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Le journal de Pierre-André Comte

Tous mes voeux


Un événement de haute importance symbolique

La plaquette de Morimont de retour chez nous

Une pièce importante du patrimoine historique jurassien a été remise au Musée jurassien d’art et d’histoire vendredi: la plaquette de Morimont qui était jusqu’ici conservée au Musée d’histoire de Berne. Il s’agit d’un objet métallique gravé au milieu du XIXème siècle par Auguste Quiquerez pour rappeler le serment qu’il avait tenu avec son frère Louis, Xavier Stockmar et Olivier Seuret au château de Morimont - en France voisine - en 1828. Une date à partir de laquelle les Jurassiens avaient décidé de se révolter contre le pouvoir bernois de l’époque.

 

La pièce a été remise officiellement vendredi 19 décembre par Mario Annoni au Dr Pierre Philippe, président du Musée d’Art et d’Histoire de Delémont. Le président du Musée d’histoire de Berne avait auparavant reçu une requête en ce sens de la présidente du Gouvernement jurassien Elisabeth Baume-Schneider. La ministre jurassienne de la culture obtient avec ce rapatriement un très beau succès. J’ai eu le privilège d’être invité à la remise de cette pièce emblématique du patrimoine national des Jurassiens. J’ai ressenti tout au long de la cérémonie un immense sentiment de fierté. (PAC)


2009: une année cruciale

Le MAJ à Vellerat

Les dirigeants du MAJ se sont réunis hier à Vellerat dans l'excellent et nouveau Coq-d'Or de Vellerat, le restaurant entièrement rénové du village. Un large et intense débat a permis aux participants de s'exprimer sur l'année 2009, le 30e anniversaire de la naissance de l'Etat jurassien, l'offre de partage de souveraineté du canton du Jura au Jura méridional, la concertation à son propos dans le nord et le sud du Jura, les manifestations classiques, ainsi que l'organisation du mouvement et la politique de recrutement qu'il entend mener au cours des mois qui viennent. Une grande détermination a marqué les travaux du MAJ (RJ-UJ), lequel jouera pleinement le rôle qui lui est dévolu. Force de proposition, il veut aussi s'affirmer comme mouvement fédératif de l'ensemble des familles partisanes, lesquelles auront à se prononcer sur le contenu du projet politique visant à restaurer l'unité du Jura. (PAC)


Matinée de réflexion

L'après "rapport AIJ"

Les dirigeants du Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ), et les représentants des associations affiliés (AFDJ – AJE – Groupe Bélier) se retrouvent ce 13 décembre pour une matinée de réflexion à Vellerat. A l’ordre du jour des travaux figure l’organisation du débat sur « l’offre de partage de souveraineté » du canton du Jura au Jura méridional. L’assemblée se penchera également sur les grandes manifestations de 2009. Le mouvement entend marquer le 30e anniversaire de l’Etat jurassien et assurer à la 62e Fête du peuple jurassien le succès qu’il attend d’elle. Le MAJ (RJ-UJ) entend préparer la période cruciale qui suivra le dépôt du rapport de l’AIJ (4 mai 2009), période qui sera caractérisée par la mise en vigueur de la loi « Un seul Jura ». Le plan d’action du mouvement à ce propos sera précisément débattu au cours de la réunion de ce matin. (PAC)


