Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Le journal de Pierre-André Comte

Manifestation à Moutier

DISCOURS AUX MILITANTS

Mesdames, Messieurs, chers amis jurassiens, 

Il m’appartient de remercier les organisateurs de la fête au nom du Comité exécutif du Mouvement autonomiste jurassien. Soyez, avec eux, chaleureusement salués et félicités. Le retour d’une manifestation d’envergure à Moutier revient à dire que la cité prévôtoise se situe au cœur de la Question jurassienne. Qu’elle l’est plus qu’hier et moins que demain.  Moutier a vocation à jouer un rôle central dans le futur de la région. Peut-être capitale d’un Etat réunifié ou partiellement remembré, ou ville ordinaire dans un arrière-pays soumis à la domination bernoise, tels sont les termes de l’alternative. Il faudra tantôt choisir. L’échéance de 2015 est fixée. Il faut nous y préparer. 

On l’a vu, pour inoffensif qu’il soit, le rapport final de l’AIJ a semé le désarroi parmi les rangs antiséparatistes. La confusion s’empare des esprits, les triture et les torture, les assèche et offre au monde le spectacle d’une grande sottise. A parler vrai, le micmac probernois prête plus à rire qu’à pleurer. Dans quelle situation nous trouvons-nous ?

Sur le plan institutionnel, les choses sont claires. L’Accord du 25 mars 1994 désigne les interlocuteurs qualifiés : ni Bienne, ni la république de Neuchâtel n’en font partie. Pour ce qui concerne les relations futures de l’Etat réunifié, le principe d’une alliance privilégiée avec la cité seelandaise a déjà été accepté par le Parlement jurassien. Pour ce qu'il retourne des perspectives de l’Arc jurassien, constatons qu'elles sont hors de propos. Le rapport de l’AIJ préconise l’ouverture d’une phase d’« information interactive. » Un vote populaire doit sanctionner l’aboutissement du processus politique. Si ce dernier est l’objet d’un blocage, la loi « Un seul Jura », co-fondatrice du dispositif juridique agréé par les deux cantons et la Confédération, ouvre la voie du partage de souveraineté. Dans tous les cas, le Jura méridional décide seul de son avenir. Que veut-on de plus ? Qui craint la foudre, la peste et le choléra ? 

Seuls les gens peu sûrs se font du souci, le moindre étant de se trouver conséquents avec eux-mêmes. Forts des encouragements enfiellés du Quinquet, les mandataires d’en face se répandent en râles désabusés et, toutes trompettes embouchées, ramènent la pensée politique vers son degré zéro. Le plus bel exemple de cette débandade vient de nous en être donné par le Conseil du Jura bernois, dont l’inconsistance et la vacuité s’imposent désormais aux yeux de tous. Ne nous explique-t-il pas que la démocratie, c’est l’information sans débat et la décision sans vote ? Nos anxieux fanfarons ne sont en retard d’aucune couardise, pour reprendre les termes du journal Le Temps, et répondent au garde-à-vous ! A la vue du patron, le petit personnel fait du zèle. Mais aussi, il faudra bien un jour se poser la question de la cohérence autonomiste au sein de ce conseil. 

Le Conseil du Jura bernois se prétend parlement régional. A cette fable institutionnelle et juridique, le Gouvernement jurassien donne un écho lucide dans son rapport sur l’unité du Jura. Bien élevé, il déplore « l’absence d’interlocuteur au bénéfice de prérogatives décisionnelles équivalentes » dans le Jura méridional. Traduction superflue. Un nain a beau se tenir sur une montagne, il n'en est pas plus grand pour cela (1).

Chers amis jurassiens, nous possédons de puissants atouts. La loi « Un seul Jura » est le principal. Le vœu irrécusable de la ville de Moutier en est un autre. Notre capacité au débat démocratique en est un troisième. Enfin, le projet lui-même, avec son originalité, sa légitimité, son bon sens, son opportunité, ses promesses, en est un quatrième qui coiffe et couronne les trois autres. Alors, prenons notre bâton de pèlerin, courons les assemblées, affirmons nos convictions et transmettons notre enthousiasme.  

Un jour ou l’autre, nous aurons raison de l’ordinaire dénégation. Un jour ou l’autre, le front du refus se brisera. Alors le dialogue interjurassien, le seul auquel nous souscrivons, mettra fin au verbiage inutile et à la mauvaise foi qu’il véhicule à bon compte.  L’unité du Jura n’est pas un leurre. C’est une vérité première. Peu nous chaut la critique, peu importe la remontrance politiquement correcte ! Nul ne peut empêcher la rivière de couler, personne n’est apte à donner à l’histoire un sens qu’elle se refuse à prendre.  Vive le Jura libre, de Boncourt à la Neuveville ! 

Pierre-André Comte

Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ) 

Moutier, 27 juin 2009  

(1) Sénèque

 


Rapport sur l'unité du Jura

Rapport sur la reconstitution de l'unité du Jura au Parlement

Le gouvernement s’inscrit dans la continuité. Son rapport confirme un idéal et conforte une volonté. De ce point de vue, il satisfait à notre attente.

 

Quel que soit le commentaire qu’on puisse en faire, les conclusions de l’AIJ militent en faveur de l’unité du Jura. En réalité, l’institution ne dit rien d’autre que nous ne savions déjà. Avant elle, la Commission consultative fédérale avait établi un constat identique : seule l’édification d’un canton nouveau, formé des six districts de langue française du Jura, est apte à régler définitivement « le conflit jurassien », pour reprendre les termes de l’Accord du 25 mars 1994.

