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Le journal de Pierre-André Comte

Le retour de l'agriculture

La revanche des paysans

L’éditorial de Pierre-André Chapatte de ce matin (LQJ – 30.4.2008) rappelle l’évidence : « Trop de politiques agraires dictées par les impératifs des marchés d’exportation à conduit à faire oublier que la mission première de l’agriculture n’était pas de produire pour l’exportation (dans le Sud) ou d’entretenir le paysage (dans le Nord), mais d’assurer la nourriture à la population. » Puis, le rédacteur en chef du Quotidien jurassien parle de « revanche de l’agriculture ». Revanche ? Contre qui ? Contre quoi ? Le sentiment des paysans est-il celui de la revanche ? Peut-être, et ce serait légitime pour une population si souvent en proie à d’injustes critiques, d’injures régulières proférées sans retenue par les bobos-bio (qu’il ne faut pas confondre avec les écologistes honnêtes), de soupçons mesquins quant à leur attitude à l’égard de l’environnement, de railleries faciles sur les subventions qu’ils touchent. Je ne veux cependant pas en rester là, alors que, régulièrement, j’en appelle à des discussions ouvertes et constructives avec le milieu agricole. Il est plus que jamais temps d’entretenir avec lui un lien fondé sur la confiance, le respect mutuel et la volonté de concertation en dehors de laquelle on se trompera toujours. La conclusion pertinente de Pierre-André Chapatte peut servir à l’ouverture d’une nouvelle relation socio-économique et culturelle avec nos paysans : « La sagesse voudrait que le monde parvienne à s’entendre sur une voie médiane. A savoir la nécessité pour chaque pays de maintenir une agriculture capable de remplir sa fonction première, celle de garantir à la population une alimentation de proximité respectueuse de la santé et de l’environnement, et susceptible aussi, pour le reste, de commercer librement sur le marché mondial, sans l’aide de subventions à l’exportation qui sont fatales aux pays émergents, moins performants et moins argentés. » S’il s’adresse aux concepteurs de la politique mondiale, le propos ne nous concerne pas moins de près. Nous avons à l’intégrer pour mieux appréhender la question agricole. J’aime les paysans, et c’est au nom de cette affection sincère pour un monde auquel j’appartiens depuis ma naissance que je demande que l’agriculture jurassienne soit mieux considérée (le rejet idéologique est aussi stupide que le paternalisme condescendant), notamment dans les milieux politiques. (PAC)

Retour au centime de l'eau

Le canton du Jura légitimement félicité

Je reviens au sujet d'hier, pour me réjouir de la "rose" octroyée au Parlement jurassien par l'Illustré. Les autorités politiques, à juste titre, sont souvent critiquées. C'est la règle en démocratie. Bien sûr, elles reçoivent des reproches qui sont aussi maintes fois gratuites. Qu'en est-il lorsqu'elles sont félicitées ? Les commentateurs sont la plupart du temps modestes dans le décernement de leurs louanges. Peu importe. Je tiens donc, dans ce papier, et en pensant à l'action admirable conduite par la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, à revenir sur l'information ci-dessus, tout simplement en la reproduisant "in extenso" :

L'Illustré du 30 avril 2008."Une rose pour...": "Laurent Schaffter. Le Parlement jurassien est un pionnier. En guise de pépite d'or, c'est un centime sur chaque mètre cube d'eau que les autorités du canton veulent percevoir. Cette redevance, prélevée au titre de la solidarité, servira à financer des projets liés à l'accès à l'eau potable dans des pays en développement. Si l'idée n'est pas nouvelle, ce sera la première fois qu'un canton la mettra en application. Petite rivière deviendra grande, le centime devrait se transformer en un trésor de quelque 80 000 francs par an. L'Illustré adresse une rose du désert au ministre de l'Environnement d'un canton à l'âme altruiste". Bravo le Jura ! C'est ce type d'action-là qu'on attend toujours de toi, toi l'Etat confédéré qui se doit d'être aux avant-postes des solidarités internationales. (PAC)