Noël à Lyon

Je viens te voir

La réalité est là, en cette veille de Jour de l’An : une petite fille, marchande d’allumettes, est livrée à la bonne volonté (pour ne pas dire à la charité) du monde qui l’entoure. Si les passants de la rue lui achètent ses allumettes, elle ne mourra pas. Dans le cas contraire, sa mort est inéluctable. Le froid la saisira. Entre temps (entre rêve et réalité), la lueur éphémère des allumettes qu’elle provoquera, allumette après allumette, lui permettra de « gagner du temps ». Des hallucinations vont surgir ; irréelles mais vraies. Un monde imaginaire va s’imposer à elle pour mieux lui faire prendre son mal en patience. C’est aussi la manière qu’a imaginée Andersen de laisser au monde des vivants une chance supplémentaire de se réveiller. D’ouvrir les yeux sur la misère des pauvres. La petite marchande, lors de ces apparitions « consolatrices » va faire connaissance avec les personnages les plus extravagants : le vent, un vieux réverbère, un bonhomme de neige, une sorcière, des crapauds… Tous impuissants à lui acheter ses allumettes puisque coupés de la réalité. Chaque retour à la rue verra des passants « passer » leur chemin sans un geste pour « sauver » la petite marchande. La confrontation de ces deux mondes : celui de la rue, et celui contenu dans la lueur des allumettes, est au cœur de l’œuvre d’Andersen. Andersen est si sensible à la douleur qu’il imagine celle des insectes, des objets. Les allumettes et les étoiles meurent, comme la petite marchande, trop tôt consumée. La mort est là (ici en hussard). C’est normal pour le poète qui fraie avec la misère et la folie. Il ne peut l’ignorer. Il s’entend donc avec elle, et tout en la représentant en chair et en os, la rend invisible à celle qui va mourir. Philippe Faure

Parti québécois

PAULINE MAROIS, CHEF DU PARTI QUEBECOIS

L'espoir ravivé

La nouvelle chef de l'opposition officielle a fait un bref point de presse en matinée pour revenir sur la performance éclatante de son parti au scrutin de lundi 8 décembre. Après une série d'élections aux résultats décevants, qui faisaient douter de l'avenir du Parti québécois, la formation souverainiste a obtenu 35 % des intentions de vote des Québécois, mais, surtout, mis la main sur 51 sièges. Fatiguée, mais visiblement réjouie, Pauline Marois a d'entrée de jeu tancé le premier ministre pour avoir plongé le Québec dans une campagne électorale dont personne ne voulait, ce qui s'est traduit par un taux de participation populaire désastreux. « Jean Charest n'a pas écouté la population », a-t-elle dit, un reproche souvent lancé à l'endroit de ce dernier en campagne, marque, disaient ses adversaires, de son arrogance. Pauline Marois s'est par la suite félicitée que son parti ait repris l'essentiel du terrain perdu au dernier scrutin, sous la gouverne d'André Boisclair, notamment dans les Laurentides, Lanaudière, et le Centre-du-Québec. « Le PQ a passé un mauvais moment dans les dernières années, on sentait une moins grande ferveur. Mais là, on la retrouve, et la jeunesse est présente de plus en plus », constate Mme Marois, qui estime, avec cette élection, avoir fait mentir ceux qui disaient que le PQ était le parti d'une seule génération. Puis, revenant sur la tempête économique, prétexte invoqué par Jean Charest pour déclencher les élections, Mme Marois a dit vouloir tendre la main au premier ministre pour mettre en place les mesures nécessaires pour la traverser sans trop de dommages. Elle appelle le premier ministre à prendre en considération le plan de relance élaboré par son parti, tout en soulignant l'ambiguïté entretenue par Jean Charest, durant les derniers jours, sur son intention ou non de présenter un plan d'urgence. (Radio Canada)


Des Droits de l'Homme - TRIBUNE PARUE DANS LE QUOTIDIEN JURASSIEN DU 10 DECEMBRE 2008

60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme: Réparer le passé, préparer l'avenir

Réunie à Porrentruy en décembre 1792, l’Assemblée nationale de la République rauracienne décide de porter la liberté, l’égalité et la fraternité en tête de ses grands principes. Le 20 mars 1977, le peuple jurassien adopte la constitution de la République et Canton du Jura, dont nous fêterons le trentième anniversaire de l’entrée en souveraineté le 1er janvier 2009.

 

Dans son préambule, notre constitution dit que « le peuple jurassien s’inspire de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, de la Déclaration universelle des Nations unies proclamée en 1948 (…) ». Issue de l’acte de libre disposition du 23 juin 1974, la République et Canton du Jura, selon sa charte fondamentale, « favorise la justice sociale, encourage la coopération entre les peuples », elle est « un Etat démocratique et social fondé sur le fraternité. »

 

Les Jurassiens ont accédé à la souveraineté étatique sur la moitié de leur territoire ancestral en respectant assidûment ces principes. Leur mérite n’est pas négligeable, alors que le XXe siècle qui les a vus conquérir l’indépendance s’est éminemment distingué par ses massacres, génocides et autres violations à grande échelle des droits les plus sacrés de la communauté humaine.

