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Le journal de Pierre-André Comte

1007è Saint-Ours

Une manifestation symbole du combat identitaire

Qui participe à la Foire de Saint-Ours est immédiatement saisi par la ferveur populaire qui s’en dégage. Comme le dit la brochure de présentation, c'est véritablement « la célébration d'une appartenance historique et culturelle à un milieu, celui de la montagne ». C'est un aussi un « hymne à la créativité et à l'esprit industrieux des gens de la montagne. » Toujours cette fierté parmi le peuple valdôtain. Cette fidélité extraordinaire à un patrimoine, à une manière d'être. Les Jurassiens « peuple montagnard comme celui des Valdôtains », disait Ego Perron, Président du Conseil régional le 16 juin 2004 à la tribune du Parlement jurassien. Il avait raison. Une ressemblance nous a conduits il y a maintenant trente-cinq ans, à tisser (c'est le bon verbe) des liens d'amitié. Ils ne sont jamais distendus et ont donné naissance à des accords « interétatiques, gouvernemental et parlementaire ». Un effet de ces accords s'est manifesté ce 30 janvier à Charvensod, commune limitrophe d'Aoste qui accueillait une délégation de la commune des Bois pour un futur jumelage municipal. Magnifique opération, pour laquelle il convient de formuler les vœux les meilleurs. Des députés en avaient parlé. Il y a eu aboutissement. Preuve qu'on peut agir. Concrètement. Cette fois-ci, de nouveaux échanges ont eu lieu. Ils déboucheront sur une prochaine réflexion commune. Par l'intermédiaire de leurs parlements, deux peuples se parlent. Tous deux attachés à la francophonie. A la démocratie. C'est bien ainsi. (PAC)


Du sourire des Vaudois

Renaissance vaudoise ? Tant mieux!

Pour quelques raisons historiques légitimes, les Jurassiens se sont souvent gaussés (l'ont vertement critiqué) du canton de Vaud, cet Etat longtemps considéré comme complice du canton de Berne, le plus réfractaire de Suisse française à la réunification du Jura. On le prenait aussi pour un mastodonte incapable de se mouvoir sous la domination massive du Parti radical. Tout cela était juste et faux à la fois. J’ai toujours eu d’excellentes relations avec les Vaudois, notamment avec quelques-uns de leurs hauts responsables politiques. Aujourd’hui, ce qu’on appelle « la renaissance vaudoise » est plutôt positif. Et si le grand canton lémanique peut donner davantage de poids à la Suisse romande au sein de la Confédération, tant mieux. Je reviendrai sur ce sujet et, d’ici là, je renvoie le lecteur au papier du Temps de ce jour, consacré au « sourire des Vaudois ». (PAC)


De l'indignité des cuistres

Souvenir du « Dialogue des sept sages » de Plutarque

Je me souviens qu’un jour, alors que le protocole me réservait une place centrale à la table des convives, quelques malotrus en avance avaient bouleversé le plan de nos hôtes. J’en entendis un ironiser sur le sort qui m’était fait et me conduisait à l’écart, là où se trouvait deux personnes qui désespéraient d’être accompagnées. Un incident était tout prêt à se produire, et les maîtres de maison en étaient fort irrités. Avec le sourire aux lèvres, je lançai alors aux cuistres et péronnelles agglomérées cette phrase que je connaissais par cœur, découverte dans les Dialogues de Plutarque : « Celui qui se plaint de la place qu’on lui assigne semble plus mécontent de son voisin que de son hôte, et se rend odieux à l’un et à l’autre. » Nos hôtes n’était pas responsables, mais je voulais que les butors qui m’avaient joué ce tour sachent qu'ils s'étaient montrés doublement indignes. Il y eut un froid toute la soirée à leur table, et je passai personnellement un moment des plus agréables avec les deux isolés du fond de la salle, qui avaient eux-mêmes été victimes de pareille indélicatesse. J’étais très heureux et le suis toujours à l’évocation de ce souvenir. (PAC)


