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Le journal de Pierre-André Comte

L'intelligence et la sagesse

Question jurassienne et réforme du fédéralisme

Dans l'article précédent, je parlais de mode. Celle dont la presse romande raffole et dont se nourrit la plus fine fleur de la stratégie politique, vétérans, désenchantés et vaniteux confondus. Ces dernières semaines, on les a vus se précipiter sur les micros et dans les colonnes des journaux pour proclamer à la face du monde que Dieu ou quelqu'un d'autre leur avait ouvert la porte de la connaissance! Une fois l'orage mystique passé, que reste-t-il de cette grêle céleste répandue sur nos âmes déconfites? Rien ou pas grand chose. Ou plutôt si, des constructions mentales réduites en poussière. Ainsi je lis l'interview donnée par Mme la Ministre Elisabeth-Baume Schneider à l'Echo magazine du 13 mai. Son avis sur l'idée d'un "supercanton" avec Neuchâtel ? Réponse cinglante: "C'est une construction économique attrayante, mais certainement irréaliste. On ne dépasse pas des siècles d'histoire, qui ont forgé des identités distinctes, avec une règle à calcul. Par contre, on peut développer des liens étroits et des synergies efficaces." Que cela est fort bien dit et qui se savoure! Un jour plus tard, dans une chronique de très haut niveau (Le Temps, 14 mai 2009), François Gross écrit ce chapitre que chacun devrait apprendre par coeur: "Les cantons suisses ne sont pas nés sur la planche d'un dessinateur technique. En France, on devait pouvoir, en une journée, gagner à cheval le chef-lieu de son département et en revenir. Ainsi le voulut Napoléon. Rien de ça dans la Confédération. Elle s'est faite de bric et de broc, aux hasards de la géographie et de l'histoire et dans le respect des différences. Il ne s'est pas trouvé à Berne un office pour tracer les frontières cantonales. Que le résultat comporte quelques imperfections ne change rien au fond. Des retouches sont possibles par la voie de procédures démocratiques. Le grand chambardement proposé par un aréopage de "terribles simplificateurs" est promis à l'échec, comme toute politique ne tenant pas compte des réalités." (...) Tout ce qui prétend araser les cantons au profit d'un artifice régional affaiblit la Suisse française. Tout ce qui tend, en revanche, à la mise en commun de tâches trop lourdes pour un seul la fortifie. Sans qu'il soit besoin de créer un machin centralisateur, onéreux et d'une douteuse efficacité." Voilà, tout est dit. Il est inutile de rajouter quoi que ce soit, sauf pour remarquer que l'intelligence et la sagesse des uns écrabouille magistralement l'arrogance et la suffisance des autres. (PAC)


Etre à la mode !

Vive la région "Nouvelle Bourgogne"!

Etre à la mode, c’est avoir l’ambition d’une feuille morte, dit le Professeur Gilder. Et pourtant, combien nombreux sont ceux qui veulent l’être à tout prix ? Aujourd’hui, évacuer la « réunification du Jura » (arrêtez avec ces gros mots!) et lui substituer la formation « d’un grand canton Arc », voilà qui vous donne de la prestance. De la science, du panache ! Vous sortez des sentiers battus ! Vous atteignez l’Olympe de la pensée, vous vous hissez au-dessus de la piétaille ! Comme le dirait mon très cher ami Marc Bonnant, vous vous situez dans les cimes plutôt que dans les méandres en plaine ! Je veux bien, sans m’émouvoir. Et m’en retourner, dans la ringardise qui m’étouffe, vers les choses simples, la proximité du pouvoir, le sens de l’histoire, le respect du passé, la confiance en l’avenir. La Question jurassienne est un vrai sujet d’actualité, une vraie question sur le développement économique de la région, un vrai projet, le seul, de refonte institutionnelle au service d’un fédéralisme rénové et non brocardé jusqu’au ridicule. Mais, c’est dimanche, beau matin ensoleillé. Je pense à l’édification d’une grande région européenne « Nouvelle Bourgogne » comprenant le Jura francophone, dont la capitale serait fixée à Pommard, l’Hôpital principal installé à Beaune, le Bureau des impôts implanté à Aloxe-Corton, enfin la Grande Université à Dijon où nous pourrions nous imbiber des rêves de grandeur du bien nommé Téméraire ! Et tant pis pour ceux qui me reprocheront mon goût des grands crûs ! Je suis à la mode, et j’aime ça ! Bon dimanche ! Bonne fête à toutes les mamans ! (PAC)


Rapport de l'Assemblée interjurassienne

PRISE DE POSITION DU MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

LE PROCESSUS INSTITUTIONNEL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) prend acte du rapport final de l'Assemblée interjurassienne. Il le salue comme une contribution positive au processus visant à « régler politiquement le conflit jurassien », ainsi que le stipule l'Accord du 25 mars 1994.