Centime de l'eau

Propos imbéciles à foison

Diantre. Olivier Allimann, que je ne connais pas, se prend pour un poète. Je lis son courrier dans le QJ de ce matin, à propos du centime de l’eau (en solidarité avec ceux qui en ont besoin) voté par le parlement le 23 avril. Que dit-il, ce nouveau Rochefort ? D’abord que, en éructant contre ce qu’il considère comme une taxe indigne, « c’est la goutte qui fait déborder le vase ! » Et d’ajouter ensuite cette sanction définitive : « Est-ce à force de côtoyer nos ministres à l’heure du pastis tout en ergotant sur les 51 mesures d’assainissement des finances cantonales que leurs capacités de discernement s’en ressentent troublées ? » J’aurais bien voulu argumenter et expliquer à ce concitoyen quel sens il fallait accorder à la décision légitime du parlement. Peut-être aurait-il mieux compris ce qui pousse de temps en temps le législatif cantonal à se dépasser et à rendre plus digne la mission dont il est chargé, ce qui est le cas en l’occurrence. Malheureusement, et quel que soit le respect que je dois à M. Allimann, je doute que cela soit possible et ne peux me soustraire au devoir de lui déplaire, non avec la hargne qu’il manifeste à mon égard (je suis député comme les autres), mais avec la simplicité de l’honnête homme face à l’injure dont il est l’objet : je ne sais si vous êtes imbécile, mais je suis sûr que vos propos le sont. (PAC)

Garder confiance et s'engager

Une évidence de l'histoire

Les vociférations des penseurs de Force démocratique n'y feront rien. Un jour ou l'autre, à court ou à long terme, les deux parties du Jura aujourd'hui séparées se réuniront. Le temps qu'il y faudra n'importe pas. Si les dirigeants actuels ne vivent pas la réunification, ce seront les suivants. La patience des Jurassiens aura raison du contretemps historique. Dès lors, soyons pleinement confiants en l'avenir. Plein de jeunes Jurassiens sont prêts à reprendre le flambeau. Je les vois à l'oeuvre. Ils s'expriment, s'engagent, formulent des idées, se repassent le serment. Ils ont du talent. En face d'eux, les incorrigibles des générations descendantes, dont on comprend qu'ils ne peuvent se départir des engagements auxquels ils ont consacré toute leur vie, n'ont aucune chance d'empêcher l'évolution des esprits. Jura-Sud et Jura-République doivent ensemble, cela saute aux yeux. Nous ne cesserons jamais d'affirmer cette évidence, ni n'arrêterons d'y travailler avec conviction et enthousiasme. Dans son principe, l'unité du Jura ne se négocie pas. J'ai d'ailleurs l'impression qu'elle est moins éloignée de nous qu'on ne le pense. Allez, bon dimanche! (PAC)


La loi "Un seul Jura" a deux ans

Une loi porteuse d'avenir

La loi "Un seul Jura" a deux ans exactement ce 26 avril. Née de l'initiative populaire du même nom, elle est l'instrument dynamique de la volonté de l'Etat jurassien. De son article 4 découle la formulation d'une offre de partage de souveraineté au Jura méridional, qui elle-même représente un processus inédit dans l'histoire politique suisse. La loi met la République et Canton du Jura en demeure de faire la démonstration de sa bonne foi quant à la répartition des pouvoirs sur l'ensemble des six districts francophones. En ce sens, elle constitue une garantie précieuse pour le sud du Jura dans l'exercice de ses droits démocratiques. De cette loi peut, à moyen terme, surgir une solution durable à la Question jurassienne. A défaut, elle sera une "perche" tendue en permanence aux districts restés sous juridiction bernoise. Soyons donc confiants, et comptons sur la sagesse des hommes pour faire émerger la "communauté de destin" qui unit pour toujours les deux parties du Jura aujourd'hui séparées. Un beau et noble projet pour la jeunesse jurassienne. Un projet d'avenir. Travaillons-y avec conviction, respect et enthousiasme. (PAC)


