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Le journal de Pierre-André Comte

Petit détour par l’histoire

Comme ça, au passage

Autre temps, autres mœurs, dit un proverbe de la valeur intellectuelle de ces slogans destinés aux élections. Ce qui change, ce sont les apparences, les modes, les applications scientifiques, non la nature même de l’homme ; ce sont les rapports des hommes, non leur caractère ni leur cœur où continuent d’habiter les passions… Vérité d’hier, vérité d’aujourd’hui. Je lis Henri Bordeaux et sa « Vie, mort et survie de Saint Louis, Roi de France. » Plaisir incomparable. (PAC)


Culture et politique

Grandeur et rayonnement de la France

Blason de la Ville de Paris

« Les Français ne se sauveront pas si la France ne se renouvelle pas. Ils ne se sauveront pas non plus si la France ne reste pas ce qu'elle a toujours été. Entrer dans le monde moderne est un impératif. Mais l'avenir de chaque Français est lié indissolublement à la grandeur de la France et à son rayonnement. » Voilà ce que dit le grand écrivain Jean d’Ormesson. La grandeur et le rayonnement de la France ? Cela passe d’abord par le respect de la langue et de la culture françaises. Or, les télévisions et radios françaises, comme le plus grand nombre de journaux écrits, ne semblent prendre conscience de la gravité de la situation, relative à la "maltraitance" de la langue de Molière et à l'anglo-américanophilie qui l'étouffe y compris dans l'Hexagone... Ainsi, il appartient plus que jamais aux peuples francophones de souche (cette désignation n’a rien d’ethnocentrique, malgré les protestations des rabat-joie professionnels) de secouer le cocotier et de rappeler la France à ses responsabilités. Culture et politique : un couple indissociable. (PAC)


Journée de la francophonie

Bientôt la journée de la francophonie

Comme chaque année, la journée de la francophonie est fixée au 20 mars. Dans le Jura, elle se déroulera cette année au Parlement. Les participants auront l'occasion d'assister à une conférence magistrale de Me Marc Bonnant, avocat au Barreau de Genève, orateur inégalable, qui entretiendra l'assistance sur le thème: "Du déclin de l'éloquence dans les assemblées, au prétoire et en chaire; maux et morts des mots." Cette manifestation sera suivie, le 23 mars, par l'inauguration à Porrentruy (Lycée cantonal) de l'exposition "Si la langue française m'était contée", en présence de M. Libère Bararunyeretse, Ambassadeur de l'Organisation internationale de la francophonie auprès des Nations Unies à Genève. Deux rendez-vous organisés par la Conférence des peuples de langue française et le MAJ, sous l'égide de l'OIF, à ne pas manquer. (PAC)


Finances en dérive

Réévaluer les prestations de l'Etat

Le redimensionnement de l’Etat ne doit être un sujet tabou pour personne. La gauche se fourvoierait en faisant de l’obstruction à ce propos, car elle se rendrait suspecte d’irresponsabilité aux yeux de l’opinion citoyenne. Elle a même intérêt à prendre le saut avant le lièvre et concevoir elle-même une proposition pour une ouverture immédiate d’un débat public sur le sujet. Le déficit des comptes 2006 (20 millions annoncés) donne clairement le signal. On ne peut passer outre l’exigence de correction qu’exige la dégradation des finances cantonales. Dès lors, mettons-nous au travail si nous voulons conserver à l’Etat jurassien le reste d’autonomie d’action en dehors de laquelle sa souveraineté n’est qu’illusion ou source dérisoire d’un pouvoir lui-même dérisoire. (PAC)


Développement durable ?