Dépêche Infos. 3

Une autre vision des choses

(G.INFOS.FEDERALES07.JURA.SOCIALISTES) De la prochaine composition des Chambres fédérales dépendront des orientations vitales pour le fédéralisme helvétique. La Suisse se trouve placée devant le choix d’un Etat centralisé (harmonisation fiscale, uniformisation scolaire, coopération intercantonale forcée, RPT au but unique d’affaiblir les cantons) ou celui d’une Confédération régénérée qui se donne les moyens de réussir son partenariat avec l’Europe (souverainetés cantonales réinvesties, intégration-association euro-régionale, maintien des acquis démocratiques par leur identification au plan européen, prépondérance (!) diplomatique dans l’expérience (et la réputation) de neutralité, définition positive et déterminée du contrat d’adhésion). Le choix entre l’Etat suisse et la Confédération helvétique. Le choix entre une évolution inscrite dans la globalisation libérale du monde et un cheminement vers une démocratie sociale mondialisée. Certains ont choisi leur camp : celui du délitement des souverainetés cantonales au bénéfice d’un centralisme étatique disqualifié par l’histoire. Parfois contre les intérêts vitaux de ceux – les plus démunis et fragilisés – qu’ils prétendent représenter. Ce n’est pas le mien. J’y préfère celui de la singularité dans la coopération active et une volonté permanente de progrès social, une direction qui répond aux aspirations des peuples, d’ici comme d’ailleurs. 2007 sera l’occasion de développer tout ça. Avec fougue et détermination, sans le moindre souci d’ordre électoraliste. Les gens doivent savoir. Coûte que coûte. (PAC)


HE - Arc à la dérive...

Spectacle de cirque

Un vrai bataclan. Peut-être même une pétaudière. Et une réalité qu’il convient de dénoncer. L’HE-Arc est au bord de l’implosion en raison de l’option neuchâteloise de placer l’ingénierie à la Chaux-de-Fonds. Condamnation à terme de l’école d’ingénieurs de Saint-Imier. Le maire Stéphane Boillat est déjà monté au front. Maxime Zuber et Jean-Pierre Rérat déposent une interpellation urgente à l’intention du gouvernement bernois. Dans le Sud, on est clair : « Il n’est pas acceptable que les intérêts du Jura bernois soient sacrifiés sur l’autel de la cohésion neuchâtelo-neuchâteloise. » Réaction du canton du Jura ? Je ne sais pas. On verra. Ce qui est sûr, c’est que « bataclan » est un qualificatif nullement au-dessous de la réalité. Il y faudrait une diatribe argotico-péjorative que la bienséance m’empêche d’utiliser ici ! Contentons-nous pour l’heure de « spectacle de cirque » ! Et dire qu’un de ces jours il nous faudra bien parler du DEWS, l’ancien binz à Sermet… le Neuchâtelois… Enfin, bonne nuit ! (PAC)


Solidarité interjurassienne

Un combat légitime, indispensable

« La Boillat vivra ! » Un cri lointain. Et si proche. Une année que la grève a eu lieu. Le moment d’une solidarité interjurassienne jamais vue jusque-là. Une région unanime qui prend fait et cause pour des ouvriers dont les droits et intérêts sont sacrifiés sur l’autel d’une stratégie industrielle injustifiable. La bourse guette, le tiroir-caisse des actionnaires s’agite, le seul profit des plus forts écrase tout sous son pas. Libéralisme à outrance ! Les emplois ne sont plus que données volatiles, les ouvriers de la plastiline que l’on compresse, façonne d’autorité, en jette à tous vents les rognures. Honte. Honte aux théoriciens de « l’impuissance politique » et de la « nécessaire adaptation aux conditions du marché », toutes bonnes raisons jamais élucidées, qui confortent les misérables dont les poches se remplissent au fil de la précarisation de ceux grâce auxquels ils ont pu prospérer sur le fumier de leur cupidité. Quelles conséquences pour l’économie du Jura méridional ? Pour l’ensemble de la région jurassienne ? Une année après la grève, les « Boillat » ne veulent pas oublier. La lutte continue. Parce que légitime. Juste. Indispensable. Aucun patron digne de ce nom (et il y en a en quantité chez nous), aucun employé à l’abri du service public, aucun travailleur dans la sécurité économique ne peut rester indifférent au combat de ceux dont le sort a passé pour préoccupation dérisoire ou est fiché sur un fil d'un rasoir que des monstres aiguisent à plaisir. Bravo les « Boillat ». Au passage, chapeau à Aline Burkhalter, une jeune femme d’engagement, admirable. J’ai entendu qu’elle prendrait la parole ce soir à Reconvilier. Je l’écouterai avec la plus grande attention. Amitiés à tous ! (PAC)


Vive le Québec libre !