 

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Nous en célébrons ce jour le 60e anniversaire, et il n’est pas anodin que nombre de Jurassiens puissent y chercher la confirmation de leur engagement au service de leur peuple, de sa dignité et de la légitimité des espoirs qu’il met dans la restauration de son unité.

 

L’esprit de liberté qui a soufflé sur le Jura avant qu’il ne rejoigne l’alliance fédérale ne doit pas nous faire oublier qu’il y a des conditions pour y accéder, que la liberté suppose des droits économiques et sociaux préalables et que ceux-ci sont régulièrement mis à mal lors des crises que travers notre société, celle que nous vivons de nos jours ne faisant pas exception.

 

Travailler à faire découvrir, comprendre, reconnaître la valeur de la liberté des personnes et de l’autodétermination des peuples, en développant chez tout être humain en formation le sens de l’égalité et de la justice, cela me semble être un des défis majeurs posés aux politiques et aux éducateurs dans les démocraties d’aujourd’hui et de demain.

 

« Réparer le passé, préparer l’avenir », disait René Cassin, prix Nobel de la paix et « père » de la déclaration universelle en 1948. C’est la tâche devant laquelle se trouvent les Jurassiens. Ils ont pour eux l’exemple des pionniers qui ont érigé la démocratie jurassienne et l’ont dotée d’une assise institutionnelle performante malgré ses imperfections. Dans un partage de souveraineté qui respecte les droits de l’homme et les libertés démocratiques, ceux du Nord et du Sud peuvent retrouver ensemble le goût de leur unité.

 

Pierre-André Comte, député, Vellerat


Forte poussée des indépendantistes québécois

Les souverainistes du PQ relèvent la tête

Jean Charest, le Premier ministre libéral du Québec a certes remporté les élections du 8 décembre au Québec. Mais un des faits marquants de ces élections réside dans le score inattendu du Parti québécois, son meilleur depuis une décennie. Alors que les sondages pronostiquaient une victoire écrasante des libéraux et un score de 30 % pour le Parti québécois, la formation indépendantiste a confondu les sceptiques en obtenant plus de 35 % des suffrages. Le PQ aura 51 députés dans la nouvelle Assemblée, soit la plus forte députation pour un parti d'opposition à l'Assemblée nationale depuis les années 60. Le Parti québécois avait été relégué en troisième position lors des législatives de 2007 avec un maigre 28 % et une récolte de 36 députés, sa deuxième pire performance depuis sa fondation il y a quarante ans. Cette défaite avait provoqué une onde de choc chez les indépendantistes, forcé à la démission leur chef André Boisclair et remis en cause leur objectif cardinal : l'organisation d'un troisième référendum sur l'indépendance du Québec, après ceux de 1980 et de 1995, perdu par une faible marge. (LM - PAC)


Elections du 8 décembre au Québec

MADAME LOUISE BEAUDOIN, ANCIENNE MINISTRE

Elections québécoises et défense du français

Le PQ, dirigé par Pauline Marois veut retrouver son rang de premier parti d'opposition, perdu au profit de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Dirigé par le populiste Mario Dumont, celui-ci devrait glisser sous la barre des 15 % des suffrages. Vedette du parti indépendantiste, Mme Baudoin a rarement besoin de se présenter. Déléguée générale du Québec à Paris en 1984-1985, députée PQ de 1994 à 2003, quatre fois ministre dans les années 1980 et 1990, elle vient de passer cinq ans dans le milieu universitaire, une absence de la politique qui n'a pas écorné sa notoriété.  