Fondé notamment sur l'initiative « Un seul Jura », le mandat donné à l'AIJ « de conduire une étude sur l'avenir institutionnel de la région interjurassienne sous les auspices du Conseil fédéral » arrive à son terme.

Depuis l'adoption de son initiative populaire, le Mouvement autonomiste a observé une attitude de stricte neutralité à l'égard des travaux de l'AIJ. Il se félicite aujourd'hui d'avoir contribué à leur objectivité.

Conformément au point 4 du mandat confié à l'AIJ le 7 septembre 2005, les deux gouvernements cantonaux se concerteront « sur la suite à donner aux résultats des études et au bilan de l'AIJ. » Le MAJ (RJ-UJ) constate que ce temps de négociation pourrait être suivi par la « phase d'information interactive » d'au maximum 18 mois que l'institution interjurassienne préconise dans ses recommandations aux deux Etats cantonaux concernés.

LES CONCLUSIONS DU RAPPORT

Le Mouvement autonomiste constate que l'AIJ décrit deux voies possibles : la création d'un nouveau canton à six communes recouvrant le territoire francophone du Jura historique, et le statu quo amélioré (partenariat direct). L'institution n'énonce aucune proposition formelle quant à l'adoption de l'une ou l'autre de ces « pistes » par les parties prenantes à la Question jurassienne. Elle ne manque toutefois pas de remarquer que « la situation actuelle, vue sous l'angle du partenariat direct, n'est pas satisfaisante. »

 A l'instar de ce qu'affirme l'AIJ, le MAJ (RJ-UJ) considère que « la constitution d'un nouveau canton sur des bases absolument nouvelles offre à la région interjurassienne une véritable opportunité de changement et d'innovation », et réaffirme que, s'inscrivant dans la « continuité », le « Statu quo+ » ne règle en rien la Question jurassienne.

La « piste » d'un nouveau canton à six communes représente un intérêt économique, culturel et social déterminant pour la région. Celle-ci peut en tirer les plus grands avantages et, de fait, y trouver les conditions d'un développement dynamique, apte à répondre à ses plus légitimes aspirations.

S'agissant du « Statu quo+ », le Mouvement autonomiste note, comme l'AIJ, qu'il favorise l'émergence d'une solution communaliste dont l'effet principal sera d'affaiblir mortellement la région dans le cadre institutionnel bernois. Sans surprise, le MAJ (RJ-UJ) réaffirme que le « Statu quo+ » ne sera qu'un « Statu quo sans plus », donc définitivement inapte à « régler politiquement le conflit jurassien ».

En ce qui concerne la situation de la ville de Bienne dans le cas de la création d'un nouveau canton à six communes, le Mouvement autonomiste renvoie chacun à la motion n° 835 du 20 juin 2007 (transformée en postulat et unanimement approuvée par le Parlement jurassien), laquelle demande au Gouvernement de la République et Canton du Jura de définir « les contours d'un contrat de coopération politique, économique et culturelle » avec la cité seelandaise. Au surplus, le MAJ (RJ-UJ) rappelle que la ville de Bienne - comme la République et Canton de Neuchâtel - n'est ni signataire ni « partenaire » de l'Accord du 25 mars 1994.

Respectueux des droits et libertés démocratiques des populations concernées, le Mouvement autonomiste souscrit pleinement, et cela va de soi, à l'organisation d'un scrutin populaire sur le « projet d'avenir que souhaitent se donner les deux régions, en toute connaissance de cause ». Un tel recours à la sanction populaire constitue le corps de doctrine permanent sur lequel les autonomistes fondent leur volonté légitime d'œuvrer à la reconstitution de l'unité du Jura.

POSITIONS COMPLÉMENTAIRES LIÉES AUX CONCLUSIONS DE L'AIJ

Le Mouvement autonomiste ne s'oppose pas à la volonté de l'AIJ de « présenter ses travaux » (séances d'information interactives) à la population jurassienne, de part et d'autre de la frontière du 16 mars 1975. Il considère cependant que cette phase « d'explication » ne doit en aucune manière heurter les exigences de l'Accord du 25 mars 1994, du mandat confédéral et de l'initiative populaire (partant, de la loi « Un seul Jura ») dont il découle.

