Instrumentalisation de l'histoire

Quand les mythes s'effondrent !
(réf. Le Temps, 31.07.08) Pour un coup dur, c'est un coup dur ! Que vont devenir nos chantres de la suissitude quand ils auront pris connaissance du dernier livre de l'historien Roger Sablonier ? Guillaume Tell, les résistants, le Grütli, le pacte, Morgarten, l'alliance sacrée contre l'envahisseur ? Du pipeau ! Ca valait bien que Chevallaz se décarcasse et nous jette à la figure que "la Suisse romande n'existe pas!" Sacrebleu ! Les politiciens fertiles en discours ronflants sur la "volonté d'indépendance des anciens Confédérés" s'en remettront-ils ? L'historien affirme que c'est leur métier "d'instrumentaliser l'histoire" et que cela n'est guère susceptible de l'émouvoir. J'ai hâte de les écouter ce prochain 1er Août (autre invention tardive...) ! Le plus fort, c'est encore la conclusion de Roger Sablonier, dans laquelle il situe, comme d'autres d'ailleurs, "la rupture décisive avec l'organisation politique et sociale de l'Ancienne Confédération" à la période de la République Helvétique (de 1798 à 1803), et qu'il dit "qu'on aurait pu faire de Napoléon un héros national!" Là, ce doit être le coup de grâce pour certains baratineurs ! Cambronne servira à clamer leur désappointement. A propos, qu'étions-nous, justement, à cette époque et avant elle ? De 999 (trois siècles avant le pacte des Waldstätten...) à 1793, le Jura est principauté épiscopale, l'Evêché de Bâle. Une longue période de huit siècles, donc, où se constitue la conscience communautaire du Jura et dont découle l'émergence de l'identité nationale des Jurassiens. Ca, par contre, ce n'est pas de la gaudriole ou de l'instrumentalisation historique, c'est l'histoire. C'est un fait. (PAC)
(Suite)-
31 Juillet 2008 à 14:14 dans
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