Ségolène Royal sur une ligne gaulliste

Ségolène Royal a donc reçu à Paris André Boisclair, le président du Parti québécois. Que lui a-t-elle dit ? Qu’elle partageait avec lui des valeurs communes, « c'est-à-dire la souveraineté et la liberté » du Québec ! Le Premier ministre canadien a hurlé. Profitant de l’aubaine, Michèle Alliot-Marie, tout nouveau coupe-jarret de M. Sarkozy, le nouvel ami de Deubeuliou, a feint de s’étrangler. A six cent septante-deux mille années lumières du Général. Et puis ? Le grand journal montréalais Le Devoir a quant à lui réagi ainsi : « Quelle qu'en soit la portée exacte (...), la déclaration de la candidate socialiste va bien au-delà de la position française traditionnelle de non-ingérence et non-indifférence. Elle rompt aussi avec la distance plus grande que la direction socialiste, contrairement aux gaullistes, avait traditionnellement manifestée à l'égard de l'indépendance du Québec. » C’est tellement vrai. Je me souviens en effet que, en tant que « représentant accrédité du Jura libre », j’avais interrogé Lionel Jospin à Delémont (en visite au PSJ) lors d’une conférence de presse, lui demandant alors pourquoi les socialistes français ne réagissaient pas à l’immixtion de Bill Clinton dans les affaires québécoises : le président des Etats-Unis s’était opposé sur une chaîne de télévision à la souveraineté de la Belle Province ! L’ancien Premier secrétaire futur candidat à la présidence de la République m’avait carrément snober en répondant que c’était une question somme toute secondaire, et qu’en aucun cas les socialistes ne se mêleraient des affaires canadiennes ! J’étais très déçu. Plus tard, après avoir passé par Matignon et échoué face à Chirac et Le Pen dans la course à l’Elysée, M. Jospin a disparu. Aujourd’hui, devant le flirt de Mme Royal – qui témoigne d'un sentiment très largement répandu parmi les Français – avec la vision gaulliste (pas uèmpéiste) de l’avenir du Québec, je me régale. Et avec moi les sympathisants et militants du projet souverainiste et démocratique. J’approuve. Librement. (PAC)


Egalité entre hommes et femmes

Mettre fin à la supercherie

Je suis intervenu à plusieurs reprises au parlement sur la question de l'égalité entre hommes et femmes. Sans jamais obtenir satisfaction auprès d'autorités qui, paraît-il, sont les porte-parole d'un Etat progressiste, ainsi que le laisse penser sa constitution ! Je persiste et signe. La loi fédérale sur l'égalité (Leg) (voir l'article du QJ du 24 janvier 2007) n'est que pur alibi, fort accommodant, au service des législatifs et exécutifs (parfois de gauche ... ) ralliés au libéralisme. Pour changer une situation toujours aussi scandaleuse (on est passé en quatre ans d'une différence salariale moyenne de 21,4% à 19,7% !), il faut une loi d'application « sur l'équité salariale ». J'ai fait à ce propos une proposition écrite qui a été considérée au mieux avec ironie, au pire avec mépris. La gauche elle-même ne s'est pas investie comme il le fallait dans le Jura. Non. Blablater, pondre des programmes illisibles et tenir des théories foireuses, ça on sait faire. S'impliquer, agir, manifester, c'est plus difficile. En attendant, le canton du Jura ne respecte pas les engagements de ses Constituants, lesquels, il y a exactement trente ans ou presque, ont créé un Etat digne de ce nom. Voulu différent des autres. Bien entendu, de tout malins me rétorqueront qu'il « faut voir au niveau fédéral ce qu'on peut faire» ! Rengaine connue. Ces Messieurs-Dames aux ordres de Berne, une spécialité de plus en plus en vogue chez nous, ce qui est le comble des combles. Au cours de la dernière campagne électorale, quelques-uns ont agité leurs petits poings et juré leurs grands dieux qu'ils s'attaqueraient aux inégalités. Depuis, ils se sont retirés sous leur tente, non sans avoir précipité le Jura dans le ridicule au gré de l'affaire que l'on sait. Réagiront-ils dans le bon sens si le parlement reprend le flambeau? On verra bien, mais il me semble toujours aussi indispensable de se remettre en mouvement. Le Québec et certains Etats régionaux européens, qui savent allier intérêts sociaux et économiques dans la conduite des affaires publiques (par la pratique d'une démocratie sociale active), se sont donné une « loi sur l'équité salariale ». Pourquoi cela marche-t-il chez eux et ne fonctionnerait pas ici ? En se contentant de la Leg, une loi dont on sait qu'elle arrange bien ceux qui ne veulent pas entendre parler d'égalité, les associations ou institutions qui prétendent défendre les intérêts des femmes se fourvoient gravement. Les pouvoirs publics quant à eux manquent à leur devoir. Jusqu'à quand ? (PAC)