 

 (Suite)

Discours du 23 Juin à Saint-Ursanne

Reconstruire l'unité du Jura

Chers amis jurassiens,

 

Nous avons vécu dans notre histoire succès et désillusions. Nous avons passé du découragement à l’espoir, du doute à la certitude, de la défaite à la victoire, tout cela dans les deux sens. Nous n’avons jamais abandonné. Héritiers des fondateurs de la République et Canton du Jura, nous avons sans cesse remis l’ouvrage sur le métier. Certains appellent ça de l’obstination. D’autres du courage. Les premiers nous regardaient et nous toisent avec condescendance, les seconds nous félicitent et nous vouent quelque reconnaissance. Il fallait poursuivre la lutte. Il est toujours historiquement légitime, économiquement, culturellement et politiquement juste de vouloir reconstituer l’unité du Jura.

 

Nous voici, au trentième anniversaire de l’Etat jurassien, au début d’une nouvelle phase. Après le dépôt du rapport de l’Assemblée interjurassienne, un processus s’est enclenché. En prédire la réussite ou l’échec relève de la conjecture. Une chose est sûre : de l’énergie que nous mettrons à la faire respecter dépendra l’aboutissement de notre démarche.

 

Le 18 juin, le Gouvernement jurassien a publié son Rapport sur la reconstitution de l’unité du Jura. Ses conclusions sont claires. Elles confirment la volonté commune des forces politiques. L’exécutif cantonal doit bénéficier de la marge de manœuvre utile, et c’est dans cette perspective-là que nous soutenons ses options politiques. Considérons que le gouvernement bernois, dont on a perçu ces derniers temps la crispation, ne fera aucun cadeau. On peut aussi craindre que la Confédération, dont la représentante s’est discréditée en tenant des propos manquant singulièrement de clairvoyance, le 4 mai à Moutier, rechigne à prendre ses responsabilités. On aura alors compris que la « feuille de route » de l’Etat jurassien sera exposée à l’embûche et aux vents contraires.

 

Le décor étant posé, il nous reste, chers amis, à nous mobiliser et à agir. Nous savons faire cela. Dans le canton du Jura, il nous appartient de rappeler que la loi « Un seul Jura » demeure l’atout maître dans nos rapports futurs avec les deux Berne. De même, nous avons à affirmer l’exclusivité de l’unité du Jura comme solution définitive à la Question jurassienne. Cela veut dire en clair que, s’il ne nous gêne pas de voir fleurir d’autres « pistes », nous ne pouvons les soutenir en l’état actuel des choses. Le MAJ estime qu’elles génèrent d’inutiles confusions et constituent une dénégation des efforts fournis par l’Assemblée interjurassienne dans l’accomplissement de son mandat. Il nous intéresse de réunir le Jura sous un même toit institutionnel, non de le disperser aux quatre vents d’un montage régional hors de propos.

 

Nous avons d’autres arguments en main que ceux liés à la loi « Un seul Jura ». La cité prévôtoise se rappelle tous les jours au bon souvenir du pouvoir bernois et des milieux politiques régionaux. De même, s’il se faisait que le canton de Berne renie sa signature, alors nous nous chargerions d’exiger la remise en cause de l’Accord du 25 mars 1994 et la réactualisation du Rapport Widmer avec ses effets pratiques.

   

Durant les années écoulées, parcimonieux en critiques, nous avons travaillé à l’élaboration d’une doctrine dont on reconnaît généralement les mérites. Elle a produit une expression populaire sans concurrence dans le succès de l’initiative populaire « Un seul Jura » ; de celle-ci est née une loi qui a permis au Parlement jurassien de montrer sa détermination ; la loi a donné naissance au mandat de l’AIJ et elle peut à tout moment être mise en œuvre comme garantie contre un nouveau blocage politique. Voilà quelque chose qui a du corps. Faisons-en bon usage.

 

L’Etat jurassien, la reconstitution de l’unité du Jura, la perspective de la construction d’une nouvelle entité politique adaptée à son temps, celle d’un développement économique harmonisé et dynamique par sa cohérence, enfin celle d’une société jurassienne qui éprouve l’avantage et la satisfaction d’exercer sur elle-même la souveraineté qui en conforte l’appartenance culturelle commune, tout cela n’est pas dérisoire. C’est peut-être encore un rêve, une utopie. Peu importe. C’est un projet concret, légitime, beau, qui mérite que nous lui consacrions toutes nos forces.

 

Vive le Jura libre de Boncourt à La Neuveville !

Vive l’unité du Jura.

Pierre-André Comte - Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ)

 

Saint-Ursanne, le 23 juin 2009


COMMUNIQUE DE PRESSE DU MAJ (RJ-UJ)

 

MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

 

Déclaration du 23 juin 2009

 