Louise Beaudoin s'inquiète moins de sa propre élection, quasi acquise dans ce bastion « péquiste » de Rosemont, que d'un faible taux de participation, alors que les Québécois viennent de voter, en octobre, au niveau fédéral. La majorité semble à la portée de Jean Charest selon les sondages qui lui donnent 16 points d'avance sur le PQ. Dans la population, hors des régions ravagées par la crise forestière, les ratés du système de santé inquiètent plus que la crise, ou la question de l'indépendance, absente de la campagne.

Louise Beaudoin a d'autres dossiers qui lui tiennent à cœur, dont la défense de la langue française. « La francisation des immigrants n'est pas satisfaisante et le français comme langue de travail est ici en perte de vitesse. Notre système d'éducation est aussi en mauvais état. » La relation renforcée de la France avec le Canada ne l'inquiète pas, pas plus que les propos de Nicolas Sarkozy en octobre à Québec, interprétés par certains comme un changement de la politique de « non-ingérence, non-indifférence » face au statut politique du Québec. « Le plus important a été son discours à l'Assemblée nationale du Québec, assure Mme Baudoin. Une véritable déclaration d'amour ! » Anne Pélouas (Le Monde)


A quelques jours d'une célébration

A quelques jours du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, je m'en remets à ces paroles de Voltaire dans son Dictionnaire philosophique:

Il faut vingt ans pour mener l'homme de l'état de plante où il est dans le ventre de sa mère, et de l'état de pur animal, qui est le partage de sa première enfance, jusqu'à celui où la maturité de la raison commence à poindre. Il a fallu trente siècles pour connaître un peu sa structure. Il faudrait l'éternité pour connaître quelque chose de son âme. Il ne faut qu'un instant pour le tuer.

Je parie que les discours de la célébration fourmilleront de ce type de citations, aussitôt dites, aussitôt oubliées. Bon dimanche. (PAC)


Un canton nouveau

La place de l'adjectif

« La place de l’adjectif ». Voilà le titre d’un chapitre du livre du chanoine Fernand Boillat, Une Constitution nouvelle, édité en 1976 par le Rassemblement jurassien. C’est un ouvrage dans lequel je me plonge régulièrement, et dont je conseille vivement la lecture à ceux qui ne le connaîtraient pas encore. Tenez, je vous livre ces lignes : « L’expression un nouveau canton n’exprime pas la même idée que l’expression un canton nouveau. (…) Il y a du nouveau qui, comme le remarquait Henri Bergson, n’est que la répétition de l’ancien. La vraie nouveauté suppose une activité créatrice, elle fait apparaître de l’inédit. » Le texte date de 1976 ! Une vérité de plus de trente ans ! Une vérité qui se situe au cœur de la loi « Un seul Jura », l’œuvre du Mouvement autonomiste jurassien. Créer un canton nouveau, redéfinir les tâches de l’Etat, redynamiser la démocratie jurassienne, assurer à chacun la liberté d’un plein exercice de ses droits démocratiques, voilà le projet. Légitime. Inscrit dans l’histoire, fondant la vérité d’hier comme celle d’aujourd’hui et de demain. (PAC)

Du 5 au 8 décembre, la Fête des Lumières à Lyon

4 millions de visiteurs dans la capitale des Gaules

L’histoire du 8 décembre, est intimement liée à l’histoire religieuse lyonnaise. En 1850, les autorités religieuses lancent un concours pour la réalisation d’une statue, envisagée comme un signal religieux au sommet de la colline de Fourvière. Un an plus tard, ce concours est remporté par le sculpteur lyonnais Fabisch, et la date du 8 septembre 1852 est choisie pour son inauguration. Mais au mois d’août, la Saône sort de son lit et envahit le chantier où la statue doit être réalisée. L’inauguration est donc reportée au 8 décembre, fête de l’immaculée conception. Le jour même, les journaux annoncent le programme de la soirée et toute la ville se prépare pour l’événement. Quelques uns prévoient même d’illuminer les façades de leurs habitations à l’aide de bougies. Mais le mauvais temps va à nouveau contrarier les réjouissances, contraignant les autorités religieuses à remettre l’inauguration au 12 décembre. Malgré ce contrordre, l’enthousiasme des Lyonnais ne fut pas éteint. Dès 18h, les premières fenêtres s’allument, et à 20h, la ville entière est illuminée. Une grande partie de la population descend dans la rue, joyeuse et attendrie, s’étonnant de ce geste spontané et communicatif. Les autorités religieuses suivent le mouvement et la chapelle de Fourvière apparaît alors dans la nuit. Ce soir là, une véritable fête est née ! Chaque année désormais, le 8 décembre, les Lyonnais déposent des lumignons à leurs fenêtres et se retrouvent pour déambuler dans les rues de la ville. (Ville de Lyon)