Ce soir match à Vicques

Basket en Terre Sainte

Match de championnat en 3ème ligue régionale. Vicques l'emporte au bout d'un match... amical. En effet, aucun arbitre ne s'est présenté pour diriger la partie. Couac ? Défaillance de la ligue ? Manque d'arbitre ? Je ne sais pas. Cela n'empêche. Ce n'est pas sérieux. Malgré l'absence des juges, les deux équipes (Vicques et Oberdorf) ont disputé une partie amicale extrêmement plaisante. De belles combinaisons se sont succédées, pour en arriver au résultat positif de la victoire vicquoise. A la prochaine rencontre, pour encourager les Flying Fish dans un championnat où ils occupent actuellement le 3ème rang avec 2 matchs de retard, derrière Boncourt III qu'ils ont défait 89-58 lors de leur dernière confrontation à Porrentruy. A la prochaine donc. (PAC) 


Dépôt d'un postulat au nom du groupe socialiste

Incivilités, violence juvénile et vandalisme :mesures à prendre

Au cours des mois passés, des actes d’incivilité, de violence juvénile et de vandalisme ont été signalés dans les trois districts jurassiens. Plusieurs exemples récents (agressions et vandalisme dans les trois chefs-lieux de district) témoignent d’un phénomène à l’égard duquel les autorités cantonales ne peuvent rester insensibles. 

Manifestation du non-respect de l’autorité de la famille, de l’école, de la police et de la justice, les incivilités sont des comportements de rupture qui portent directement atteinte au lien social. En ignorer les méfaits, c’est se condamner à en subir l’amplification dans les années à venir. Pour illustrer ce propos, les spécialistes utilisent la métaphore de la « vitre brisée » : lorsqu’un carreau vient à être cassé, tous ceux qui sont à côté ne manqueront pas de subir le même sort si le carreau en question n’est pas immédiatement remplacé. (PAC)

 (Suite)

Séance du Parlement jurassien du 23 avril 2008

Droit à la dignité dans la mort

POSTULAT 268 (S. Vifian) – Position du groupe socialiste par P.-A. Comte

Le groupe socialiste approuve sans réserve le postulat de M. le Député Vifian. Il s’agit là d’une démarche dont l’exigence morale n’échappe à personne. Chacun à en tête le calvaire de malades désirant qu’on les délivre de leurs souffrances. Personne n’ignore la frustration de l’homme face au doute de son libre arbitre. Débat de société, disent certains. De droit à la plus simple humanité, suis-je tenté d’ajouter. Avec l’évolution des temps tombe la restriction mentale face au droit à la mort, à la dignité dans la mort.  (PAC)

 (Suite)

Fédéralisme, souveraineté cantonale, la grande débandade

 Résister

A la veille de la session parlementaire, je m'interroge sur la volonté des législatifs cantonaux de préserver les souverainetés cantonales dont ils sont dépositaires. Et je doute. Harmos? On n'y échappe pas, clament les uns! Modification de la loi d'application des mesures de contrainte en matière de droit des étrangers? On n'a pas le choix surenchérissent les autres! A quoi donc servons-nous? Est-il encore raisonnable d'entretenir des institutions cantonales dont les démissions successives sont autant d'actes de décès de l'Etat cantonal? Pour ce qui me concerne, j'ai tranché: je résiste. Malgré les remontrances des ronds-de-cuir qui sauront avec tant d'élégance m'expliquer ce qu'est le "droit supérieur". Foutaise ! Je n'accepterai pas Harmos (bien que je sois pour les harmonisations nécessaires et utiles) et je refuserai la modification de la loi jurassienne relative aux étrangers. (PAC)


Prochain parlement

Du discours parlementaire

Imaginons un instant cette réplique au ministre concerné:

"Votre discours, Monsieur le Ministre, c'est un véritable objet littéraire non identifié qui dissimule la plus grande liberté d'esprit sous l'apparence d'un sérieux impertubable. Cette truculente parodie, saga inversée proche du canular, retourne, avec une joyeuseté apparemment enfantine, la grande duperie qui a engendré les prétendues valeurs d'un monde durablement mystifié!"

