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Le journal de Pierre-André Comte

Quand les insultes avaient de la classe...

Echanges musclés au Parlement (ici l'Assemblée nationale)

Grands personnages en vadrouilles polémiques

On s’offusque parfois d’échanges dits « musclés » dans les assemblées parlementaires. Certains crient à l’agression, à l’intolérance, voire à la honte ! Comme je vous le dis ! Et pourtant. Il suffit de regarder un peu ailleurs pour constater que nos parlements cantonaux, par exemple, sont sages comme des images. Allez à l’Assemblée nationale à Paris, au Bundestag à Berlin, à la Camera dei deputati à Rome ou au Congreso de los Diputados à Madrid, et vous serez édifiés, en comparaison, par l’ambiance quasi monacale qui règne au sein de nos propres législatifs. Où voulais-je en venir, dans cette régénérente fraîcheur matinale ? Ah, oui ! A la façon de s’impliquer dans une polémique, qui peut traduire une certaine classe ou témoigner de la plus grande vulgarité. Je ne m’intéresse qu’au premier terme de l’alternative. Ainsi ce député qui apostrophe Benjamin Disraeli à la Chambre des communes : « Monsieur, vous mourrez soit par la potence ou par quelque maladie honteuse! » Flegmatique, le Premier ministre anglais lui répond : « Cela dépendra, cher Monsieur, selon que j’embrasserai votre politique ou votre maîtresse ! » Relevez-vous de cela, maintenant. Le meilleur, dans ce genre, c’est incontestablement Churchill et son œil malin. Le voilà parlant d’un de ses adversaires : « Il avait toutes les vertus que j’exècre et aucun des vices que j’admire. » Ou cette saillie-ci dans un échange avec George Bernard Shaw, l’auteur de Pygmalion, qu’on ne peut que profondément aimer. Ce dernier écrit à Winston : « Tu trouveras ci-joint deux places pour la première de ma nouvelle pièce ; amène un ami… si tu en as un. » Churchill, alors, ne se démonte pas et réplique : « Merci, mais il ne m’est pas possible d’assister à ta première ; j’irai à la seconde… s’il y en a une ! »  Et toc. Vertu des mots, cruauté des phrases, merveilles de la langue. On était loin du langage invertébré d’aujourd’hui, n’est-ce pas ? Bon dimanche ! (PAC)

5e Rencontre de Neuchâtel

Page d'accueil de l'Association DEFENSE DU FRANCAIS

Défense et promotion du français

J’ai participé ce matin à la 5e Rencontre de Neuchâtel, réunion des organisations francophones de Suisse, au siège des autorités cantonales (Château de Neuchâtel). Les débats ont montré qu’il est plus que jamais temps de se mobiliser contre l’usage sans cesse croissant, dans de nombreux milieux officiels et privés, d’un anglais simplifié, qui semble reléguer progressivement nos langues nationales dans un rôle accessoire et purement régional. Il est ainsi du devoir des autorités, des enseignants, de la presse et de tous les communicateurs de renverser cette tendance. L’intrusion de plus en plus massive de l'anglais comme langue d'enseignement (!) dans nos universités a été particulièrement condamnée, de même le fait que le Fonds national de la recherche scientifique exige de tous les chercheurs qu’ils rédigent leurs projets en anglais ! Ont notamment participé à ce rendez-vous francophone le Ministre Bernard Soguel et le Conseil national Didier Berberat, président de l’association Défense du français et de la Commission de l’Education de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Luttons. (PAC)

