Oui à L'Europe, mais...
L'Europe peut-elle parler d'une seule voix ?
Le « non » de l’Irlande au Traité de Lisbonne met l’Union européenne en difficulté. Difficulté qui la conduit à faire aboutir la ratification du traité dans tous les pays qui n’y ont pas encore procédé, pour ensuite obliger les Irlandais à revenir sur leur première décision par le biais d’un second référendum… On imagine l’outrage fait à la souveraineté populaire aux yeux des citoyens ! Comme le préconise Bronislaw Geremek, il vaudrait mieux suivre le précepte de Saint-Simon : « L’Europe unie doit être celle des citoyens ». Il ne faut pas craindre le peuple, poursuit l’ancien Ministre des Affaires étrangères de Pologne, il faut craindre le populisme, qui exploite l’absence du peuple sur la scène publique ! Si l’Europe choisit d’imposer un nouveau vote à l’Irlande, elle ne se mettra certes pas en contradiction avec les règles juridiques. Elle risque cependant de porter un coup dur à la perception que les citoyens européens ont légitimement de la démocratie. L’Union européenne dispose de traités qui ne sont pas échus pour continuer d’avancer. Si elle opte pour la force face aux peuples récalcitrants, on peut imaginer qu’elle s’exposera à perdre de la crédibilité et de sa capacité à convaincre, ce qui pourtant reste la meilleure méthode... démocratique. Et que dire du message public, notamment en direction de la Suisse ? On voit d’ici le déferlement de critiques. Espérons donc que de mauvaises voies ne soient pas suivies… (PAC)-
28 Juin 2008 à 10:47 dans
- Affaires extérieures












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