Sous-enchère salariale

Sujet pour une question écrite ou orale

Soixante-quatre cas de « dumping salarial » dus à la libre circulation des personnes ont été constatés en novembre 2006 à Genève (6% des demandes de permis contre 4,5% en mai 2006). Les permis sont aux trois quarts délivrés à des travailleurs frontaliers. Parmi les secteurs les plus touchés, on retrouve « naturellement » ceux du travail temporaire (21,3%) et des services (19,3%). Au cours des débats sur ce sujet au Parlement jurassien, on avait senti une certaine réticence (pour ne pas dire plus) du Département de l’économie à mettre le poids nécessaire dans le contrôle de la commission tripartite (celle-ci est venue au monde au terme d’un accouchement aux fers ou quasiment…). Qu’en est-il aujourd’hui de la situation dans le Jura, canton, faut-il le rappeler, qui emploie une nombreuse main-d’œuvre transfrontalière ? Qu’en est-il des indications relatives à la sous-enchère salariale chez nous et, le cas échéant, comment entend-on combattre un phénomène qui semble prendre de l’ampleur sur l'ensemble du territoire helvétique ? (PAC)


La mort d'un saint

Merci l'abbé

C’était un homme immense. Avec sur les lèvres ce mot, toujours : compassion. Il a agi. Pour l’humanité. Pour l’homme. Jamais il n’a trahi sa mission, l’a conservée en son origine, embellie dans son accomplissement, conduite à la perfection par son universel témoignage. Le monde s’incline devant lui. Humblement. Il n’y a rien d’autre à faire que de taire les mots inutiles. D’en bâillonner la vaine imploration. Pour regarder son âme voler vers Dieu. L’imaginer dans le don de sa résurrection. Merci l’abbé. (PAC)


Vive la France !

Racisme antifrançais: c'est bien de cela qu'il s'agit

Ça recommence. La sortie de Montebourg sur le « pillage économique de la France par la Suisse », via les forfaits fiscaux, incite les médias helvétiques à se lancer dans la surenchère antifrançaise. Car que dire d’autre, alors qu’on préfabrique artifiellement des articles et des interviews bidon dans la presse du dimanche pour noircir des pages et nourrir la rancœur ? Que Doris Leuthard critique ouvertement les « forfaits fiscaux » et que les Directeurs cantonaux des finances se réunissent en catastrophe pour se dédouaner, donnant par là du crédit au coup de gueule du porte-parole de Ségolène Royal, semble n’avoir aucun impact sur nos patrons de presse et autres chefs de rédaction à leur botte. On gomme, on éradique ce qui pose problème pour l’image de la Suisse et, conséquence de cela, on ressert la soupe visqueuse dans laquelle baigne le rejet recuit de l’hexagone. Il faut bien protéger des intérêts financiers et économiques avant que la population ne les considère comme illégitimes, n’est-ce pas ? On appelle le transcendant Couchepin à la rescousse pour gloser sur la « perte d’influence politique de la France », et, cela va de soi, on convoque un avocat de Genève pour invectiver les Français et les prier de « se mêler de ce qui les regarde » ! Et ça marche. Le bon peuple suit. Français, « le Suisse vous emmerde », éructe de son petit crayon un dessinateur de presse ! Sentiment de haine pour la France. Absolument. De haine. Et ce ne sont pas les sauvages à jeun ou gavés de bière qui, le drapeau suisse sur le ventre, ont hurlé cette haine lors du dernier championnat du monde de football qui oseront me contredire. Quelle tristesse et quelle honte ! Pour un Romand, haïr la France, c’est se haïr soi-même. L’aimer, c’est se conforter dans son identité culturelle, sans renier quoi que ce soit du sentiment d’appartenance à la communauté française de Suisse, à son canton ou plus largement à la Confédération. Mais dire cela ne rapporte rien. C’est médiatiquement nul. Seule compte l’exacerbation d’un chauvinisme suisse qui, en certaines occasions, confine au racisme, si idiot que cela puisse paraître. L’Europe est à vomir, la France à régurgiter, et globalement l’étranger à dégueuler. Telle est la modernité médiatico-politique suisse. A laquelle, gauche et droite confondues, au plus grand plaisir du grand démocrate Blocher, se rendent sans coup férir quand ils ne l’alimentent pas de leurs propres et nauséabondes incongruités. Tout cela me dégoûte assez. Et puis merde, puisqu’il faut parler comme eux. Jurassien, Suisse romand, j’ose le crier sur tous les toits : vive la France ! (PAC)


