Femme, divinité sacrée
Saint-Valentin. Je lisais en fin de nuit (c’est permis, non ?) les humiliations subies par la Comtesse du Barry à la cour de Louis XV. Vilenies féminines d’abord, inspirées par la jalousie, cela va de soi, bien que le ministre Choiseul n’ait pas été en reste, pour une autre raison il est vrai. Je me disais, en pensant aux trente et une (pas une de moins…) maîtresses d’Henri IV et les quinze de Louis XV (ça ne s’invente pas), que bien des femmes commandèrent à la France et à ses princes. Diane de Poitiers, Françoise d’Aubigné, Agnès Sorel et tant d’autres. Jeanne Bécu, la dernière favorite de l’avant-dernier monarque avant la guillotine, avait obtenu de lui le renvoi du plus grand de ses ministres, lequel devait sa carrière à la divine Pompadour, marquise préparant dans ses appartements les dossiers du roi avec ses conseillers… J'imaginais Ségolène à l'Elysée. Mais où en suis-je ? Ah, oui, à la Saint-Valentin. La fête des amoureux. Il y a cette lettre du 27 prairial de l’an IV, de l’Empereur à Joséphine : « Je tiens à l’honneur puisque tu y tiens, à la victoire, puisque cela te fait plaisir ; sans quoi j’aurais tout quitté pour me rendre à tes pieds.» Mais peut-on encore parler ainsi sans diriger sur soi les foudres militantes des imbéciles heureux autant qu’heureuses ? Et puis, quelle abomination ! J’ai osé invoqué le tyran amoureux ! Les drapeaux rouges se dressent devant moi, les bonzes et donzelles progressistes m’abreuvent de leurs injures. L’amour n’est que de gauche ! Ah, oui ? Et je m’en fiche. J’ai pour moi un engagement sans faille pour l’égalité entre les sexes. Ce n’est de loin pas le cas de tout le monde parmi les effrontées qui donnent leçons et tiennent conférences ! J’admire Elisabeth Badinter et Gisèle Halimi. J’ai adoré Françoise Giroud et sa Comédie du pouvoir. Je m’en remets à Verhaeren : « Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, dis, combien l’absence, même d’un jour, attriste et attise l’amour et le réveille, en ses brûlures endormies » ? (PAC)