Dans l'attente d'une victoire d'Obama

Obama président

Ainsi que le rapporte Courrier International, le bimensuel The New Republic, dans sa dernière édition, prend clairement position en faveur du candidat démocrate et explique ce choix dans un éditorial. « Le prochain président n'héritera pas seulement d'une crise économique, d'une crise du système de santé, d'une crise environnementale, d'une crise des infrastructures, mais, ah oui, aussi de deux guerres, d'une armée épuisée, et de la menace iranienne. Il héritera d'un gouvernement affaibli au point qu'il n'est pas assez bien équipé pour protéger le bien-être de ces citoyens. Il n'est pas surprenant qu'au niveau politique, nous préférions largement que Barack Obama remporte le droit de ranger ce désordre. Mais c'est son tempérament et son intelligence qui nous donne l'espoir qu'il pourrait faire plus que réparer les dégâts causés par Bush – qu'il pourra saisir l'occasion exceptionnelle qu'offre la crise de transformer le pays. » L’éventualité de voir Barack Obama accéder à la Maison Blanche se précise de jour en jour. L’espoir se renforce. Par ailleurs, jamais aucun candidat dans l’histoire de l’Amérique n’a suscité un tel intérêt, pour ne pas dire une telle passion dans le reste du monde ! Le sénateur de l’Illinois lorgne vers le sommet. Rêvons donc, jusqu’au 4 novembre… et après. « Ce sera la plus grande transformation politique que les Etats-Unis aient connue depuis cinquante ans », dit-on là-bas ! Et pour le monde, donc, ceci dit avec les réserves d’usage. (PAC)

Quelle politique linguistique ?

Français, pluralisme linguistique

Il m'est arrivé de dire que le plurilinguisme personnel constituait la "prochaine grande conquête sociale". Je maintiens l'affirmation. Le problème reste que les Etats doivent, pour atteindre cet objectif, investir des sommes considérables dans la politique linguistique, qui va du renforcement de la langue maternelle (le français chez nous) à "l'assimilation" de la langue du voisin et d'une grande langue de communication internationale (l'anglais s'imposant pour l'heure presque naturellement). Ils n'en ont pas les moyens ou... la volonté. Ainsi se développe un apprentissage des langues "à deux vitesses", qui fait le bonheur des plus aisés, lesquels, dans des écoles privées inaccessibles aux enfants de familles modestes, se préparent à prendre la succession des classes dominantes d'autrefois. La nounou étrangère d'il y a quatre siècles, engagée pour parler sa langue maternelle et assurer de la sorte une éducation bilingue précoce à l'enfant, a "fabriqué" des générations de diplomates, hommes d'affaire et grands bourgeois possesseurs inamovibles du pouvoir politique. On n'est pas très éloigné de cela de nos jours, alors que l'école publique ne dispose pas des moyens nécessaires à un enseignement massif des langues. La détermination politique, certes - du moins je le crois - existe pourtant. Mais il faudrait qu'elle franchisse un nouveau palier: celui d'un investissement à long terme. Il est tout aussi vrai que la période actuelle, avec ses cortèges d'économies, ses flops financiers et ses krachs boursiers, n'est guère propice à cet investissement-là, pourtant indispensable. (PAC)


Sommet francophone de Québec

 

Honneur à la République et Canton du Jura

La XIIe Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, communément appelée Sommet de la Francophonie, réunit du 17 au 19 octobre dans la ville de Québec, au Canada, les 55 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie et les 13 États observateurs. Elle sera précédée, les 15 et 16 octobre, par la 24e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie. Le Canada, qui assume la présidence du Sommet, et le Québec sont les deux gouvernements hôtes du XIIe Sommet de la Francophonie. Conformément à leur volonté d’insuffler à cette rencontre une dynamique nouvelle favorisant l’interactivité et les débats approfondis, la formule d’organisation de ce XIIe Sommet a été rénovée. Les quatre enjeux inscrits à l’ordre du jour seront abordés dans le cadre de séances thématiques et de tables rondes : démocratie et État de droit ; gouvernance économique ; environnement ; langue française. Ce Sommet coïncide avec le 400e anniversaire de la Ville de Québec, berceau de la Francophonie en Amérique du Nord. (OIF) 

Le canton du Jura sera officiellement représenté à ce sommet par Elisabeth Baume-Schneider, présidente du Gouvernement. C’est un événement considérable, qu'il faut saluer comme il se doit. Ses collègues Charles Juillard et Philippe Receveur participeront quant à eux à une célébration inscrite dans le cadre du 400e anniversaire de la ville de Québec. Cette forte présence ministérielle sur les bords du Saint-Laurent fait honneur à la République jurassienne. S’agissant de la délégation suisse au Sommet de la francophonie, je pense toujours que les six cantons romands devraient y être systématiquement représentés, selon la formule qui permet notamment à la Communauté française de Belgique de faire partie de la délégation belge, ou le Québec de celle du Canada. Je renvoie à ce sujet à ma motion adoptée par le Parlement jurassien en 2000. (PAC)