La guerre du sperme

Nouvelle vague d’invasions normandes...

A la fin du VIIIe siècle, les Vikings distribuaient leur sperme aux femmes britanniques, vierges ou non. Le Danemark coopérant à l'amélioration du taux de reproduction des Anglais ! Ça recommence aujourd’hui, mais les Vikings n’ont plus besoin de surgir de leurs drakkars et débarquer sur les côtes de la Manche ou de l’Atlantique pour accomplir leur « œuvre » de fécondation. Ils vous envoient les petites graines par la poste. Il suffit au préalable d’un coup de fil de votre gynécologue à la banque de sperme danoise Cryos International, laquelle livre dans une cinquantaine de pays. Douze mille naissances déjà à son actif ! (Bilan rapporté par les grands journaux européens) L’Europe se peuple de beaux blonds solides et intelligents, se réjouiront les démocrates du Front National… D’autres se féliciteront que les bébés sont la descendance de pères sévèrement sélectionnés, donc exempts de maladies héréditaires, mortelles à court ou à moyen terme. Le phénomène s’amplifie puisque Cryos est désormais sauvagement concurrencé par les « opérateurs » privés qui arrivent en multitude sur le marché du sperme, notamment aux Etats-Unis, ce qui va de soi. Au mois de novembre 2006, le Times de Londres annonçait « la conquête du monde par le sperme danois ». Quel sperme ailleurs sur la planète se dressera-t-il contre l’hégémonie de la semence nordique ? Quels réseaux clandestins mettra-t-on en place pour écouler le fruit de l’homme mâle dans les pays qui en interdisent l’importation ? Ces derniers résisteront-ils à la tentation de « libéraliser » ce nouveau marché lucratif du « baby business » ? Questions effrayantes, n’est-ce pas ? Et pourtant toutes réalistes. (PAC)


L'arc d'or ne se rompt pas

L’amitié d'un homme de bien ne se perd pas facilement, et si elle se perd, on la regagne; un arc d'or ne se rompt pas sans beaucoup d'efforts, et quand il se rompt on peut rejoindre ses parties; l'arc de fer est fragile, et ses fragments ne peuvent plus se réunir.

Le Pancha Tantra


Délices de campagne

D'un néologisme à l'autre. Un régal.

Dimanche 14 janvier au Grand Jury RTL. Dominique Strauss-Kahn, candidat malheureux à l’investiture socialiste : « En aucun cas nous ne devons augmenter les prélèvements obligatoires », dit-il en réplique au Premier secrétaire François Hollande, compagnon de Ségolène, qui s’est fendu quelques jours plus tôt d’une déclaration « à titre personnel » (sic!) sur la nécessité d’augmenter les impôts pour les contribuables dont le revenu dépasse 4000 euros (un relèvement qui semble d’ailleurs être approuvé par une petite majorité de Français…) Ambiance et cohérence, et presque cotillons à moins de quinze jours de la Sylvestre !

