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Le journal de Pierre-André Comte

Etat, démocratie, pouvoirs

L'avenir des parlements cantonaux

Les députés disposent-ils des moyens suffisants pour faire jouer pleinement son rôle au législatif cantonal ? Je lis dans un article de fond d’un excellent éditorialiste que la réponse à la question est négative. Le parlement de milice, il faut bien l’avouer, éprouve de plus en plus de difficultés face à « l’évolution bureaucratique » et à la complexification des procédures (voire à ce sujet l’intrusion massive des accords et concordats intercantonaux). Partant de là, doit-on déplorer une forme de déficit démocratique? Devrions-nous dans la foulée parler du problème plus vaste et plus crucial encore de la pérennité du fédéralisme helvétique ? La faiblesse rédhibitoire des parlements cantonaux ne les incite en effet pas à contrecarrer la dérive constatée partout, qui entraîne les Etats cantonaux à céder au « centralisme étatique ». Venons-y. (PAC)

 (Suite)

Communiqué de presse du MAJ (RJ-UJ)

La Neuveville, le Jura aussi

Une proposition inutile

Le Mouvement autonomiste a pris connaissance du rapport intermédiaire de l’AIJ, portant sur la piste « statu quo + ». Il rappelle que dès la mise en œuvre du « statut particulier », il avait dénoncé celui-ci comme étant l’antithèse de la Résolution 44 de l’AIJ, laquelle préconisait l’octroi d’une large autonomie à la région. Cette « coquille vide » de l’époque, qui le reste aujourd’hui, était en son temps considérée par les mouvements antiséparatistes comme un « maximum possible » dans le cadre constitutionnel bernois. Après avoir rejeté la Résolution 44 de l’AIJ, le canton de Berne avait alors indiqué qu’il était exclu que ses différentes régions bénéficient d’une autonomie autre que symbolique, ainsi que l’exige la stabilité politique cantonale. 

La piste « statu quo + », d’emblée discréditée par son libellé (tout statu quo n’a pas vocation à évoluer), est, en regard de la Constitution bernoise, politiquement irrecevable et juridiquement irréalisable. Frappée d’inutilité, elle ajoute à la difficulté de compréhension du dossier jurassien par les populations concernées. En projetant un futur espace tripartite sous le nom d’ « Arc jurassien », elle condamne au surplus une issue à laquelle l’Etat bernois a déjà dit non en répondant à la récente interpellation du député-maire de Moutier, Maxime Zuber. Enfin, et qu’il le veuille ou non, le « Conseil du Jura bernois » ne sera jamais l’interlocuteur direct du canton du Jura en ce qui concerne les affaires importantes touchant à la coopération interjurassienne, ce rôle appartenant exclusivement au Conseil exécutif bernois. 

De quelle que manière qu’on tourne et retourne la Question jurassienne, il apparaît évident que seul un partage de souveraineté cantonale sur l’ensemble des six districts francophones du Jura permettrait au « Jura bernois » d’être sur un pied d’égalité et de préserver ses intérêts supérieurs, intérêts qui ne peuvent être totalement respectés qu’à travers un statut offrant à la région la pleine maîtrise de ses propres affaires. Le Mouvement autonomiste salue les efforts déployés par l’Assemblée interjurassienne dans sa recherche de la solution qui garantisse un règlement durable à la Question jurassienne. Il attend sereinement son rapport final. 