 (Suite)

Vers le soleil levant

Egaré dans la fraîcheur du matin

Il y a trois jours, on célébrait le trentième anniversaire de la mort de Jacques Brel. Oublier le temps perdu... Il y a trois jours, c’était le deuxième anniversaire de la mort d’André. J’écoute Léo Ferré. Avec le temps. Avec le temps, va, tout s’en va… avec le temps, va, tout va bien… Ne rentre pas trop tard, surtout, ne prends pas froid. Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu. Et l’on se sent floué par les années perdues… Et pourtant. L’automne n’y parvient pas, le soleil est là, la fraîcheur aussi. Je rentre de la forêt, de ses odeurs de nuit mouillée, de ses rumeurs éteintes, de ses espoirs dissimulés. Un chien si heureux. Le souvenir d’un ami disparu, quand il le faudrait à ses côtés, où irons-nous, dis, sans ce lien de fraternité, ici même perdu, égaré dans la bruine qui m’enveloppe? Jacques, Léo, vous êtes bien là. André, je ne t’entends plus, mais je ne t’oublie pas. La nuit prendra fin, la lumière luira, là-haut, à l’horizon denté des Rochers du Midi. Je l’attends, j’écrirai jusque-là, je la surprendrai avant qu’elle ne m’aperçoive. A bientôt, mon frère. (PAC)

A quoi bon...

        

Laisser les géants dormir tranquilles

Plusieurs œuvres parmi les plus célèbres attribuées à Jean-Sébastien Bach ont été écrites par sa seconde épouse, Anna Magdalena Wilke, affirme un universitaire australien qui a eu recours aux méthodes les plus récentes de la police scientifique. « Je suis sûr que les Suites pour violoncelle n'ont pas été écrites par Jean-Sébastien », dit Martin Jarvis, maître de conférence et également chef du Darwin Orchestra. Les premiers soupçons de Martin Jarvis, qui se consacre depuis 30 ans à l’œuvre du maître allemand, sont apparus lorsqu'il étudiait à la Royal Academy of Music de Londres. « En 2001, j'ai déconstruit les pièces pour violoncelle et j'ai trouvé 18 raisons de croire qu'elles n'ont pas été écrites par Bach », a-t-il expliqué à Reuters. Au fil des années, ce « détective musical », tel qu'il se présente, en est arrivé à la conclusion que deux partitions célèbres datant de 1713 étaient de la main de Magdalena. « Quand on pense que j'ai découvert des manuscrits antérieurs de sept ans à la date à laquelle elle est supposée l'avoir rencontré, on est en droit de s'interroger », dit-il. L'examen de la copie d'un de ces manuscrits a révélé la mention, en français, « Ecrite par Madame Bachen », rédigée par un ami de Bach sur la couverture du document. « Lorsqu'on met tout bout à bout, il semble qu'il existe des preuves éclatantes de son implication », conclut Martin Jarvis. Bach avait épousé Anna Magdalena en 1721. Il est décédé en 1750. 

N’est-on pas dans la même logique qu’avec la « paternité » des œuvres de Molière, que certains, dont on ne connaît pas vraiment les raisons, veulent attribuer à Corneille ? Quand laissera-t-on les géants dormir en paix ? Faut-il vraiment exhumer les corps décomposé et lancer quelques hystériques recherches sur l’ADN ? Et puis même, si cela était ? En quoi devrais-je changer d’appréciation sur des productions artistiques, littéraires ou musicales qui atteignent la perfection ? Qui se trouve devant l’image d’un Glenn Gould jouant un concerto de Bach sous la direction de Bernstein ne se laisse pas embarquer par ces idées déconcertantes ! Il écoute, et réécoute. Déconnecté du monde réel, plus rien ne l’atteint. Quiconque assiste à une représentation de l’Avare ou de l’Ecole des femmes écoute de même, met son esprit hors portée des considérations de petite vertu. Les mots lui arrivent, les phrases, les vers, la grande famille vous emmène dans un tourbillon de bonheur. Le temps s’arrête. Le doute se dissipe comme un brouillard crapuleux au soleil de l’été indien… (PAC)


