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Le journal de Pierre-André Comte

Vérité et juste cause

Oeuvre de paix

Dans son dernier ouvrage (Le monde moderne et la question juive, Seuil, octobre 2006), Edgar Morin décrit les enchevêtrements des trois grandes religions monothéistes, et ainsi leur intime parenté. Finalement, une interdépendance qui devrait relativiser les tensions, querelles et conflits, tragiques selon les cas, qui les divisent. L’islam, dit le philosophe d’origine séfarade, «est aussi dans son origine de caractère judéo-gentil1». Il fonde son affirmation sur le fait qu’il est probable «que des judéo-chrétiens disciples de Jacques, frère de Jésus et premier chef de l’église, qui avaient voulu maintenir le lien avec la Synagogue mais que celle-ci chassa et exila, se soient réfugiés en Arabie, où ils influencèrent Mohammed, lequel intégra comme prophètes du Coran Abraham, Moïse et Jésus.» Morin en conclut (p.77) que «l’islam conserve ainsi la marque juive et chrétienne, tout en s’en détachant, ce qui permet de comprendre la tolérance des pouvoirs islamistes durant des siècles à l’égard des chrétiens et des juifs, jusqu’à l’Empire ottoman inclus.» Lire les philosophes, n’est-ce pas un moyen de promouvoir la paix ? D’attirer l’attention sur la vérité, et dès lors résister victorieusement à l’appel du sang ? Que 2007 s’inscrive sous le signe de leur enseignement ! (PAC)

1 Pour les anciens juifs et les premiers chrétiens, le terme « gentil » (Goïm) désignait les ressortissants des nations étrangères, et plus largement les païens.

Parabole concernant la mauvaise parole - Sourate 14, Verset 26 :

« Et une mauvaise parole est pareille à un mauvais arbre, déraciné de la surface de la terre et qui n'a point de stabilité. »


Des droits de l'homme

Humaniser l'humanité

30 décembre 2006. Dans son blog publié sur le site du Monde, Pierre Assouline livre une « note » dans laquelle il salue «L’honneur de Miguel de Unanumo», revenant en cela sur le discours prononcé par le philosophe à l’université de Salamanque le 12 octobre 1936. Devant l’épouse de Franco et des généraux enragés, après avoir dû subir les diatribes anti-Basques et anti-Catalans du général Astray sous les approbations nazifiantes des phalangistes, le vieux Monsieur prononça des mots de désapprobation suscitant les «Viva la muerte» et les «Mueran los intelectuales !» du général en question : « Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé.» Il quitta l’estrade dans un silence de mort avant d’être prestement évacué sous les insultes des phalangistes, précise Assouline. Démissionné, Miguel de Unanumo mourut peu après de «tristesse et d’écœurement». Honneur de l’homme. Honneur de l’humanité.

30 décembre 2006. La TV iraquienne diffuse l’image de Saddam Hussein allant à la pendaison. Exécuté. Bush exulte. Human Rights Watch (Observatoire des Droits de l'homme) condamne: «Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l’homme, mais ses actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine.» Avec à la mémoire la liquidation bestiale de Ceausescu, je partage cet avis. L’exécution d’un être humain, ce dernier fut-il parmi les monstres les plus abominables, demeure un acte d’irrationnelle sauvagerie, injustifié au regard même des droits fondamentaux au nom desquels il prétend s’imposer.

30 décembre 2006. Dans une réplique à Hutten, Erasme avait dit : «Mon devoir est de favoriser la cause de la civilisation!» La civilisation, oui. Mais qu’est-ce donc aujourd’hui ? J’en viens à Stefan Zweig dans son ouvrage consacré en 1935 au maître de Rotterdam : «Ce qu’Erasme transmettait à la postérité, dit-il, au milieu du désarroi de la guerre et des dissensions européennes, n’était que l’antique rêve, renouvelé des religions et des mythes, d’une future et inévitable humanisation de l’humanité, du triomphe de la lumineuse et équitable raison sur la vanité égoïste des passions.» Humaniser l’humanité.