Le 23 juin 2009 s’inscrit dans une perspective nouvelle. Le processus engagé à partir du dépôt du Rapport final de l’Assemblée interjurassienne doit, dans un premier temps, aboutir à une large information des populations concernées. Le Mouvement autonomiste jurassien y participera et conviera ses partenaires à en faire de même. L’étude de l’AIJ montre que la reconstitution de l’unité du Jura reste la seule solution apte à résoudre définitivement la Question jurassienne. Le statu quo politique, avec ou sans aménagement, ne règle en rien le conflit jurassien et est par conséquent inacceptable. Le Mouvement autonomiste constate en outre que l’intrusion de propositions exclues du cadre juridique fixé par l’Accord du 25 mars 1994 – qui vont de la création d’un grand canton ARC à l’intégration de Bienne dans la problématique interjurassienne – sont contraires aux intérêts du Jura-République et du Jura méridional. Leur exploitation politicienne et leur publicité fallacieuse n’ont pour effet que de semer la confusion et de saborder les efforts de l’AIJ en vue de faire évoluer positivement la Question jurassienne. Le Mouvement autonomiste appelle les forces politiques du Jura historique à s’écarter de ces « pistes », parce qu’elles sont prématurées et dépourvues de toute légitimité juridique et politique. Le Mouvement autonomiste rappelle que, dans la phase qui s’ouvre, le canton du Jura dispose d’un atout majeur avec l’application de la loi « Un seul Jura ». La Question jurassienne demeurant une question suisse, la Confédération ne saurait se dérober à ses responsabilités et au devoir de neutralité auquel la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a dérogé de façon cavalière le 4 mai à Moutier. Au surplus, le Gouvernement bernois serait de même bien mal inspiré de contrevenir aux accords signés, car, ce faisant, il réactiverait ipso facto le Rapport Widmer et les justes revendications de la ville de Moutier quant à son avenir politique. La communauté d’intérêts et de destin qui lie les Jurassiens se réalisera dans la réunion des six districts francophones au sein d’un même Etat confédéral. L’édification démocratique d’un canton nouveau, son adaptation aux défis du monde moderne, la formulation d’un nouveau projet de société, voilà qui doit susciter enthousiasme et foi en l’avenir. En ce 35e anniversaire du plébiscite d’autodétermination et 30e  anniversaire de l’Etat jurassien, c’est à cette tâche passionnante que le Mouvement autonomiste invite toutes les Jurassiennes et Jurassiens, en particulier les jeunes, à s’atteler avec conviction et détermination. Vive le Jura souverain et uni ! 

Mouvement autonomiste jurassien


Loi sur la langue française

INTERVIEW COMPLETE DONNEE LE 18 JUIN 2009 AU QUOTIDIEN JURASSIEN


Rôle de la langue française dans le combat jurassien pour l’indépendance

La langue française, comme fondement de l’identité culturelle, a joué un rôle déterminant. Facteur de cohésion de la communauté jurassienne, elle a participé de la mobilisation décisive des élites aux côtés des militants pour la souveraineté.

« Langue de liberté » ?

Je parle de la « langue de liberté » parce qu’elle a été historiquement porteuse des Droits de l’Homme issus du Siècle des Lumières et de la Révolution française. Comment la langue de Voltaire ne serait pas celle de la liberté ? Elle est d’autre part reconnue comme langue idéale de la diplomatie et garde donc sa vocation à être pourvoyeuse de liberté pour les peuples.

Mise à l’écart des gens du Sud ?

Pas du tout. Cette loi concerne directement ou indirectement l’ensemble du territoire historique du Jura. Elle a égard au plurilinguisme et s’inscrit dans le cadre d’une politique qui change notamment le rapport des Jurassiens avec l’allemand. En ce sens, elle est éminemment moderne et se préoccupe de l’essentiel : renforcer la maîtrise du français, langue maternelle, et en faire l’élément d’une nouvelle dynamique culturelle, économique et sociale du Jura des six districts francophones.
 

Anglicismes et glissements vers le … phonétique

Les anglicismes inutiles, dont les snobes et les imbéciles se gavent, doivent être combattues d’une manière ou d’une autre. Le combat pour le français n’est pourtant pas un combat contre l’anglais. Quant à abâtardissement du langage par sms et autres moyens rapides de communication,  je suis d’avis que l’école peut y apporter la réplique appropriée.

Ouvrage « Identité et langue française »

Après le rappel du lien indissoluble entre conscience identitaire et volonté d’émancipation, il montre les réponses possibles à l’uniformisation culturelle qu’entraîne une certaine mondialisation. J’essaie d’y décrire les difficultés et les pièges d’une législation, ce qui me permet d’en mettre mieux en évidence le bien-fondé. Il est la poursuite d’une réflexion que nous menons au sein de la Conférence des peuples de langue française, relative aux effets de la législation linguistique dans les pays et régions qui en disposent (Québec, France, Bruxelles, Aoste, Acadie). J’en ai retardé la publication (désormais prévue pour septembre) aux fins de laisser sa prédominance au débat parlementaire.

Motion… de 1985

Tout au long des années, les milieux économiques et certains barons de la haute administration ont exprimé de fortes réticences à l’égard de la proposition de Roland Béguelin. Si bien que le gouvernement a toujours botté en touche. Le Parlement a quant à lui refusé à deux reprises l’idée gouvernementale de ne pas y donner suite. Il a fallu enfin toute la force de conviction d’Elisabeth Baume-Schneider – approuvée par ses collègues - pour montrer qu’on pouvait consensuellement aboutir en privilégiant l’intelligence et la responsabilité.

