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Le journal de Pierre-André Comte

Du haut de mes montagnes

 

A-t-on jamais rien vu de plus beau ?

Dimanche, quinze heures. Du sommet de la Peute Roche, falaise majestueuse et magnifiquement belle qui surplombe Vellerat. Assis sur le rocher aux côtés de Bady, je regarde Vellerat et contemple l’horizon. De là, tout s’efface. Ne reste qu’une méditation, furtive certes, régénératrice. Comme l’eau du baptême. Relativité des choses, profondeur des sentiments, tout y est pour prendre la mesure des vanités humaines. Heureux survol des choses, qui procure la joie au cœur. Ô mon pays, mes montagnes jurassiennes, puisse à jamais le bonheur vous envelopper de sa douce caresse. Puisse dans votre image ma fille, là-bas, dans son 20e arrondissement, puiser mille ressources plaisantes. Je t’aime. (PAC)


Coopération du Jura et de Bienne

         La mauvaise foi d’un plumitif

Dans son édition du 24 janvier, Le Matin publie un articulet sur le « contrat d'association du canton du Jura avec la ville de Bienne » (ma motion adoptée sous la forme du postulat par le Parlement jurassien le 21 janvier), avec ma photo, qui se termine par ces mots: « Beau retournement de veste! » Cette conclusion traduit la parfaite mauvaise foi du journaliste. Etre employé du Matin signifie-t-il avoir l'autorisation de dire tout et n'importe quoi ? Le chroniqueur devrait pourtant connaître le sujet, ou aurait pu se documenter… Mais non, ce qui ne l'a nullement empêché de produire un commentaire malhonnête. Il veut ironiser mais n'a pas les moyens de se hisser à la hauteur de l'exercice. Son objectif n’est que faire du tort, parce que le tort paie, comme est censée tuer la vanité, celle de certains journalistes dépassant largement les limites du raisonnable. Je renvoie le plumitif  aux prises de position (extraits ci-dessous) que je publie depuis 1993 à propos de la problématique biennoise au nom de mon mouvement. Il s'agit d'une réflexion permanente, qui montre que « retourner » ma veste n'est pas ma spécialité, ce qui n'est sûrement pas son cas. (PAC)

 (Suite)

Solidarité francophone

    Appuyer la TSR

La TSR rejette le projet de Paris de fondre TV5 Monde au sein d’une holding purement française, selon une dépêche de l’ATS. La société dirigée par Gilles Marchand a parfaitement raison de s’opposer à cette évolution néfaste pour la chaîne francophone. Il dispose dans les négociations qui s’ouvrent d’appuis importants : Bruxellois, Wallons et Québécois manifestent une hostilité identique à celle des Romands. C’est de bon augure, et l’on peut espérer que les technocrates pressés de l’administration française n’entraîneront pas leur gouvernement sur une voie dangereuse pour la diffusion de la culture et de la langue françaises dans le monde. Peut-être les cantons romands seraient-ils bien inspirés de se rallier à la bannière de la TSR pour défendre la pluralité… et la pérennité de TV5 Monde. Cela, me semble-t-il, les concerne aussi. (PAC)

Delémont, ville d’avenir

     Le rayonnement de la capitale cantonale

Le maire de Delémont, Gilles Froidevaux, se réjouit avec raison des investissements enregistrés en 2007 dans sa ville. Ajoutée à la reprise d’une courbe ascendante en nombre d’habitants, cette évolution éminemment positive donne un nouvel élan à la cité vadaise. Le canton du Jura a besoin d’une capitale qui se développe et s’affirme comme sa « locomotive économique » (le mot n’est pas de moi). Plus Delémont sera fort, plus la région jurassienne dans son ensemble aura à s’en féliciter. Son rayonnement – aussi large que possible – et les synergies interrégionales qui en découleront insuffleront dynamisme et potentiel de développement à ce coin de pays paraît-il « périphérique » (quelle idiotie !), dont l’avenir paraît bien plus radieux que ne le prétendent les oiseaux de mauvais augure qui sévissent dans certains médias. Dans ce contexte, les jalousies régionalistes si promptement mises en scène par ceux qui en tirent les meilleurs profits personnels n’ont plus lieu d’être. Sans diminuer en rien ce qui se fait ailleurs, l’agglomération de Delémont mérite toute notre attention, autant que notre soutien. Ne pas y voir un beau et grand projet d’avenir dans lequel il est bon de s’engager avec enthousiasme retourne de la cécité. Puissent donc toutes les communes qui y sont intéressées apporter leur pierre à l’édifice, pour leur plus grand bien et celui du Jura ! (PAC)

Un résultat époustouflant

  On ne badine pas avec l’amour

Critique / LA TERRASSE n° 154 – La référence de la vie culturelle – Paris, 7 janvier 2008
Mettant en scène les amours balbutiantes et brutales de Camille et Perdican, Philippe Faure fait éclore avec talent les fleurs vénéneuses de la passion sur un gazon d’herbe tendre.

