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Le journal de Pierre-André Comte

Misères et acquittements

Les drôles du Tribunal de district de Bülach rendent hommage à La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». S’en lèchent les babines les brillants dirigeants acquittés de Swissair, au passage dédommagés d’environ 3 millions de francs ! Brave peuple cocu, passe ton chemin ! La Terre Promise est toujours de l’autre côté du désert…

Que contenait donc l’acte d’accusation ? Gestion déloyale, gestion fautive, faux renseignements, faux dans les titres, faux, faux, etc… Qu’importe. Le plus grand scandale économique de notre histoire n’a aucune conséquence pénale pour ses protagonistes ! Mais, malheureux, me dit-on, ce jugement est juridiquement imparable ! Et je devrais soupirer de regrets d’avoir exprimé mon dégoût. Je n’en ferai rien. 

Rappelons-nous. La débâcle de Swissair a coûté 2 milliards aux contribuables que nous sommes, avec l’aval des autorités fédérales. Les responsabilités ne sont-elles pas partagées ? De toute évidence, oui, ce qui n’empêchait pas qu’on châtie les auteurs des délits que l’accusation leur impute. Certains politiciens se défaussent, hurlent à la mort et oublient sur le coup leur complicité dans l’octroi de crédits et prêts indus à la compagnie d’aviation alors qu’elle s’écrasait en enfer. Facile, mais peu honorable. A vrai dire honteux.

 

Dénoncer la malodorante mansuétude pénale à l’égard des accusés, ce n’est évidemment pas « faire du droit », ou « dire le droit », ces belles expressions prononcées par des bouches en cul de poule, un peu méprisantes… et méprisables. C’est simplement crier à l’injustice. Le jugement moral : voilà le seul recours de l’impertinent idiot roulé dans la farine. Vous me direz que c’est peu, et j’en conviens. Vauriens, salopards et voleurs de tous pays, vous pouvez rire, et vous, populistes et fascistes, ricaner et boire votre petit lait, la cour vous en prie … (PAC)


Rayonnement du français

  Calixthe Belaya : je l’aimais, je l’adore !

Hier soir, «L’Arène de France » de Stéphane Bern, a consacré un large et passionnant débat à la langue française. D’éminentes personnalités se sont exprimées avec vigueur sur la place du français dans le monde, son déclin ou sa survivance, voire son rayonnement et son expansion. Claude Hagège, le plus célèbre des linguistes francophones, a fait remarquer que le français est « plus aimé » à l’extérieur qu’à l’intérieur de la France. Une vérité que tout le monde connaît. Au cours de l’émission, un entretien filmé avec Calixthe Beyala a été diffusé, dans lequel l’écrivain camerounais témoigne de sa résistance à l’anglais, en refusant systématiquement de le parler chez elle. Non pas qu’elle adopte une attitude de rejet à l’égard de la langue de Shakespeare, mais qu’elle veut ainsi manifester son amour de la langue française et la nécessité impérieuse qu’elle ressent de la défendre face à la domination du sabir outre-atlantique partout dans le monde. Militante. Un plaidoyer formidable dans la bouche d’une femme de lettres extraordinaire. Précipitons-nous sur ses merveilleux romans. (PAC)