Le retour de l'agriculture

La revanche des paysans
L’éditorial de Pierre-André Chapatte de ce matin (LQJ – 30.4.2008) rappelle l’évidence : « Trop de politiques agraires dictées par les impératifs des marchés d’exportation à conduit à faire oublier que la mission première de l’agriculture n’était pas de produire pour l’exportation (dans le Sud) ou d’entretenir le paysage (dans le Nord), mais d’assurer la nourriture à la population. » Puis, le rédacteur en chef du Quotidien jurassien parle de « revanche de l’agriculture ». Revanche ? Contre qui ? Contre quoi ? Le sentiment des paysans est-il celui de la revanche ? Peut-être, et ce serait légitime pour une population si souvent en proie à d’injustes critiques, d’injures régulières proférées sans retenue par les bobos-bio (qu’il ne faut pas confondre avec les écologistes honnêtes), de soupçons mesquins quant à leur attitude à l’égard de l’environnement, de railleries faciles sur les subventions qu’ils touchent. Je ne veux cependant pas en rester là, alors que, régulièrement, j’en appelle à des discussions ouvertes et constructives avec le milieu agricole. Il est plus que jamais temps d’entretenir avec lui un lien fondé sur la confiance, le respect mutuel et la volonté de concertation en dehors de laquelle on se trompera toujours. La conclusion pertinente de Pierre-André Chapatte peut servir à l’ouverture d’une nouvelle relation socio-économique et culturelle avec nos paysans : « La sagesse voudrait que le monde parvienne à s’entendre sur une voie médiane. A savoir la nécessité pour chaque pays de maintenir une agriculture capable de remplir sa fonction première, celle de garantir à la population une alimentation de proximité respectueuse de la santé et de l’environnement, et susceptible aussi, pour le reste, de commercer librement sur le marché mondial, sans l’aide de subventions à l’exportation qui sont fatales aux pays émergents, moins performants et moins argentés. » S’il s’adresse aux concepteurs de la politique mondiale, le propos ne nous concerne pas moins de près. Nous avons à l’intégrer pour mieux appréhender la question agricole. J’aime les paysans, et c’est au nom de cette affection sincère pour un monde auquel j’appartiens depuis ma naissance que je demande que l’agriculture jurassienne soit mieux considérée (le rejet idéologique est aussi stupide que le paternalisme condescendant), notamment dans les milieux politiques. (PAC)-
30 Avril 2008 à 23:00 dans
- Politique jurassienne












Adieu Aimé Césaire