Avec: Perdican: Marc Voisin - Camille : Anne Comte - Maître Blazius: Pascal Carré - Dame Pluche : Olivier Hémon - Rosette: Claudine Charreyre - Le Baron: Gilles Olen - Maître Bridaine - Jean-Claude Martin

Confondant amour et amour-propre, victimes malgré eux des discours des adultes et des postures sociales de leur classe, Camille et Perdican reviennent au vert paradis de leur enfance pour y détruire, bien malgré eux, l’innocence et la fraîcheur d’une pureté nostalgique. Rosette, sœur de lait de Camille, est demeurée au village comme une agnelle au pacage pendant que la nièce du Baron a subi les leçons mortifères des aigries du couvent et que son fils a découvert à Paris le latin et les femmes. Perdican, coquelet assuré de ses droits, batifole avec l’impudence vaniteuse d’un droit de cuissage déguisé en ardeur amoureuse ; Camille, jouvencelle raisonneuse dont l’orgueil prend des poses frigides, connaît déjà la laideur de l’amour sans en avoir encore expérimenté la beauté. Entourés par des adultes aveugles, uniquement préoccupés de leur bien-être (la table et la bouteille pour Blazius et Bridaine, le confort d’une vie réglée pour le Baron, la respectabilité dévote pour Dame Pluche), les deux enfants vont ferrailler comme des escrimeurs débutants, sans s’apercevoir que Rosette, innocent instrument de leurs assauts, a le cœur trop pur pour supporter ces liaisons dangereuses. Une danse de mort retenue et brutale Philippe Faure a choisi de débarrasser la pièce de Musset de tous ses accessoires et de tous ses décors, ne conservant comme arène amoureuse qu’un vaste plateau engazonné sur lequel les comédiens, tous vêtus de noir, dessinent les chemins de leurs impossibles rencontres. Les corps se frôlent, se sentent, s’attirent sans se rejoindre et tout est laissé au texte de la passion. L’érotisme contenu de corps que corsètent ainsi la scénographie et la direction d’acteurs est d’une force peu commune, les amants paraissant constamment au bord d’une défaite qui serait leur victoire et à laquelle pourtant se refuse leur raison arrogante qui n’accepte pas de rendre les armes avec lesquelles elle s’amuse à jouter. Des seconds rôles solidement campés par des comédiens qui usent finement du grotesque pour mieux montrer le caractère ridicule des valeurs de l’aristocratie finissante dont Camille et Perdican sont les représentants faussement héroïques, des jeunes comédiens qui ont la beauté et la grâce de leurs personnages, un rythme et une clarté du jeu qui restitue le texte dans toute sa cruelle efficacité : tout concourt à faire de ce spectacle une belle et intelligente lecture de ce badinage criminel. « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » confessait un autre enfant du siècle : Philippe Faure, libérant Musset des affèteries maniéristes dont on alourdit habituellement son théâtre en le croyant romantique, le rend à sa noirceur fondamentale et le résultat est époustouflant. Catherine Robert

On ne badine pas avec l’amour, d’Alfred de Musset ; mise en scène de Philippe Faure. Du 12 janvier au 10 février 2008. Mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h30 ; jeudi à 19h30 ; dimanche à 16h. Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Réservations au 01 43 28 36 36. Pièce vue au CDR de Tours le 14 décembre.


Une ascension irrésistible ?

  

Barack Obama à l'assaut de la Maison-Blanche

L’Amérique se donnera-t-elle un président neuf, qui sorte des sentiers battus conservateurs et conduise la démocratie états-unienne sur d’autres chemins que ceux où la confinent les gendarmes républicains ? Le corps électoral aura le dernier mot, mais Hillary a du souci à se faire. Après les Bush, les Clinton ? « Dynasty » était une série télévisée dans laquelle on consommait force caviar et champagne. La « dynastie » politique après Georges Deubeuliou risque de déguster quelque plat d’amertume. Je ne souhaite pas de mal à la sénatrice de New York, mais elle paraît en grande difficulté face à la nouvelle race de politiciens qu’incarne Barack Obama. « Ah ce n'est pas chez nous (la France) que l'on verrait un petit jeune construire sur son talent, en quelques mois, un discours, un espoir, des attentes. Chez nous, il faut blanchir sur le harnois, durer, cumuler. Chez eux, l'aventure peut se produire. Fondamentalement, c'est cela l'espoir. Chez nous, c'est très improbable. C'est ça le désespoir… », dit assez et même très justement Jean-Michel Apathie. Je ne suis pas un admirateur inconditionnel des Etats-Unis, loin s’en faut, mais il faut reconnaître qu’il s’agit d’une puissance dont la grandeur – et la domination - ne l’empêche pas de surprendre… positivement le monde.  (PAC)

Bienvenue au Président de la Vallée d’Aoste

       Ego Perron dans le Jura

La Conférence des peuples de langue française reçoit officiellement ce matin à Vellerat M. Ego Perron, président du Conseil régional de la Vallée d’Aoste. Cette visite est essentiellement consacrée à la question linguistique, et notamment au rapport politique à la langue française dans la Vallée d’Aoste et dans la République et Canton du Jura sous l’angle des législations et des autres mesures étatiques. Le président Perron profitera de l’occasion pour se joindre à la préparation d’une prochaine opération publique de mise en valeur des produits du terroir de la Vallée d’Aoste. Sa présence aujourd’hui dans le Jura - le « citoyen de cœur de Vellerat » qui sera également accueilli par M. Stéphane Rötheli, maire de la commune - conforte les liens d’amitié unissant Valdôtains et Jurassiens dans le cadre de la francophonie internationale. (PAC)