30 décembre 2006 toujours. Humanisme. Puisse 2007 diriger les hommes vers cet idéal ou l’honneur de Unanumo et le rêve d’Erasme, réduisant à l’échec pulsions de mort et désirs de vengeance, s’imposent à tous, car l’homme, pour en finir avec Zweig, «ne pourra jamais vivre ni rien faire sans ce consolant espoir de progrès moral.» Cela reste notre actualité. (PAC)


Mieux vaut en rire

Passons à autre chose... tout en légèreté

Bon, voilà. C’est fait. Fin de la pièce. Il en est de plus drôles, quand même. Bien. Certains me rappellent le Maire d’Evry, le fringant Manuel Vals, qui disait : "J'étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui". D’autres me font penser à l’ancien Premier Ministre français, dont les raffarinades sont désormais célèbres : "Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints". Enfin, un troisième, dont je ne citerai pas le nom par charité, aurait pu dire : « Si j’avais su que mon vote était inapproprié, j’aurais vu qu’il était inadéquat. » Voilà. Rideau. (PAC)


Haro sur le baudet!

Offense à la santé publique jurassienne

2, rue de l’Hôpital, vendredi 29 décembre 2006. Réunion de crise à la sous-préfecture. Madame et Messieurs redistribuent les «dicastères» (est-il encore justifié de parler de ministères?). Les médias de Suisse et d’au loin … (voir l’intérêt de Canal+ ci-dessous) se pourlèchent. La décision huée par le peuple doit être changée. Entrechocs « revirements-revire-vestes », le Jura au sommet de sa gloire ! Dans quelques instants, on aura refilé le mistigri (le Département de la santé) à quelqu’un d’autre. Que personne ne veuille de l’héritage d’une politique, et de celui-là en particulier, on comprend. Mais que le personnel de la santé publique, du plus bas au plus haut, puisse être ainsi vilipendé et offensé, cela est proprement intolérable. Et pourtant. Aucune réaction syndicale. Ils sont sûrement en vacances… (PAC)


Juragate à Canal+

Un peu plus de honte encore

Authentique. Jeudi, 28 décembre 2006, 19 heures. Je regarde le JT de Canal+. Après les images qui montrent les troupes loyalistes s'emparer de Mogadiscio en Somalie, la présentatrice annonce: "Nous connaissions le Watergate, voilà qu'on découvre le Juragate" ! Suit une reprise du Téléjournal de la TSR avec un commentaire qui résume "l'affaire Schaffter" et la mobilisation "des plus fins limiers" de la Romande pour parler du "sac de noeuds" ! Absolument vrai. Le Juragate ! On a atteint le fond. Les éditorialistes qui misaient sur des candidats "consensuels" et qui applaudissaient à tout rompre "la politique autrement" en sont pour leurs frais ! Cocus ! Le Jura humilié dans le monde francophone. Rideau. Nuls ! Et grosse colère contre ceux qui font de mon pays un cloaque que plus personne ne veut rejoindre. Les Jurassiens du Sud s'étranglent d'indignation. Bravo à tous ! Bravo aux apparatchiks des partis, bravo à tous ces margoulins, toutes tendances confondues, qui passent leur temps à discréditer le Jura ! Je ne leur souhaite pas une bonne année ! J'ai honte. (PAC)


Jura crucifié

Dialogue aux Enfers entre Roland Béguelin et Roger Schaffter

Roland Béguelin. – Ah ! Pour mon malheur, qui vois-je me rejoindre en ce lieu sinistre, dernier refuge des âmes infortunées ? Est-ce bien toi, Roger ? Faut-il que le Jura soit à ce point blâmé pour que nous fussions tous deux relégués au séjour des ombres ?

Roger Schaffter. – Hélas, tes yeux me voient, cher compagnon de lutte. C’est bien Roger Schaffter qui te retrouve après un court séjour au Purgatoire, où l’on instruisit contre lui un procès tronqué. C’est bien moi, prêt à nourrir le Styx de mes larmes. A pleurer sur le sort de la patrie perdue, livrée à tous les vandalismes.