Mouvement autonomiste jurassien

Moutier, le 22 septembre 2008


Une juste ambition

Rebâtir la maison jurassienne

Dans un peu plus de trois mois, le canton du Jura fêtera son trentième anniversaire. Dans trois mois, l’Assemblée interjurassienne déposera son rapport. Deux rendez-vous importants qui concernent l’avenir du Jura. La Question jurassienne sera à un tournant, auquel il nous faut nous préparer. L’Etat jurassien doit présenter une offre au Jura méridional. Elle portera sur la création d’une nouvelle république des six districts francophones. Ainsi le commande la loi « Un seul Jura »; ainsi l’exigeait la volonté populaire. Que nous reste-t-il à faire ? Nous retrouver dans une juste ambition. Œuvrer à ce qu’elle s’accomplisse. Agir pour qu’elle rallie nos compatriotes du sud. Nous sommes là, côte à côte, semblables, frères, parlant la même langue, nous désaltérant aux mêmes sources ; comment se pourrait-il que nous ne trouvions aucune raison de vivre ensemble ? Et pourtant, les choses ne sont pas si simples. Il nous faudra de la patience, du courage et de l’intelligence. Quel est le projet ? Rebâtir la maison jurassienne. Construire du neuf, dans le respect des droits et des libertés. Vous, les jeunes du Jura, devez vous en saisir avec enthousiasme, car il est garantie de progrès et d’avenir. Travailler à l’unité du Jura, c’est se montrer digne de son histoire. C’est accomplir son devoir le plus élémentaire. (PAC)


L'unité du Jura

Rien de plus naturel

On regarde cela (Jura-Nord et Jura-Sud), les gens, les lieux, la langue et l'on se dit: il faut toute la folie des hommes pour avoir divisé ce qui se ressemble tant. Il y aura fallu la peur, l'obsession du détail sans valeur, la jalousie, la rancune, l'ignorance de l'essentiel, le calcul à la petite semaine, choses qui se rassemblent sous le grand chapiteau de la sottise. Il faut donc réparer. Ce n'est pas facile, car s'il est aisé de se tromper, il l'est moins de le reconnaître. La classe politique, livrée aux calculs électoraux et aux ambitions personnelles, n'y est pas encline par nature. Les travaux de l'AIJ, tout imparfaits qu'ils puissent être, restent néanmoins un effort admirable pour arriver à l'essentiel: donner au peuple jurassien la chance de renouer avec sa nature profonde. Et si cette chance n'était pas saisie ? Le seul grand perdant serait le Jura-Sud, qui oscillerait alors entre des récriminations régionales grincheuses, impuissantes, et une sorte de catalepsie identitaire, où l'on ne se sent rien et se résigne à tout, se rabattant alors sur les querelles de petite vertu. Bref, il ressemblerait à ce que deviendrait la Suisse si les cantons n'étaient plus là pour affirmer la solidarité et la diversité humaines, si belles quand elles marchent ensemble. On le voit, malgré toutes les disputes, divergences, contorsions et dénégations, il existe un famille jurassienne meurtrie, qui aspire à son unité sur tous les plans, même si l’unité politique effraie une partie de ses enfants. Construisons-la dans la confiance mutuelle et le désir partagé de privilégier ce qui nous rassemble et de rejeter ce qui nous divise. (PAC - CONFERENCE DE PRESSE DE LA FETE DU PEUPLE 2008)

Les conclusions du rapport universitaire

SYNTHESE DU RAPPORT PRESENTE PAR L'ASSEMBLEE INTERJURASSIENNE LE 16 SEPTEMBRE 2008

Les résultats montrent que la création d’un nouveau canton organisé selon les propositions de l’Assemblée interjurassienne amène des avantages, mais aussi des inconvénients à chaque partenaire (notamment restructuration administrative, diminution de postes de fonctionnaires, différences au niveau de certaines prestations), mais dans des proportions différentes. Globalement, le canton du Jura en tire un profit supérieur à celui qu’en tire le Jura bernois dans ce cas de figure. Les deux régions mettent leurs biens en commun et construisent ensemble, sans référence à la situation actuelle. Le cadre légal, l’organisation des services de l’Etat et des communes, la répartition des tâches, tout est à définir. On retiendra que des dépenses plus faibles ne signifient pas pour autant une diminution de la qualité des prestations. C’est un défi important pour la nouvelle entité que de conjuguer l’ensemble de ces paramètres et de tirer tous les bénéfices possibles d’un nouveau départ.  

