La Neuveville, le Jura aussi
Une proposition inutile
Le Mouvement autonomiste a pris connaissance du rapport intermédiaire de l’AIJ, portant sur la piste « statu quo + ». Il rappelle que dès la mise en œuvre du « statut particulier », il avait dénoncé celui-ci comme étant l’antithèse de la Résolution 44 de l’AIJ, laquelle préconisait l’octroi d’une large autonomie à la région. Cette « coquille vide » de l’époque, qui le reste aujourd’hui, était en son temps considérée par les mouvements antiséparatistes comme un « maximum possible » dans le cadre constitutionnel bernois. Après avoir rejeté la Résolution 44 de l’AIJ, le canton de Berne avait alors indiqué qu’il était exclu que ses différentes régions bénéficient d’une autonomie autre que symbolique, ainsi que l’exige la stabilité politique cantonale.
La piste « statu quo + », d’emblée discréditée par son libellé (tout statu quo n’a pas vocation à évoluer), est, en regard de la Constitution bernoise, politiquement irrecevable et juridiquement irréalisable. Frappée d’inutilité, elle ajoute à la difficulté de compréhension du dossier jurassien par les populations concernées. En projetant un futur espace tripartite sous le nom d’ « Arc jurassien », elle condamne au surplus une issue à laquelle l’Etat bernois a déjà dit non en répondant à la récente interpellation du député-maire de Moutier, Maxime Zuber. Enfin, et qu’il le veuille ou non, le « Conseil du Jura bernois » ne sera jamais l’interlocuteur direct du canton du Jura en ce qui concerne les affaires importantes touchant à la coopération interjurassienne, ce rôle appartenant exclusivement au Conseil exécutif bernois.
De quelle que manière qu’on tourne et retourne la Question jurassienne, il apparaît évident que seul un partage de souveraineté cantonale sur l’ensemble des six districts francophones du Jura permettrait au « Jura bernois » d’être sur un pied d’égalité et de préserver ses intérêts supérieurs, intérêts qui ne peuvent être totalement respectés qu’à travers un statut offrant à la région la pleine maîtrise de ses propres affaires. Le Mouvement autonomiste salue les efforts déployés par l’Assemblée interjurassienne dans sa recherche de la solution qui garantisse un règlement durable à la Question jurassienne. Il attend sereinement son rapport final.
Mouvement autonomiste jurassien
Moutier, le 22 septembre 2008