Roland Béguelin. – Mon sort pareil au tien fut scellé sans que je puisse accéder au dossier et défendre ma cause. L’injustice, ô cher frère d’arme, sévissait là où nous pensions que jamais elle ne pût paraître…

Roger Schaffter. – La douleur, Roland, te dépêche au blasphème ! Veille à ne point attirer ici la colère de Dieu. Les Enfers appartiennent au Tout-Puissant, comme toute création visible à l’Homme. Inconscient ! Crains la sentence de Dieu ! Voudrais-tu que l’humiliation nous poursuive jusqu’aux basses fosses où la Bête s’abreuve de rancœur et de vengeance ?

Roland Béguelin. – Certes non, ami qui partage ma peine. Mais comprends ce qu’elle peut être, alors qu’un destin forgé dans l’honneur des peuples me promettait à la reconnaissance céleste après la bénédiction terrestre de mes frères.

Roger Schaffter. – Et crois-tu, malheureux, que je ne souffre pas autant que toi, avec qui je jouissais du titre envié de «Père de la Patrie» ? Sois prudent, te dis-je, si tu ne veux refermer sur nous le verrou pour l’éternité !

Roland Béguelin. – Hélas Roger, treize ans dans l’antichambre du Paradis ne m’ont point changé le caractère. Le temps de la réflexion écoulé, court pour les esprits bien faits, l’action s’impose, tout de suite, franche, incisive, jusqu’à la capitulation de l’adversaire. Aussi je ne peux me taire et je parlerai.

PREMIER DIALOGUE


Le passé et l'avenir

Le gouvernement n'est pas le peuple

« Pour ceux qui étudient l’histoire (…) pour être encouragés par le souvenir des esprits créateurs, le passé cesse d’être le musée déprimant de toutes les turpitudes ; il devient une cité céleste, une vaste patrie de l’esprit où des milliers de saints, d’hommes d’Etat, d’inventeurs, de savants, de poètes, d’artistes, de musiciens, d’amants et de philosophes continuent de vivre, de parler, d’enseigner, de créer et de chanter. (…) Heureux l’homme qui, avant de mourir, a profité pleinement de son héritage de civilisation et l’a transmis à ses enfants ; sur son lit de mort, il sera reconnaissant de cette richesse inépuisable, sachant qu’elle est à la fois notre sol nourricier et la perpétuation de notre vie. » Ces phrases sont de Will et Durant dans «Les leçons de l’histoire». Je les dédie au peuple jurassien, auquel ses gouvernants, par force turpitudes, raisonnements débiles et mesquineries personnelles, livrent en ce moment le spectacle de l’indignité publique. (PAC)


Le Jura bafoué

Naufrage prévu, retentissant !

Où va la démocratie jurassienne ? A la veille du trentième anniversaire de notre Constitution, celle-ci n’a jamais été aussi publiquement bafouée. L’Etat né du combat d’indépendance, dont les dirigeants se montrent indignes, est réduit au statut d’avorton. On va au Parlement comme on se rend à la première cantine venue, on va au Gouvernement pour ourdir quelque misérable complot, on formule des « interventions » comme des cancres récidivistes, on avance des idées toutes plus creuses les unes que les autres, on se donne en spectacle dans des discours sans queue ni tête, révélateurs d’une nigauderie profonde, on crache sur l’histoire, on torpille des réformes indispensables (celle du système hospitalier n’étant pas la moindre) pour satisfaire à de crapoteux intérêts électoraux, bref, on se fout du monde en plein. Pendant ce temps, la Suisse rit, les pro-bernois du Jura-Sud bavent de jouissance dans leurs charniers littéraires, les autonomistes désespèrent, Béguelin et Schaffter se retournent dans leur tombe. Amis Jurassiens, frères de lutte, honnêtes gens et esprits détachés du commun partisan, réunissons-nous en 2007. Participons en toute liberté, en dehors des caniveaux politiciens, à la prochaine joute électorale, d’abord pour dire leurs quatre vérités à tous les « surfaits » et profiteurs qui salissent le Jura à journée pleine, ensuite peut-être même pour gagner. Le Jura a besoin de se relever. Il ne le fera pas avec les fruits secs qui le gouvernent aujourd’hui. Je vous attends. A la revoyure et amitiés. (PAC)