Les avantages financiers que procure une nouvelle organisation sont différenciés selon les acteurs. Le canton du Jura retire entre 94,9 et 111,1 millions de francs de la création d’une nouvelle entité, alors que le Jura bernois peut en attendre entre 26,5 et 38,6 millions. Soulignons ici que les propositions de l’AIJ d’un canton à six communes sont fortes et ambitieuses. Même si des gains importants pour tous aident à le rendre attrayant, son acceptabilité repose sur la confiance des acteurs en leur capacité à le mettre en place et sur leur volonté à s’engager dans une telle démarche. AIJ


COMMUNIQUE DE PRESSE DU MAJ (RJ-UJ)

Les avantages de l'unité

Le rapport du professeur Jeanrenaud sur les perspectives financières de la création d’un Jura des six districts francophones permet de répondre à un certain nombre de craintes. Il montre que la situation résultant de la reconstitution de l’unité du Jura est bénéfique pour l’Etat jurassien et pour les trois districts restés sous juridiction bernoise. L’expertise établit le fait que l’addition des énergies et des potentiels économiques de deux régions semblables conduit au progrès de l’ensemble. L’hypothèse politique devient réalité scientifique. 

Le Mouvement autonomiste considère que les conclusions de l’étude universitaire doivent être prises comme un élément constructif du débat institutionnel. Elles ne justifient pas plus d’expressions de victoire que de défaite. Les autonomistes invitent leurs compatriotes du sud du Jura à intégrer ces données dans une réflexion objective sur l’avenir. Chacune des deux régions « y gagnant » selon le rapport commandé par l’AIJ, chacune d’elle y gagnera en s’engageant dans un débat où les approximations du passé cèdent le pas aux réalités d’aujourd’hui. L’étude de ce que pourrait être un nouveau canton formé des six districts francophones du Jura se poursuit au sein de l’Assemblée interjurassienne. Elle est alimentée par des observations, commentaires, preuves et démonstrations scientifiques qui ne laissent aucun doute sur la pertinence de la question posée.

Le « partage de souveraineté » - qui est un partage d’avantages et non d’inconvénients - prend aujourd’hui tout son sens. Il faut l’aborder avec la sérénité et la détermination utiles, dans le canton du Jura, mais aussi dans les milieux politiques du Jura méridional. Il constitue une chance unique pour l’ensemble de la communauté jurassienne. Puisse celle-ci en saisir la portée historique.  

 

Moutier, le 16 septembre 2008


Grands hommes

Virgile Rossel, Roland Béguelin, Roger Schaffter, ...

Je l’aime ! Voulez-vous savoir pourquoi je l’aime,

Mon Jura si petit sous le grand ciel de Dieu ?

Je l’aime autant qu’on peut l’aimer, et tout de même

Il me semble parfois que je l’aime trop peu. 

 

Ces vers sont de Virgile Rossel, le grand homme du sud. Ils nous renvoient à ce qui fut le rêve de toute sa vie, à l’amour du pays, à son unité, à sa liberté. En même temps que nous l’honorons, nous célébrons le 15e anniversaire de la disparition de Roland Béguelin, l’autre grande figure du sud, le libérateur, qui nous renvoie à l’émancipation de notre peuple, à la souveraineté de l’Etat. Deux destins se croisent ici. Ils nous rassemblent et nous poussent à l’action. Nous les saluons avec le plus profond respect et la plus sincère reconnaissance. Témoignage qui s’adresse de même à Roger Schaffter, autre « père de la patrie », disparu il y a dix ans, que nous n’oublions pas. Ces êtres-là ont fait le Jura plus grand qu’il n’est. Beaucoup plus grand. (PAC - extrait discours du 14 septembre FPJ)