Que ce serait beau, n'est-ce pas ? On peut toujours rêver. (PAC)


Ça continue…

 Au plus grand plaisir des imbéciles

Je lis cet article du Matin d’aujourd’hui, lequel, ma foi, me paraît fort pertinent : « Pauvre Pascal Couchepin ! Le président de la Confédération a dû lancer vendredi à Paris la campagne de promotion que la Suisse s’offre à l’occasion de l’Euro 2008 avec un concept des plus foireux et abscons ! L’expo itinérante composée de cinq conteneurs symbolisant la croix suisse va tourner en Europe sous la dénomination de « ICON-Roadshow EURO 2008 ». Le rapport avec la choucroute et la Suisse ? C’est une référence à l’icône, nom donné par les concepteurs du machin show à la croix suisse… Tout OK ? » Voulez-vous d’autres renseignements ? Allez voir sur switzerland.com (!)  et vous y apprendrez que « l’icône contribuera à faire connaître la richesse culturelle et le quadrilinguisme de notre pays. » Mon œil ! ICON-Roadshow EURO 2008, quel témoignage dudit quadrilinguisme ! A moins que l’anglais n’ait déjà délogé le romanche dans le quatuor de nos langues nationales… Voilà pour la diversité culturelle. Quant au concept, on imagine assez facilement que quelques génies recyclés d’Expo 02 ne doivent pas être loin du délit. Ces mêmes qui avaient peinturluré les Jurassiens en blanc et les avaient ainsi rendus ridicules avec la complicité de leurs gouvernants, ne sont sûrement pas innocents. Voulez-vous une perle du site switzerland.com ? Je le cite : « La Story Schweiz (sic !) propose des histoires sur notre pays et présente les valeurs de la Suisse. » Comme j’vous l’dis ! (PAC)

Moutier au centre du débat

Les autonomistes de la cité prévôtoise en réunion

Hier soir, samedi 18 avril, l’assemblée générale de la section de Moutier du MAJ (RJ-UJ) a permis à ses militants de débattre de l’évolution de la Question jurassienne. Présidée par Isabelle Pasquier, cette réunion a été l’occasion pour les dirigeants du mouvement de livrer leur analyse de la situation. Le président Christian Vaquin est revenu sur le détail des propositions de l’Assemblée interjurassienne, en remarquant qu’elles ouvrent de nouvelles perspectives à un dialogue interrégional "portant enfin sur le fond du problème." Pour ma part, et en tant que secrétaire général, j’ai profité de cet excellent moment d’échanges pour inviter les Prévôtois à rester mobilisés, car le temps est bientôt venu de reformuler et réaffirmer un objectif auquel le MAJ ne dérogera pas : la reconstitution de l’unité du Jura au gré d’un processus soigneusement réglé et respectueux des droits démocratiques. Pour le mouvement autonomiste, l’offre de partage de souveraineté du Jura-République au Jura-Sud reste « la chose essentielle. » Les mois qui viennent seront cruciaux. La Ville de Moutier continuera d’être placée au centre du débat, d’où l’importance de la fidélité jurassienne à une cause juste et légitime. Quant à lui, le MAJ, tout en rappelant son indéfectible attachement aux postulats de l’initiative et de la loi « Un seul Jura » agira dans le sens de la préservation des intérêts bien compris du Jura des six districts francophones. Excellente soirée, à vrai dire, hier à l’Hôtel de la Gare. Qui s’est conclue comme il se doit par la « Rauracienne ». (PAC)


Il a vingt ans déjà, Pierre Desproges tirait sa révérence

On peut rire de tout mais pas avec tout le monde

Le 18 avril 1988 disparaissait Pierre Desproges, humoriste non-conformiste que j’adorais. Qu’en dire ? Bedos et les autres du cercle intime le font si bien que je ne m’y risque pas. Il est toujours vivant. Chacun s’en souvient avec une profonde nostalgie. J’aimais ce comique et sa singularité. Desproges se revendiquait d'un certain « élitisme ». C’était un lettré qui préférait « plaire à quelques personnes qui le comprennent qu’à des millions de gens à qui il n’a rien à dire. » Sa façon particulière de casser le tabou, chez cet admirateur de Léautaud et de Marcel Aymé, reste inimitable. Un vrai, un bon, un excellent provocateur. Ainsi il n'hésita pas à s'attaquer aux sujets les plus sensibles, comme la religion : « Dieu a dit : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”, c'est vrai. Mais Dieu ou pas, j'ai horreur qu'on me tutoie, et puis je préfère moi-même, c'est pas de ma faute ». Sur un autre sujet, qui n’a rien perdu de son actualité : «Les deux tiers des enfants du monde meurent de faim, alors même que le troisième tiers crève de son excès de cholestérol.» Salut l’ami Desproges, marre-toi bien à l’écoute des hommages qui te sont rendus ! (PAC)

