Rares sont les jours où les souverainetés cantonales ne sont pas mises en cause au nom d’une prétendue rationalité : un tel veut  l’Universität Schweiz, un autre s’en prend aux vingt-trois codes de procédure, un troisième se demande comment le canton de Soleure pourra déjouer les manœuvres de la grande criminalité, un quatrième glosera sur les inégalités fiscales, un cinquième se plaindra que les livres scolaires ne soient pas les mêmes en Thurgovie qu’en Haut-Valais, un sixième se gaussera des jours de congé décalés. Le fédéralisme passe pour ringard, presque autant que la fidélité conjugale ou le respect de l’orthographe, ce qui en dit long sur la gravité de sa situation !

 

S’il est une vérité confirmée, c’est bien que le centralisme contient une fausse rationalité, une pseudo-logique, dont la bureaucratie s’empare aussitôt pour le malheur du citoyen et du contribuable. « Par nature, le fonctionnaire légifère et prolifère », disait Roger Schaffter.

 

Contrairement à une illusion fort répandue, des pouvoirs modestes, morcelés, exercés à petite échelle, sont plus efficaces, plus souples et moins coûteux que les monstres produits par les grands Etats. Nos amis français, dont la fonction publique mange plus de 50% du PIB, nous le répètent sans cesse. La Suisse fait fausse route en dépouillant les cantons de leurs prérogatives, et cette tendance lourde est encore plus nuisible dans les régions dites périphériques, qui ne le sont d’ailleurs que par rapport à l’Etat central. Pour l’arc jurassien, la centralisation des pouvoirs dans la Berne fédérale est un facteur négatif. Pour le sud du Jura, où tout (canton et Confédération) est concentré à Berne et rien sur place, les résultats sont manifestes.

 

Par légèreté, désinvolture ou snobisme, l’opinion publique et ceux qui la modèlent tendent à faire peu de cas de ces pouvoirs locaux ou régionaux, qui sont pourtant les seuls contrepoids à l’arbitraire de l’Etat central. Le canton du Jura, s’il se transforme en centre de redistribution des subventions fédérales, aura été créé pour rien. Il est de son devoir, du nôtre, de ne jamais en arriver là. (Un seul Jura, une chance unique) Je persiste et signe. PAC