Filière bilingue

Vous savez que je n’approuve pas la filière bilingue, mais je respecte les décisions démocratiques. Je veux voir dans la Loi sur la langue française l’affirmation d’une priorité linguistique et culturelle – la première – qui n’exclut pas mais renforce celle de tendre vers un meilleur apprentissage de l’allemand, langue du septième district jurassien et de la région avec laquelle nous entendons développer notre économie. (LQJ-PAC)


L'intelligence et la sagesse

Question jurassienne et réforme du fédéralisme

Dans l'article précédent, je parlais de mode. Celle dont la presse romande raffole et dont se nourrit la plus fine fleur de la stratégie politique, vétérans, désenchantés et vaniteux confondus. Ces dernières semaines, on les a vus se précipiter sur les micros et dans les colonnes des journaux pour proclamer à la face du monde que Dieu ou quelqu'un d'autre leur avait ouvert la porte de la connaissance! Une fois l'orage mystique passé, que reste-t-il de cette grêle céleste répandue sur nos âmes déconfites? Rien ou pas grand chose. Ou plutôt si, des constructions mentales réduites en poussière. Ainsi je lis l'interview donnée par Mme la Ministre Elisabeth-Baume Schneider à l'Echo magazine du 13 mai. Son avis sur l'idée d'un "supercanton" avec Neuchâtel ? Réponse cinglante: "C'est une construction économique attrayante, mais certainement irréaliste. On ne dépasse pas des siècles d'histoire, qui ont forgé des identités distinctes, avec une règle à calcul. Par contre, on peut développer des liens étroits et des synergies efficaces." Que cela est fort bien dit et qui se savoure! Un jour plus tard, dans une chronique de très haut niveau (Le Temps, 14 mai 2009), François Gross écrit ce chapitre que chacun devrait apprendre par coeur: "Les cantons suisses ne sont pas nés sur la planche d'un dessinateur technique. En France, on devait pouvoir, en une journée, gagner à cheval le chef-lieu de son département et en revenir. Ainsi le voulut Napoléon. Rien de ça dans la Confédération. Elle s'est faite de bric et de broc, aux hasards de la géographie et de l'histoire et dans le respect des différences. Il ne s'est pas trouvé à Berne un office pour tracer les frontières cantonales. Que le résultat comporte quelques imperfections ne change rien au fond. Des retouches sont possibles par la voie de procédures démocratiques. Le grand chambardement proposé par un aréopage de "terribles simplificateurs" est promis à l'échec, comme toute politique ne tenant pas compte des réalités." (...) Tout ce qui prétend araser les cantons au profit d'un artifice régional affaiblit la Suisse française. Tout ce qui tend, en revanche, à la mise en commun de tâches trop lourdes pour un seul la fortifie. Sans qu'il soit besoin de créer un machin centralisateur, onéreux et d'une douteuse efficacité." Voilà, tout est dit. Il est inutile de rajouter quoi que ce soit, sauf pour remarquer que l'intelligence et la sagesse des uns écrabouille magistralement l'arrogance et la suffisance des autres. (PAC)


Etre à la mode !

Vive la région "Nouvelle Bourgogne"!

Etre à la mode, c’est avoir l’ambition d’une feuille morte, dit le Professeur Gilder. Et pourtant, combien nombreux sont ceux qui veulent l’être à tout prix ? Aujourd’hui, évacuer la « réunification du Jura » (arrêtez avec ces gros mots!) et lui substituer la formation « d’un grand canton Arc », voilà qui vous donne de la prestance. De la science, du panache ! Vous sortez des sentiers battus ! Vous atteignez l’Olympe de la pensée, vous vous hissez au-dessus de la piétaille ! Comme le dirait mon très cher ami Marc Bonnant, vous vous situez dans les cimes plutôt que dans les méandres en plaine ! Je veux bien, sans m’émouvoir. Et m’en retourner, dans la ringardise qui m’étouffe, vers les choses simples, la proximité du pouvoir, le sens de l’histoire, le respect du passé, la confiance en l’avenir. La Question jurassienne est un vrai sujet d’actualité, une vraie question sur le développement économique de la région, un vrai projet, le seul, de refonte institutionnelle au service d’un fédéralisme rénové et non brocardé jusqu’au ridicule. Mais, c’est dimanche, beau matin ensoleillé. Je pense à l’édification d’une grande région européenne « Nouvelle Bourgogne » comprenant le Jura francophone, dont la capitale serait fixée à Pommard, l’Hôpital principal installé à Beaune, le Bureau des impôts implanté à Aloxe-Corton, enfin la Grande Université à Dijon où nous pourrions nous imbiber des rêves de grandeur du bien nommé Téméraire ! Et tant pis pour ceux qui me reprocheront mon goût des grands crûs ! Je suis à la mode, et j’aime ça ! Bon dimanche ! Bonne fête à toutes les mamans ! (PAC)


Rapport de l'Assemblée interjurassienne

PRISE DE POSITION DU MOUVEMENT AUTONOMISTE JURASSIEN

LE PROCESSUS INSTITUTIONNEL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) prend acte du rapport final de l'Assemblée interjurassienne. Il le salue comme une contribution positive au processus visant à « régler politiquement le conflit jurassien », ainsi que le stipule l'Accord du 25 mars 1994.

Fondé notamment sur l'initiative « Un seul Jura », le mandat donné à l'AIJ « de conduire une étude sur l'avenir institutionnel de la région interjurassienne sous les auspices du Conseil fédéral » arrive à son terme.

Depuis l'adoption de son initiative populaire, le Mouvement autonomiste a observé une attitude de stricte neutralité à l'égard des travaux de l'AIJ. Il se félicite aujourd'hui d'avoir contribué à leur objectivité.

Conformément au point 4 du mandat confié à l'AIJ le 7 septembre 2005, les deux gouvernements cantonaux se concerteront « sur la suite à donner aux résultats des études et au bilan de l'AIJ. » Le MAJ (RJ-UJ) constate que ce temps de négociation pourrait être suivi par la « phase d'information interactive » d'au maximum 18 mois que l'institution interjurassienne préconise dans ses recommandations aux deux Etats cantonaux concernés.