Jours de fête

Le vin, la poésie, le sens de la vie

Robe d'un beau rouge cerise. Nez élégant, mêlant notes de fruits rouges mûrs et boisés, raffiné aux fragrances épicées. Attaque charnue, matière fine et polie, belle ampleur. Le fruit s'exprime dans un style friand et croquant. Vin de sublime qualité, qui allie ampleur, volume, finesse et complexité. Il accompagnera avec merveille une viande rouge rôtie ou en sauce : volailles en salmis, tout gibier et les fromages comme le Comté, le Citeaux, le Saint-Florentin. Issu du cépage Pinot noir, il ne peut être que rouge. Le sol argilo-calcaire sur lequel il se développe se « distingue » par sa teinte rougeâtre, due à sa teneur ferrugineuse. Qui est-ce ? Voyez sous suite. Littérature. Oui. Oui, bien sûr, de la vraie et de la meilleure. (PAC)

 (Suite)

Voeux pour une fête exceptionnelle

Que le bonheur vous submerge !

Tous les vœux reçus me remplissent de joie. Je retiendrai, pour la restituer avec un plaisir particulier à mes lecteurs, la phrase d’Emile Chanoux, martyr de la cause valdôtaine, que mon ami Laurent Viérin, nouveau Ministre de l’Education et de la Culture de la Vallée d’Aoste a fait imprimer sur la carte qu’il vient de m’envoyer : « Toute culture naît de l’école. Et la culture n’est pas quelque chose de séparé de la vie d’un peuple… elle en est la partie la plus vivante : l’âme. » Et maintenant à moi de vous souhaiter une très heureuse fête de Noël, dans nos quatre langues nationales, cette richesse culturelle incomparable. Joyeux Noël ! Buon Natale ! Fröhliche Weihnachten ! Bellas festas da Nadal ! Puis, en patois franco-provençal de la vallée de mon cœur : Trèinadan ! (PAC)


L'honneur du prince

Richelieu, modèle de l’homme d’État

La perte de l’honneur est plus que celle de perdre la vie, disait Richelieu. Après l’honneur, affirmait-il, vient le bien public. Un homme d’Etat doit tout y consacrer : esprit, cœur, ambition. Il ne doit poursuivre qu’un seul objectif : l’intérêt général, à l’exclusion de tout autre, soit personnel, soit de parti. C’est l’unique fin professée dans son Testament politique. Louis XIII avait dit de lui qu’il était « le plus grand serviteur que jamais la France ait eu ! » En cette période de l’année, n'importe-t-il pas de s’élever ? Je relis, en ce beau matin si agréablement frais d’avant Noël, quelques pages du livre magnifique publié en 1934 par Louis Batiffol (Richelieu et le Roi Louis XIII – Les véritables rapports du souverain et de son ministre). Au retour d’une escapade dans les premiers crissements du jour, ici au cœur de la forêt, cela procure le plus intense sentiment de bien-être. Bien public. Honneur, ce mobile le plus puissant des actions de l’homme. Tenons-nous en là. (PAC)


Dépêche Infos.1

A première vue, le plan de campagne semble bon. Les erreurs à ne pas commettre, sur la base des expériences du passé, ont été identifiées par le chargé de la communication. Le programme politique est en phase d'élaboration: des idées de progrès, qui sortent de tout carcan institutionnel. Le Jura doit pouvoir compter sur des représentants dont l'action sera originale, parfois (le plus souvent même) concertée, mais en tous les cas indépendante face aux ukases d'où qu'ils viennent. Le peuple jurassien a le droit de savoir ce qui s'est passé sous la Coupole fédérale ces quatre dernières années, et en particulier dans quelle considération a été tenu leur canton par les milieux de la politique fédérale. Il doit aussi connaître les véritables intentions des uns et des autres. Rendez-vous au début de la nouvelle année. (G.INFOS.FEDERALES07. JURA.SOCIALISTES)


Rester en dehors de tout ça...

Mieux vaut lire que commenter...