Suprématie du logos dans la culture

 

 

L'enquête PISA et ses distorsions

 

La bonne nouvelle est que les écoliers jurassiens se trouvent bien placés en matière de compétences mathématiques. La décevante est leur relative faiblesse en lecture. Pourtant, l'école jurassienne fait des efforts considérables pour développer le goût de lire. Danielle Marcotte, en tant que responsable cantonale, conduit avec talent une mission de grande importance à ce sujet. Poursuivons dans cette voie-là. La lecture, les soins qu'on lui porte, autant que l'assiduité qu'on lui réserve, c'est au bout du compte l'art de l'expression orale, l'art d'une parole qui libère l'homme.

Je me permets d'en venir à Isocrate:

Notre cité a honoré l'art de la parole que tous désirent posséder tout en jalousant ceux qui le connaissent; elle savait bien que c'est notre seul privilège de nature par rapport à tous les animaux et que cet avantage nous a donné la supériorité sur les autres points; elle voyait que dans les autres genres d'activité l'issue est si capricieuse que, souvent, les gens intelligents échouent tandis que les sots réussissent, mais que les discours beaux et artistiques sont, non pas le partage des gens de nulle valeur, mais l'ouvrage des âmes qui pensent bien; que les habiles et ceux qui passent pour ignorants diffèrent les uns des autres principalement en cela, et en outre que les gens élevés dès l'origine en hommes libres ne se reconnaissent pas au courage, à la richesse et à des qualités de cet ordre, mais se révèlent surtout par leurs discours, que c'est bien la marque la plus visible et la plus sûre de l'éducation de chacun de nous (...) 

Tout est dit. Bonne lecture! (PAC)


Le cercle des penseurs BEJUNE s'agrandit

LA NEUVEVILLE, VILLE DU JURA

Création d'un grand, magnifique, inimitable, bilingue canton...

C’est au tour de Me Marc Wollmann (... dans les journaux de demain...), avocat de Bienne, d’apporter sa contribution au débat. Le nec plus ultra fédéral serait, selon lui, d’éliminer les cantons actuels et de créer un grande région bilingue comprenant les cantons de Berne, peut-être de Bâle et d’Argovie, ainsi que ceux de la montagne jurassienne (dits cantons Arc !), sans les Etats du sud, lesquels seraient rattachés à l'ensemble « Rhône-Alpes » ! Encensé par le très objectif Journal du Jura, M. Wollmann nous réinvente l’Espace Mittelland, ni plus ni moins. Se rappelle-t-on la bérézina de celui-ci, ses pleurs et grincements de dents, enfin sa mort peu glorieuse ? Que nenni et peu importe.

Une nouvelle caste de penseurs est née dans nos contrées, du métaphysique Jean-Pierre Graber à l’impénétrable Beat Grossenbacher, en passant par le désormais luminescent Marc Wollmann. Ils partagent, unaniment ou presque, une même obsession : empêcher que l’unité du Jura ne se réalise dans le cadre d’une nouvelle entité cantonale des six districts francophones. Les deux premiers en tout cas, le troisième étant mis au bénéfice du doute puisqu’il va dans le sens de Pierre Bonhôte, ancien ministre qu’on ne peut soupçonner d’être de mauvaise foi. Tout est envisageable, théoriquement. Y compris d’aller au bout de la logique, à savoir créer (enfin ! proclameront les hauts fonctionnaires...) l’Etat suisse et mettre un terme à l’expérience fédérale. On pourrait aussi penser à une intégration de « l'Arc» dans l’Europe via l’érection d’une euro-région comprenant la Bourgogne, mais on trouvera dans cette proposition la redite d’une plaisanterie éculée...