LES CONCLUSIONS DU RAPPORT

Le Mouvement autonomiste constate que l'AIJ décrit deux voies possibles : la création d'un nouveau canton à six communes recouvrant le territoire francophone du Jura historique, et le statu quo amélioré (partenariat direct). L'institution n'énonce aucune proposition formelle quant à l'adoption de l'une ou l'autre de ces « pistes » par les parties prenantes à la Question jurassienne. Elle ne manque toutefois pas de remarquer que « la situation actuelle, vue sous l'angle du partenariat direct, n'est pas satisfaisante. »

 A l'instar de ce qu'affirme l'AIJ, le MAJ (RJ-UJ) considère que « la constitution d'un nouveau canton sur des bases absolument nouvelles offre à la région interjurassienne une véritable opportunité de changement et d'innovation », et réaffirme que, s'inscrivant dans la « continuité », le « Statu quo+ » ne règle en rien la Question jurassienne.

La « piste » d'un nouveau canton à six communes représente un intérêt économique, culturel et social déterminant pour la région. Celle-ci peut en tirer les plus grands avantages et, de fait, y trouver les conditions d'un développement dynamique, apte à répondre à ses plus légitimes aspirations.

S'agissant du « Statu quo+ », le Mouvement autonomiste note, comme l'AIJ, qu'il favorise l'émergence d'une solution communaliste dont l'effet principal sera d'affaiblir mortellement la région dans le cadre institutionnel bernois. Sans surprise, le MAJ (RJ-UJ) réaffirme que le « Statu quo+ » ne sera qu'un « Statu quo sans plus », donc définitivement inapte à « régler politiquement le conflit jurassien ».

En ce qui concerne la situation de la ville de Bienne dans le cas de la création d'un nouveau canton à six communes, le Mouvement autonomiste renvoie chacun à la motion n° 835 du 20 juin 2007 (transformée en postulat et unanimement approuvée par le Parlement jurassien), laquelle demande au Gouvernement de la République et Canton du Jura de définir « les contours d'un contrat de coopération politique, économique et culturelle » avec la cité seelandaise. Au surplus, le MAJ (RJ-UJ) rappelle que la ville de Bienne - comme la République et Canton de Neuchâtel - n'est ni signataire ni « partenaire » de l'Accord du 25 mars 1994.

Respectueux des droits et libertés démocratiques des populations concernées, le Mouvement autonomiste souscrit pleinement, et cela va de soi, à l'organisation d'un scrutin populaire sur le « projet d'avenir que souhaitent se donner les deux régions, en toute connaissance de cause ». Un tel recours à la sanction populaire constitue le corps de doctrine permanent sur lequel les autonomistes fondent leur volonté légitime d'œuvrer à la reconstitution de l'unité du Jura.

POSITIONS COMPLÉMENTAIRES LIÉES AUX CONCLUSIONS DE L'AIJ

Le Mouvement autonomiste ne s'oppose pas à la volonté de l'AIJ de « présenter ses travaux » (séances d'information interactives) à la population jurassienne, de part et d'autre de la frontière du 16 mars 1975. Il considère cependant que cette phase « d'explication » ne doit en aucune manière heurter les exigences de l'Accord du 25 mars 1994, du mandat confédéral et de l'initiative populaire (partant, de la loi « Un seul Jura ») dont il découle.

L'agrément du MAJ (RJ-UJ) à la « phase d'information interactive » implique de sa part qu'il souscrive à la « Charte interjurassienne », dont les principes sont précisément ceux sur lesquels il fonde depuis toujours l'action politique qu'il conduit en vue de la création d'un nouveau canton regroupant les six districts jurassiens de langue française.

Pour ce qui concerne les autres suites politiques à donner au rapport final de l'Assemblée interjurassienne (délai et participation aux séances interactives, mise en vigueur et déploiement de la loi « Un seul Jura », coordination politique cantonale et interjurassienne), le Mouvement autonomiste convoquera ses instances et organes dirigeants dans les prochains jours pour en parler avec le recul utile.

COMMENTAIRE FINAL

Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) accueille les conclusions de l'Assemblée interjurassienne avec satisfaction. Conscient des difficultés qu'il reste à surmonter pour parvenir au règlement du conflit jurassien, il entend donner un maximum de chances à la piste (nouveau canton des six communes) considérée par l'AIJ comme une vraie « opportunité de changement et d'innovation », ainsi que comme une réelle « possibilité de pourvoir la région interjurassienne d'institutions modernes et efficaces ». Serein et confiant en l'avenir, le Mouvement autonomiste s'engage à redoubler d'énergie afin que les enjeux de la Question jurassienne soient encore mieux cernés par les autorités et les populations concernées.

Moutier, le 4 mai 2009


Sérénité autonomiste

Communiqué de presse 

 

Lundi 4 mai, l’Assemblée interjurassienne dépose son rapport final. Le rendez-vous suscite une attention particulière dans la presse et au sein de la population. C’est même à une certaine effervescence générale qu’il faut s’attendre dans trois jours, même si la présentation des conclusions de l’AIJ ne représente qu’une étape supplémentaire dans le processus visant à régler définitivement la Question jurassienne.

 

Ces dernières semaines, les mouvements antiséparatistes se sont relayés pour couvrir l’Assemblée interjurassienne de critiques et d’insultes. La propagande pro-bernoise, dont l’unique but est de recréer des tensions entre partisans des thèses opposées (statu quo bernois ou unité du Jura), n’aura pas manqué de provoquer l’excitation et le désir de castagne des éléments les plus radicaux du Groupe Sanglier et de Force démocratique.