Une supercherie sémantique selon Latouche

« Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré... Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau, mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et animales essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles. Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale. » Ainsi s’exprime Serge Latouche, philosophe et Professeur émérite d’économie de l’Université de Paris-Sud. Langage à dire vrai anti-politiquement correct, de quelqu’un qui ose affronter les vérités proclamées par tous les camps de la politique, de gauche et de droite. Un postulat courageux qui mérite respect et… approbation ? Tel est le combat. La croissance pour la croissance annonce les tragédies de l’avenir, à commencer par celle d’une planète définitivement perdue si les hommes persistent à répandre sur et en elle leurs souillures irrattrapables… (PAC)


Dépêche Infos. 5

Il sera fait ainsi…

(G.INFOS.FEDERALES07.JURA) Le choix offert aux électeurs résulte d’une parodie de démocratie au sein des formations partisanes. Il est aussi la traduction de la volonté de quelques-uns de préserver à tout prix leurs intérêts personnels, qui n’ont rien à voir avec les intérêts généraux de la population quand il est évident que les élus ne disposeront d’aucune ou d’une infime, pour ne pas dire dérisoire, influence au sein des partis suisses. Les débats sur la politique fédérale en restent au stade de balbutiements grotesques, d’une part qui ne révèlent rien sur les intentions des futurs élus (affidés dociles de leur parti ou représentants actifs de la communauté cantonale qui les a désignés…), d’autre part qui reflètent l’absence totale (dans le Jura du moins) de réflexion globale sur le sens d’une présence aux Chambres, en regard des attentes de l’institution étatique cantonale. Il faut donc changer tout cela, car le temps est venu de s’interroger sur la pérennité des souverainetés populaires à ce niveau-là, question à laquelle les Jurassiens sont directement confrontés dans la perspective de la mise en œuvre de la loi « Un seul Jura ». Voilà pourquoi il est indispensable en 2007 de bouleverser les habitudes, de mettre un coup de bâton dans la fourmilière, de remettre en cause la tranquillité des bastions ordinaires, et au total de soumettre au scrutin démocratique une vision renouvelée des enjeux de la joute électorale. Cela sera fait. (PAC)


Développement économique

Pour une promotion économique plus cohérente

Question orale du 21 février 2007 – DEWS. Le Gouvernement répond à ma question orale sur le DEWS en indiquant qu’il réexaminera dans les semaines à venir les conditions de sa participation (le Jura paie une cotisation de 400'000 francs) à cette institution. Le Ministre de l’Economie a notamment dit qu’il faudrait recentrer la promotion économique et éviter la dispersion. Très bien. Je soutiendrai une telle réorientation. Il n’a cependant pas indiqué quel poids il mettrait dans ce domaine vital pour le développement économique du Jura. Une réponse incomplète donc, sur laquelle il faudra revenir le cas échéant. Le texte de ma question figure sous suite. (PAC)

 (Suite)

A lire et relire

Au sommet de la littérature

« On ne préserve ces amitiés exaltantes et douces qu’en vivant du souvenir d’où jaillit l’eau fraîche ; mais qu’on ne tente pas de répéter le choc de la baguette sur le rocher ; il ne se fendra pas ; et seule demeurera la sécheresse, d’autant plus désolante qu’elle exprime désormais l’abandon de la grâce. » Ces phrases figurent dans ce très beau livre publié en 1996 par les Éditions Odile Jacob. On y découvre, comme dans les autres ouvrages du Président, l’immense écrivain qu’il était, dont la carrière littéraire aurait été des plus brillantes s’il lui eût été donné d’y consacrer sa vie. Le destin en a voulu autrement, ce qui n’empêche nullement François Mitterrand d’atteindre des sommets que nul autre homme ou femme politique n’a eu la moindre chance de côtoyer avant lui, à l’exception de l’homme du 18 juin. Je relis cet ouvrage avec la même voracité ( ! ) qu’il y a dix ans. (PAC)