Le départ d'un homme immense

Adieu Aimé Césaire

Telle est la poésie de cet homme de combats: aussi violente qu'un volcan, aussi pure que la neige, aussi magique que l'évidence. Ainsi parlait quelqu'un de l'oeuvre et du poète.

J'habite une blessure sacrée - J'habite des ancêtres imaginaires - J'habite un vouloir obscur

Dit-on encore que sa poésie est hermétique ? se demande un autre. Elle parle plus vite à un illettré africain qu'à un diplômé, à une paysanne du nord de l'île qu'à un professeur. Il s'en amuse et le sait.

Et voici de tous les points du péril
l’histoire qui me fait le signe que j’attendais,
Je vois pousser des nations.
Vertes et rouges, je vous salue,
bannières, gorges du vent ancien,
Mali, Guinée, Ghana

Aimé Césaire est mort. Tristesse des jours. Regrets de toujours. (PAC)


Un monde qui marche sur la tête

Emeutes au Sénégal
"Les tartuffes de la faim"
Le monde se mobilise contre la faim dans les pays pauvres. Pourtant, se demande Le Monde (édito de ce jour) « comment ne pas se sentir mal à l'aise face à ces élans du cœur ? » Et de poursuiuvre : « Car les plus généreux aujourd'hui sont peut-être les plus responsables de ce dérèglement planétaire. Les nouvelles habitudes alimentaires des pays émergents, largement importées des pays développés, expliquent en grande partie l'explosion de la demande, et donc les tensions sur les prix. »  Enfin : « Ce n'est pas la seule raison. La concurrence des biocarburants en est une autre, essentielle. Or les Etats-Unis, si généreux avec le Programme alimentaire mondial, ont confirmé leur volonté de doubler les surfaces déjà très importantes qu'ils consacrent aux biocarburants. Face à l'automobiliste américain, le paysan haïtien ne fait pas le poids. Même chose pour l'Europe. Non seulement elle veut développer les biocarburants, mais, dans les négociations internationales, elle maintient une politique protectionniste qui déstabilise depuis longtemps les agricultures du tiers-monde et freine la réduction de la pauvreté. »

A propos des biocarburants que tout le monde ou à peu près vante chez nous, on sait à quoi leur production intensive conduit. L’Assemblée nationale française s’en est émue aujourd’hui. Chez nous, c’est à peine si l'on ose en parler,  j’ai fait l’expérience dernièrement.  Et pourtant : les biocarburants, comme aux Etats-Unis, d’une part ne permettront jamais à l’Europe de pallier la pénurie de pétrole, d’autre part l’usage intensif du biocarburant, avec ce que cela suppose en termes de « production agricole détournée » (on produit des céréales non pour leur fonction première), constitue une sorte de « crime contre l’humanité », comme le dirait mon ami Jean Ziegler, puisqu’il prive une part de l’humanité de la nourriture dont elle a besoin pour… survivre ! Une nouvelle lutte s’engage ! « Face à l'automobiliste américain, le paysan haïtien ne fait pas le poids. Même chose pour l'Europe. », n'est-ce pas ?  Les biocarburants de première génération ? L’alibi environnemental pour le confort des riches ! Nos voitures comptent davantage que ces ventres qui crient famine, si loin là-bas, tout de même… (PAC)