Lundi 15 janvier au Mont-Saint-Michel. Nicolas Sarkozy se laisse aller dans un de ces épanchements dont il enlumine désormais ses sorties : «Il y a quelques années, François Mitterrand, dans une réplique superbe, avait dit : "Vous n'avez pas le monopole du coeur.» Bourde monumentale. La phrase est de Giscard d’Estaing dans son duel télévisé de 1974 face au plus grand (futur à ce moment-là) des présidents français avec De Gaulle.

Mercredi 17 janvier au journal de Canal+. Arnaud Montebourg (« Celui qui a déjà déclaré la guerre à la Suisse ! » se lamentent quelques camarades enragés de la Rue de Solférino) se lâche sous le regard convulsé de Denisot : « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon » ! La tronche du compagnon. Le fou rire du Nicolas. La gêne après la bonne blague de l’Arnaud qui se prend un mois de colle par celle qui le plie à son « ordre juste » ! Ségolène et sa bravitude. Montebourg et sa bourditude. Nicolas et sa changitude.

Vendredi 19 janvier à l’écoute. Cette fin de semaine s’annonce croustillante. Reste plus qu’à savourer François. L’autre. François le Béarnais, grand admirateur (et excellent biographe, soit dit en passant) d’Henri IV. Que va-t-il nous sortir ? Remettra-t-il une niaffe devant les caméras à l’un de ces sauvageons chers à Jean-Pierre Chevènement ? On attend avec impatience la suite de la campagne. Campagne au sommet de l’Olympe. La France est un si beau pays. Sa classe politique un spectacle du plus grand attrait. Quoi qu’en pensent les traîne-savates somniféro-dépressivants de la politique suisse, voire jurassienne. Vivement les prochains épisodes. Jusqu’à l’avènement du nouveau roi ou de Madame Royal. Une délectation assurée. N’en manquez pas une miette. Sûr. (PAC)


Mairie, Conseil, Commune...

De la qualité de la démocratie

L’étude du Fonds national suisse revêt un intérêt notoire (Quotidien jurassien, 18.01.07). Elle ne manquera pas d’attirer l’attention des petites communautés villageoises exposées à la raillerie en raison du fait qu’elles tiennent farouchement à l’institution municipale qui gère leur existence. Que constatent les politologues auteurs du Projet de recherche sur la qualité de la démocratie ? Des choses, ma foi, fort instructives : les petites communes s’en sortent mieux en matière de compétences politiques, de confiance collective dans le système et d’intégration sociale. Rien que ça ! En fait, des avantages qu'on peut sans autre rassembler sous la bannière de « l’identité communale ». Au surplus, l’étude met en évidence les effets contradictoires – par définition négatifs – des fusions de communes. Les petites communes, remarque-t-on, ont des atouts qui les confortent dans leurs convictions là où elles disposent du personnel politique « nécessaire », volontaire et motivé. Conclusion plutôt positive, on l'admettra volontiers. Il en est ainsi des théories politiques (la fusion à tout prix) lancées comme des produits de lessive, sans les précautions utiles et sans l’honnêteté indispensable. Elles font pssschitt ! dirait malicieusement le président Chirac. Si cela n’était point, peut-être progresserait-on à pas assurés dans la régénération de notre système démocratique. Mais a-t-il besoin d’être régénéré dans ce sens-là ? Je connais en tout cas un petit village pour lequel toutes ces questions paraissent à juste titre bien vaseuses… (PAC)


En avant le Jura-Sud !

Maxime Zuber est candidat. Avec lui, en avant !