De l'éducation à l'histoire

30è anniversaire de la Constitution cantonale

N° 2067. Le Gouvernement prévoit-il de célébrer le 30e anniversaire de l’adoption de la Constitution cantonale par le peuple jurassien (20.3.1977-20.03.2007) ? Telle était ma question écrite de ce mercredi 21 février, traitée par le Parlement. Dans sa réponse, le Gouvernement indique qu’il mettra sur pied trois journées de visites guidées et deux conférences proposées au public. Un jour et demi de visite sera spécialement réservé aux écoles. Je me suis déclaré « partiellement satisfait » par ce que je regrette que le Gouvernement n’ait pas prévu que le temps consacré aux visites des établissements scolaires ne soit pas précédé par l’intervention d’un historien qui résume l’histoire de l’accession à la souveraineté. Faite ce matin même à la suite des questions orales, ma prise de parole peut-être lue sous suite. (PAC)

 (Suite)

Politique agricole

Pour une « conférence nationale » jurassienne

Les paysans jurassiens sont inquiets face à la politique agricole fédérale (PA2011). Des Franches-Montagnes à l’Ajoie, en passant par la plaine vadaise, ils s’interrogent sur des revendications qui semblent promises à l’échec. Un cinquième du revenu en moins dans le Jura, ce n’est pas rien ! Aussi comprend-on leur angoisse et leur méfiance à l’égard des projets d’emprise sur les terrains agricoles ou envers les nécessaires adaptations aux exigences écologiques. On les comprend d’autant mieux que les politiciens les ont trop souvent induits en erreur quant aux objectifs économiques de la politique agricole, quitte à se déjuger par la suite, sans pour autant proposer des solutions aux problèmes posés. Que faire donc dans le Jura, par un bon usage de la souveraineté cantonale, pour le bien de notre agriculture et de ses professionnels ? Les réponses ne sont pas simples. Il faut je crois instaurer un vrai dialogue avec les agriculteurs. C’est la condition préalable d’un consensus au sein de la population, en dehors duquel la discorde règnera et contredira l’intérêt général. Une « conférence nationale », qui rassemble les milieux professionnels, syndicaux et politiques sur l’agriculture me semble indispensable à court terme. Son thème est tout trouvé : « Objectifs cantonaux et interjurassiens (économiques, environnementaux et sociaux) de la politique agricole en regard des nouvelles contraintes fédérales et internationales ». Ça peut paraître théorique, mais c’est nécessaire si nous voulons éviter de nous fourvoyer à l’avenir. Au-delà de ces considérations, les paysans jurassiens ont besoin qu’on les respecte. Mieux, qu’on les estime. (PAC)


L'armée américaine contestée

Les Italiens alliés indirects du Capitole face à Bush

Les Italiens réagissent vigoureusement à la décision de Romano Prodi d’autoriser l’agrandissement de la base militaire d’Ederle, à l’Est de Vicenza, entre Vérone et Padoue. Réaction compréhensible à vrai dire quand on pense aux catastrophes humaines qui correspondent aujourd’hui aux engagements militaires des Etats-Unis dans le monde, l’Irak et l’Afghanistan en étant les plus sanglants exemples. Le gouvernement italien se met en porte-à-faux avec la volonté de plus en plus claire des Américains de corriger une politique étrangère perçue comme désastreuse, voulue par le va-t’en guerre Deubeliou Bush. Alors que le Congrès (Sénat et Chambre des représentants) prend des résolutions contre les visées de la Main Blanche, voilà que Prodi semble ne tenir aucunement compte de l’évolution politique qui se met en place de l’autre côté de l’Atlantique. Difficile à comprendre aussi alors que, de son côté, l’Europe tente de reprendre du poil de la bête dans une indépendance politico-militaire qui lui fait cruellement défaut aujourd’hui. A ce propos, le dernier bastion européen sans implantation militaire américaine reste la France, dont on espère qu’elle saura garder, après la présidentielle, sa position particulièrement forte face aux pressions des cousins américains. (PAC)


Des vulgaires et des sots

A qui doivent-ils leur célébrité ?