A-t-on jamais vu dans l’histoire du monde les septiques professionnels et autres vaticinateurs faire avancer le coin de pays qui les abrite ? Il y a une question à laquelle ces braves gens ne veulent pas répondre. Comment œuvrer à la régénérescence du pacte fédéral, tout en donnant au concept de souveraineté cantonale les moyens de s’adapter à l’évolution du monde ? C’est cela que préconisent les autonomistes et l’Etat jurassien privé de sa moitié territoriale. C’est à cela que nous continuerons de nous employer, malgré les sarcasmes des prophètes du modernisme géographique qui peuplent l’univers « bejune » ! (PAC)


Bouleversements politiques au Canada

Le Québec aux avant-postes

« Que se passe-t-il au Canada ? La presse est frappée de stupeur face aux événements qui se déroulent à Ottawa depuis une semaine. « Quel choix amer doivent maintenant faire les Canadiens : un gouvernement dirigé par Stephen Harper, dont les méthodes en ont déçu plusieurs ; ou un gouvernement emmené par Stéphane Dion, le chef du Parti libéral, massivement rejeté par le pays il y a six semaines (lors des législatives anticipées qui se sont déroulées le 14 octobre) ? Que le gagnant puisse devenir le perdant et que le perdant puisse devenir le gagnant est un scénario que personne n'aurait pu imaginer il y a une semaine. L'auteur de ce scénario est Stephen Harper, dont les erreurs de jugement ont permis la signature, le 1er décembre, d'une entente de coalition – bonne pour dix-huit mois – entre Stéphane Dion, Jack Layton, le chef des néodémocrates (NPD, gauche), et le séparatiste Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, note Jeffrey Simpson dans le

Globe and Mail. (Courrier International)

 (Suite)

Communiqué de presse du MAJ (RJ-UJ)

Déraillement de Philippe Perrenoud

Soucieux de sa réélection, le Conseiller d’Etat bernois Philippe Perrenoud se déchaîne. Et au passage piétine allègrement les accords passés entre les cantons de Berne et du Jura sous l’égide de la Confédération. Sous les regards ébahis des pontes du mouvement pro-bernois, réuni en congrès le 29 novembre à Tramelan, il martèle ses contrevérités, approximations et autres fanfaronnades avec l’aplomb qui doit lui attirer les bonnes grâces de la droite antiséparatiste, sésame incontournable pour se maintenir sur la plus haute marche du Rathaus. 

Philippe Perrenoud use de ces ficelles grossières, vétustes à se rompre, pour donner quelques gages de fidélité à la cause et tenter vainement de réfuter les faits et dépeindre l’idéal démocratique que constitue la restauration de l’unité du Jura comme illégitime. Force démocratique et le camarade Perrenoud utilisent l’alibi malsonnant de l’avenir de Bienne, contredisant ainsi l’Accord du 25 mars 1994, parle de « prétendue Question jurassienne » alors que le gouvernement bernois y est impliqué par sa signature, et, nec plus ultra, reproche aux autonomistes de privilégier un dialogue qui vise à réunifier le Jura ! Pour quelqu’un qui ne conçoit d’autre solution que celle du statu quo, c’est osé. 

Que M. Perrenoud se rassure. Les autonomistes ne renonceront pas à leurs droits démocratiques pour ses beaux yeux ou le bonheur refoulé de ses copains de la droite pro-bernoise. La loi « Un seul Jura » déploiera bientôt ses effets, et le canton de Berne ne pourra la contrecarrer sans se renier, ni sans prendre le risque d’un retour au Rapport Widmer, à la loi « Unir » et à la relance du processus conduisant au départ de Moutier pour le canton du Jura. Ainsi la ixième péripétie qu’a constitué le 56e Congrès de Force démocratique, sans surprise, ne pose aucun problème à ceux dont les revendications légitimes les invitent plus que jamais à œuvrer à l’unité du Jura. 

Mouvement autonomiste jurassien