 

Les autonomistes n’ont pas l’intention de tomber dans le piège de la discorde et de l’affrontement. Après avoir adopté une attitude de stricte neutralité à l’égard des travaux de l’Assemblée interjurassienne, saluée ça et là par des membres de l’institution ces dernières années, le MAJ et ses mouvements affiliés (AFDJ et AJE), autant que le Groupe Bélier, n’entendent aucunement répondre aux provocations dont ils pourraient être les objets.

 

Dans cette perspective, aucune manifestation publique n’est organisée ni encouragée dans les rues de la cité prévôtoise ou dans les environs immédiats de la salle (Sociét’halle) qui accueillera l’Assemblée interjurassienne et ses invités. La seule réponse aux débordements rêvés par d’aucuns reste la sérénité dans les rangs autonomistes, sachant que le chemin qui conduit à la restauration de l’unité du Jura est encore long et semé d’embûches.

 

Les dirigeants autonomistes seront fortement sollicités par les médias le 4 mai. Ils auront ainsi l’occasion d’exprimer la position du mouvement, lequel se doit naturellement d’en informer au mieux ses militants. Dans cette perspective, le MAJ (RJ-UJ) invite tous les Jurassiens désireux d’être en phase avec l’actualité du 4 mai à se retrouver à l’Hôtel de la Gare à Moutier dès 19 heures. Au cours d’un rassemblement que nous espérons empreint de ferveur patriotique, les porte-parole du mouvement feront publiquement part de leur analyse de la situation.

 

Rendez-vous donc est donné aux militants et sympathisants autonomistes dans leur fief prévôtois. La « Rauracienne » y retentira avec la même ferveur que lors des rendez-vous populaires à travers lesquels nous réaffirmons notre attachement à la reconstitution de l’unité du Jura sur l’ensemble du territoire de ses six districts de langue française.

 Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ)  

Moutier, le 1er mai 2009


Tous mes voeux


Un événement de haute importance symbolique

La plaquette de Morimont de retour chez nous

Une pièce importante du patrimoine historique jurassien a été remise au Musée jurassien d’art et d’histoire vendredi: la plaquette de Morimont qui était jusqu’ici conservée au Musée d’histoire de Berne. Il s’agit d’un objet métallique gravé au milieu du XIXème siècle par Auguste Quiquerez pour rappeler le serment qu’il avait tenu avec son frère Louis, Xavier Stockmar et Olivier Seuret au château de Morimont - en France voisine - en 1828. Une date à partir de laquelle les Jurassiens avaient décidé de se révolter contre le pouvoir bernois de l’époque.

 

La pièce a été remise officiellement vendredi 19 décembre par Mario Annoni au Dr Pierre Philippe, président du Musée d’Art et d’Histoire de Delémont. Le président du Musée d’histoire de Berne avait auparavant reçu une requête en ce sens de la présidente du Gouvernement jurassien Elisabeth Baume-Schneider. La ministre jurassienne de la culture obtient avec ce rapatriement un très beau succès. J’ai eu le privilège d’être invité à la remise de cette pièce emblématique du patrimoine national des Jurassiens. J’ai ressenti tout au long de la cérémonie un immense sentiment de fierté. (PAC)


2009: une année cruciale

Le MAJ à Vellerat

Les dirigeants du MAJ se sont réunis hier à Vellerat dans l'excellent et nouveau Coq-d'Or de Vellerat, le restaurant entièrement rénové du village. Un large et intense débat a permis aux participants de s'exprimer sur l'année 2009, le 30e anniversaire de la naissance de l'Etat jurassien, l'offre de partage de souveraineté du canton du Jura au Jura méridional, la concertation à son propos dans le nord et le sud du Jura, les manifestations classiques, ainsi que l'organisation du mouvement et la politique de recrutement qu'il entend mener au cours des mois qui viennent. Une grande détermination a marqué les travaux du MAJ (RJ-UJ), lequel jouera pleinement le rôle qui lui est dévolu. Force de proposition, il veut aussi s'affirmer comme mouvement fédératif de l'ensemble des familles partisanes, lesquelles auront à se prononcer sur le contenu du projet politique visant à restaurer l'unité du Jura. (PAC)


Matinée de réflexion

L'après "rapport AIJ"

Les dirigeants du Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ), et les représentants des associations affiliés (AFDJ – AJE – Groupe Bélier) se retrouvent ce 13 décembre pour une matinée de réflexion à Vellerat. A l’ordre du jour des travaux figure l’organisation du débat sur « l’offre de partage de souveraineté » du canton du Jura au Jura méridional. L’assemblée se penchera également sur les grandes manifestations de 2009. Le mouvement entend marquer le 30e anniversaire de l’Etat jurassien et assurer à la 62e Fête du peuple jurassien le succès qu’il attend d’elle. Le MAJ (RJ-UJ) entend préparer la période cruciale qui suivra le dépôt du rapport de l’AIJ (4 mai 2009), période qui sera caractérisée par la mise en vigueur de la loi « Un seul Jura ». Le plan d’action du mouvement à ce propos sera précisément débattu au cours de la réunion de ce matin. (PAC)