61e Fête du peuple jurassien

Réception officielle, hier soir à l'Hôtel de Ville de Delémont

L'attachement à l'unité du Jura

Votre présence ici témoigne de votre attachement à l’unité du Jura et, avant qu’elle ne s’impose et rétablisse l’ordre naturel des choses, au remembrement du corps institutionnel et à la réunification de la patrie. C’est toujours de la terre dont nous parlons ici, d’un rêve inachevé, de quelque chose qui nous touche au plus profond de nous-mêmes et nous transforme, ce n’est pas du mauvais nationalisme, c’est du bon, c’est de l’affection, de l’amour en plus, de la passion même pour les plus irréfléchis, de l’attrait naturel qui remplit le corps et occupe l’esprit, c’est le Jura du pasteur Charles-Ferdinand Morel, de l’écrivain Virgile Rossel, de l’intellectuel Auguste Viatte, de l’historien Victor Erard, de l’artiste Jean-François Comment, du poète Alexandre Voisard, des combattants Roland Béguelin et Roger Schaffter, et de tous ces héros du génie technologique, de la création industrielle, de ces êtres admirables qui ont façonné la demeure intime du Jurassien, le refuge confidentiel de ses paysages, l’ombre discrète de ses monuments, le secret public de ses racines, l’histoire millénaire de son unité. C’est le Jura aussi des talents en devenir, de ses fils et filles qui étonnent le monde quand l’un d’eux dévoile une part de l’intimité du ciel, le Jura de cet avenir qui se concocte dans nos lieux de savoir, de travail et de création. (PAC)           


Fête de la Vallée d'Aoste

Chevaliers et Amis de la Vallée d'Aoste

Les nouveaux «Chevaliers de l’autonomie» qui recevront la plus importante reconnaissance de la Région, le 7 septembre prochain, à l’occasion de la Fête de la Vallée d’Aoste, qui se tiendra à Aoste, sont au nombre de cinq. Les nouveaux « Chevaliers », choisis avec les « Amis de la Vallée d’Aoste », par une Commission spéciale composée des Présidents de la Région, du Conseil régional, du Consortium des collectivités locales, parmi les personnalités italiennes ou étrangères « qui par leur présence ou leurs activités ont donné du prestige à la Vallée d’Aoste », sont le champion de ski de fond, Marco Albarello vainqueur de plusieurs médailles aux championnats du monde et aux jeux olympiques d’hiver, la géographe Augusta Vittoria Cerutti, l’ancien déporté et prisonnier de guerre en Allemagne Adolfo Formento Dojot, l’archidiacre de la Cathédrale d’Aoste Giulio Rosset et l’ancien conseiller et assesseur régional, protagoniste lui aussi de la Résistance en Vallée d’Aoste, Augusto Valleise. En ce qui concerne les « Amis de la Vallée d’Aoste », la reconnaissance sera décernée à l’entrepreneur Giuseppe Marzorati, titulaire de la Cogne Aciers Spéciaux d’Aoste, à Guido Ariano, qui fut l’un des chefs des maquisards pour la lutte de la libération de la Vallée d’Aoste contre les fascistes et au japonais Tsunekazu Takeda, prince impérial japonais et ancien président du Comité Olympique Japonais, promoteur des rapports d’amitié et d’échanges culturels entre la Région et le Japon. Au cours des éditions précédentes, ont reçu les mêmes honneurs, parmi d’autres, M. Joaquin Navarro-Valls, Luciano Violante, Mike Buongiorno, Michel Barnier et Valerio Onida. On m’a décerné la décoration Ami de la Vallée d'Aoste en 2006. Le Président de la Région, en présentant à la presse la «Fête de la Vallée d’Aoste», a souhaité « qu’elle puisse être pour nous tous à la fois la manifestation d’un sentiment d’union et de partage et la confirmation de l’authenticité, de la ténacité et de la solidarité, autant de valeurs qui caractérisent irrévocablement la population valdôtaine. » Aujourd’hui plus que jamais, les Valdôtains sont invités à croire en la force de leurs racines, de leur histoire et de leur culture, et ce, afin de valoriser leur autonomie tout comme l’héritage de leur passé. (réf. UV) (Suite)

Etonnante France

Quelle gouvernance ?

C'est tout de même une façon curieuse de gouverner. Nicolas Sarkozy convoque à l'Elysée son "G7", groupe officieux formé des sept ministre dont il pense qu'ils sont les mieux placés pour relayer sa pensée politique ! Le Premier Ministre ? Exclu. Le reste du gouvernement ? Ignoré. On imagine les tracas psychologiques des uns et des autres ! Il y a des moeurs politiques - toutes nouvelles celles-là - qui laissent pantois. La France est-elle bien servie dans cet embrouillamini ? On peut en douter, le plus triste étant que l'opposition reste muette et ne monte pas aux barricades, toute embuée qu'elle est par ses contradictions internes ! Allez, la France.... (PAC)