Dans son excellent commentaire de ce Matin, Ariane Dayer « plonge dans le désespoir de se retrouver à défendre la liberté artistique » pour une affaire « où le rappeur Stress et le poète UDC Oskar Freysinger s’échangent des injures sur la taille de ce qu’ils ont entre les jambes et la manière de l’accommoder ». Je trouve la journaliste fort précautionneuse, et lui pose une question. A qui les gens dont elle dénonce la vulgarité doivent-ils leur existence ? Précisément aux journalistes et à leurs patrons qui en profitent largement pour écouler leur « produit », quitte à se quittancer sous la plume de la plus brillante des chroniqueuses. Je suis jaloux devant l’article d’Ariane Dayer. Il est parfait, juste, impeccablement tourné. Il n’a qu’un seul défaut. Il reparle du « pipi caca » sur lequel prospèrent ses « déjecteurs ». Ô poésie, ô Desproges, ô Mitterrand, ô Le Luron, ô Giscard ! Epoque perdue à jamais. Ecoutez le Doc Gynéco, écoutez Nicolas, écoutez Ségolène, et vous, poètes, constaterez l’abîme présent, là sous vos pieds. Madame Dayer, pardonnez-moi mon impertinence, et soyez sûre de toute mon admiration pour ce que vous faites. Amicalement. (PAC)


L’Histoire au présent

La référence ultime des candidats

Ce qui est incroyable, dans la campagne présidentielle 2007, c’est que les candidats importants invoquent François Mitterrand dans leurs discours ou leurs postures médiatiques. Etonnant, vraiment ? Nicolas Sarkozy le cite, Ségolène Royal flaire ses traces et le copie, François Bayrou y fait appel pour rendre plus crédibles ses chances de succès. On connaît l’admiration de Chirac pour son prédécesseur, autant que celle que lui vouent des personnalités de centre-droite comme Philippe Séguin ou François Léotard. Quant à celle que manifestent à son égard des personnalités aussi remarquables que Robert Badinter, Laurent Fabius, Pierre Joxe ou Hubert Védrine, elle traduit dans sa force le rayonnement inégalable du personnage. Bref, «Dieu» est sur toutes les lèvres. En toute humilité je me réjouis, moi qui suis un inconditionnel du plus grand des présidents français avec le Général. Dans les rangs socialistes, il n’y a que les péronnelles et les niquedouilles, ces petits bourgeois ultragauchisants (ça existe, je vous le promets), pour revendiquer le « droit d’inventaire » qui les incite paraît-il à rejeter l’immense homme. Mais ces gros ballots n’ont aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est l’extraordinaire emprise du géant sur le débat présidentiel et, au-delà, sur la définition du profil de l’homme d’Etat, le vrai. (PAC)


Carnaval, les guignols, etc...

Rions un brin, c'est toujours le moment...

Johnny ? C’est le seul Français qui demande à être belge pour devenir monégasque, tout en résidant en Suisse… Ségolène ? Les éléphants la suivent à reculons… Les programmes sarkoroyaux ? Tous les coûts sont permis !… L'Etat jurassien ? Des chiffres et des dettes… Blocher n’est pas contre les étrangers ? On Pen à le croire… Etc… C’est carnaval. Lisez le canard, c’est le meilleur d’entre tous. A toutes les époques. Je me marre… Allez, ciao, bonsoir ! (PAC)


Ambitions urbaines

Zurich veut tenir sa place dans le monde

Le maire de Zurich veut « regarder loin », nous apprend Le Temps. Que grand bien lui fasse. M. Elmar Ledergerber a présenté son plan pour 2025, pour « une ville encore plus grande, plus dynamique, plus riche, plus culturelle », selon le chroniqueur du quotidien romand. Il n’y a rien à dire là-dessus. Que Zurich ait des ambitions, cela est normal. Quelles se déploient au détriment des intérêts de ses voisins – notamment par l’extension de l’aéroport –, cela est mois acceptable. Le maire prône l’amélioration de la qualité de l’environnement. Les forces conscientes des responsabilités écologiques à assumer sauront-elles faire pièce aux libéraux de droite qui s'enferment dans le "tout à l’auto" et se pressent à la croissance à n’importe quel prix ? Tel est l’enjeu. Crucial. Qui concerne probablement l’ensemble d’une Suisse dont le tissu urbain a largement pris le pas sur la ruralité du pays. M. le Maire a raison de penser à l’avenir. Puisse-t-il conduire sa cité vers le développement durable, et non la précipiter dans une expansion économique contraire à ce postulat vital pour la sauvegarde de la planète. (PAC)