Baudelaire a été le premier à se donner comme tâche de capter ce qu'il y a «de poétique dans l'historique» et «d'éternel dans le transitoire.» Charles Baudelaire est aussi celui qui a su extraire la beauté du mal, c'est dire qu'à la suite des Romantiques, il a ouvert la voie d'une esthétique de la souffrance. Le poète a coulé son expérience chaotique du monde dans des vers idéaux d'harmonie et dans des images où les sentiments les plus noirs deviennent des paysages désolés certes, mais également magnifiques. Baudelaire est bien celui qui «a pétri de la boue et qui en a fait de l'or.» (Réf. Poètes Lien Blog PAC) Pourquoi Baudelaire, maintenant ? Avez-vous entendu parler des exploits politiques jurassiens de ces dernières heures, d’hier et d’aujourd’hui, de préséance stupide et de connivence revancharde ? Non ? Je n’ai rien à dire. Lisons Baudelaire… (PAC)


Excellent discours

L'aîné du Parlement rappelle l'essentiel de la mission politique

Discours d'excellente facture d'Ami Lièvre, hier soir à Saint-Marcel, à l'occasion de la séance constitutive du Parlement pour la législature 2007-2010. Références à Camus ou à Alain, témoignage personnel d'un politicien dont la carrière le place parmi les sages, le plus ancien parlementaire a livré un point de vue de qualité supérieure à ses correligionnaires. Un extrait: « Pour ce qui nous concerne ici et maintenant, une première réponse consiste à dire que nos concitoyens nous ont élus pour agir et, à défaut de créer une société parfaite, pour contribuer concrètement à l’amélioration de leur vie au quotidien. Car il s’agit bien du quotidien et pas seulement de ce que nous pouvons promettre pour un avenir meilleur. Ne pas se contenter de bercer les gens d’espoir mais partager leur vie. En effet pour citer encore Albert Camus la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. C’est d’ailleurs probablement au service des autres et dans l’action qu’est, en fin de compte, la liberté. » Merci, Monsieur le Député, pour ces paroles belles et fortes. (PAC)


Drôle de réputation

Une Suisse au-dessus de tout soupçon, Jura itou

En France et ailleurs en Europe, la Suisse à la réputation d’être un paradis fiscal (voir l’exemple brillant de Johnny Hallyday et des familles fortunées qui résident chez nous à des « taux préférentiels » accordés par les cantons) et d’être éminemment restrictive en matière de droit d’asile et d’intégration des étrangers (voir les tonitruantes félicitations adressées à l’Helvétie chrétienne par le sermonnaire Jean-Marie Le Pen soi-même, un « deuxième tourable » inévitable si Sarkozy continue de vilipender sa candidature, celle de Ségolène étant à peu près certaine de participer à la deuxième manche). Bravo les Helvètes ! Soyons discrets, car cette situation moralement indéfendable… fait le plus grand bien à nos pauvres. Puisqu’on vous le dit ! Arrêtez de chipoter ! Silence ! On a des sous, c’est parfait. On peut même avec, dans le Jura (le Parlement aujourd'hui), s’acheter des tenues « Rambo » pour pallier aux risques d’émeutes engendrés par l’Euro 2008. Chûûûûût… Une nuée d’anges passe (e ou ent ?). Allez ciao, bonsoir ! (PAC)


Enseignement de l'histoire

La foule salue l'Assemblée constituante le 12.4.1976

De l'éducation civique des jeunes Jurassiens

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mettre en place un véritable programme d'éducation civique et d'enseignement de l'histoire reste une responsabilité à mes yeux prioritaire de l'Etat jurassien. C'est dans le but de l'inciter à se décomplexer face au combat de libération (car il s'agissait bien de cela, tout de même...) que je lui pose la question suivante (transmise le 13 décembre 2006 à l'occasion du plénum - sous suite). En espérant qu'elle trouvera la réponse que l'on est en droit de souhaiter. (PAC)

 (Suite)

Protection de l'environnement

Un devoir constitutionnel

Lors de la session du 13 décembre 2006 du Parlement jurassien, j'ai déposé une motion (n° 811) qui demande au Gouvernement d'élaborer les dispositions permettant une révision partielle de la Constitution jurassienne, cela par l'ajout à son préambule d'une référence précise au principe de la protection de l'environnement. Il me semble qu'il est temps de porter "au fronton constitutionnel" de nouveaux droits et devoirs en une matière qui concerne les libertés fondamentales des générations futures. On pourra prendre connaissance du texte de ma motion sous suite. (PAC)

 (Suite)

Rêve de Ramuz

C'est la montagne qui est tombée...