L'agrément du MAJ (RJ-UJ) à la « phase d'information interactive » implique de sa part qu'il souscrive à la « Charte interjurassienne », dont les principes sont précisément ceux sur lesquels il fonde depuis toujours l'action politique qu'il conduit en vue de la création d'un nouveau canton regroupant les six districts jurassiens de langue française.

Pour ce qui concerne les autres suites politiques à donner au rapport final de l'Assemblée interjurassienne (délai et participation aux séances interactives, mise en vigueur et déploiement de la loi « Un seul Jura », coordination politique cantonale et interjurassienne), le Mouvement autonomiste convoquera ses instances et organes dirigeants dans les prochains jours pour en parler avec le recul utile.

COMMENTAIRE FINAL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) accueille les conclusions de l'Assemblée interjurassienne avec satisfaction. Conscient des difficultés qu'il reste à surmonter pour parvenir au règlement du conflit jurassien, il entend donner un maximum de chances à la piste (nouveau canton des six communes) considérée par l'AIJ comme une vraie « opportunité de changement et d'innovation », ainsi que comme une réelle « possibilité de pourvoir la région interjurassienne d'institutions modernes et efficaces ». Serein et confiant en l'avenir, le Mouvement autonomiste s'engage à redoubler d'énergie afin que les enjeux de la Question jurassienne soient encore mieux cernés par les autorités et les populations concernées.

Moutier, le 4 mai 2009


Sérénité autonomiste

Communiqué de presse 

 

Lundi 4 mai, l’Assemblée interjurassienne dépose son rapport final. Le rendez-vous suscite une attention particulière dans la presse et au sein de la population. C’est même à une certaine effervescence générale qu’il faut s’attendre dans trois jours, même si la présentation des conclusions de l’AIJ ne représente qu’une étape supplémentaire dans le processus visant à régler définitivement la Question jurassienne.

 

Ces dernières semaines, les mouvements antiséparatistes se sont relayés pour couvrir l’Assemblée interjurassienne de critiques et d’insultes. La propagande pro-bernoise, dont l’unique but est de recréer des tensions entre partisans des thèses opposées (statu quo bernois ou unité du Jura), n’aura pas manqué de provoquer l’excitation et le désir de castagne des éléments les plus radicaux du Groupe Sanglier et de Force démocratique.

 

Les autonomistes n’ont pas l’intention de tomber dans le piège de la discorde et de l’affrontement. Après avoir adopté une attitude de stricte neutralité à l’égard des travaux de l’Assemblée interjurassienne, saluée ça et là par des membres de l’institution ces dernières années, le MAJ et ses mouvements affiliés (AFDJ et AJE), autant que le Groupe Bélier, n’entendent aucunement répondre aux provocations dont ils pourraient être les objets.

 

Dans cette perspective, aucune manifestation publique n’est organisée ni encouragée dans les rues de la cité prévôtoise ou dans les environs immédiats de la salle (Sociét’halle) qui accueillera l’Assemblée interjurassienne et ses invités. La seule réponse aux débordements rêvés par d’aucuns reste la sérénité dans les rangs autonomistes, sachant que le chemin qui conduit à la restauration de l’unité du Jura est encore long et semé d’embûches.

 

Les dirigeants autonomistes seront fortement sollicités par les médias le 4 mai. Ils auront ainsi l’occasion d’exprimer la position du mouvement, lequel se doit naturellement d’en informer au mieux ses militants. Dans cette perspective, le MAJ (RJ-UJ) invite tous les Jurassiens désireux d’être en phase avec l’actualité du 4 mai à se retrouver à l’Hôtel de la Gare à Moutier dès 19 heures. Au cours d’un rassemblement que nous espérons empreint de ferveur patriotique, les porte-parole du mouvement feront publiquement part de leur analyse de la situation.

 

Rendez-vous donc est donné aux militants et sympathisants autonomistes dans leur fief prévôtois. La « Rauracienne » y retentira avec la même ferveur que lors des rendez-vous populaires à travers lesquels nous réaffirmons notre attachement à la reconstitution de l’unité du Jura sur l’ensemble du territoire de ses six districts de langue française.

 Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ)  

Moutier, le 1er mai 2009