Saint-Valentin...

Femme, divinité sacrée

Saint-Valentin. Je lisais en fin de nuit (c’est permis, non ?) les humiliations subies par la Comtesse du Barry à la cour de Louis XV. Vilenies féminines d’abord, inspirées par la jalousie, cela va de soi, bien que le ministre Choiseul n’ait pas été en reste, pour une autre raison il est vrai. Je me disais, en pensant aux trente et une (pas une de moins…) maîtresses d’Henri IV et les quinze de Louis XV (ça ne s’invente pas), que bien des femmes commandèrent à la France et à ses princes. Diane de Poitiers, Françoise d’Aubigné, Agnès Sorel et tant d’autres. Jeanne Bécu, la dernière favorite de l’avant-dernier monarque avant la guillotine, avait obtenu de lui le renvoi du plus grand de ses ministres, lequel devait sa carrière à la divine Pompadour, marquise préparant dans ses appartements les dossiers du roi avec ses conseillers… J'imaginais Ségolène à l'Elysée. Mais où en suis-je ? Ah, oui, à la Saint-Valentin. La fête des amoureux. Il y a cette lettre du 27 prairial de l’an IV, de l’Empereur à Joséphine : « Je tiens à l’honneur puisque tu y tiens, à la victoire, puisque cela te fait plaisir ; sans quoi j’aurais tout quitté pour me rendre à tes pieds.» Mais peut-on encore parler ainsi sans diriger sur soi les foudres militantes des imbéciles heureux autant qu’heureuses ? Et puis, quelle abomination ! J’ai osé invoqué le tyran amoureux ! Les drapeaux rouges se dressent devant moi, les bonzes et donzelles progressistes m’abreuvent de leurs injures. L’amour n’est que de gauche ! Ah, oui ? Et je m’en fiche. J’ai pour moi un engagement sans faille pour l’égalité entre les sexes. Ce n’est de loin pas le cas de tout le monde parmi les effrontées qui donnent leçons et tiennent conférences ! J’admire Elisabeth Badinter et Gisèle Halimi. J’ai adoré Françoise Giroud et sa Comédie du pouvoir. Je m’en remets à Verhaeren : « Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, dis, combien l’absence, même d’un jour, attriste et attise l’amour et le réveille, en ses brûlures endormies » ? (PAC)


Dépêche Infos. 4

Les rendez-vous sont pris

(G.INFOS.FEDERALES07.JURA) Les choses avancent. Les élections fédérales approchent. Les décisions sont prises. La composition des listes est arrêtée. La surprise (l’être virtuel dans toute sa réalité politique) patiente. S’aménage l’agenda, l’horaire même de sa déclaration. Il y aura du piment dans la campagne. Il y aura traque et interpellations publiques. Explications. (PAC)


La grande peur dans la montagne

Un très beau film de Claudio Tonetti

Victorine et Joseph (Anne Comte et Jean-Baptiste Puech)