Maxime Zuber est candidat au Conseil national. Logique. Utile. Bénéfique. Je l’en remercie et félicite vivement. Dans le passé, les autonomistes ont appuyé alternativement des candidats de gauche (Jean-Claude Crevoisier, socialiste), du centre (Hubert Frainier, démocrate-chrétien) ou de droite (Jean-Claude Zwahlen, libéral radical). Avec réussite. Cette attitude consistait à donner un maximum de chances au mieux placé des prétendants, d’une part pour être élu (lapalissade), d’autre part pour être le porte-parole le plus représentatif de la région (une exigence de vérité). Lors des élections cantonales bernoises de 2006, un formidable espoir est né du succès électoral sans précédent obtenu par le Député-Maire de Moutier, succès qui l’a placé au premier rang des élus du Jura méridional. Qu’il soit aujourd’hui en lice pour le Conseil national au nom de la gauche et de l’ensemble de la région, après l’avoir été pour la « Liste romande » au nom de tous, est une excellente nouvelle. Maxime Zuber appelle à la coalition des forces, en évoquant une idée chère aux citoyens et militants mobilisés pour la défense du « Jura bernois », savoir celle d’une initiative cantonale qui instituerait un cercle électoral circonscrit à la région et qui assurerait à celle-ci la liberté et le droit de désigner elle-même son ou ses représentants au Conseil national. Les élections fédérales de 2007, selon Maxime Zuber, feront office de « laboratoire » dans cette perspective. C’est très bien ainsi. Les forces politiques, toutes tendances confondues, sont appelées à soutenir les candidatures du Jura méridional. Nous le ferons, avec conviction, car un seul intérêt compte : la prise en main de son destin par une région dont le dynamisme grandit avec les ambitions que portent pour elle des personnalités de qualité, celle de Maxime Zuber s’étant déjà imposée comme de tout premier plan au sein de la population et du corps électoral. Je conclurai comme Maxime Zuber dans sa conférence de presse : au boulot ! (PAC)


Le procès de Swissair

Rendez l'argent !

Le procès de Bülach touchera-t-il les vrais responsables de la débâcle de Swissair ? Non, répond Filippo Leutenegger, le créateur d’Arena. Le pouvoir réel, celui des coulisses, sera épargné. Comme toujours. C’est pourtant là qu’il faudrait frapper après avoir sanctionné les fautifs visibles et directs, agents de la faillite de Swissair. Et le Conseil fédéral ? Et la majorité des Chambres ? N’ont-ils pas été complices de la dilapidation du trésor public au profit d’une politique industrielle désastreuse, soumise aux canons des bandits arrogants de la haute finance criminelle ? N’ont-ils pas cédé aux injonctions «nationalistes», ou malhonnêtement présentées comme telles, de vautours sûrs d’eux-mêmes et dictant leur loi au commun et collectif des mortels, si possible radicaux et fiers d’arborer leur grade de militaires d’opérette ? Et les autres, tous partis confondus, ne sont-ils pas restés inertes face à la plus gigantesque arnaque qu’on ait connue, tout en fermant les yeux sur le largage de Genève-Cointrain au profit de l’« Unique airport » ? Ah ! si les prétentieux, les marchands de sable, les porte-flingues du « tout libéral », les couards complices et les incompétents pouvaient être mis en prison ! Il y aurait du monde sous les verrous dans ce beau pays ! En attendant, ils ne vont pas rembourser. A peine blâmés par une justice impuissante, certains d’entre eux ou de leurs amis s’en retourneront vers d’autres ports d’amarrage pour la rouerie et la délinquance d’Etat. Les « forfaits fiscaux », par exemple… Rendez l’argent, gibiers de potence ! J’y reviendrai à l’occasion des « fédérales ». A coup sûr ! (PAC)


L’avenir ? Tout une histoire !

Parmi les visionnaires

Chez F.O.G. (Franz-Olivier Giesbert), l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy, qui m’a jadis accordé le privilège de voyager avec lui dans un avion affrété par le GLAM pour un déplacement à Montréal, a porté son « coup de cœur » sur l’ouvrage de Jacques Attali : Une brève histoire de l’avenir, Ed. Fayard, octobre 2006. Un livre, il est vrai, extraordinaire. Une projection dans l’avenir un peu effrayante. Ainsi y lit-on, aux pages 265 et 266, s’agissant de la « déconstruction des Etats » vers 2050 : « Des gouvernements médiocres, appuyés sur de rares fonctionnaires et des parlementaires discrédités, manipulés par des groupes de pression, continueront à donner un spectacle de moins en moins fréquenté, de moins en moins pris au sérieux »… Onze lignes plus bas arrivent ces phrases qui interrogent : « Les Etats qui auront su s’attirer la loyauté de leurs citoyens en favorisant leur créativité, leur intégration et leur mobilité sociale survivront. Certaines nations de tradition social-démocrate et certaines minuscules entités étatiques résisteront mieux que d’autres. Ironie de l’Histoire : avec l’achèvement de l’hyperempire, on assistera au retour de ces cités-Etats qui dominèrent les débuts de l’Ordre marchand. » C’est pas beau, ça ? Autorités médiocres, survivance des petits Etats… Il est temps d’y penser ! (PAC)


