Retrouver "l'esprit Senghor"
La francophonie parfois malmenée
Dans un résent rapport remis à Nicolas Sarkozy, Rama Yade propose "de rétablir l'équilibre des Etats au sein du système francophone, conformément aux voeux de ses fondateurs". Sur le plan financier, dit-elle, "il est important non pas de réduire le financement français (en volume) mais d'abaisser sa part (en pourcentage aujourd'hui de 70%), ce qui suppose un relèvement de celle des pays francophones du Nord (Suisse, Luxembourg, Belgique, Québec) et du Sud de manière symbolique." Par ce rééquilibrage, la jeune secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l'Homme depuis le 19 juin 2007, souhaite qu'on en revienne à la conception initiale de la francophonie, "qui n'est pas un concept de domination culturelle", ainsi qu'elle est perçue par certains. Ses fondateurs (le Nigérien Hamani Diori, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le Tunisien Habib Bourguiba et le Cambodgien Norodom Siahnouk) ont pensé la francphonie comme "un humanisme culturel et un espace de solidarité entre des Etats membres (68 aujourd'hui) égaux en droits et ayant la langue française en partage." Et Rama Yade de préconiser "un geste fort envers son fondateur, qui permettrait de relancer le débat sur le sens et la signification de ce concept." Le nom de Sengor inscrit dans la crypte du Panthéon, aux côtés de figures illustres comme Saint-Exupéry, Henri Bergson, Charles Pégui ou Toussaint Louverture ? C'est ce que suggère la ministre. Je suis complètement d'accord avec elle, ainsi que le sont tous les francophones attachés à l'universalité de leur langue et des valeurs humanistes - et républicaines - qu'elle véhicule. La Suisse (donc le canton du Jura) doit renforcer son rôle dans la francophonie, c'est du moins ce qu'on espère d'elle et de lui. Nous ferons tout afin que cette espérance soit comblée. (PAC)
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08 Août 2007 à 08:05 dans
- Francophonie