Mesures d'économies dans le canton du Jura

L'honneur de l'Etat

Les mesures d’économie proposées par l’exécutif cantonal résultent d’un arbitrage équilibré. Elles concernent l’ensemble des services, ce dont personne ne s’offusquera. La méthode gouvernementale est bonne et appréciée comme telle. Il n’y manque qu’une chose pour être parfaite : l’approbation de principe du parlement, en une seule fois, au terme d’un débat général qui témoigne de la cohésion de l’institution politique. Dans le processus arrêté, l’examen des mesures s’égrènera au fil des mois et années, ce qui, dans l’esprit des gens, diluera l’élan collectif en autant de péripéties incertaines, ce qui n’est pas très glorieux, ou en actes de rébellion survenant au gré des  victoires et défaites idéologiques prochaines, inhérentes à la vie parlementaire. Une décision globale – née de la vision globale que nous avons si souvent appelée de nos vœux lors de l’élaboration de projets antérieurs – aurait été la plus appropriée. Est-il exclu qu’elle se produise ? Peut-être pas. Il appartient au Bureau du parlement d’en décider après en avoir négocié les modalités avec le gouvernement. (PAC)

 (Suite)

Des beaux quartiers à ceux des galettes d'argile

Cité-Soleil à Port-au-Prince: que faire quand on n'a que des galettes de boue à manger ?

Les misères d'un monde fou !

Le monde crie famine. Le monde pauvre, s'entend. Les prix flambent, celui du riz, du blé et du maïs s'envole: 30 à 40% d'augmentation ! L'Afrique se révolte, et les Haïtiens, s'ils n'ont d'autre recours que l'émeute pour crier leur désespoir, se confectionnent des galettes d'argile pour calmer leur estomac vide. Pendant ce temps, à Paris, Londres ou Milan, on prend de légitimes arrêtés pour la santé de mannequins exploités par l'industrie du grand luxe ! Les uns combattent la tyrannie de la minceur (!), les autres celle de la faim ! L'homme moderne plonge dans l'abîme. Douloureuse impression et réalité des faits. (PAC)


Part de raison, part de raisonnement

 

Faut-il entrer dans la danse grégaire ?

Ainsi, Panurge, le fils de Gargantua, fit se précipiter les moutons de Dindenault dans la mer, où ils se noyèrent avec leur maître. Depuis cet événement, on sait ce que "l'esprit mouton" (le mouton de Panurge) veut dire. On pourrait aussi parler d'esprit grégaire. Passons. Je cherche le nom du philosophe qui disait, à peu près, que dès qu'une opinion est admise comme vérité absolue, le temps est sûrement venu de la combattre. Cela ne me déplaît pas. Prenons l'exemple des foules qui signent des pétitions en faveur d'Eveline Widmer-Schlumpf. Le Temps, dans un éditorial fort intéressant, conclut en se demandant s'il n'y a pas "méprise". Je partage l'interrogation. Que l'UDC magouille, tempête, dénigre ou complote contre une femme qu'elle prend à tort pour une traîtresse est nauséabond, personne n'en doute. Sans l'excuser, disons cependant que d'autres partis ont déjà eu dans le passé des comportements analogues (le PSS à l'égard d'Otto Stich ou de Francis Matthey), quoi qu'il faudrait y mettre de la nuance. Que les gens de droite participent à la déclaration d'amour insensée à la conseillère fédérale, ça peut se comprendre. Mais que les femmes de gauche et les autoproclamés progressistes d'autres partis se mettent à bêler itou est plus surprenant. Je respecte Eveline Widmer-Schlumpf, et salue en elle une politicienne courageuse, mais je suis sceptique quant à faire la part des choses et à fermer les yeux sur son idéologie politique, identique à celle que son illustre prédécesseur et frère de parti développa pour notre malheur. Désolé, je n'y arrive pas, et me fourvoyer dans la danse grégaire au prétexte qu'il s'agit de prendre la défense d'une femme reviendrait à rejoindre ces cohortes de féministes déjantées qui n'ont de cesse de ravaler leurs congénères au statut subalterne de quota social ! Je ne marche pas. Je félicite Eveline Widmer-Schlumpf de la résistance qu'elle oppose à ses détracteurs de l'UDC, mais nous en resterons ici. La démocratie n'est pas en jeu dans une affaire pareille, et tout élu au Conseil fédéral, avant d'en arriver là, a suivi dans l'expression libre ou dissimulée de son ambition personnelle des chemins parsemés de gentils et accommodants cadavres. Les petits saints sont exclus de la compétition. Dès lors, calmos ! La conseillère fédérale n'a besoin d'aucune compassion, d'où qu'elle vienne.