Fiscalité de préférence

L'hypocrisie au service de l'Etat

Arnaud Montebourg persiste et signe (Le Matin, 14 janvier 2007) : la Suisse se livre au pillage économique de la France. Les faits ne lui donnent pas tort, et la population comprend parfaitement la remarque de Doris Leuthard à propos des arrangements fiscaux qui encouragent ce mouvement et instituent une discrimination injustifiable entre contribuables helvétiques et étrangers. Bien sûr, une immense hypocrisie plane au-dessus des têtes et des protestations de bonne foi des cantons suisses. Allez dire à notre ministre des finances qu’il faut refuser un forfait à un Michael Schumacher que les rives bucoliques de la Birse finiraient par convaincre de déménager à Soyhières ! Vous recevrez de l’ensemble de la classe politique (pas des gens au SMIC…) le rabrouement public selon lequel ce serait « un véritable scandale » que de se priver de son argent ! Quant aux dirigeants des « forces de progrès » (pas les ouvriers qu’ils prétendent représenter), ils esquisseront une moue publique, espéreront en secret ne pas avoir à se prononcer et mettront trois semaines pour publier un communiqué qui exprime « leurs réserves ! » et qui – quand il faut y aller, il faut y aller – précise qu’«on peut comprendre »… Au lieu de piailler sur une harmonisation fiscale contraire au fédéralisme, ceux-ci feraient mieux de se préoccuper d’une attitude complice (elle n’a rien à voir avec la souveraineté fiscale des Etats confédérés) qui provoque l’hostilité de l’Union européenne, union dans laquelle, si on persiste dans la voie actuelle, nous entrerons « à genoux », comme le dit si bien un commissaire de Bruxelles. Au fond, et tout le monde le sait, le « forfait fiscal » est contraire au principe démocratique, et à la justice, mais ceci est un détail, n’est-ce pas ? J’apprécie Micheline Calmy-Rey, mais j’approuve Arnaud Montebourg, un éventuel futur ministre français de l’économie... Et je regrette qu’il a fallu Doris Leuthard (que j’approuve aussi) pour dire ce que les socialistes se devaient de proclamer les premiers… Bon dimanche. (PAC)


L'unité du Jura. Bien sûr.

«Un seul Jura»: FD disserte, tempête, couine et brait...

« Force démocratique » vient d’envoyer un recueil d’analyses aux députés jurassiens. Textes de conférences de presse et articles du Quinquet. Du plus haut niveau. Cela va de soi. Il faut lire Messieurs Houmard et Monnin. Un style et une intelligence qui les font sortes d’Evêques Massillon défroqués : un charme d’élocution continuel, une harmonie enchanteresse, un choix de mots qui vont tous au cœur ou qui parlent à l’imagination, un assemblage de force et de douceur, de dignité et de grâce, de sévérité et d’onction, une intarissable fécondité de moyens, se fortifiant tous les uns par les autres, une surprenante richesse de développements, un art de pénétrer dans les plus secrets replis du cœur humain, de manière à l’étonner et à le confondre, d’en détailler les faiblesses les plus communes, une aptitude christique à tonner dans les consciences et à les rassurer. Aimablement, ils qualifient les dirigeants autonomistes de «bande de fous» (sic !), siphonnés qu’il faut évidemment éradiquer ! Les parlementaires apprécieront, ainsi que «les pères et mères la morale» qui sévissent au sein de l’AIJ, dont les appels au dialogue pour le dialogue, comme on le sait, trouvent chez nos amis les bernophiles les plus retentissants échos. Que ceux-ci se rassurent, je les entends, et il est exclu que, par le travers d’une parole non maîtrisée, je me mette à qualifier les philosophes de « Force démocratique » de débiles mentaux. Inutile d’insister, jamais je ne me livrerai à une telle abomination. Voilà. C’est fini. A plus tard. Amitiés. (PAC)