Noël à Lyon

Je viens te voir

La réalité est là, en cette veille de Jour de l’An : une petite fille, marchande d’allumettes, est livrée à la bonne volonté (pour ne pas dire à la charité) du monde qui l’entoure. Si les passants de la rue lui achètent ses allumettes, elle ne mourra pas. Dans le cas contraire, sa mort est inéluctable. Le froid la saisira. Entre temps (entre rêve et réalité), la lueur éphémère des allumettes qu’elle provoquera, allumette après allumette, lui permettra de « gagner du temps ». Des hallucinations vont surgir ; irréelles mais vraies. Un monde imaginaire va s’imposer à elle pour mieux lui faire prendre son mal en patience. C’est aussi la manière qu’a imaginée Andersen de laisser au monde des vivants une chance supplémentaire de se réveiller. D’ouvrir les yeux sur la misère des pauvres. La petite marchande, lors de ces apparitions « consolatrices » va faire connaissance avec les personnages les plus extravagants : le vent, un vieux réverbère, un bonhomme de neige, une sorcière, des crapauds… Tous impuissants à lui acheter ses allumettes puisque coupés de la réalité. Chaque retour à la rue verra des passants « passer » leur chemin sans un geste pour « sauver » la petite marchande. La confrontation de ces deux mondes : celui de la rue, et celui contenu dans la lueur des allumettes, est au cœur de l’œuvre d’Andersen. Andersen est si sensible à la douleur qu’il imagine celle des insectes, des objets. Les allumettes et les étoiles meurent, comme la petite marchande, trop tôt consumée. La mort est là (ici en hussard). C’est normal pour le poète qui fraie avec la misère et la folie. Il ne peut l’ignorer. Il s’entend donc avec elle, et tout en la représentant en chair et en os, la rend invisible à celle qui va mourir. Philippe Faure

Parti québécois

PAULINE MAROIS, CHEF DU PARTI QUEBECOIS

L'espoir ravivé

La nouvelle chef de l'opposition officielle a fait un bref point de presse en matinée pour revenir sur la performance éclatante de son parti au scrutin de lundi 8 décembre. Après une série d'élections aux résultats décevants, qui faisaient douter de l'avenir du Parti québécois, la formation souverainiste a obtenu 35 % des intentions de vote des Québécois, mais, surtout, mis la main sur 51 sièges. Fatiguée, mais visiblement réjouie, Pauline Marois a d'entrée de jeu tancé le premier ministre pour avoir plongé le Québec dans une campagne électorale dont personne ne voulait, ce qui s'est traduit par un taux de participation populaire désastreux. « Jean Charest n'a pas écouté la population », a-t-elle dit, un reproche souvent lancé à l'endroit de ce dernier en campagne, marque, disaient ses adversaires, de son arrogance. Pauline Marois s'est par la suite félicitée que son parti ait repris l'essentiel du terrain perdu au dernier scrutin, sous la gouverne d'André Boisclair, notamment dans les Laurentides, Lanaudière, et le Centre-du-Québec. « Le PQ a passé un mauvais moment dans les dernières années, on sentait une moins grande ferveur. Mais là, on la retrouve, et la jeunesse est présente de plus en plus », constate Mme Marois, qui estime, avec cette élection, avoir fait mentir ceux qui disaient que le PQ était le parti d'une seule génération. Puis, revenant sur la tempête économique, prétexte invoqué par Jean Charest pour déclencher les élections, Mme Marois a dit vouloir tendre la main au premier ministre pour mettre en place les mesures nécessaires pour la traverser sans trop de dommages. Elle appelle le premier ministre à prendre en considération le plan de relance élaboré par son parti, tout en soulignant l'ambiguïté entretenue par Jean Charest, durant les derniers jours, sur son intention ou non de présenter un plan d'urgence. (Radio Canada)


Des Droits de l'Homme - TRIBUNE PARUE DANS LE QUOTIDIEN JURASSIEN DU 10 DECEMBRE 2008

60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme: Réparer le passé, préparer l'avenir

Réunie à Porrentruy en décembre 1792, l’Assemblée nationale de la République rauracienne décide de porter la liberté, l’égalité et la fraternité en tête de ses grands principes. Le 20 mars 1977, le peuple jurassien adopte la constitution de la République et Canton du Jura, dont nous fêterons le trentième anniversaire de l’entrée en souveraineté le 1er janvier 2009.

 

Dans son préambule, notre constitution dit que « le peuple jurassien s’inspire de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, de la Déclaration universelle des Nations unies proclamée en 1948 (…) ». Issue de l’acte de libre disposition du 23 juin 1974, la République et Canton du Jura, selon sa charte fondamentale, « favorise la justice sociale, encourage la coopération entre les peuples », elle est « un Etat démocratique et social fondé sur le fraternité. »

 

Les Jurassiens ont accédé à la souveraineté étatique sur la moitié de leur territoire ancestral en respectant assidûment ces principes. Leur mérite n’est pas négligeable, alors que le XXe siècle qui les a vus conquérir l’indépendance s’est éminemment distingué par ses massacres, génocides et autres violations à grande échelle des droits les plus sacrés de la communauté humaine.

 

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Nous en célébrons ce jour le 60e anniversaire, et il n’est pas anodin que nombre de Jurassiens puissent y chercher la confirmation de leur engagement au service de leur peuple, de sa dignité et de la légitimité des espoirs qu’il met dans la restauration de son unité.

 

L’esprit de liberté qui a soufflé sur le Jura avant qu’il ne rejoigne l’alliance fédérale ne doit pas nous faire oublier qu’il y a des conditions pour y accéder, que la liberté suppose des droits économiques et sociaux préalables et que ceux-ci sont régulièrement mis à mal lors des crises que travers notre société, celle que nous vivons de nos jours ne faisant pas exception.

 

Travailler à faire découvrir, comprendre, reconnaître la valeur de la liberté des personnes et de l’autodétermination des peuples, en développant chez tout être humain en formation le sens de l’égalité et de la justice, cela me semble être un des défis majeurs posés aux politiques et aux éducateurs dans les démocraties d’aujourd’hui et de demain.