L'éducation aux médias

Apprendre à devenir un citoyen actif

Les critiques visant les médias sont nombreuses : ils sont souvent pointés du doigt comme étant les responsables de la crise de la représentation politique ou encore comme des acteurs sociaux manquant à l’éthique (pratiques journalistiques et dérapages éthiques). Face à ce constat, les individus possèdent différents outils pour abandonner leur rôle de spectateur passif afin de devenir des citoyens à l’affût. Destinée souvent aux jeunes et parfois aux adultes, l’éducation aux médias est à la source de nombreux projets scolaires et vise le développement de l’esprit critique et de compétences citoyennes.

Constatant que l’école et la famille ne sont plus les seuls lieux de transmission des valeurs et des savoirs, l’éducation aux médias reconnaît la place de ceux-ci dans la vie des jeunes et le rôle qu’ils jouent dans leur intégration à la vie adulte et citoyenne. Afin que la pensée critique puisse se développer, certaines habiletés doivent être maîtrisées. Il s’agit, selon un célèbre théoricien de la pensée critique, de « l’habileté à analyser des arguments, à juger de la crédibilité des sources, à distinguer des éléments et à les regrouper en fonction de la présence d’éléments communs à reconnaître les inconsistances logiques dans un raisonnement, à inférer, à déduire, à formuler des hypothèses et des conclusions, à déterminer la force d’un argument, à reconnaître les erreurs et à détecter les biais, à résumer et à synthétiser ». De plus, des dispositions doivent aussi être encouragées : curiosité intellectuelle, ouverture d’esprit, remise en question des préjugés, des croyances, prendre le temps d’être à l’affût des différents éléments avant de se faire une opinion.  

Comme les médias sont au cœur de la vie démocratique, il semble incontournable que l’éducation aux médias soit en lien avec l’éducation à la citoyenneté. Les projets d’éducation aux médias permettent de développer des compétences citoyennes en abordant des questions politiques en lien avec la démocratie. En effet, l’apprentissage aux rouages, aux effets des médias et au développement de l’esprit critique pourrait difficilement se faire dans un État ne reposant pas sur des bases démocratiques. (PAC)


Crise financière, politique, médias

Pouvoir économique ou pouvoir politique ? Pour qui les médias roulent-ils ?

Les médias jouent un rôle prépondérant dans la représentation de la réalité. L’influence médiatique sur l’opinion publique est majeure parce qu’elle détermine le contenu des informations et constitue ainsi la lentille à travers laquelle les citoyens forgent leur savoir, leur compréhension du monde et leurs convictions. « Les journalistes contribuent à modeler la compréhension de l’opinion publique en déterminant ce qui est important et ce qui ne l’est pas, ce qui doit être débattu et ce qui est sans intérêt, ce qui est vrai et ce qui est faux. Il peut être difficile pour le public d’extraire et d’établir des liens entre des faits, particulièrement dans un contexte où les nouvelles sont rapportées par des politiciens ou des groupes d’intérêts qui sélectionnent quelques bribes d’information et en éliminent d’autres. » L’information n’est ainsi pas le pur reflet de la réalité, et le mythe de l’objectivité n’est à considérer que pour ce qu’il est : un mythe. L’information est « fabriquée » en fonction de la hiérarchisation décidée par l’informateur, lequel estime seul ce qui est digne d’être rapporté et intéressant pour le public.

La place et le rôle des médias dans une société démocratique en révèlent la santé. Or, la plupart des démocraties occidentales connaissent aujourd’hui une vraie « crise du politique », dont les témoignages les plus courants s’expriment dans un certain mépris individuel et collectif des responsables politiques – reçoivent-ils la monnaie de leur pièce ? – où à travers l’idée largement répandue et « publiquement relayée » que le véritable pouvoir appartient au monde économique. La crise financière d’aujourd’hui retournera-t-elle ce qui était une évidence, dont on s’aperçoit aujourd’hui que, à l’origine d’une anarchie bancaire sans précédent (dématérialisation de l’argent), elle conduit le monde au bord du gouffre ? Assistera-t-on à une renaissance du « politique » ? Il faut l’espérer. (PAC)