J’ai rêvé. J’étais au sommet de la Quille du diable, que j’avais jadis gravie au service militaire. Au Nord-Est, il y avait le glacier de Tsanfleuron, puis après un quart de tour de tête, du surplomb j’ai vu le vallon de Derborence et son éboulement, immortalisé par le roman de Ramuz. Justement. C’est qu’avant de fermer l’œil, si tard dans la nuit, j’ai relu quelques chapitres de «Derborence», ainsi XI : « Derborence, le mot chante triste et doux dans la tête pendant qu’on se penche sur le vide, où il n’y a plus rien, et on voit qu’il n’y a plus rien. C’est l’hiver au-dessous de vous, c’est la morte-saison tout le long de l’année. Et si loin que le regard porte, il n’y a plus rien que des pierres et des pierres et toujours des pierres. Depuis deux cents ans à peu près. Seul quelquefois un troupeau de moutons se montre dans ces solitudes, à cause d’un peu d’herbe qui y pousse, là où la roche lui laisse la place de percer ; il y erre longuement comme l’ombre d’une nuage. » (…) Ramuz, merveilleux, le style, la langue qui se façonne, se taille, authentique, profonde, qui ne vieillira jamais. (PAC)


Le MAJ au front

Ne pas rester inactifs

L'Université d'hiver du MAJ s'est déroulée ce jour à Vellerat. Les dirigeants du mouvement ont planché sur la situation politique et l'implication des autonomistes dans le débat sur le "partage de souveraineté" entre Jura-République et Jura-Sud. Une partie de la réflexion a porté sur les relations futures du MAJ avec le Gouvernement jurassien. La rencontre a ensuite été consacrée à la tenue des "Etats généraux de l'unité" et aux manifestations liées à la célébration du 60ème anniversaire du mouvement et de la Fête fu peuple jurassien. On prendra connaissance dans le détail du contenu de cette réunion traditionnelle en lisant le communiqué en annexe. (PAC)

 (Suite)

Micheline Calmy-Rey au sommet


© Keystone / Martin Ruetschi

L'espoir venu de Genève

Le Canton de Genève a célébré comme il se doit « sa » présidente de la Confédération, que je félicite chaleureusement pour son accession à la plus haute marche du Conseil fédéral. La Suisse doit en vérité se réjouir de la nomination de Madame Calmy-Rey, et les députés qui l’ont négligée peuvent retourner à leur niche. Nuls ! Dans son allocution de la Conférence des Ambassadeurs de 2006, le 21 août à Berne, notre Ministre des affaires étrangères déclare notamment ceci : « La construction d’une Europe assortie d’une politique étrangère autonome piétine, ce qui se traduit par une faible capacité d’intervention dans les régions en crise. L’Europe est attendue partout à travers le monde. Mais force est de constater qu’elle n’y tient ni la place, ni le rôle qui sont espérés d’elle. Ceux que lui autoriseraient son histoire, sa culture de négociation, acquise à travers cinquante ans de construction européenne. Ceux d’une Europe puissance dont elle semble, faute de consensus suffisant, refuser délibérément la perspective. L’Europe n’a pourtant pas de temps à perdre. Elle est prise en tenailles. D’un côté les Etats-Unis, de l’autre la Chine et l’Inde dont les croissances démographiques et économiques bousculent l’ordre mondial. Il y a urgence car selon que l’Europe existe ou pas, le monde ne sera pas le même. » Pour insister ensuite sur l’importance du rôle qu’est invité à jouer la Suisse dans le « contexte européen ». L’analyse ne souffre aucune critique, et laisse augurer de nouvelles initiatives. Depuis qu’elle est en charge du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Micheline Calmy-Rey a insufflé à la diplomatie helvétique un élan et une volonté d’entreprendre qui redonnent à la Confédération le rang qu’elle avait largement galvaudé jusque-là. Présidente du Conseil fédéral et Ministre des affaires étrangères, Mme Calmy-Rey s’imposera sans nul doute comme la personnalité politique la plus rayonnante et représentative du pays, ce qui fera un grand bien à celui-ci. (PAC)