 

« Réparer le passé, préparer l’avenir », disait René Cassin, prix Nobel de la paix et « père » de la déclaration universelle en 1948. C’est la tâche devant laquelle se trouvent les Jurassiens. Ils ont pour eux l’exemple des pionniers qui ont érigé la démocratie jurassienne et l’ont dotée d’une assise institutionnelle performante malgré ses imperfections. Dans un partage de souveraineté qui respecte les droits de l’homme et les libertés démocratiques, ceux du Nord et du Sud peuvent retrouver ensemble le goût de leur unité.

 

Pierre-André Comte, député, Vellerat


Forte poussée des indépendantistes québécois

Les souverainistes du PQ relèvent la tête

Jean Charest, le Premier ministre libéral du Québec a certes remporté les élections du 8 décembre au Québec. Mais un des faits marquants de ces élections réside dans le score inattendu du Parti québécois, son meilleur depuis une décennie. Alors que les sondages pronostiquaient une victoire écrasante des libéraux et un score de 30 % pour le Parti québécois, la formation indépendantiste a confondu les sceptiques en obtenant plus de 35 % des suffrages. Le PQ aura 51 députés dans la nouvelle Assemblée, soit la plus forte députation pour un parti d'opposition à l'Assemblée nationale depuis les années 60. Le Parti québécois avait été relégué en troisième position lors des législatives de 2007 avec un maigre 28 % et une récolte de 36 députés, sa deuxième pire performance depuis sa fondation il y a quarante ans. Cette défaite avait provoqué une onde de choc chez les indépendantistes, forcé à la démission leur chef André Boisclair et remis en cause leur objectif cardinal : l'organisation d'un troisième référendum sur l'indépendance du Québec, après ceux de 1980 et de 1995, perdu par une faible marge. (LM - PAC)


Elections du 8 décembre au Québec

MADAME LOUISE BEAUDOIN, ANCIENNE MINISTRE

Elections québécoises et défense du français

Le PQ, dirigé par Pauline Marois veut retrouver son rang de premier parti d'opposition, perdu au profit de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Dirigé par le populiste Mario Dumont, celui-ci devrait glisser sous la barre des 15 % des suffrages. Vedette du parti indépendantiste, Mme Baudoin a rarement besoin de se présenter. Déléguée générale du Québec à Paris en 1984-1985, députée PQ de 1994 à 2003, quatre fois ministre dans les années 1980 et 1990, elle vient de passer cinq ans dans le milieu universitaire, une absence de la politique qui n'a pas écorné sa notoriété.  

Louise Beaudoin s'inquiète moins de sa propre élection, quasi acquise dans ce bastion « péquiste » de Rosemont, que d'un faible taux de participation, alors que les Québécois viennent de voter, en octobre, au niveau fédéral. La majorité semble à la portée de Jean Charest selon les sondages qui lui donnent 16 points d'avance sur le PQ. Dans la population, hors des régions ravagées par la crise forestière, les ratés du système de santé inquiètent plus que la crise, ou la question de l'indépendance, absente de la campagne.

Louise Beaudoin a d'autres dossiers qui lui tiennent à cœur, dont la défense de la langue française. « La francisation des immigrants n'est pas satisfaisante et le français comme langue de travail est ici en perte de vitesse. Notre système d'éducation est aussi en mauvais état. » La relation renforcée de la France avec le Canada ne l'inquiète pas, pas plus que les propos de Nicolas Sarkozy en octobre à Québec, interprétés par certains comme un changement de la politique de « non-ingérence, non-indifférence » face au statut politique du Québec. « Le plus important a été son discours à l'Assemblée nationale du Québec, assure Mme Baudoin. Une véritable déclaration d'amour ! » Anne Pélouas (Le Monde)


A quelques jours d'une célébration

A quelques jours du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, je m'en remets à ces paroles de Voltaire dans son Dictionnaire philosophique:

Il faut vingt ans pour mener l'homme de l'état de plante où il est dans le ventre de sa mère, et de l'état de pur animal, qui est le partage de sa première enfance, jusqu'à celui où la maturité de la raison commence à poindre. Il a fallu trente siècles pour connaître un peu sa structure. Il faudrait l'éternité pour connaître quelque chose de son âme. Il ne faut qu'un instant pour le tuer.

Je parie que les discours de la célébration fourmilleront de ce type de citations, aussitôt dites, aussitôt oubliées. Bon dimanche. (PAC)


Un canton nouveau

La place de l'adjectif

« La place de l’adjectif ». Voilà le titre d’un chapitre du livre du chanoine Fernand Boillat, Une Constitution nouvelle, édité en 1976 par le Rassemblement jurassien. C’est un ouvrage dans lequel je me plonge régulièrement, et dont je conseille vivement la lecture à ceux qui ne le connaîtraient pas encore. Tenez, je vous livre ces lignes : « L’expression un nouveau canton n’exprime pas la même idée que l’expression un canton nouveau. (…) Il y a du nouveau qui, comme le remarquait Henri Bergson, n’est que la répétition de l’ancien. La vraie nouveauté suppose une activité créatrice, elle fait apparaître de l’inédit. » Le texte date de 1976 ! Une vérité de plus de trente ans ! Une vérité qui se situe au cœur de la loi « Un seul Jura », l’œuvre du Mouvement autonomiste jurassien. Créer un canton nouveau, redéfinir les tâches de l’Etat, redynamiser la démocratie jurassienne, assurer à chacun la liberté d’un plein exercice de ses droits démocratiques, voilà le projet. Légitime. Inscrit dans l’histoire, fondant la vérité d’hier comme celle d’aujourd’hui et de demain. (PAC)