Cette histoire me rappelle le 11 septembre 2001. Dans les jours qui ont suivi les attentats, une soi-disant "experte" (!) française, prenant le monde à témoin de la tragédie qui lui nouait l'estomac, braillait sur toutes les chaînes de télévision que "nous sommes tous des Américains!" C'est ça, Madame la Marquise, et rendez-vous à Bagdad ! Alors, ici, dans la vaste communion dédiée à la carrière d'Eveline Widmer-Schlumpf, nous sommes tous d'une UDC démocratique, peut-être ? C'est ça. Voilà, devoir accompli, larmes versées sur cette pauvre brebis égarée (le mouton de Panurge ?) depuis 100 jours en son Palais fédéral, la conscience tranquille et la sensiblerie soigneusement déposée sur son cintre vernis, il est temps d'aller au lit. Bonne nuit, les enfants ! Dormez bien, en attendant quelque réveil brutal ? (PAC)


Je prie pour lui

Le grand poète Aimé Césaire au plus mal

Le grand poète et homme politique Aimé Césaire est au plus mal. Je prie pour cet homme exemplaire, ancien maire de Fort-de-France et député durant près de cinquante ans de l’Assemblée nationale française, qui consacra toute sa vie à la défense de l’identité culturelle de son peuple. Avec son ami, le géant Léopold Sédar Senghor, il a forgé le concept de « négritude », (la conscience d’être noir) lequel promeut l’Afrique et sa culture dévalorisées par l’idéologie colonialiste et ses tentatives d’assimilation culturelle. De lui, André Breton dit : « Aimé Césaire est un Noir qui est non seulement un Noir ; mais tout l'homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s'imposera de plus en plus à moi comme le prototype de la dignité.» Le « père de la patrie martiniquaise » a un jour déclaré : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime.» Comme Senghor, l’humaniste Césaire est un homme qui mérite l’admiration du monde. Je prie pour lui. (PAC)

 (Suite)

Respect de la langue française

Vive l'apprenti ! 

Je lis avec intérêt le billet de Pierre Boillat dans la dernière Gazette (10.4.08), dans lequel l'auteur se réjouit de l'abandon, par la République et Canton du Jura, de l'affreux, de l'ignoble, de l'imbécile "apprenant", mot que force ignares, moult pédants et snobs grassouilleux ou malingres voulaient absolument substituer au bel "apprenti" en son habit vert de l'Académie !  Le rédacteur de la Gazette se réjouit donc et crie légitimement victoire. C'en est une, en effet, et d'autres sont à construire, inlassablement, car les ennemis de la langue française prolifèrent dans les administrations, les commerces... et les écoles ! Qui n'ont de cesse de manifester leur sottise bêlante aux quatres coins du pays. Au parlement, quand j'élevais la voix contre ce benêt germanique d' "apprenant", on me toisait et s'offusquait de tant d'intolérance ! Ballots et péronnelles sonnaient le tocsin et me condamnaient à l'injure publique ! Un journaliste me traitait ouvertement de ringard ! Les voici aujourd'hui tout marris devant le constat de leur abyssale bêtise. Qu'est-ce que c'est bien fait pour eux ! Mais il y a des niaffes qui se perdent... Je me marre, dirait l'admirable Coluche. C'est vrai, en plus. Pour revenir à la conclusion de Pierre Boillat, je me permets de la renvoyer à cette excellente parole de Claude Duneton (in. Défense du français, n° 498, mars 2008) : " La défense de notre langue n'est pas une marotte de vieux messieurs à parapluies ni de bonnes dames à chapeaux : il s'agit de la protection vitale de notre identité la plus élémentaire, ainsi que de nos intérêts de base. Il s'agit de résister à une colonisation voulue et concertée pour des raisons platement économiques, comme toutes les colonisations sur la Terre. " Et voilà. (PAC)