Un village de montagne en Suisse, années 50. Joseph a 25 ans. Comme tous les autres vachers du village, il subit depuis plusieurs années la sécheresse. Et chaque année, ses espoirs d'épouser Victorine, la fille du plus gros fermier du village, s'amenuisent. Alors cette fois, il va mener un troupeau de vaches plus haut, là où l'herbe est abondante: l'alpage de Sasseneire … mais cet alpage a mauvaise réputation, il est maudit ! … Adapté du roman homonyne de C.- F. Ramuz, ce film dépeint les travers de villageois que l’appât du gain met aux prises avec une nature toute puissante et «maléfique». (Réf.www.swissfilms.ch) Interprétation : Jean-Luc Bideau, Jean-Baptiste Puech, Jérémie Covillault, Anne Comte, Antoine Basler, Jean-Luc Barbezat, Arnaud Marcizewer, Madeleine Piguet, Pascale Rocard, Teco Celio, etc. PRIX DE LA MEILLEURE FICTION TELEVISION du 23ème Festival International du film de Montagne d'Autrans. (Mon récit se trouve sous suite du présent article)

 (Suite)

Valais éternel

Bonheur au pays du soleil

Je reviens du Valais. J’y étais en séjour à l’occasion de la projection, en première cinématographique à Chamoson, du film de Claudio Tonetti, « La grande peur dans la montagne ». Je parlerai plus tard de l’œuvre adaptée du roman de Ramuz. Pour l’heure, je savoure le souvenir tout neuf d’un accueil exceptionnel dans ce si beau canton. Des amis nous ont hébergés. Mieux, nous ont couverts de sollicitude. Je ne citerai pas leur nom; et je suis sûr qu’ils m'approuveront. Ils habitent dans un village à un jet de pierre de Sierre, sur la rive gauche. Ce matin, nous avons plaisanté avec leurs deux filles, êtres charmants, espiègles, animés par les bons sentiments de leurs parents. Puis nous nous sommes rendus au Château de Villa pour y prendre l’apéro. S’y trouve un merveilleux cellier où l’on se procure les produits de la région. Des vins grandioses, cela va de soi. Là, j’ai droit à de multiples explications, senties et avérées, qui me rappellent que je figure parmi les prétendants œnologues les plus limités. Rentrés à notre bercail passager, nous avons souri à une fondue aux bolets et à une assiette valaisanne, qui seront avalées dans un vaste et rapide mouvement de gourmandise. Mandoline et Mousseline, les deux chats de la maison, nous ont observés le temps qu’il fallait et avec le détachement qu’il sied aux animaux discrets, juste avant de reprendre des jeux qu’ils nous avaient rendus familiers dès après le lever du soleil. Bonheur simple. Le bonheur ? Une recette enfantine : le Valais, l’amitié, le bon vivre, le goût, le terroir, le soleil au cœur et la gaieté à l’esprit ! L’âme s’y couche dans un plaisir glouton. Juste. Bienfaisant. Il y a des privilèges qui ne se boudent pas. A bientôt, j’espère… (PAC)


Au royaume des potats

L'orthographe déserte les cerveaux... de nos chères têtes blondes

Et il faudrait s’étonner (Journal du matin sur France Infos) face aux conclusions d’une toute récente étude sur la maîtrise du français à l’école, qui vaut aussi pour la Suisse romande : le niveau orthographique atteint en 2006 est deux fois inférieur à celui qui prévalait il y a trente ans ! Encore bravo aux gouvernants, aux journaux, à la télévision et à l’éducation nationale (cantonale ici) ! Et merci de tout cœur aux penseurs entortillés de l’instruction publique qui depuis un demi-siècle emmerdent souverainement les enseignants, leur fourguent leurs programmes débiles, leur imposent (je résisterai jusqu’au bout) des réformes de l’orthographe qui mènent à l’abêtissement général pour « le seul plaisir des enfants, ces pauvres chéris en souffrance devant l’indigne dictée… », tout cela sous l’égide d’autorités dont les compétences en éducation sont comparables à celle des bouchers d’abattoirs en chirurgie cardiovasculaire ! L’école aujourd’hui ? Je vous renvoie à l’article précédent pour le choix des mots : soumise à la « benêtitude » de ceux qui s’en occupent hors des classes, elle court à l’abîme. Elle est là la vraie « plantance » ! (PAC)